19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 16:08

Voyage vers l'inconnu.

Entre l'innocence de l'enfance et

l'amertume des luttes perdues.

 121 Neiges du kilimandjaro

Quel film ! Quel Voyage ! Quelle remise en question !

 

C'est pas sur ton petit blog que tu vas philosopher. Et puis comme te le rappelait une vieille amie, t'es toujours prompte à sur-culpabiliser. C'est l'émotion. Tu ne te referas pas maintenant. Aussi, une vieille émotion, celle de tes vieilles peurs, celle de la raclée si tu déconnes, celle de décevoir ceux que tu aimes, ceux à coté de qui tu t'es engagé ; cette vieille émotion t'a éclaboussé tout au long, de la projection. T'as pas retenu tes larmes...Trop mélo ?

«  Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà ! »

Comment peux-tu ne pas replonger, d'un coup, dans ton passé enfoui dont les vagues du temps raclent inexorablement la misérable couverture de sable. Bien sûr, t'as su par cœur l'essentiel du poème, fallait tout lire, mais quelques paragraphes seulement à apprendre. Déjà le choc du sens était là. L'appartement que tu croyais si grand, s'encombrait régulièrement d'un lit de plus. T'as vu ta mère si souvent pleurer de fatigue, ton père en rogne contre toi. Sauf que toi, t'as jamais manqué de mère, t'as jamais manqué de père, entre les plaintes et les taloches le chemin s'est dessiné, t'as su où tu allais, un jour t'as accéléré.

 

C'est une des révélations du film, pour toi, « les neiges du Kilimandjaro », celui de Guédiguian: l’absence de père, de mère. La précarité de tous les instants, qui impose la débrouille pour survivre, même la violence, quand il n'y a plus d'issue. Alors les règles, la solidarité d'ouvriers ?

 

kili diplDix-neuf cent soixante dix-huit !

Oui, notre voyage en haut du Kilimandjaro date déjà de 1978. T'as retrouvé la date sur le diplôme pour avoir, ta petite femme et toi, atteint le cratère à 5685m. Gillman's point.

Sans préparation, avec un simple kway et un bon pull. Quand le soleil s'est levé, nous étions sur la pente en face du Mawenzi. Il restait encore 6 heures pour Gillman's point. Nous étions partis du refuge à 4800 m un peu après minuit.

Plus d'eau depuis la veille 16 h 00. Entre moins 10 et moins 15. Tu payes cash ton imprévoyance. T'as failli caler, comme l'un qui n'était même pas sorti du refuge. Qui t'aide ? Le guide bien sûr, ta petite femme toujours là. Sans eux tu te serais découragé. L'énergie peut venir des autres quand la tienne manque.

 

Ce sont tes premières vacances au loin, depuis la grande grève de soixante seize, où la restructuration de ta boite a commencé. Grève mal engagée, partie d'un petit noyau, la logistique, visée en premier par la restructuration. Fortement organisée autour de la CGT à l'époque. Les appels à la solidarité fusent. T'as pas le temps de réfléchir, t'as pu consulter personne, ceux de ton syndicat veulent être solidaires et débrayer. Le piège ! Quand t'as le recul tu sais que ce n'était pas le moment. Pourtant faut y aller. Même si les acteurs resteront fiers de leur engagement tu sauras pour toujours que vous vous êtes trompés, que vous avez usé vos forces.

 

Ça faisait pas mal d'années que t'étais délégué, le petit groupe que t'avais fait adhérer s'était agrandi, les cotisations rentraient bien. Ça a permis d'amortir le coup. Des manipulations t'en avais vécues beaucoup, venant de partout. Il n'y a pas de « juste » dans une entreprise, seulement des rapports au pouvoir, aux dirigeants. Évaluation de chaque instant du rapport de force. T'es toujours le salaud pour celui qui perd.

 

Dans les « Neiges du Kilimandjaro », la scène d'ouverture se fait sur le tirage au sort des licenciés par le syndicat. Tu découvriras plus tard la monstruosité inhumaine de cette cérémonie sacrificielle. Pour prouver sa responsabilité, sa solidarité, le syndicat lui-même préside et appelle les futurs exclus qui se rangent au garde à vous comme les volontaires d'une mission suicide. Il ne peut pas y avoir d'entremise entre le syndicat et le patron quand celui-ci licencie. Seulement la réflexion sur les règles les moins contestables. On ne sauve pas ceux qui restent, on détruit la vie de ceux qui partent.

 

Les acteurs du film ont une dizaine d'années de moins que toi. Les personnages qu'ils représentent sont d’aujourd’hui. Pourtant plein de choses t'interpellent. La théorisation permanente des principes de lutte, de solidarité. La mise à l'épreuve par la vie, la violence de leur capacité de raisonner malgré ce qu'ils subissent, en fonction de leur éthique. La capacité à dépasser le repli sur soi.

Est-ce Marseille ? Est-ce le coté fabuliste de la narration ? Tu sais que toi tu ne pourrais pas. Confronté tous les jours à la misère des SDF qui squattent le hall et les escaliers de ton HLM, tu proposes de porter plainte. « Vous n'y pensez pas sérieusement te jettent » des mines horrifiées ! Le matin, un peu après sept heures, tu vas te chercher ton pain frais ou des croissants, des anonymes sortent des immeubles voisins avec un petit sac plastic : des oranges, des bananes, du pain ; ils les déposent sans un mot à coté des sacs de couchage serrés entre la porte et la grille d'entrée.

 

Tes parents, ta vie t'avaient câblé pour le travail, l'entreprise, la reconnaissance de l'effort, la solidarité « entre pairs », la famille. Il ne reste rien de tes valeurs, t'es désemparé de la détresse des rues. Dans ta vie professionnelle et ton action syndicale t'étais porté par la conviction de pouvoir faire bouger les choses. T'as eu la gratification de quelques réussites minuscules. Et les encouragements de ceux qui partageaient tes projets, même dans les mauvaises passes.

Là, tu ignores tout. Perdu. Sans sens.

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 22:52

Les Arrivants

 

En reconnaissant les images de la fête de Ganesh, tout d’un coup, tu réalises que ça se passe chez toi. Les « Arrivants » ils arrivent là, presque dans ta rue. Tu reconnais le quartier, les personnes qui y vivent. C’est vrai, tu ne t’es jamais posé la question où ils vont,  ceux qui arrivent par les chemins tortueux, mais pas gratuits,  qui se sont enfuis de leur pays ?

Ben là, dans ta rue…

Alors t’as mixé dans cette vidéo quelques images du quartier quand les habitants partagent leur culture. Mixé avec des images de la tour Eifel, symbole de la ville lumière !

 

Dans l’ombre, les personnels de la Cafda. Tu les découvres. La caricature du fonctionnaire sans implication, ni initiative, s’en tenant au règlement en prend un coup de vieux ! La complexité d’une demande d’asile, t’imaginais pas. Mais l’expertise avec laquelle les personnels guident les arrivants dans les procédures administratives est impressionnante. Ne crois pas qu’ils sont bons par la routine ! Non ! Chaque cas est unique et nécessite vraiment de construire un cheminement  spécifique adapté. Le métier avec lequel ils traitent les besoins des arrivants en sollicitant leur propre autonomie, c’est du grand art. Bêtement toi, t’aurais fait certaines démarches à leur place. Confronté au mur des contraintes budgétaires, t’aurais laissé filer un ou deux de tes propres tickets restaurant. Pourtant faut savoir résister et bousculer le comptable…

 

Quant aux demandeurs d’asile, tu reçois leurs confidences au compte-gouttes. Quelle pudeur pour décrire par quelles épreuves ils sont passés. Parfois tu es surpris par la conviction avec laquelle ils sollicitent certaines aides. Ils mettent toute leur énergie et leur détresse pour un ticket repas.

 

Alors, cette jeune érythréenne qui peut accoucher et bénéficier de la PMI, ça te touche. Tu sais combien ça te coute sur tes cotisations de mutuelle le financement de  la CMU. Constater vraiment le soutien que ça procure à cette jeune femme, redonne du sens aux cotisations sociales.

 

« Les arrivants » est un film qui réconcilie avec nos valeurs sociales et républicaines. Même si tu ne comprends pas pourquoi ce couple de Mongols n’a pas été accepté, si les délais paraissent longs pour ceux qui les vivent, leur accueil est réalisé efficacement et dignement.

 

Si tu n’as pas vu ce film, cours-y vite, quoique peut-être, ça puisse valoir le coup d’attendre le DVD, car le ciné parisien où il est projeté en rajoute sur l’inconfort, et la qualité déplorable de la projection. Le dénuement ?

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 22:24

Tetro de F. F. Coppola: Çà c’est du ciné !

 

tetra 2C’est du cinéma familial, car la famille, le père, la mère le frère sont au cœur de cette poursuite infernale de l’identité de ce jeune de 18 ans.

La fuite, les ruptures, l’omnipotence des uns, le besoin de se réaliser des autres créent un climat de tension, que le noir et blanc, le son parfois agressif, le choix des musiques  amplifient. Le  drame  a des accents insoutenables. Tu respires par les quelques inserts de ballets – Coppélia -  comme je ne l’aurais jamais imaginé. Quelle magie ! Quel rêve ?

Bien sur le secret, et la maladresse de celui qui le déchiffre obstinément. Et cette phrase, « la famille c’est un poignard qu’on te plonge dans le cœur »…

L’histoire est déjà serrée, en plus, la réalisation d’une invention permanente, l’alternance des allégories du spectacle et du réel fait surgir du passé le drame d’aujourd’hui.

tetra 1Ce film m’a enthousiasmé. Quel cinéma jeune, et pourtant si construit ! Quel imaginaire te rend le réel si présent ! Quelle féérie dramatique, te donne doucement la clé de ces êtres !

Ouf ! J’en sort émerveillé et léger !

 

Je ne parle ni anglais ni espagnol, mais je n’ai pas eu besoin des sous-titres. Pas de bavardage, l’image en dit plus que tout. Des mots simples déminent des situations explosives. Tu les reçois et les interprètes sans peine. Le cinéma c’est aussi çà, la vie des images avant la vie des mots.

 

tetra 3Le décor te bluffe. Je te mets trois photos d’Argentine : Le quartier de la Boca à Buenos Aires ; du glacier Périto Moreno en Patagonie, pas loin de El Calafatte ; enfin  un des murs peints du quartier San Telmo qui pour moi met en scènes des personnages qui me font revivre le film. Je me remets au maté…

 

J’avais cru reconnaître un chant populaire sud américain dans ce film, la Sandunga. En écoutant la version que j’ai chez moi, je ne suis plus sur. Si tu le sais, dis-le-moi. La musique est tellement riche que j’en ai oublié bien des titres.

 

Soirée de rêve, malgré la tension…

 

 

 

 

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 10:17

The visitor - Vicky et Woody - Adieu Miriam


Il n'est pas cinq heures quand les voix enflent de l'autre coté de la cloison. La femme se débat dans une crise de larmes et le garçonnet hurle tout ce qu'il peut. Les portes flambent. Des talons martèlent le carrelage. Ton cœur saute. Que se passe-t-il ? Quelques coups de poings sur la cloison, tu n'entends plus que les cris de l'enfant qui semblent s'adoucir. Tu penses que la crise est passée, tu te laisses reprendre par le sommeil. Erreur. L'interphone vibrionne toutes les minutes, coups dans les portes d'ascenseur, cavalcades sur le palier. Demain tu demanderas des explications. Au marché tu croises le voisin : quel chahut ! Que se passe-t-il ? - c'est les Roumains qui habitent le deux-pièces, ils sont plusieurs familles !

Ta colère tombe d'un coup, qu'est-ce qui reste à expliquer ?


L'après-midi tu regardes « The Visitor », et tu glisses doucement de l'univers figé et feutré des universités, vers celui incertain de l'immigration, et des sans papiers. Comment la réalité des êtres qui vivent dans cette semi-clandestinité bouleverse l'âme du plus endurci pour se faire broyer par la mécanique froide et  inhumaine de la machine administrative gérant les irréguliers? J'aurais presque envie d'apprendre le jambé, tellement le cœur et le rythme du tam-tam peuvent être en symbiose et te bouleverser. La force d'un grand film, c'est de t'amener progressivement là où tu ne serais pas aller, de t'impliquer par la conscience de ton regard. Et là, pas besoin de sous-titres, juste un bref moment de vie, et cette fenêtre ouverte sur une autre réalité tu ne peux plus la refermer. Tous les acteurs sont merveilleux de simplicité, de justesse, de retenue dans la douleur. Jamais de pathos !

Le réalisateur, Thomas McCarthy, je le découvre sur Télérama. L'acteur principal Richard Jenkins je l'avais déjà vu. L'aurais-je reconnu ? Non bien sur... Pourtant il avait tourné dans des films de Woody Allen...


Ah ! Ce vieux Woody, ce qu'on l'aime ! Mais là avec « Vicky Cristina Barcelona », il se moque de nous. J'avais vu deux de ses pièces au théâtre de l'Atelier il y a deux ans qui étaient creuses, caricaturales, sans intérêt, et franchement pas écrites. Comme dans ce film ! Je ne sais pas si son fantasme c'est de désirer trois femmes à la fois, mais son histoire est tellement décousue et ahurissante de clichés qu'il est obligé de nous l'expliquer en voix-off. C'est une autre vision de l'immigration que celle des jeunes américaines à Barcelone pour études. On est loin de « l'auberge espagnole » tout y est factice et n'aurait même pas pu faire un roman photo pour « Nous-Deux ». A l'évidence, sorti de Manhattan, le vieux Woody s'est perdu dans son guide de Barcelone...Déchéance.


Une autre vie d'exilée, réelle,  passionnante et engagée, celle de Miriam Makeba. Je l'avais revue à l'Olympia, il n'y a pas longtemps (je crois en 99), elle avait soixante neuf ans.  Elle était accompagnée par un groupe où figurait une de ses petites filles. Elle nous a fait un petit discours rare en français sur la liberté.  Quand tu réalises que Pata Pata, c'était aussi l'émergence d'Elvis Presley, la guerre pour le canal de Suez, l'apartheid, les premiers boycotts de Martin Luther King pour la discrimination dans les bus aux US. Chassée de son pays, chassée des Etats Unis ! (« The Visitor »  restera longtemps d'actualité !) J'avais deux trois bouquins sur les Black-Panthers, des années 70. Je ne les ai pas retrouvés, comment y était-elle associée ? Amour et engagement politique.  Car vivre, quand tu es sans droit, c'est s'engager. Et dans le petit claquement sec de « tapa tapa » tout un paysage de rêve quand tu le réécoutes.

 


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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 23:40
Faut que ça danse ! – la fête du dieu Ganesh.

Ah! La bonne journée. Le film de Noémie Lvovsky « Faut que ça danse ! » est un vrai délice de délicatesse, d’imagination pour faire face à la réalité de la vieillesse. Il commence par une introduction où l’actrice Bulle Ogier dans le rôle de la mémé sénile défile lors de la fête du dieu Ganesh.

ganesh.jpg
Bien sur, je n‘ai pas résisté à vous en coller une couche vidéo camescopée en 2004. Je travaille pour en faire un petit DVD. J’ai au moins 5 sujets de DVD en retard. En annoncer un sixième devient ridicule…Oui, sauf que le film m’a redonné envie..

 

Et puis le film est plus que bon et intéressant, c’est une jouvence ! .

 

Cherche pas le ressort de l’intrigue du côté de Ganesh, mais plutôt de la « Shoa ». Et puis d’abord, il n’y a pas d’intrigue, seulement le regard croisé des membres d’une famille au travers le temps de quelques semaines où tout bascule. Pour le meilleur, pour le pire ? Pour le bonheur !

 

Chapeau à tous ! Une comédie magique, où trois comédiens « hors d’age » comme on dit d’un vieil armagnac te file un regard jeune sur ta hantise de vieillir. Quelle énergie, chez Jean-Pierre Marielle, quel humour un peu glaçant, mais revigorant chez Sabine Azéma, et quelle folie feinte ou réelle dans l’œil de Bulle Ogier.

 

Ces trois la nous en font voir de toutes les couleurs, mais celles d’un feu d’artifice. Ils sont presque irréels tellement ils sont vrais, et nous renvoient à nos parents et maintenant à nous même.

 

Il y a une scène d’accouchement des plus cocasses. J’y ai retrouvé toutes mes peurs. Mon malaise.

 

Valéria Bruni-Tedeschi c’est le positif de chez positif. Dans une vie où elle ne croise que des hors norme, presque des allumés, elle est toujours dans le réel, le concret, et accepte toutes les folies comme signe de bonne santé, s’y insère et remet chacun dans sa vraie vie. Je ne sais plus qui à dit la « Fée Clochette » en parlant de son interprétation. D’ailleurs je ne sais pas si elle joue vraiment ? Je sais bien que c’est elle ma « fée clochette » !

 


 

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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 21:18
L’heure zéro. Images de la Pointe du Grouin

C’est assez curieux que les affiches ne mettent pas plus en évidence Danielle Darrieux actrice principale et plus que formidable de présence, d’ingénuité, de malice et de perversité que les quatre de la tête d’affiche.

 

L’heure zéro de Pascal Thomas n’a pas la force d’un thriller comme « Mon petit doigt m’a dit », et est complètement fidèle aux conventions d’Agatha Christie et d’Hercule Poirot.

 

Mais quel régal. Ça m’a fait penser aux desserts que notre maman nous préparait quand nous étions petits, puis devenus grands, nous devions la supplier pour qu’elle en refasse. Ce film est dans la vraie tradition. J’ai repensé à Mort sur le Nil avec un Peter Ustinov au mieux de son cabotinage sucré.

 

Je ne suis pas sur d’avoir lu le polard. Mais, je le redis quel régal sucré. Dans la première scène deux personnages s’imposent : le vieux procureur et le jeune commissaire. On ne comprend pas tout l’enjeu. On croirait jouer aux proverbes…Jacques Sereys (que je suis sur d’avoir vu au théâtre) et François Morel dont je suis sur de n’avoir rien vu …

 
Sur, pas sur … ta mémoire flanche…02-dans-la-baie-du-mont-st-michel.jpg
 

François Morel avec un jeu sobre mais tout au premier degré nous fait entrer dans la mécanique des fausses pistes. Il y a des seconds rôles avec un humour limite british, et presque inquiétant. Leurres ou personnages troubles ?

 

L’histoire fait surgir des ombres dans le quotidien de cette grande maison bourgeoise dominant la mer à Dinar. Le paysage, autant que la maison est lourdingue, est enchanteur. C’est pourquoi j’ai mis quelques images sur la région faites lors de notre court séjour à St Malo, vers Cancale et la pointe du Grouin. Il paraît que l’île Dugesclin fut habitée un temps par Léo Ferré. Je n’en sais rien…

 

J’ai vu pour la première fois au cinéma Laura Smet, dite aussi, la fille de Johnny. Du tempérament. Le rôle la veut chieuse, rouée et garce, elle rend bien. Mais elle joue; elle est loin du naturel de Charlotte Gainsbourg.

 

Ce fut donc un dimanche après midi cool et souriant. Bonne évasion.

 

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 22:51
Cinéma de quartier
"La nuit des tournesols" et "la fille coupée en deux"."

L’été, tu ne lis pas forcément les critiques et tu oublies ta radio le dimanche soir. Du coup à la fin d’une bonne journée de promenade tu regardes les affiches et quelques fois les critiques placardées sur la porte en verre.

Cette semaine, j’ai donc vu deux films noirs mais pas pour la même raison.

L’un vraiment excellent sur bien des points : l’histoire, le scénario et ses rebondissements, les acteurs d’une présence et d’une crédibilité rares , la fin, noire et digne des meilleurs films d’épouvante, parce qu’elle régénère la haine et la menace…

C’est le film espagnol de Jorge Sanchez-Cabezudo, "La nuit des tournesols".

A voir exclusivement en V.O. tellement la voix des comédiens participe du décor, de la musique, du drame. Tu n’imaginerais pas Raimu disant « tu me fends le cœur » en anglais…

Dans le décor extraordinaire de ce coin perdu des Pyrénées espagnoles, la totalité des habitants accueillent le spéléologue universitaire spécialiste des grottes préhistoriques, comme naguère on recevait le nouvel instituteur dans les campagnes ; ferveur de l’espoir que quelque chose change dans ce lieu clos, à l’écart et plutôt abandonné.

Le braconnier et le taiseux jouent une petite haine ordinaire dont on se demande s’ils ne sont pas complices. On espère la réconciliation joyeuse des deux paysans malins et rancuniers

Et puis l’horreur fait basculer le paysage de ce doux jour d’été dans le sang et la nuit. l’angoisse, le malaise, et l’enchaînement fatal. Quel déclic efface   toute raison, bon sens, humanité et produit la veulerie, le mensonge, la honte qui détruit les âmes.

Chacun des six tableaux complète le précédant, six regards qui nous enfoncent chaque fois plus dans la tragédie et révèlent la fragilité des êtres.

Jusqu’au deux images finales, la haine glacée qui s'installe, et la menace silencieuse bien tapie.

Je ne connais pas les comédiens, j’ai vu leurs noms sur le programme. Ils sont d’une justesse, d’une crédibilité incroyables. C’est là sûrement l’avantage de les découvrir: ils sont plus que les personnages, ils sont vrais. Quel choc !

Courrez y !
Jorge Sanchez-Cabezudo devrait donner des cours à notre vieux Chabrol.

"La femme coupée en deux" est un des films les plus factices et inutiles que j’ai vu. Il n’y a même pas de second degré pour pouvoir en sourire, tout est joué à plat, sur le même registre.
Outre que l’histoire est des plus ivraissemblables, elle affiche quelques images préfabriquées sur une bourgeoisie dépravée. Les personnages sont des caricatures de romans de gare d’il y a trente ans. Ah ! Rendez-nous Guy De Cars….

Là, où des comédiens comme Michel Bouquet ou Jean Yann créaient une atmosphère froide de cynisme, de perversité secrète ou de cruauté torturée, Berleand a un regard bovin de bout en bout, satisfait de lui, spectateur et metteur en scène de sa suffisance. Quelle épaisseur ? Quelle complexité ? aucune …il est absent.

Et Magimel dans le rôle du jeune fils d’industriel ! Il accumule tellement de clichés que la caméra en 24 images par seconde ne peut tout enregistrer. Il ressemble à ces personnages de roman photo des années soixante. Bien glacé. Qui a dit qu’il s’était fait une tête de James Dean ? Lui, il était vivant et génial.

Quant aux personnages féminins du film, tous plus prévisibles les uns que les autres, ils nous font regretter Stéphane Audran ou Isabelle Hupert qui installaient leur volonté, leur folie, leur fêlure, au fil des silences, des regards, des vibrations du corps. La, il n’y a eu qu 'agitation, déguisement du corps et un secret de famille qui fait pchitt. Inexistantes et sans âme. 

 A éviter. Même si j’aime tellement Chabrol.
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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 08:14

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ....
Pour voir le film "Pyrénées-Cote Basque en 1925, il fallait apporter des chaises. Les remerciements adressés pour l'occasion à l'arrière grand père chaisier.

"Bijou" Labastide Villefranche
1er Octobre 1925
Monsieur et Madame
Combe St Macary ont été très touchés d'apprendre votre concours gracieux en procurant les sièges aux spectateurs du film "Pyrénées - Côte Basque". Votre organisation a été parfaite. Encore mille merci.

 

 

 

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AUTOUR DE CHATEAU BIJOU

 

Merci pour les sièges.

Carte postale de remerciement de la famille propriétaire de Bijou,  à un chaisier de Labastide Villefranche. En 1923.

  chateau bijou - le parc

Château Bijou.

Longue promenade ensoleillée dans le parc du Chateau Bijou. Le charme de la végétation agit. Le temps a structuré l’espace.

bijou-terre-de-feu-10.jpg

Arboretum ou terre brulée.

Première ballade du coté des dégats subis par le château.

tempete-sur-chateau-bijou-01.jpg

Tempête sur château Bijou.

Anecdote de ta première vision du village avec l’arbre suspendu.

les-hauts-de-chateau-bijou-13.jpg

Les hauts de Château bijou.

Quelques photos prises depuis la tour Sarrasine. Les dégâts des incendie et de la tempête.

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24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 09:54
Cinéma de quartier
Noiret - le Labyrinthe de Pan

Ce matin j’apprends la mort de Philippe Noiret. Il est un de ceux que j’ai vu pour la première fois au TNP dans les années 62-64. J’ai chercher un petit quart d’heure si je ne retrouvais pas dans mon fouillis le programme de l’époque. Je pense que la pièce c’était « les Rustres » de Goldoni. Dans la troupe du TNP de l’époque (était-elle encore dirigée par Jean Villar ou déjà par Georges Wilson ?) il y avait des personnalités comme, Galabru, Darras, et bien sur Noiret.

Au cinéma le premier film dont tout le monde se rappelle, un vrai film culte joyeusement anarchisant, c’était « Alexandre le bienheureux » d’Yves Robert ; et là aussi d’autres grands noms, Carmet, Pierre Richard et une petite débutante, Marlène Jobert.

 

Nous avions vu la semaine dernière, Le labyrinthe de Pan, avec Sergi Lopez. C’est un film vraiment noir et d’une cruauté féroce. Bien sur au cœur de la guerre d’Espagne, entre les Républicains et les franquistes. Le décors sombre d’une ancienne minoterie au cœur d’une vallée abrite des soldats de Franco commandé par un Sergi Lopez glaçant. La terreur règne, la torture aussi, et la « résistance républicaine » combat comme elle peut. Au milieu de cet enfer, une petite fille, orpheline, n’a de salut que dans l’imaginaire des contes de fée. Le jardin de ce moulin mène à une sorte de labyrinthe avec une statue de Pan. Mais les contes sont cruels eux aussi et les épreuves imposées à l’enfant pour les y rejoindre ajoutent encore à l’angoisse.

 

C’est fort. Parfois je n’ai pas supporté. On pourrait penser à un « Guernica » vivant. L’horreur est crédible car elle est portée par un Sergi Lopez magistral. Heureusement que le film se referme sur le conte

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 14:54
Cinéma de quartier

"Scoop"  /  "Prête moi ta main"

Deux comédies et deux duels, mais une idée contre pas d’idée.

Woody Allen / Allain Chabat

Scarlett Johansso / Carlotte Gainsbourg

 

Il n’y a pas photo, le maître Woody Allen, avec « Scoop » en a encore sous le chapeau .

Le scénario de « Prête moi ta main » est des plus poussifs….

 

L’idée de « Scoop » : un journaliste décédé donne les pistes d’un scoop concernant un sérial Killer, par l’intermédiaire d’un magicien (Woody), à une jeune blonde (Scarlett), qui se découvre une passion de journaliste ;

De là on revisite la chambre de « barbe bleue », les thrillers hitchcokiens.où la blonde trop naïve se jette dans les bras du grand méchant loup. (Cependant il vaut mieux revoir « Pas de Printemps pour Marnie » ce soir sur Arte).

 

Quant au parfumé Alain Chabat il nous entraîne dans une invraisemblable histoire d’un « nez » qui loue une femme pour convenance familiale. Bof ! Préparer un faux mariage…

 

On vérifie que l’imagination maintient en forme. Woody Allen est un merveilleux agité, la petite blonde qui court derrière lui, malgré une fraîcheur et un charme vrais, semble un peu étouffée par le maître.

Celle qui m’a subjuguée, c’est Charlotte Gainsbourg. Un naturel pour passer de l’intelligence à la bêtise, de l’impertinence à la tendresse, incroyable !

J’étais depuis longtemps sous le charme avec « Jane », mais là, c’est du vif argent. Du coup Alain Chabat paraît surjouer dès qu’il en fait un peu.

 

Deux grand gagnants de ces deux soirées : Woody et Charlotte !

Et nous bien entendu, spectateurs sous le charme.
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    Le Sacré Cœur tour d'observation. Tu venais de passer une semaine difficile, il fallait te bouger pour retrouver un peu de dynamisme. Ta balade favorite te conduit naturellement, à pied, vers le canal de la Villette et le canal de l'Ourcq. T'as usé presque...