25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 09:08

Tigre - Delta du rio Paraná - vers le rio de la Plata.

Argentine (33)


Le bus nous dépose dans le quartier de Puerto Frutos. Le port du marché aux fruits. En début mars, il n'y a pas beaucoup de fruits. La plupart des boutiques présentent des accessoires de décoration ou d 'ameublement. Tu trouves les mêmes produits, de même provenance à Paris...Il y a la couleur, le dépaysement, la présence du fleuve qui font la différence.

Tigre est une ville au bord de l'eau qui d'un coté communique avec Buenos Aires à moins de trente kilomètres, par la route et le train et de l'autre s'ouvre et se perd dans les canaux du delta du rio Paraná. Plus à l'est, c'est le rio de la Plata qui reçoit aussi les eaux du rio Uruguay.

Sur la berge où nous nous promenons d'abord, des hôtels club gigantesques comme le Paseo Victoria avec ses immenses colonnades. Il existe des clubs nautiques de golf etc...Le court périple en bateau sur le Lujan me fait comprendre ce que nous avions découvert rapidement à chaque atterrissage à Buenos Aires. La Mesopotamia. Cette vaste région verte traversée par des méandres d'eaux boueuses. Cela me rappelait le bassin amazonien...

Quelle activité !

Partout des maisons plus ou moins cossues perchées sur des ilots de verdure, au milieu d'une immense forêt tropicale. Des pontons bien haut sur leurs pilotis te donnent une idée des hauteurs de crues. Toutes les tailles d'embarcations, des canoës où les hommes pagayent, au hors bord puissant, les péniches lourdement chargées, et dans des recoins, abandonnés, de vieux cargos se décomposent dans la rouille.

On imagine l'été, la chaleur humide, les orages dévastateurs, les moustiques...

Tigre et les petites iles que nous croisons est une zone résidentielle, de loisirs ( pèche, ski nautique), pour les retraités. Plein de petits cabanons pour un week-end enchanteur.

Une image de rêve que nous emporterons dans notre voyage de retour.

Précédant: San Telmo

Début : Buenos aires

à Suivre:



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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 11:40

Buenos Aires - San Telmo.

Argentine (32)


Pourquoi avons-nous voulu faire ce voyage en Argentine ? Plus d'un an après notre retour on s'interroge encore. Toi, tu sais. Jeune adulte tu étais parti, en « charter », comme on disait alors, départ à + / - 1 jour de la date indiquée, retour + / -2 jours, en fait, ce sera + 4. Quand tu retournes au boulot, pas facile à expliquer, le téléphone portable n'existe pas, et  l'appel téléphonique de Lima n'a pas convaincu. Mais t'étais jeune, un peu traqueur, t'avais tellement envie de partir, et pas la tune pour un voyage trop bien organisé : L'avion bouffait les deux tiers de tes économies.

Alors quand ton épouse prend sa retraite à son tour, tu as envie de ressentir encore un peu toutes les émotions de ce voyage,  saurais-tu encore vibrer de la découverte de l'inconnu ?

Tes premières recherches d'un dépaysement total te font imaginer pouvoir passer le Cap Horn, et faire un grand tour de Buenos Aires, à Valparaiso, en passant par Ushuaia. Un rêve de gosse quoi ! Un de ces rêves que l'on se fabrique au long de 42 années de boulot, faire un « grand » voyage ! T'expliquer avec toutes ces heures harassantes, ces nuits passées « pour la boite », compenser par un immense courant d'air libre !

Bien sur aujourd'hui, il ne t'est plus possible d'envisager de voyager « en avisant sur place ». Il te faut même une prise électrique pour la batterie de l'appareil photo, du téléphone mobile, et la douche bien propre...D'où ce choix d'une organisation bien maitrisée. Ramené en « franc constant », ce n'est pas plus cher aujourd'hui qu'il y a trente-cinq ans, et ce n'est pas l'improvisation  de l'époque.


Non seulement t'es douillet, en plus t'es devenu râleur...


En préparant ce voyage tu n'avais pas imaginé la visite des missions jésuites. Tu ne savais pas de quoi il s'agissait. Donc tu cherches un guide. La librairie à Bayonne où tu es de passage, ne foisonne pas. Il y en a deux, et chacun en trois exemplaires. Quatre mains se tendent, qui se partagent le tribut. Pas le « Routard » ! Ce dernier soir à Buenos Aires, revenant de Posadas et de la visite qui t'a marquée, celle des missions, de leur gestion, t'es libre : mais sans ton compagnon habituel qui à des milliers de kilomètres te guide immanquablement vers le petit coin typiquement génial et « cheap ! »


Ta fâcherie a failli te passer le gout d'un petit vin. Un Norton rouge bien charpenté que t'avais déjà apprécié, après lequel tu allais pourtant courir.


Faut dire qu'à force de sous-traiter les voyages, entre ce qu'on te vend à Paris et ce que l'agence locale va fournir, tu te fais autant avoir qu'en écoutant le « travailler plus » de Sarko.  Le programme du dernier jour les fait chier, l'accompagnatrice veut son après-midi libre, (l'avion est vers vingt deux heures), elle avance les visites de l'après midi au matin (où on avait quartier libre), et  après débrouillez-vous ! Bras de fer. Les portables sonnent à Paris, et le changement est annulé !


Ouf ! C'est ce qui me permet de te montrer ces photos de San Telmo. Enfin seuls, bras dessus, bras dessous, nous sommes tranquillement repassés place de mai. Direction San Telmo (le quartier latin à Buenos Aires). Nous empruntons « Defensa ». Nous passons devant San Ignacio et le musée de la Ciudad, la basilique Nuestra Senora del Rosario. Puis par l'avenue de l'indépendance et l'avenue du 9 juillet nous retournons à l'hôtel près de l'Obélisque. Quelques photos de murs peints célèbres, même si un peu taggués, bien sur les « d'arbres bouteille », qui doivent leur nom à la forme de leur tronc, je les cherchais depuis le premier passage.


Une matinée libre, pouvoir choisir son chemin, son rythme, se laisser surprendre par la découverte d'un quartier, et devoir chercher ce qu'on voit ! Même si à pied, c'est franchement long, tu sais que tu va bientôt être assis un paquet d'heures. Le bonheur de s'imprégner d'un quartier.


Précédent: Loreto, dernière mission jésuite

Début: Argentine arrivée à buenos aires

A suivre: Tigre 



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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 14:25

Loreto - Dernière mission jésuite de notre séjour argentin.

Argentine (31)


Peu de guides touristiques t'enverront visiter les ruines envahies par la forêt tropicale, de la mission Loreto, en Argentine. Elle est vraiment à l'abandon, et le climat inexorablement réduit les dernières pierres en talus et bosses. Il fallait la passion de notre guide Huguette, pour faire résonner notre imaginaire du rythme des cérémonies, nous faire entendre les tailleurs de pierres, nous faire comprendre le talent des céramistes et la richesse de la bibliothèque d'où sortira sans le savoir l'Argentine, état moderne.


Tu sais, je revisite mes carnets de voyage au jour le jour. Je revois mes photos, mes vidéos, mes petites notes gribouillées sur un carnet sans forme. Du coup, quand la vie te surprend par un de ces évènements que l'on qualifie de « mauvaise nouvelle », t'as l'air ballot de regarder ces images déconnectées de la vie. T'as plus envie. Il faut que le temps lessive ta mémoire émotionnelle, pour que tu puisses retrouver l'ambiance d'alors. Il y a donc des ruptures dans la tenue de ce blog, des changements de tonalité, la niaque n'est plus la même...


Ainsi, cette ballade sur un lieu où tant de vies se sont éteintes, où la nature a repris ses droits, soutenue par le chant des oiseaux et les stridulations des insectes, te renvoie à une sorte de méditation contemplative, en phase avec ton vécu du moment. Alors, tes choix de clips sont simples, tu élimines vite et valorises les ombres et les lumières, les sons « naturels ».

Prends le temps de voir cette petite vidéo. Laisse ton regard chercher dans le feuillage d'où vient ce long sifflement. Tu ne trouveras pas. La végétation  est secrète et ton regard ne peut en si peu de temps discerner les trésors de vie qui s'y cachent.


Cette mission jésuite au sud du rio Paraná, quelque part de l'autre frontière de ce qui séparait la colonie portugaise du Brésil de la colonie espagnole d'Argentine, a aussi accueilli les Indiens guaranis chassés par les Portugais. En 1710 y fut écrit le premier livre en langue guarani. Ce haut lieu de culture et de partage social fut, comme les autres missions, victime des intérêts conjugués des colons et du pouvoir religieux de l'époque. Rien n'a changé sur le rôle des religions comme instrument et justification « morale » des conquêtes, de l'intolérance et volonté de domination des êtres. L'intégrisme et le terrorisme en sont simplement le perfectionnement moderne, « industriel », mondial et global.


Donc,  l'âme des Guaranis anime ce lieu. Les processions qui réunissaient tant de monde, on parle de dizaine de milliers de personnes, sont encore célébrées, les chemins témoignent de ces visiteurs discrets. Il y avait peut être un paradis, là, hors du contrôle des puissants. C'est normal qu'on l'abandonne.

Si tu as visité ce blog, tu as vu aussi mes sujets sur les carnets d'Egypte. Le pouvoir de Pharaon y est restauré en même temps que les temples qui le célébraient. Là, ces communautés  qui vivaient « du commerce équitable », qui avaient élevé les valeurs de la solidarité et du partage  au-dessus des valeurs et surtout des craintes des pouvoirs des occupants, contemplent les vestiges de leur philosophie existentielle, rongés par la végétation, utopie détruite par l'oubli du  temps, et surtout la disparition organisée par la déportation de ce peuple


On a du mal a imaginé aujourd'hui que ces missions qui ont été détruites dans les années 1770, sont à une génération près concomitante de la révolution française, des droits de l'homme et des prémices de l'abolition de l'esclavage. Plus au Nord de 1734 à 1778 une autre conquête, d'autres guerres...


Ah ! J'aimerais un jour visiter autre chose que des édifices religieux, même rasés, une sorte de « monument Laïc » des droits de l'Homme.


début : retour d'Argentine

précédant: Mission Santa Ana

à suivre :Buenos aires - San telmo





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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 17:18

Mission Santa Ana (Argentine 30)

Région de Missionnes

Nous sommes toujours dans la région de Posadas ce mercredi 5 mars 2008. Il nous reste deux  Missions jésuites à visiter avant notre vol vers Buenos Aires. La veille nous sommes revenus de Trinidad au Paraguay. Lever matinal, mais le soleil nous attend déjà. Déjeuner rapide mais copieux et en route vers le rio Paraná, et  la mission proche, Santa Ana. Un peu de route et rapidement ces routes dallées  de terre rouge et pierres plates qui donne au voyage ce délicieux tremblement. Ce n'est pas long. Moins d'une heure, la brume ne nous a pas quittés, et nous voilà devant l'entrée de la mission. Un petit bâtiment abrite un musée et une maquette. C'est l'abri du gardien pour les billets, puis nous entrons dans un grand parc où très vite la végétation se taille la part du lion dans le spectacle.

Quand nous avons parcouru la première allée, ce qui fut la grande place découvre son trésor de ruines envahies par les arbres. Heureusement que nous avions visité d'autres vestiges de missions bien conservées car là, il faut faire travailler l'imagination. Pourtant, grâce à notre accompagnatrice Huguette, chaque pierre, chaque espace retrouve son sens.

Cette mission historiquement implantée en 1633 au Brésil a été déplacé à partir de 1639 en Argentine, de l'autre coté du Rio Paraná. En 1660 vivait là 4800 Guaranis et deux jésuites.


Le soleil doucement chasse les brumes, les insectes revivent.la végétation déroule son spectacle que le « parigot » absorbe avec avidité. La  ville s'est construite à quelques centaines de mètres en utilisant les matériaux, l'espace est libre.


A suivre : Loerto - dernière mission visitée

Précédant : Iguazù coté Brésil

Autres sujets sur les missions jésuites en argentine et au Paraguay

-         Trinidad

-         Jésus de Tavarenque

-         San Ignacio mini (2)

-         San Ignacio mini



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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 15:18
le Cormoran d'Iguazù - les chutes coté Brésil.

 

Argentine 29.

Reprenant mes carnets de voyage, je visionne mes vidéos sur l'Argentine. Presque ¾ d'heures d'images coté brésilien. J'ai donc conservé les plus significatives autour de la végétation t d quelques animaux de rencontre, surtout les oiseaux.


Le passage de la frontière a été une aventure administrative. Faut s'y faire. Donc cette journée du 3 mars 2008 a été agréable. Le soleil ne nous a pas carbonisés, pas de moustiques ni de plus mauvaises rencontres. Au contraire quelques jeunes brésiliennes ont sorti leurs plus beaux atours, et la couleur locale est dans la diversité des bronzages, entre cuivre et or. Si tu as les photos floues, tu sais pourquoi.


On reste le plus souvent dans le sous-bois de la forêt tropicale. Les amateurs se régalent d'araignées au centre de leur toile. C'est pas mon truc. Donc après le perroquet, voici les coatis. Ils sont sous les hautes herbes et les feuillages. Et dans tes premières images, tu ne sais si leur fausse indifférence aux touristes réside dans la barrière qui nous sépare ou la tranquillité d'être en terrain connu. Même s'ils se sauvent quand tu approches l'objectif, tu vérifieras bientôt que ce sont des détrousseurs de poubelle ou sacs à victuailles.


Au-dessus des chutes qui grondent le vol des vautours. Tu verras d'autres oiseaux, dont ce cormoran que tu as appris récemment à identifier. Et puis un héron, des rapaces ressemblant à des grosses buses. interpelé tu t'écartes pour laisser passer la colonne de fourmis qui au passage bousculent un pauvre petit serpent tombé de son arbre...


Les chutes sont là, colossales, rythmant ta promenade. Ton regard navigue des insectes minuscules à l'immense panorama des 2600 m de ces chutes du rio Iguazù.

 


A suivre: Mission Santa Anna

Précédent: Trinidad del parana

Début: Retour d'Argentine

 





le cormoran d'iguazù - brésil - vol des vautours
Video sent by albumrj

autre regard sur les chutes d'Iguazù, vues cette fois depuis lee Brésil. Se laisser captiver par ls oiseaux, les coatis. Toujours présents les chutes bruyantes. www.albumrj.com

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 21:52

Trinidad - Mission Jésuite au Paraguay

Argentine (27)

Un nom qui fait penser à un western spaghetti. Pourtant, non, c'est un village du Paraguay, et les vestiges d'une mission jésuite. La santisima Trinidad del Parana.

Nous avons quitté, il y a moins de 20 minutes Jésus de Tavarangue. La route empierrée faite de larges lauzes dans de la terre rouge comme de la brique pilée nous fait vibrer. Il pleut toujours dans cette matinée. J'ai souvent mis la main au-dessus de l'objectif pour le protéger pendant les photos.

Bien sur Huguette est là, elle anime d'un récit plein de vie les vieilles pierres que nous découvrons.  La vie, c'est celle de ces misions, des Guaranis, mais aussi tous les enjeux géopolitiques qui vont déterminer le partage des terres conquises, la sujétion des habitants, quelques petits massacres anodins, puisque le mot génocide et son concept sont récents. L'histoire mettra donc sur le compte de la maladie et de l'incapacité à l'évolution, la disparition de ces peuples capables de telles beautés.

Sous ce climat tropical, les constructions qui faisaient la part belle au bois sont vite fragilisées. L'abandon des missions accentuera leur ruine.

La visite de Trinidad pourtant offre plein de trésors à nos yeux. Quand je regarde les albums photos régulièrement consultés sur ce blog, on trouve en tête Florence, les Cantories, le Baptistère.  Rien d'aussi saisissant à Trinidad, pourtant ont été  sauvegardés des sculptures remarquables, mais rares. Elles sont conservées avec les moyens locaux qui ne sont pas comparables à ce qu'on trouve en Italie. Je n'ai pas de nom de Guarani à te donner, ni comme architecte, ni comme sculpteur, rien. Des artisans anonymes plein de talents. Je  me suis demandé en visitant Florence, comment de telles richesses et de telles œuvres avaient pu être conçues et financées. Est-ce que l'exploitation de ces territoires conquis y a  contribué ?


Je préparerai plus tard la vidéo sur Trinidad.

Il reste une visite à faire : San Cosme Damien.


Précédent : Jésus de Tavarangue

Début : retour d'Argentine

A suivre: le cormoran d'iguaçu

 

 

ps; voila la video

 


 

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 14:47

Le silence, se taire

 

 

Plus d'une semaine que tu n'as rien posté.

Le silence.

Se taire.

Ce n'est pas pareil !

Il n'y a pas de silence.

La rue est plus que jamais bruyante, trop de travaux.

J'ai dit trop fort qu'on était abandonné. Alors ils refont le square pour la millième fois.

Du coup tu n'entends plus les cris d'enfants. Juste le bulldozer. Mais le square, quand il ouvrira, il leur reste quoi aux gosses, l'essentiel est pour les SDF...

Cette nuit ils se sont invités sur mon palier. Des bouteilles vides, des papiers, et d'autres traces...Ils ont du ronflés comme moi, je ne les ai pas entendus !

Depuis trop de jours les cris me réveillent. Souvent dans la rue. Là, c'est derrière la cloison.

A cinq heures, à six heures, tout flambe, les gosses pleurent les femmes geignent et l'homme crie. Quel cri ! Qu'est ce qui lui colle à la peau qui l'entraine dans ces colères désespérées ? Qu'est ce qui l'entrave et l'empêche d'être  ? Sait-il ce qu'il veut ou même souhaite ?

Combien d'habitants dans le quartier ? Le double ! Comprends pas ? Il ya ceux qui comptent, et ceux qu'on ne compte pas. On est le  double.

Se taire, c'est quand on ne peut plus rien dire, quand tout ce qu'on ressent n'a plus de mots. J'ai de la chance, j'ai pu voyager. Ça n'empêche que je sache d'où je viens.  Mais là,  comment te dire que je suis heureux de mes ballades ? Je rêve, mais le matin en longeant la rue, je vois les sans rêves, sans espoirs, j'ai plus de mots.

Clairement le pire est devant nous. Alors je me tais.


C'est vrai aussi, que je n'ai pas été à la hauteur de mes sensations, dans mes carnets de voyage  au cours de  la visite de ces missions jésuites en Argentine et au Paraguay. Il y avait là un rêve fou, des êtres libres et égaux, ce qui n'empêchaient ni l'organisation sociale, le choix d'un leader et quelques contraintes obligataires à un état représenté par les jésuites. C'est cette intermédiation entre un état despotique, des colons avides, et la protection des valeurs culturelles, sociales, économiques et religieuses qui avait rendu possible 150 ans de progrès. Quand il ne reste plus que l'accaparation par les puissants de l'effort de tous et jusqu'y compris dans les moyens de l'état, il ne reste que ruine et misère. Nous y sommes.



Jésus de Tavarangue - La Santisina de Trinidad -  Cosme Damien - Missions jésuites du Paraguay



L'autre soir, tu regardes la télé, tu vois les joueurs d'Uruguay. Et tu repenses à la naissance de cet état dans l'histoire moderne, il est un enjeu  de cette guerre, allié au Brésil avec l'Argentine contre le Paraguay, en relation à l'essor économique de ce dernier, développé par l'assimilation des guaranis chassés des missions par les colons Argentins et Brésiliens. Il est financé par l'impérialisme colonial anglais.


Donc, ce quatre mars 2008, tu franchis, pas trop loin de Posadas, la frontière du Paraguay, pour y visiter ces trois missions jésuites. Ce matin il est à peine sept heures quand nous arrivons au poste frontière. Le passage des frontières reste une loterie, nous prévient Huguette, partons de bonne heure ! Elle collecte les passeports, fait des copies des autorisations du bus et en quelques minutes, nous sommes au Paraguay, en face de Incarnation. La frontière est sur le fleuve Paranã, plus de 4000Km. Un immense pont à traverser. La route que nous suivons nous fait traverser des villages très semblables à ceux que nous venions de quitter.




Jésus de Tavarangue : Quelques photos et une vidéo sous la pluie, dans la brume matinale.  Je te parlerais de Trinidad une autre fois.

J'avais préparé ce sujet il y a plus d'une semaine, sans trouver le temps de le mettre en forme et le publier. Pourtant il me tenait à cœur.


A suivre : Mission Trinidad.

Précédent : Mission San Ignacio Mini.

Début : retour d'Argentine.

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 12:08

San Ignacio Mini - Mixité civilisatrice

Je m'étais donné du temps pour te parler de San Ignacio. C'est d'abord la petite histoire des Guaranis qui m'a interpellée. Maintenant c'est la majestuosité du site. En pleine forêt équatoriale, cet espace était le cœur de l'activité. La grande place des armes, l'immense église qui mêlait pierre et bois dans sa construction, (elle fut si facile à bruler), les salles de classe, les ateliers, les cuisines.

Sur la façade du grand portique à l'entrée, il y a la sculpture de deux anges. Celui de droite taillé par les Jésuites, celui de gauche copie et réappropriation par les guaranis. Ils savaient tout apprendre. En 150 ans la mission a modifier la société guarani. Il y a eu une phase d'adaptation à la vie urbaine, une phase d'imitation, et ensuite ils devinrent des créateurs. Batiments, sculpture, tissage. Il y a eu des écrivains guaranis et des luthiers reconnus en Europe, des peintres et sculpteurs très prisés. Quelle adaptation : d'une économie de subsistance basée sur la cueillette, la pêche sans utilisation de vêtement (c'était des ornements), cette population qui se déplaçait jusque qu'aux contreforts des Andes, s'est urbanisée et  s'adapte au modèle de vie occidental en perpétuant ses propres traditions, ses propres valeurs.

Tu ne te lasses pas de te promener, de laisser la lumière te surprendre entre les nuages rapides et les ombres des pierres rouges. Même si tu entends encore un peu un moteur au loin, c'est le vert de la végétation qui t'emporte, le bruissement des feuillages.

Huguette après nous avoir décrit avec passion la vie de cet espace ,  de ces êtres, explique les difficultés des reconstructions archéologiques, et la lutte permanente pour préserver ces lieux des intempéries et de la végétation qui décèlent les pierres. Il avait fallu 15 ans pour construire cette immense église de pierres sèches taillées. Plusieurs centaines d'ouvriers guaranis.

Nous visiterons d'autres missions, aucune en aussi bon état, mais c'est important de sentir ces lieux revivre par la parole de notre conférencière.

Merci Huguette

 


A suivre : San Ignacio (2)

Précédent : San Ignacio (1)

Début : retour d'Argentine

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 16:23

San Ignacio Mini

 

Nous redescendons dans la province de Misionès vers  Posadas, depuis la partie brésilienne des chutes d'Iguazù. A mi-chemin nous visitons les ruines de la mission jésuite San Ignacio.

Quand je choisis notre programme de voyage, je ne comprenais pas trop ce que j'irai voir là-bas.  J'avais en tête le film Mission, et cette histoire de massacre d'indiens convertis au christianisme et plutôt paisibles. Dans le film pour accentuer l'émotion, ils situent l'action dans le décor des chutes d'Iguazù. Nous n'aurons pas besoin de les escalader pour visiter les vestiges des missions qui s'étaient développées depuis le XVII ème siècle entre les territoires traversés par les fleuves Rio Paraná, Rio Iguazù, Rio Uruguay. C'est cette idée de République Guarani qui a déclenché ma curiosité.


 Entre l'archéologue et la conférencière locale, complètement imbibée de la culture guarani, toujours à traverser les  trois frontières, Argentine, Brésil, Paraguay, la restitution de l'histoire captivante et riche d'émotions est l'œuvre de cette dernière.

San Ignacio a été un peu restaurée, parfois avec des maladresses et des inexactitudes, mais les proportions sont là. Et le travail des artisans peut encore se regarder avec gourmandise. La végétation sous ce climat tropical continue lentement le travail d'effacement des vestiges, des ruines des guerres qui ont détruit ces missions à partir de 1767.


Les jésuites avaient accepté la langue guarani comme langue officielle, ils avaient converti un petit 20% de la population, mais conservé l'organisation sociale des guaranis et l'essentiel des structures économiques fondées sur le partage et la mise en commun de la production agricole. Il n'y avait pas de « marché », on produisait juste le nécessaire pour vivre.

Bien qu'ils fussent des guerriers, les guaranis recherchaient ce qui dans leur langue était désignée par « la Terre sans Mal », ceci a nourri la légende qu'ils cherchaient « le paradis perdu », l'Eden. D'où cette démarche des jésuites qui rapprochent les croyances guaranis de la religion chrétienne et qui servira de levier pour les conversions. Au besoin les jésuites ajoutent des croix sur les peintures rupestres guaranis. Ça c'est de la com. !

 


Plus de 70 000 âmes au sens de « foyers » étaient dénombrés à l'apogée des missions. L'essentiel de cette culture guarani a été repris au Paraguay. Mais l'idée du communisme est un peu passée de mode...

 


A suivre : San ignacio (2)

Précédent : ombres et lumières d'Iguazù

Début : retour d'Argentine

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 18:20

Ombres et lumières d'Iguazù

 

Après avoir parcouru les belvédères au-dessus des chutes, Huguette notre conférencière locale, nous fait presser un peu car il y a le chemin de découverte qui nous emmène au pied des chutes qui vaut la promenade.  Elle fixe un lieu de rassemblement sur une petite place à l'abri où elle pourra expliquer le parcours, sans avoir besoin de couvrir le grondement de l'eau.

Le « circuit inférieur » aménagé permet de découvrir les 275 chutes du « Salto Bossetti » dont 35 ont un nom précis. Comme la plus célèbre, la « Garganta del Diablo » qui a fait l'objet du premier sujet sur Iguazù. Bien sur les grincheuses de service s'inventent des soucis cardiaques pour exiger d'être aidées dans les cent mètres de dénivelé. Heureusement, une voiturette façon promenades de golfeur passe. Huguette interpelle le conducteur et nos deux pleureuses seront emmenées à la gare du petit train. Tu voyais le coup qu'elles nous empêchent de faire le tour...

La journée avance vite, le soir nous avons rendez-vous à Posadas. Et le dernier train est dans deux heures, Huguette t'avertit du plus loin du chemin il faut trente minutes pour le retour à la gare.

Bien sur aux endroits où les points de vue sont les plus spectaculaires, il y a un petit monde, mais c'est très agréable.  Un chemin d'ombres et de lumières, t'immerge dans la forêt amazonienne. Tu t'y crois. Il y a eu beaucoup d'aménagements pour permettre aux touristes de se promener, mais l'impression reste forte. D'abord l'humidité qui t'imprègne, et qui développe des mousses odorantes. Des oiseaux sous les feuillages pas effarouchés par les flashes des photographes. Quelques belles araignées, ce n'est pas trop ce que j'aime, et ici ou là il faut renouveler ta protection anti moustique.


 La brume des chutes et le soleil t'amusent de leurs arcs-en-ciel qui t'accrochent à chaque nouvelle chute qui débusque derrière un nouveau chemin. T'as fait plein de photo. Tu sais que demain on recommence coté brésilien, mais chaque angle ou perspective t'attire.

Tu comprends mieux la « Mésopotamia » argentine. La puissance de l'eau, du soleil, de la végétation.


Huguette t'explique qu'on est à la limite de plusieurs frontières. Que le Rio Iguazù  et le rio Uruguay séparent l'Argentine avec le Brésil, que le rio Panama dans lequel se jette le rio Iguazù c'est la frontière avec le Paraguay. C'est dans ces terres qu'on trouvera les missions jésuites où vivaient les Indiens Guaranis, ceux qu'on voit dans le film Mission, tourné dans ces chutes. On en visitera trois dans les deux jours qui viennent.

Dans l'album photo, j'ai un peu de mal à trier, j'en enlève deux sur trois...Quand j'ai fini, je les regarde toutes une fois encore. Ombre, soleil, lumière, moiteurs, couleurs, tu ressens tout.

 


Le train nous attendra plus de 20 minutes...Heureusement qu'on n'a pas du se coller les quinze bornes du retour à pied.

 

A suivre:San Ignacio mini (1)

Précédent : dernier train pour Iguazù

Début: retour d'argentine

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