13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 14:27

 

La migration des gnous en combi WV.

Tanzanie, jeudi 20 juillet 1978.

Le Serengeti - Mugumu - 29

A 8h30 nous partons sur les traces mythiques des gnous en pleine migration. T'imagines bien que les gnous, s'étaient entendus avec le syndicat d'initiative, et qu'un troupeau nous était réservé, qui allait foncé vers le nord, vers la frontière du Kenya. Nous n'avions qu'à suivre dans nos minibus combi WV.

Jusqu'à 11H, nous apercevions de la fenêtre du bus de plus ou moins grands troupeaux. Ils avaient du oublié la migration. Ils se contentaient de faire 100 ou 200 mètres quand on s'approchait trop. Le téléobjectif de l'époque te ramenait ce qu'il pouvait. Donc vraiment très peu de photos.

Une heure plus tard, le chauffeur du combi continue de nous promener dans la savane, souvent hors des routes en terre. On est juste secoué, et on proteste de ce qu'on ne voit pas grand chose. Ni village, ni animaux. Il nous promet un village à environ une demi heure, où on pourra manger.

C'est là que débute notre chemin de croix. Non que la migration nous passe sous le nez, mais bien parce qu'à force de conduire au jugé, et bien le minibus du guide Joël s'est embourbé. Le tuyau d'échappement rejette des gros sanglots étranglés de boue sombre, le chauffeur la portière ouverte, continue de donner des petits coups d'accélérateurs, mais la boue est là, prête à étouffer le moteur.

Comme déjà dit, c'est des combis, nos minibus, pas des quatre quatre. Rien pour tirer non plus.

Alors il faut faire ça à l'ancienne, comme dans « le salaire de la peur », trouver des branchages à glisser sous les roues, et pour cela s'immerger profondément. Bien sur avec trois branches, t'as du volume, mais pas de quoi faire agripper le roues. Et l'arrière s'enfonce un peu plus. Encore deux centimètres et le pot est sous l'eau.

Il va falloir pousser. Toute la question est comment ? Enlever les chaussures, si tu te blesses bonjour l'infection ? garder tes tennis, et te voilà crado pour la journée. Chacun fait son choix et s'approche du combi. Où pousser ? Deux derrières, soulèvent l'arrière par le pare-choc et poussent avec leur dos la porte arrière où il y a le moteur. Les autres s'arriment aux portes, sans être bien sur qu'elles ne vont pas lâcher. Le premier essai tomba à l'eau. Notre guide, Joël, aussi. Bien entamé, mais on décide sans gravité ! Je n'ai pas la mémoire de nos efforts conjugués, mais le combi fut remis sur sur le dur.

 

Il est passé 15 h 00 quand on arrive à Mugumu. Aujourd’hui, quand je regarde les images « Google », je ne reconnais pas le village, je l'avais vu plus petit. Surement s'est-il développé.

On avait deux heures de visite, et à l'heure du départ, il nous manque deux femmes. Ça énerve tout le monde. Le premier bus part. Le notre suit avec pas mal de retard. Le chauffeur nous arrête au milieu du village. Problème de direction. C'est vrai que quand on roulait hors piste on avait pas mal taper dans les trous et les rochers, sans se douter d'un coup dur. La en regardant les roue avant, elle forme un V comme des skis en chasse neige. Gros attroupement autour de nous, pas loin une sorte de hangar, dépôt de morceaux de bagnoles, et un homme qui nous a repéré et attend notre chauffeur.

Un coup de cric, et l'inspection montre que la barre qui relie les triangles de direction est salement pliée. A Paris, ta caisse file au garage sur une remorque et tu en as pour huit jours. L'homme démonte la barre, la cale sur la route avec deux gros pavés, prend une lourde masse et frappe sur le coude qui progressivement cède. Quelques petites rotations, trois coups bien ciblés, il revérifie la rectitude (toi tu sais, que la barre fait un S, mais bien allongé). Notre homme se glisse sous le combi et nous voilà prêts à repartir. Moins de trois quarts d'heure de perdu.

 

Notre gite est dans le parc. Il fait nuit noir quand nous arrivons, palabre avec le garde. Un de nos guide était parti avec une dizaine de montres, attachées à son bras comme des bracelets en dentelle. La monnaie d'échange. Sept heures et demi. Trois se dévouent à la bouffe du soir : Riz, tomates, oignons. Demain nous saurons que les finances du groupe sont à plat, et que la caisse de vivres amenée de Paris ne contient plus grand chose. Demain c'est aussi le retour vers Arusha.

 

C'est pour çà que je mets la carte « Google ». Sur le prospectus NF, il y avait marqué « suivre la migration des gnous ». On ne nous avait pas expliqué que c'était à nous de les trouver. Il y avait juste de prévu les deux villages Seronera et Mugumu, et puis compter sur la chance. Les gnous, on les a vus de loin, et en rentrant à la nuit tombante, on croise le long de la route girafes, léopard, zèbres et phacochères. Donc peu d'images. Seulement celles des enfants agglutinées autour de l'enseignante du groupe pendant la réparation. Grand moment de rigolade. Des enfants heureux.

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