24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 16:28

 

Du paradis tanzanien aux enfers des transports charter.

 Zanzibar28

J'ai mis dans l'album photos le détail de mes carnets de note du jeudi 27 juillet 1978 au mardi 02 aout.

Nous avions eu du mal à trouver notre avion pour Zanzibar, et les jours qui suivront ne seront que des alternances de bains de soleil et de douches glacées. Rien n'était préparé et sur place les arrangements n'étaient que des promesses verbales. Je ne reproduis pas le détail de nos soucis, je mets juste les grandes lignes.

 

Le jeudi 27 juillet est le grand jour. Levé à 4h le matin et au bus à 5h. Il est là! Pourquoi ? Après avoir tourné en rond dans Bagamoyo nous regardons les pêcheurs décharger les espadons. Quelques achats de pacotille et arrivée à l'aéroport.

 

On attend.

 

Finalement le petit avion de 5 places qui doit nous transporter, un piper, est prêt. Il doit faire des navettes. La notre sera à 15 h 00 ;

 

Retour à la plage et on attend.

 

Pendant ce temps Joël fait les comptes. Pour arranger tout le monde, le dépassement pour l'hôtel est fixé à 100 $. Là on est bien arrangé. Même si ce voyage « paradisiaque » type aventure + charter était réputé low cost. C'était bien plus de deux mois de salaire, et cette rallonge fait mal. Ce ne sera pas le seul « arrangement » !

 

Vendredi 28 journée « impec », dans le jargon de l'époque. A la douane, on te prélève le reste de tes médocs, et notamment la nivaquine. Visite des plantations de Coco, et on apprend tout sur le Coprah. Plein de fruits nouveaux à gouter et des saveurs exotiques : giroflées, cannelle, muscade, manguier, riz, cacao, papaye, tapioca, patates douces, manioc. Une effervescence papillaire.

Visite des lieux souvenirs de l'esclavage .

Et plage sous les mangroves. Des espèces de toutes sortes nous apparaissent, que nous ne savons pas nommer. Daniel ramasse un oursin, mal lui en pris, main enflée.

 

Le samedi après un vraie bonne nuit, balade en ville. C'est en relisant mes notes cette semaine, que je réalise qu'il y a des diapos qui manquent. Ou, peut-être ne les ai-je jamais reçues après avoir adressé la bobine pour la faire traiter. J'ai encore cherché cette semaine, et ma petite femme m'a confirmé la bobine perdue.

 

Le soir retour sur le continent africain, en contemplant du cockpit de l'avion les coraux de l'océan Indien. A l'aéroport, nouvelle arnaque. Les derniers shillings partent. On doit attendre vers 23 h notre départ pour le retour en France. L'avion n'est pas là, et le bar ferme, nous allons « camper » sur une pelouse devant l'aéroport. On nous ouvre alors une salle de transit ou nous sommes enfermés. C'est là qu'on nous annonce que l'avion vient de partir au Seychelles, qu'il repassera vers 10 h.

Donc le dimanche 30 juillet 1978 on embarque, pour atterrir quelques heures après à Addis-Abeba. Ethiopian Air Line nous débarque en Éthiopie. On nous y gardera sous contrôle militaire et sans presque un sous jusqu'au mardi 01/08/1978.

 

Le mardi soir après une escale éprouvante dans la chaleur du Caire, nous atterrissons à Heastrow, Londres donc ! La reprise du boulot était prévue le lundi, tu débarques à Londres le mardi, sans un sous et crad de chez crad. Les explications tombent, grève des aiguilleurs du ciel depuis le 28. Dans l'aéroport les gens se battent pour une place assise par terre. Ethiopian Air Line nous explique qu'elle nous laisse là, c'est maintenant aux britanniques de gérer. Les cabines téléphoniques sont prises d'assaut. Encore faut-il avoir de la tune. A sec !

Un peu avant minuit on nous indique la possibilité d'être hébergé dans un hôtel. Gratuitement. Combien de temps cela va-t-il durer ? En tous cas nos chaussures de montagne (plus de place dans les sacs à dos) font des belles empreintes de poussière sur les tapis de velours carmin. Dans la chambre quand tu poses ton sac, la poussière voltige. Tu n'as rien de propre, ce soir douche et petite lessive.

Le lendemain, discussion pour se faire adresser un mandat télégraphique à l'hôtel. Mais sans tune comment téléphoner. Reste l'appel payé par le destinataire. L’appel en PCV. T'entends l'opérateur – il y en avait encore- demander à ta mère dont la voix était assourdie, si elle accepte un appel en PCV depuis Londres. Tu l'entends répéter « un appel depuis Londres ? Mais je ne connais personne là-bas ? » Là, tu cries, pour que ta voix passe malgré l’atténuateur : « Maman, c'est moi, on est bloqué à Londres , accepte ! ». Avant midi l'argent était là, me permettant de faire une petite visite de la fameuse tour et de goutter au fish and chips.

Le retour à Paris se fera le jeudi 3 aout. La reprise du boulot, le vendredi ne sera pas qu'un simple retour de vacances. Cependant, ma mine flétrie et les huit kilos abandonnés en route, m'ont évité une sanction.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 15:23

Près de Dar El Salam : Kundichi et Bagamoyo

Dimanche 23 juillet 1978 au Mercredi 26 juillet.

 

Kundichi - Dar el Salam - 24Quand tu choisis un circuit aventure, tu penses découverte de l'insolite, les espaces cachés, protégés. Cette semaine là, va être une aventure logistique et budgétaire. Il restera à vivre la calamité du charter via Ethiopian Air line. Avant d'être achevés par les aiguilleurs du ciel.

 

Dans mon dernier post, je reportais mes notes de voyage, consciencieusement consignées pour, pensais-je, pouvoir contester l'organisation, au retour. Accessoirement je notais le nom des villes et villages dont je n’imaginais pas oublier si vite l'existence. Sans ce carnet et la magie de « Google earth », je ne saurais pas vous raconter ces quelques jours. Donc, nous nous éveillons ce dimanche 23, avec l'animation du « book office » de Dar El Salam, vers les 6h du mat.

 

Tout s'anime, lumières, musiques, passage d'un monde affairé et bruyant. Chacun ouvre ses yeux ébahis au milieu de la foule qui contemple ces ahuris. On en fait rire plus d'un. Tant bien que mal, chacun récupère ses affaires, et en taxi se rend à l'YMCA. Bien sur pas de place. La réservation téléphonique n'a pas été faite. Pendant le petit dej, Maryse s'aperçoit quelle a oublié son sac africain avec des petites choses comme son pagne et sa gourde. Béatrice l'accompagne à pied, jusqu'au « box Office » où elle retrouvera son bien.

 

Vers 11h, avec Daniel, on fait un tour de ville à la recherche d'un hôtel. Le prix d'une chambre au New Africa Hôtel, 330$ nous dissuade. De son coté, notre guide Joël, a trouvé un hôtel, qui correspond au budget.

 

Reste à décider de ce qu'on fait de la semaine.

En attendant, petit méchoui à l'YMCA, et en avant pour l’hôtel, le « Clock Tower ». Consternation générale en découvrant les lieux : nous n'avons jamais vu pire. On se dit qu'on méritait le New Africa !

En fait, c'est une grande salle, à peine éclairée, avec des cloisons de bois bleues, en croisillon, d'environ 2m de hauteur. Une sorte d'open space dans une grange crado. Un peu de toilette, organisation du ramassage des affaires, attention cet open space est « open ». Plusieurs femmes ont sorti les jolis chiffons; tous, abasourdis par notre hébergement, nous décidons de nous faire plaisir, avec un bon repas au New Africa. Le menu vu le matin, n'était plus disponible, ni steak, ni « capitaine ». On se cale quand même. Le retour vers le Clock Tower se fait à contre-coeur. L'open space, la nuit est pire que le jour. Une lampe blafarde oscille au bout d'un long fil, elle est la seule pour éclairée collectivement tous les espaces. Les lampes électriques sortent des sacs. Un peu partoutça grouille, sous les oreillers, sur les matelas des cafards gros comme le pouce, que notre présence n’effraient pas. Les faisceaux des lampes électriques ne tardent pas à concentrer des tourbillons de moustiques, ça va être drôle !

Je me résous à la "camisole" du duvet sarcophage, me plie une chemise au dessus du visage et rabat précautionneusement mes bras le long de mon corps. La suée vient immédiatement, tu colles et sursautes à chaque « chatouillis ». Toi, c'est les « bêtes », mais de l'autre coté, les filles ont aperçu au dessus de la cloison, le regard voyeur d'hôtes extérieurs au groupe. A chaque grincement de cloison ou du parquet elles poussent un petit cri. Nous sommes assiégés ! La nuit fut brève (très peu dormi) et longue (attendre le jour).

Mais pourquoi faire ?

Le lundi 24 juillet, après la douche, c'est le moment des pluies tropicales. Maryse et Yvonne se votent un budget taxi pour l’YMCA. J'attends Béatrice et Brigitte comme convenu, mais elles oublierons de me prendre en sortant. On contemple au passage la tête d'Hervé, bouffé par les insectes, jusqu'au nez qui est boursoufflé. Repas à L'YMCA et nous partons par petits groupes en taxi. Nous, vers un village de pêcheurs, Kunduchi. C'est là que j'ai fait quelques photos de barques ramant sec pour franchir la barre de l'océan. Bien sur mes photos ont du grain, parfois la mise au point est limite, et la durée de conservation de certaines diapos a été altérée par les conditions climatiques un peu hard, entre les froids du Kilimandjaro et la chaleur humide quasi tropicale de Dar el Salam.

Le soir nous nous installons à l'YMCA. Ouf !

Mardi 25, après une bonne nuit, on se retrouve au petit-dej. Les visages sont plus humains, les blousons, après les averses de la veille, sont presque secs. Le projet, c'est Zanzibar. Joël avait un accord avec un pilote d'un petit avion de l'aéroport. Mais le moteur est par terre, en révision. On ne sait pas quand on peut partir. Tant pis, on fait les sacs et en route pour Bagamoyo.

 

On trouve à camper, pas trop cher. Tour du village : assez décevant. Évidemment je ne sais ce que Bagamoyo est devenu aujourd'hui. Nous avons visité, sans y trouver d’intérêt, les vestiges des différentes occupations subies, des sultans, de allemands, et aussi des vestiges de l'esclavage. On profitera de la plage et des repas préparés par le gérant du camping. Toujours pas de contact concernant l'avion pour Zanzibar. Un groupe s’organise pour dormir sur la plage plutôt que sous la tente.

Le mercredi 26 sera du même tonneau. Attente des nouvelles du contact, promenade et plage. Le soir barbecue, et flânerie sous les palétuviers. Joël parti chercher nos billets de vol pour Zanzibar n'est pas rentré avec le bus. Il ne rentrera que vers 22h 00 en taxi (merci les frais) avec les billets. Demain Zanzibar ! Le rêve commence !

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 17:10

Tanzanie du vendredi 21/07/78 au dimanche 23/07/1978

Arusha Dar el salam-6 

Long transfert. Toi qui vient de visiter la Tanzanie, de profiter de la beauté des parcs nationaux, tu te fais transporter en avion ou en quatre quatre entre les sites. En 1978, il n'y avait rien de tout çà, rien d'organiser. Chaque jour te réservait un imprévu. La partie touristique, au regard des contraintes de voyage improvisées, des remises en questions de chaque instant, devient d'un coup secondaire. Je n'ai que quelques photos prises en roulant – quand on roulait – de ce long transfert. Le séjour à Dar el Salam est le pire que nous ayons connu de tous les voyages faits, même avec les fameux circuits « aventure » de Nouvelles Frontières, dans les années 70 .

Je retrouve dans mes carnets de notes un épisode éprouvant, le pire reste à venir...

 

le vendredi 21/07 au matin, vers huit heures et quart, on est prêt. Les hyènes et topis ont quitté l'environnement de notre camp. Fermer les caisses de vivre, s'alléger de l'inutile. Aujourd'hui, je me rappelle la discussion sur le budget et les basses eaux où nous sommes; on remet en question la fameuse pompe céramique pour purifier l'eau. Une fortune prélevée sur les frais du voyage. Elle n'a servi qu'un jour, le temps de se rendre compte qu'elle ne produirait pas l'eau potable d'un groupe de quinze personnes, et que les conditions de son nettoyage, pour en conserver l'efficacité, nécessitaient plus d'eau propre qu'elle en avait produite. Gabegie !

Notre guide Joël s'occupe des questions d'essence et du règlements des séjours dans les parcs. Chaque parc est plus contrôlé qu'une prison (sauf pour les braconniers, bien sûr !) Il fallait toujours un petit quelque chose pour que la barrière se lève. Joël doit faire plusieurs aller-retours pour que l'on puisse partir.

Vers 11h30, près de Ngorongoro, le bus doit s'arrêter dans un petit garage. Problème de moteur. nous repartons confiants jusqu'à notre première étape, Mto Wa Mbu, où nous arrivons à 13h30.

Ce village, près du lac Manyara, nous y étions passés deux fois. Beaucoup d’artisans sculpteurs d'ébène, de bracelets en ivoire, et autres petits objets uniques. Nous y avons négocié deux belles compositions sculptées, même si le voyage n'était pas terminé, un peu lourdes et encombrantes. Elles sont toujours biens exposées ici et chez nos amis. Je les touches de temps en temps, comme un fétiche. Les prix avaient augmenté entre la première visite et ce jour là. La négociation portait sur ma montre. Aujourd'hui ça fait rire tout le monde. Mais c'était une vielle montre mécanique, plaquée or, mais ça ne pesait pas lourd. Non ! Ce qui était important, c'était qu'elle était sans pile. Or, les piles étaient difficiles à approvisionner et coutaient cher. D'où le succès de notre guide qui avait amené de quoi troquer : jeans et montres. Les temps ont changés, les montres et les jeans asiatiques inondent les boutiques, et les autochtones savent que rien ne vaut une bonne devise.

Petit détour par un restau en plein air, chapatis et bière « Safari ». Les chauffeurs s'attardent plus que nous.

Nous passons la nuit tranquille à Arusha.

Lendemain samedi 22 juillet, il faut encore palabrer pour le bus vers Dar El Salam. 11 h le départ, 12h 45 arrivée à Moshi. Pause méridienne rapide et on roule jusqu'à 18h00 ; la nuit tombe doucement, petite bouffe légère. C'est remarquable la place que prend la bouffe dans un voyage ! Le chauffeur nous annonce qu'on serait à Dar el Salam vers minuit. Sympa comme horaire d'arrivée, t'imagines bien qu'on n'a pas d’hôtel de prévu là-bas. Ça va être drôle.

La nuit est belle, ciel d'été rempli d'étoiles. La lune se lève et l'on se prépare à prendre un acompte sur le sommeil. Ça roule !

Dans une côte, un virage serré, le bus cale ! Le chauffeur sort la caisse à outils. Il est 22h. Une fois dehors on s'aperçoit que le rail de sécurité est renversé et qu'un camion citerne est couché dans le ravin en contre-bas. Brrr !

Le chauffeur, sous le bus, se bat avec une grosse clé et un écrou. Salutations des confrères qui passent lentement. L'écrou tient bon. Une demi heure passe lorsqu'un bus venant de Dar s'arrête. Dans mes notes, tu pourras lire « un grand nègre avec un chapeau »... Aujourd'hui je risque d'aller au tribunal, si j'écris ça. Donc je corrige, un Africain, bien noir, de grande taille, coiffé d'un chapeau descend du bus et commande.

Notre chauffeur s'en va démonter une pièce du bus qui marchait bien. T'imagines l'agitation des voyageurs du bus concerné. Lorsqu'un troisième bus s'arrête, notre chauffeur interrompt son démontage sous le deuxième bus, ramasse ses outils et file vers le troisième bus. Il y trouve un tuyau. Un petit coup d'aspiration dans le réservoir. Ils s'accordent sur l'origine de la panne, la qualité du gazole. Il y avait semble-t-il d'autres soucis, mais un nouveau gazole nous permet de redémarrer le moteur.

C'est là qu'on aperçoit deux flics, venus d'on ne sait où , qui nous surveillaient depuis longtemps, arme sur l'épaule...

23h, on repart, non sans mal.

 

Vers deux heures du matin, on arrive à Dar El Salam. Comme on n'a pas de gite, on va au « book office », salle où sont vendus les billets de bus, et où les bancs de la salle d'attente vont servir de banquette-lit à quelques uns, les autres sortiront les matelas mousse et les duvets (prévus très chauds pour le kilimandjaro) et s’installeront à même le ciment, dans la poussière, au milieu des petits insectes qui trouveront vite le passage de ton duvet sarcophage. J'ajoute une chemise sur mon visage, t'imagines bien que ça ne protégera pas trop des moustiques.

 

A six heures tout s'éveille et toi aussi ; tu ne t'es pas vu dans une glace, mais certains ont pu craindre le retour des morts vivants.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 14:27

 

La migration des gnous en combi WV.

Tanzanie, jeudi 20 juillet 1978.

Le Serengeti - Mugumu - 29

A 8h30 nous partons sur les traces mythiques des gnous en pleine migration. T'imagines bien que les gnous, s'étaient entendus avec le syndicat d'initiative, et qu'un troupeau nous était réservé, qui allait foncé vers le nord, vers la frontière du Kenya. Nous n'avions qu'à suivre dans nos minibus combi WV.

Jusqu'à 11H, nous apercevions de la fenêtre du bus de plus ou moins grands troupeaux. Ils avaient du oublié la migration. Ils se contentaient de faire 100 ou 200 mètres quand on s'approchait trop. Le téléobjectif de l'époque te ramenait ce qu'il pouvait. Donc vraiment très peu de photos.

Une heure plus tard, le chauffeur du combi continue de nous promener dans la savane, souvent hors des routes en terre. On est juste secoué, et on proteste de ce qu'on ne voit pas grand chose. Ni village, ni animaux. Il nous promet un village à environ une demi heure, où on pourra manger.

C'est là que débute notre chemin de croix. Non que la migration nous passe sous le nez, mais bien parce qu'à force de conduire au jugé, et bien le minibus du guide Joël s'est embourbé. Le tuyau d'échappement rejette des gros sanglots étranglés de boue sombre, le chauffeur la portière ouverte, continue de donner des petits coups d'accélérateurs, mais la boue est là, prête à étouffer le moteur.

Comme déjà dit, c'est des combis, nos minibus, pas des quatre quatre. Rien pour tirer non plus.

Alors il faut faire ça à l'ancienne, comme dans « le salaire de la peur », trouver des branchages à glisser sous les roues, et pour cela s'immerger profondément. Bien sur avec trois branches, t'as du volume, mais pas de quoi faire agripper le roues. Et l'arrière s'enfonce un peu plus. Encore deux centimètres et le pot est sous l'eau.

Il va falloir pousser. Toute la question est comment ? Enlever les chaussures, si tu te blesses bonjour l'infection ? garder tes tennis, et te voilà crado pour la journée. Chacun fait son choix et s'approche du combi. Où pousser ? Deux derrières, soulèvent l'arrière par le pare-choc et poussent avec leur dos la porte arrière où il y a le moteur. Les autres s'arriment aux portes, sans être bien sur qu'elles ne vont pas lâcher. Le premier essai tomba à l'eau. Notre guide, Joël, aussi. Bien entamé, mais on décide sans gravité ! Je n'ai pas la mémoire de nos efforts conjugués, mais le combi fut remis sur sur le dur.

 

Il est passé 15 h 00 quand on arrive à Mugumu. Aujourd’hui, quand je regarde les images « Google », je ne reconnais pas le village, je l'avais vu plus petit. Surement s'est-il développé.

On avait deux heures de visite, et à l'heure du départ, il nous manque deux femmes. Ça énerve tout le monde. Le premier bus part. Le notre suit avec pas mal de retard. Le chauffeur nous arrête au milieu du village. Problème de direction. C'est vrai que quand on roulait hors piste on avait pas mal taper dans les trous et les rochers, sans se douter d'un coup dur. La en regardant les roue avant, elle forme un V comme des skis en chasse neige. Gros attroupement autour de nous, pas loin une sorte de hangar, dépôt de morceaux de bagnoles, et un homme qui nous a repéré et attend notre chauffeur.

Un coup de cric, et l'inspection montre que la barre qui relie les triangles de direction est salement pliée. A Paris, ta caisse file au garage sur une remorque et tu en as pour huit jours. L'homme démonte la barre, la cale sur la route avec deux gros pavés, prend une lourde masse et frappe sur le coude qui progressivement cède. Quelques petites rotations, trois coups bien ciblés, il revérifie la rectitude (toi tu sais, que la barre fait un S, mais bien allongé). Notre homme se glisse sous le combi et nous voilà prêts à repartir. Moins de trois quarts d'heure de perdu.

 

Notre gite est dans le parc. Il fait nuit noir quand nous arrivons, palabre avec le garde. Un de nos guide était parti avec une dizaine de montres, attachées à son bras comme des bracelets en dentelle. La monnaie d'échange. Sept heures et demi. Trois se dévouent à la bouffe du soir : Riz, tomates, oignons. Demain nous saurons que les finances du groupe sont à plat, et que la caisse de vivres amenée de Paris ne contient plus grand chose. Demain c'est aussi le retour vers Arusha.

 

C'est pour çà que je mets la carte « Google ». Sur le prospectus NF, il y avait marqué « suivre la migration des gnous ». On ne nous avait pas expliqué que c'était à nous de les trouver. Il y avait juste de prévu les deux villages Seronera et Mugumu, et puis compter sur la chance. Les gnous, on les a vus de loin, et en rentrant à la nuit tombante, on croise le long de la route girafes, léopard, zèbres et phacochères. Donc peu d'images. Seulement celles des enfants agglutinées autour de l'enseignante du groupe pendant la réparation. Grand moment de rigolade. Des enfants heureux.

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 10:24

Tanzanie, le 19 juillet 1978

Le Serengeti - 07 

La veille, nous avons quitté le cratère du Ngorongoro à la nuit tombante. Dans la Land Rover qui nous ramène au camp, on repense à ces belles images du lac Manyara et du cratère. Au bord du lac, les animaux étaient plus faciles à approcher. La vie du lac dominait, avec les hippopotames et les oiseaux. Dans l cratère du Ngorongoro, les animaux, bien plus sauvages étaient cachés. Les lions n'étaient débusqués que parce que les guides savaient les trouver. La plupart animaux nous ont croisés par hasard comme ce serval à la sortie du parc.

 

Donc, ce mercredi, un peu après huit heures, tout le monde est prêt. Les combis Volksgwagen arrivent, et nous partons le ventre creux. Rien à manger ce matin là !

Nous roulons beaucoup, parfois hors des pistes. Nous arrivons au village de Seronera. Les combis nous laissent devant le restaurant local, et, sans vraiment savoir ce qu'on mangeait, les estomacs furent lestés.

Ensuite, nous arrivons dans une sorte d'auberge de jeunesse, avec de grands couchages collectifs. Après ces quelques nuits à dormir sur la dure, l'idée, d'un lit même précaire et une douche est bienvenue. Ce sera le moment de la sieste pour quelques uns et pour d'autres la difficile extraction des tics dans le dos.

Vers 116h30, nos bus nous emmènent vers « un affut ». Coucher de soleil magnifique que j'ai déjà mis sur ce blog. Nous traversons une colline ravagée par un feu de brousse. Au loin des Topis, des zèbres, des gnous.

 

Vers vingt heures, il fait nuit noire, et notre petite équipe, se laisse gagner par le sommeil.

Demain, tenter de suivre la migration des gnous sera plus problématique.

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 08:05

 

Tanzanie 1978, troisième sujet au Ngorongoro.

 Ngorongoro - les troupeaux - 04

La magie de ce parc est dans ce cratère en forme d'écrin, tapissé d'une foret d'ombre bleue. L'herbe y est sèche et jaune. Les grands troupeaux y broutent tranquille. Notre combi ne les dérange pas. C'est l'après midi, ils sont sans inquiétudes, ce n'est pas l'heure des lionnes, qui vers dix-huit heures vont organiser leur lent rabat pour isoler leur proie.

 

Je présente ici quelques photos, les buffles, les gnous, les zèbres, les gazelles. Séparés ou ensemble, ils ont leur place, leur grâce, ou imposent leur puissance. J'avais une pellicule pour ma journée, sans savoir le rendu. Tu ne doublais rien. Cela laissait plus de loisir à ton œil : il t'amenait droit au cœur les vibrations de l'air.

 

Aujourd'hui tu sens bien qu'il te manquait un zoom, pour pouvoir mieux choisir tes images. La focale fixe de ton 200 ne te permet pas de cadrer grand-chose. Un zoom à cette époque, coûtait presque autant que le voyage...

C'est curieux, en y repensant, de se souvenir de tout ce qui relie cette année 78 et aujourd'hui. Je me souvenais des élections législatives perdues par la gauche, une fois de plus. En 1972, les partis de gauche avaient signé le programme commun, pour des gens comme moi, c'était un grand espoir pour les forces de progrès. Tu bataillais dans ton syndicat, t'y croyais. En 1977, c'est la rupture, et ces dernières élections là, sont aussi la conséquence de la désunion. Dans trois semaines on y retourne. Comment les partis qui devraient porter nos convictions, peuvent-ils encore ne pas s'entendre ?

En 1978, L'Afghanistan, l'Iran sont à la une. C'est aussi les accords de Camp David entre l'Egypte et Israël. Les paras français « sautent » à Kolwezi. Décès de Claude François et Brel. Carol Vojtyla devient pape.

 

Tout au long de notre séjour en Tanzanie, notre guide, Joël, vend l'organisation d'un voyage - toujours d'aventure – pour l'Afghanistan. Un pays sauvage disait-il, où on peut faire encore du troc !

Depuis lors, la télé ne nous aura montré que des images de guerre.

 

Le Ngorongoro, te purge la tête, la vie devant toi, animale, a son sens. La protection du parc, malgré, on le sait quelques braconniers, te sert ce petit bijou à contempler. Conservatoire du vivant.

 

 

 Cliquez sur la photo pour accéder à l'article
  Carnets de voyage - Tanzani - juillet 1978
Montée gilman's point - 12

Les neiges du Kilimandjaro.

Dernière montée vers Gilman's Point

107 kilimandjaro

En haut du Kilimandjaro.

Jeudi 13 juillet 1978

Kibo Hut - 26

Les neiges du Kilimandjaro –

Kibo Hut

Mandara Horombo - 10

Les neiges du Kilimandjaro : Mandara -Horombo

46 deuxième nuit en refuge-4

Les neiges du kilimandjaro

Refuge Peters hut à Mandara

146 arusha et kili-6

 Les neiges du Kilimandjaro. Arusha,

base de départ.

Tanzanie - Lac Manyara 103

Le lac Manyara.

Premères émotions devant

la beauté de ce parc naturel.

Ngorongoro - les lions -03

Cratère de Ngorongoro.

Les Lions du Parc

Ngorongoro - les oiseaux - 12

Cratère de Ngorongoro.

Les oiseaux du parc

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 09:07

 

Quelques images de ce beau parc national en Tanzanie.

 Ngorongoro - les oiseaux - 12

Pas facile de shooter les oiseaux en vol. L'appareil photo dont tu étais si fier, n'avait aucun automatisme. La mise au point se faisait sur un verre dépoli et la petite mire sur les lignes verticales, et la luminosité en ajustant l'ouverture ou la vitesse, en fonction d'un petit galvanomètre qui s’affichait dans le viseur. T'avais rien d'un chasseur d'images. Pourtant quand tu projetais tes diapos, t'étais heureux. Chaque image te rendait une part de ce bonheur généré par l'émotion de la découverte.

 

Hier t'as retrouvé tes boites de diapos, tu as retesté celles qui te paraissaient mal scannées. Un fichu grain s'est installé. Tu regardes les caches en plastique vert et blanc. La marque ne te dit rien, tu ne te souviens plus que ça a existé. Pourquoi t'avais quitté Kodak. Sûrement qu'à la FNAC où tu achetais tout, ils t'avaient fait une promotion d'une sous-marque, et tu t'es fait avoir. T'as jamais eu de grain, comme ça, sur des diapos Kodak, même dix ans plus vieilles...

 

Du coup, t'as tout repassé en revue. Pour ce séjour en Tanzanie, seulement 202 dia, 6 pellicules, moins les ratures. Tu t'étais censuré. Même dans un circuit « aventures », avec une organisation précaire, des conditions d'hébergement mini, l'aller/ retour pour la garde de la fille par les grands-parents, le budget coinçait vite. Deux photos de lionnes s'étaient perdues, tu les remettras dans le prochain sujet.

 

Donc ce deuxième sujet sur le Ngorongoro, pour quelques images d'oiseaux. Je serais bien incapable de les nommer tous. Je crois reconnaître les cigognes, les marabouts, les hérons, les autruches, les grues, quant aux autres...

 

 Cliquez sur la photo pour accéder à l'article
  Carnets de voyage - Tanzani - juillet 1978
Montée gilman's point - 12

Les neiges du Kilimandjaro.

Dernière montée vers Gilman's Point

107 kilimandjaro

En haut du Kilimandjaro.

Jeudi 13 juillet 1978

Kibo Hut - 26

Les neiges du Kilimandjaro –

Kibo Hut

Mandara Horombo - 10

Les neiges du Kilimandjaro : Mandara -Horombo

46 deuxième nuit en refuge-4

Les neiges du kilimandjaro

Refuge Peters hut à Mandara

146 arusha et kili-6

 Les neiges du Kilimandjaro. Arusha,

base de départ.

Tanzanie - Lac Manyara 103

Le lac Manyara.

Premères émotions devant

la beauté de ce parc naturel.

Ngorongoro - les lions -03

Cratère de Ngorongoro.

Les Lions du Parc

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 19:52

 

Tanzanie, 18 juillet 1978.

Ngorongoro - les lions -02

Tu n'es pas content de tes diapos scannées. T'as pas du t'appliquer, ou bien certaines diapos avaient mal vieilli. Depuis hier, tu les cherches, sauf que t'as fait du ménage, et les cartons où sont-ils ? Sûrement à la cave...

C'est en rangeant tes petites affaires éparpillées sur le sol de ta cave fracturée, en remettant en vrac dans un vieille boite à chaussures, les photos piétinées, qu'ici et là, sous la lumière ondulante de la petite ampoule suspendue à son fil, tu jettes un œil, sur ce que tu ramasses. Il y avait là tes vieux carnets, pas grand-chose, simplement t'avais noté une date, un lieu, une anecdote.

Dans le premier sujet su le Kilimandjaro, le film t'avait remis en mémoire tes bagarres vaines de 1976. L'année d'après tu quittais la boite et démarrais un nouveau job. La première année avait été dure, remettant en cause bien des certitudes, presque tous les soirs, tu bossais pour te remettre à niveau. On n'imagine pas à quelle vitesse, toutes les théories, les règles que tu as eu tant de mal à assimiler, dans ces épuisants cours du soir, au CNAM, se sont effacées de ta mémoire, faute d'application. Il faut les greffer à nouveau. T'as pas lâché ton engagement syndical, il prend une autre forme. Progressivement tu réinvestis tout ce que tu es, dans ce nouveau job. Tu le sens bien !

 

Alors, la soupape c'est le voyage. Sur ton petit carnet, tu relis que le 18 juillet, c'est un mardi. De notre groupe, quelques-uns ont dormi sous la tente, nos G.O et quelques « minettes » ont dormi à l'hôtel. (Excuse, c'était le langage de l'époque, pas classe, mais pas vulgaire, ni péjoratif). Pendant qu'on petit-déjeune, le garde du Parc vient nous saluer. J'ai noté 8h25. On a déjà tout plié, ramassé.

Comme tous les matins, on attend. Aujourd'hui, ce qui est prévu c'est le cratère de Ngorongoro.

 

N'imagine pas que je savais ce que je venais voir. Même pas vu une photo.

 

Nos combis WW arrivent. Le temps est brumeux, et très vite la piste chaotique monte. C'est là que tu as le choc du jour, ou plutôt, évité le choc du jour. Dans le brouillard quatre ou cinq éléphants descendent un talus et traversent devant nous, le coup de frein nous réveille. Nous sommes à une petite dizaine de mètres des barrisseurs fantomatiques qui s'estompent dans la brume. On ramasse les affaires projetées sous les sièges, et on repart.

À l'entrée du parc, il faut laisser nos combis, et monter dans les Land-Rover adaptées.

 

Bien sur le Ngorongoro, c'est le choc ! La beauté majuscule ! Le chauffeur de chaque land-rover a ses coins. Lui c'est les lions, l'autre les rhinos. Nos deux véhicules ne se retrouveront qu'à la sortie du parc.

 

Ton petit carnet sorti de ta cave ! Tu remontes avec plein de souvenirs éteints. 1978 qui se souvient ? Les législatives avaient été perdues par la gauche. Les électeurs avaient fait le « bon choix » réclamé par Giscard. L'équipe de France de foot de Platini et Trésor avait été éliminée de la coupe du monde. Pas mieux qu'en 2010. Attentat terroriste à Orly. Khomeyni agitait l'Iran du Shah. Coup d'état à Kaboul, les russes arrivent.

 

Alors, à quoi tu penses en revoyant tes photos du vieux lion que la Land-rover dérange dans sa sieste ? Ben, je ne pensais à rien de tout ça. J'étais ébloui par le paysage, la majesté du lion, tous ces cris d'oiseaux, le galop sourd des troupeaux qu'on entendait au loin. Et puis fallait faire les photos. Ça jouait vivement des coudes, pour avoir accès au toit ouvrant. En plus, t'avais jamais le bon objectif. En haut du cratère, t'avais mis le grand angle, dans la descente, tu visses le télé, mais la land-rover s'approche si près, qu'il faut remonter le 50mm. Ah ! le bonheur des petits appareils, si commodes, d'aujourd'hui.

 

 

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  Carnets de voyage - Tanzani - juillet 1978
Montée gilman's point - 12

Les neiges du Kilimandjaro.

Dernière montée vers Gilman's Point

107 kilimandjaro

En haut du Kilimandjaro.

Jeudi 13 juillet 1978

Kibo Hut - 26

Les neiges du Kilimandjaro –

Kibo Hut

Mandara Horombo - 10

Les neiges du Kilimandjaro : Mandara -Horombo

46 deuxième nuit en refuge-4

Les neiges du kilimandjaro

Refuge Peters hut à Mandara

146 arusha et kili-6

 Les neiges du Kilimandjaro. Arusha,

base de départ.

Tanzanie - Lac Manyara 103

Le lac Manyara.

Premères émotions devant

la beauté de ce parc naturel.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 17:35


Tanzanie 1978.

Tanzanie - Lac Manyara 103

Je continue de relire mes notes pattes de mouche, sur un vieux bloc effiloché.
Le lundi 17 juillet 1978.
On sort de notre petite tente de boy scout. Il est neuf heures, on a mal dormi, t'imagines pas. Le soleil est bien présent, un ciel impeccablement bleu au dessus de nos têtes. Je t'ai déjà expliqué le côté auto-organisation de ces voyages « aventures » de NF en 1978. Là, on ressort les bleuets pour chauffer l'eau, on se dirige vers les seaux remplis d'eau au marigot, on a laissé décanter, on prélève sans trop remuer de quoi remplir le fait-tout. Faire bouillir.
Hier soir on avait tester la pompe à filtre céramique. Sans résultat. Lire la notice de montage à la lampe électrique n'améliorait pas notre compréhension de ce qu'il fallait faire. Le seul point qu'on avait compris, c'est qu'il fallait protéger de toute contamination, la surface extérieure du cylindre du filtre, par où sortait l'eau potable. On recommence le travail en remettant l'aspiration dans le marigot, et en insérant le tuyau de sortie dans une gourde vide. Amorcer allait bien, c'est quand il fallait filtrer que tout se compliquait. Sur la notice il y avait d'inscrit que l'effort de compression nécessaire permettait à l'eau de traverser les micro-pores du filtre, en retenant les impuretés, bactéries et autres menaces. Tes petits exercices en salle de muscu c'est de la fantaisie. A ce moment tu jouais encore au volley, et  l’entraînement des biceps était à niveau. Cependant tu remplissais plus sûrement la gourde avec l'huile de coude qui te suintais des bras, qu'avec la pompe. Chacun y va de son hypothèse : il faut peut être nettoyer le filtre d'entrée de la  pompe, on n'a pas laissé assez décanter ?
On essaiera encore un jour, avant de la remettre dans son emballage. Retour aux fondamentaux : seaux de décantation et pastilles de décontamination. L'eau est un peu mauve, elle a un goût indéfinissable, mais il n'y a que ça.
Pour l'instant...
On essaye de pas trop traîner, ranger vite les affaires, car on part au lac Manyara. Sauf que les babouins, ont profité de ce que les campeurs shaddocs pompaient, pour visiter les tentes et virer les sacs. L'un repartira avec un jean comme trophée.
Quand t'entends les cris des spoliés, tu te précipites avec ton appareil photo. Une photo, un coup de manivelle pour avancer la pellicule, encore une, puis encore, t'est sûr, ça va déchirer ces photos. Combien t'en as fait ? Tu regardes ton compteur : 36 ! Le compteur est cassé ? T'es sûr d'en avoir fait une vingtaine ? Il devrait n'en rester que 15 ou 16. Tu vises le camp, t'en refais une, armes le levier : 36. Merde, t'as mal monté la pelloche! T'ouvres l'appareil, sous ton duvet, dans la tente ; à tâtons, tu comprends qu'elle est mal engagée.

La journée débute mal.
Mais la visite du parc national sera réussie. T'avais jamais vu une telle densité d'oiseaux, d'animaux.  Les parcs animaliers n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui en France. Aucune girafe ne  dégustaient  avec pareille délicatesse, les hautes branches d'acacias dans un zoo. Le toit du petit combi Volkswagen était ouvert. Plein soleil, plein les yeux de vie sous la lumière. Ce lac vivant d'une faune incroyable. Les éléphants, les buffles, tu les croises au détour d'un petit bois, quand le bus en fait le tour. Magie. Ce jour là, il n'y avait que nos deux mini-bus. J'imagine qu'aujourd'hui, il doit y avoir de jolis lodges climatisés d'où partent des bus « pullman ».

Avant de retourner sous nos tentes, le soir on s'arrête au village de Mto Wa Mbu. Grosse discussion. Dans les jours qui viennent, après la promenade dans le cratère de Ngorongoro, il y une longue randonnée de prévue pour suivre les Gnous. Trois jours avant, notre petit groupe était en haut du Kilimandjaro, et les efforts, le froid, maintenant le chaud de la savane, commencent à mettre à l'épreuve les organismes. Trois jours sous la tente, dans l'inconfort, par des hautes températures, sans douche, à pomper l'eau du marigot, sans se faire un vrai repas, ça commence à bien faire. Le groupe aventure, fier de son autogestion, se lézarde. Qui veut un lodge, qui veut camper, qui veut une chambre chez l'habitant !
Pas de lodge, donc le groupe se replie vers son campement. Là, en quelques jours, t'as perdu tes premiers kilos. A la fin du voyage ce sera dix de moins.
Vive l'aventure, vive l'autogestion !

 

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Kibo Hut

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Les neiges du kilimandjaro

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 Les neiges du Kilimandjaro. Arusha,

base de départ.

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Le lac Manyara.

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 17:58

Tanzanie 1978.
Implantation du camp de base au milieu des singes.

                                     Sur le site de Mto Wa Mbu.

Kilimandjaro - Serengeti - 001

 

Tu imagines bien que le nom de ce site, je ne l'ai pas sorti de mon GPS ni d'une carte de randonnée au 25000 ème. Non, c'est dans mon petit carnet de notes, en date du dimanche 16 juillet 1978. Ces deux jeunes fous qui ont abandonné leur fille de deux ans à la mamie du Béarn, ne peuvent que mettre une carte postale dans une boite improbable pour rassurer les familles bien inquiètes. Peut-être je remettrai la main sur l'une d'elle, un jour...

Je reprends mes notes. Peu de photo dans ces journées de transition entre le camp de base au retour du Kilimandjaro à Arusha, et l'installation de nos tentes à proximité du lac Manyara.

Samedi 15 juillet (à notre retour du Kilimandjaro) :
Debout à 8h, après une nuit sonorisée par le disco. Petit déjeuner succulent : œufs et toasts. Branle-bas pour le départ. Petite promenade vers les « boites à touristes ».  Nous écrivons 2 cartes postales, mises, on le saura plus tard, dans la mauvaise boite à lettre. (Y-en-a-t-il une bonne ?) . Quand arriveront-elles ? Nous changeons un peu de fric pour avoir des papiers pour la douane. Puis Joël nous ayant payé un petit pot, nous avons une discussion sur l'organisation du groupe.
On va déjeuner dans un petit truc pas trop cher. Ta femme reste seule à l'hôtel : angine et petite bronchite.
Petit tour de ville traditionnel. Les maisons présentent les habituelles façade bleues ou roses. On longe les boites à touriste, les couturiers, les mécanos, les marchands de textiles.

Dimanche 16 juillet :
Ta petite femme va un petit peu mieux. Comme hier, le ciel est gris et triste, le matin. Nous allons prendre le petit déjeuner en attendant des nouvelles des « Parcs ». On rit jaune en ce moment...

(A l'époque, les circuits aventures avec « Nouvelles Frontières » c'était vraiment l'aventure, rien n'était organisé à l'avance, depuis Paris, les guides devaient tout débrouiller sur place. Sur ce voyage, il y a des gars qui avaient quitté le groupe dès l'aéroport. Dans un précédent, la guide nous refile le fric en descendant d'avion et voulait partir avec son copain...)

Hier, la petite bouffe dans un « vrai » restaurant s'était achevé par la remise des diplômes pour ceux qui étaient allés jusqu'en haut du Kili. Soirée triste, le repas ne tenant pas ses promesses.

11h Les bus arrivent. Joël a pu signer 10 minutes avant les allemands en colère. Dehors la rue est bordée de haies d'enfants ayant arraché les fleurs des jardins publics. Ils s’apprêtent à saluer un visiteur. Le président Julius Nyerere reçoit celui du Soudan. On n'a pas d'explications claires, il faudrait trouver un journal.
Les sacs sont ramassés, il ne nous reste plus qu'à attendre le départ. Attendre ! Encore !

15h30, nous nous arrêtons dans le village de Mto Wa Mbu. Quelques achats dans ce village pour touristes. Nous avons abandonné les routes goudronnées depuis deux heures. Au passage nous avons croisé, des autruches, des singes, des oiseaux divers et quelques gazelles.
La clairière où nous nous installons est entourée de singes bruyants, de plein d'oiseaux, et d'un grande diversité d’insectes.
On s'organise : corvée de bois, préparation des feux et petite bouffe. Patates sautées au jambon avec oignons. Très bon.
Grand feu de camp. Nos G.O. Font les comptes, et on se retrouve autour du feu. Chants classiques et François au pipeau. Tout est bien
Plus tard dans la soirée une 404 est arrivée avec un groupe, et la nuit noire est tombée.

Demain , première balade sur les rives du la Manyara. La magie du voyage continue.

 

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