carnets de voyages. randonnées pédestres ou VTT. les coups de cœurs devant les grands ou petits espaces. Islande - Pyrénées- Egypte - Ardèche - Paris -Argentine - Espagne - Vietnam - Cambodge.
Par AlbumRJ
Concert en plein air, place du Palais Royal à Paris.
Qu'est-ce que tu fous là ? Si il y a un truc que t'as jamais kiffé, c'est la
« hourra charité », les grands appels pathos pour te tirer ta thune, te faire payer deux fois, car t'as déjà banqué par tes impôts et ta Sécu !
Ce qui est démocratique, c'est les priorités de la « Santé ». Après, on peut discuter des ressources à y consacrer. Mais là, toutes ces campagnes, plus pleureuses et indignées les unes que les autres, te font franchement gerber. Juste, donner cinq minutes bonne conscience « aux enfoirés ».
T'es trop jeune pour te rappeler les « arnaques lacrymales » qu'on t'infligeait à « la communale », même en maternelle où le gosse ne peut pas se défendre. Demande à tes grands-parents, tous les trimestres la grande campagne, un coup la tuberculose, ensuite les paralytiques, enfin les aveugles. Il n'y avait pas de télé dans les années cinquante, alors c'est les instits qu'étaient investis de la mission de collecteur de fonds de la charité laïque. Et là, pas de justice, pas de démocratie, plus t'étais faible, plus on te chargeait des fameux carnets de timbres et des grandes vignettes qu'il fallait revendre, sinon ta mère devait payer tout. T'imagines les commerçants, le long du chemin de l'école, le nombre de titis en blouse grise qu'ils voyaient passer. Parfois cinq ou six s'engouffraient derrière les clients, qui pour se débarrasser de la grappe harceleuse achetaient qui un timbre à celui-ci, un autre à celui-là.
Encore, quand t'étais rapide, que tu connaissais les commerçants, tu ciblais, t'allais à celui un peu plus loin, être seul et le premier. Ça t'arrivait d'avoir tout vendu dans le trajet du midi. C'était sans compter sur le côté vachard et perfide de l'instit usant de son autorité pour abuser de ta candeur. L'après-midi, soulagé d'avoir tout vendu, tu donnais ta poignée de monnaie et la souche de ton carnet de timbres, et là, le salaud se foutait de ta gueule, « c'est trop facile pour toi, en voilà 2 autres, t'as jusqu'à mercredi ! ».
Il y avait aussi le sournois, qui te feintait par derrière : « qui est d'une famille nombreuse ? » Tu levais la main. « Combien ? » Cinq ! « alors voilà 3 carnets, débrouille toi, de toute façon c'est vous qu'en profitez. » K.O.
T'imagines ma mère, quatre mômes en même temps à la communale, quand elle voyait arriver sur la table de la cuisine, la pile de carnets de timbres que chacun s'était vu attribuer, l'inquiétude où elle était. Elle avait vite fait le compte, c'était un jour de courses pour manger.
Alors, tout ce racolage pour te faire les poches, surtout aux plus nombreux, les plus pauvres, tandis que les pétés de thune se défaussent à l'étranger, c'est « citoyennement » insupportable.
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