carnets de voyages. randonnées pédestres ou VTT. les coups de cœurs devant les grands ou petits espaces. Islande - Pyrénées- Egypte - Ardèche - Paris -Argentine - Espagne - Vietnam - Cambodge.

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Lendemain de Noël, sur les berges du bassin de la villette.

 

Besoin d’air, besoin de lumière.

26 dec 2010-05Quand tu prends ton appareil photo, ce dimanche matin, tu ne sais rien de ce qui va venir. Tu as préparé Noël, vécu Noël et puis tu te réveilles fatigué. Impossible de sortir le vélo. Alors tu mets les chaussures de marche. Tu réalises vite que ce matin, le sol n’es pas propice à un marathon. Ça glisse de partout. Un petit vent te raidit le dos : faut pas trainer, marcher et se secouer.

Pas facile quand même. Plusieurs fois tu seras surpris par ton réflex de te cramponner aux grilles qui longent la route ou bien les chantiers.

L’air est vif. La lumière manque encore, elle sera là, un peu après midi, pas très longtemps. La lumière, autant que l’air te manque. Bouger aussi, puisque tu n’as rien à faire. Penser un peu. A quoi penser un lendemain de Noël ?

Le dernier ? Tous ceux qui commencent à s’effacer ? Toujours le même Noël ou alors plus pareil ? La famille qui se resserre, se disperse ; comment c’était ton dernier Noël d’enfant ? Ou ton premier de parent ? Quand c’est toi qui invites ton père ?

 

26 dec 2010-37Heureusement le pont de Crimée tout blanc de son nouveau tablier, t’invite à un regard complice.

« Smoke ». Tu te rappelles, le film avec Harvey Keitel ? Il prenait tous les jours la photo du carrefour devant sa boutique dans le  quartier à Brooklyn. Ce rituel que le temps avait installé, cette photo toujours la même mais renouvelée chaque jour par le temps, par la vie qui semble s’arrêter aux feux de croisement et qui repart bondissante. Ce matin, là, t’attends rien, pas de rebond, rien, juste besoin d’air, de lumière, respirer un air glacé en le forçant à emplir la dernière bronche, en sentir la rudesse te bloquer les poumons, et  regarder à t’en blanchir les yeux un  ciel  cru, sans brume, qui te fait ciller et t’enlève une larme.

 

Le vieux parigot a besoin d’éprouver les  éléments. L’asphyxie, la cécité sont les corolaires du HLM. Besoin d’air.

 

La lumière tardera sur le canal.

Les oiseaux sont au bal. Le froid les rassemble. Mouettes et goélands sont les sénateurs du coin. Les cygnes et cormorans s’installent à résidence. Je ne les avais jamais vus si bas, sur le bassin de la Villette. D’habitude on les rencontre au delà de Bondy. Les cormorans sont de bons pêcheurs, ils plongent cinq à dix secondes, font plus de dix mètres sous l’eau et ils ressortent rarement sans leur pitance en poisson bien vivant.

Le Cygne trop habitué aux croutons de pain s’est attaqué à un emballage de MacDo. La première bouchée n’est pas passée. Il s’agitera longtemps en crachant,  puis doucement se remettra à nager et chercher. Le canal poubelle le ramène à son emballage couleur pain…

 

Des photos du canal sous la neige, t’en fais au moins cent tous les ans. Aujourd’hui la vie n’est pas pareille. Tu sens un frémissement, le début de ce qui pourrait bien être un rebond. Peut être la lumière te projettera--t-elle dans un nouvel espace, pour  rallumer ton regard gris de brume ?

 

Quand tu préparais les guirlandes, t’as imprimé quelques photos. Celles des derniers Noëls, mais aussi un Noël ou tes enfants si grands maintenant, chahutaient leur vieux papy. C’est surement ça Noël, cette guirlande de souvenirs qui se rattachent les uns aux autres et noue cette papillote de vie.

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