carnets de voyages. randonnées pédestres ou VTT. les coups de cœurs devant les grands ou petits espaces. Islande - Pyrénées- Egypte - Ardèche - Paris -Argentine - Espagne - Vietnam - Cambodge.
Par albumrj
Perito Moreno depuis le canal de los Tempanos
Au moment où je reprends mes carnets de voyage en Argentine, entendant les informations
sur la crise financière, et la pagaille des Etats, je retrouve approximativement une pensée de Pierre Dac qui voulait qu'on remplace dans le dictionnaire de l'Académie l'expression
« doucement les basses » par « doucement les hausses ».
Trente kilomètres de long, 195 km2, avec un front de 4 à 5 km et une hauteur de plus de soixante mètres au-dessus du niveau du lago Argentino. Impressionnant. « Doucement les basses ». Malgré le clapotis, malgré le vent, le glacier respire en sourdine. Quand le bateau coupe les moteurs et se laisse dériver près de son front, ton attention est toujours alertée par ces morceaux de glace qui se détachent dans un craquement de branche qu'on casse, plongent dans le lac et doucement dérivent. Quand l'agitation sur le pont se calme, tu l'entends le glacier, tu ressens les forces extraordinaires qui le poussent, le déchire. Le glacier est vivant, il avance. Depuis combien de temps n'a-t-il pas obstrué le canal de los Tempanos? Au moment de te donner la réponse, je ne sais plus, en plus j'ai prêté mon petit guide « Geo » à la voisine qui prépare son voyage.
Ces quelques photos et cette courte vidéo pour le plaisir de la lumière, du cache-cache de minuscules éclaircies et des gros nuages. Des arcs-en-ciel à peine perceptibles, et cette attente du gros bloc qui se détache. Bien sur toujours quand tu ne regardes pas. Ces glaciers sur le Lago Argentino sont pour moi un moment fort de ce voyage. Un peu idiot, hein ? Cette contemplation des glaciers ? Pourtant ton imaginaire travaille. Plus que les km, les masses immenses en jeu, c'est la sculpture des glaces, que la lumière rasante comme un spot au théâtre débusque entre les ombres et l'éblouissement des reflets. Comme je cherchais à saisir la chute d'un sérac, mon caméscope a pas mal tourné, et c'est en revoyant les images que je découvre comme une galerie de portraits. En même temps, en prenant conscience de la profondeur des crevasses, les tensions de la glace, je comprends mieux qu'il y ait des passionnés pour des randonnées au milieu des séracs. Mais faut être pro !
Nous quittons avec ce sujet la partie « froide » de l'Argentine, la Patagonie. Dès demain après une nouvelle escale à Buenos Aires, nous volerons vers Iguaçu.
A suivre: Dernier train pour
Iguaçu
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