3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 16:43

Ballade sans but dans un Orthez tranquille.


Juste quelques photos. Tu te ballades dans un décor visité souvent. Ce 2 janvier tu n'as pas envie de cavaler, alors tu marches. Tu repasses le pont vieux, montes jusqu'à la tour Moncade, bastion de Gaston Fébus (comte de Foix), tu te laisses gagner par le soir pour bénéficier de cette lumière que tu aimes tant. Les vignes le long des remparts, et la brume du soir qui annonce le froid du lendemain.

Tu voulais monter une fois encore en haut de la tour. Mais dès octobre, le site est fermé. Tout le monde est rassemblé à la terrasse des cafés vers la mairie. La fête foraine essaye difficilement d'attirer deux trois gamins. Mais ils ont bien trop occupés par la Nitendo neuve.

Alors seuls quelques ados désœuvrés s'agitent sur trois autos-tamponneuses. Ils sont au ski ? Ou attendent-ils la rentrée ?

Quelques images donc d'un pays assoupi.


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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 21:54

La bataille du canal.
le canal de l'Ourcq objet de discriminations.
Comment deux cygnes blancs chassent un gris.
Il faisait beau et froid ce 26 décembre. J'avais pris l'appareil, car la semaine dernière, un oiseau que je n'arrivais pas à définir m'a surpris. Il restait là tranquille, indifférents aux joggers. Je passe sur mon VTT, je m'arrête pour le photographier avec le téléphone, il se tire, à tire d'ailes. Oiseau fauve, nageur, volant bien, mais le cou plus court et le bec pointu sans rapport avec celui d'un héron.  Bon j'ai raté la photo. J''y retourne ce vendredi. Il était dans le courant de l'écluse de Sevran, se laissant bercer au soleil. Je fais demi tour. sort l'appareil du sac, essaye de me rapprocher et hop, il s'envole...
J'ai fais ma ballade dans le soleil et dans le froid.
Personne. Que les oiseaux.
Alors voici l'histoire de la baitaille de "Guadalcanal de l'Ourcq"






















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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 14:14

Rando VTT- Col de Ponsoye - Alboussière - St-Peray


Quatre carreaux !

Il te reste quatre carreaux à couper quand la nuit et le froid te font réagir. Sur ton balcon exposé au vent d'ouest et au mauvais temps, tu as profité de la clémence du ciel. Mais là, la nuit t'en veut !

Tu démontes ta machine précautionneusement, t'y vois à peine. Tu récupères le bac d'eau où la poussière de céramique décante et en enjambant la porte-fenêtre, tu fais gaffe à ne rien lâcher. Tes gants sont mouillés et froids, les éclats de découpe te picotent sous  les ongles. Démonter le disque diamant, tout ranger dans le carton après avoir soigneusement essuyé. Nuit noire. La lune va venir, mais plus tard dans un moment, le vent aura balayé le ciel et découvert une lumière bleue très crue, où les étoiles percent. Deux degrés. Le froid est là.

 Depuis que t'es rentré de vacances, t'as cette obsession, carreler les sanitaires. T'as raté la rénovation de l'ancien, le nouveau est là il faut s'y mettre.


-Pourquoi tu fais ça en plein hiver ?

-Je fais ça parce que c'est le moment...Deux semaines sans vélo, trop mauvais temps, puis tout ce tri des archives de la maison vide. Tu peux passer ta  vie dans le passé, alors de temps en temps tu stoppes. Tant pis pour les quatre carreaux..


Ton atelier photo est en vrac. Tu soulèves un carton, tombes sur le  CD photos et les cartes d'Ardèche que tu n'avais pas fini de traiter. Même le GPS, tu n'avais pas déchargé les tracés de tes randos d'été. Ce matin, le mauvais temps s'est accentué, sous la pluie, ton coupe-carreaux risque de disjoncter, tu t'organises dans ta cuisine. Etrange ballet d'évitement entre la ménagère et le bricoleur d'un jour. Pas chassés, bras en l'air, fesses serrées, ventres rentrés, quand il y en a pour un, il n'y en a pas forcément pour deux : de la place ! Les dernières découpes sont problématiques, t'avais fait un plan à l'échelle, mais mal estimé tes joints du coup les angles sont des biseaux impossibles, et il t'en faut deux de moins d'un centimètre, un truc à te couper les doigts...


Ça passe.


Tu reprends tes photos. Le 19 aout ! Que c'est loin ! Impossible de retrouver le calepin où tu notes quelques détails de ta ballade, tes points de passage relevés sur le GPS, et où tu as pris les photos.

Heureusement, les dates des traces du GPS et celles des photos t'aident à reconstituer l'histoire. Tu redéployes la carte achetée à la Voulte sur Rhône et tu refais ton parcours. Il te restait deux jours à passer dans le coin. Les premiers jours tu n'avais fait que des demi-journées de VTT, tu soignais encore tes tendinites. La météo lue dans la « Dépêche » indique une belle journée avec un risque d'orage le soir. Sur la carte, il y a une  grande tâche verte, sans route qui traverse, et juste un pointillé. C'est par là que tu vas rentrer.  Tu lis « champ de tir de Toulaud, t'espères que ça ne sera pas fermé, sinon tu reviendras par la départementale dessous où tu es déjà passé.

Tu parts de Charmes en direction de St Peray  par le GR en haut des crêtes de la vallée du Rhône. T'es déçu, car la visibilité n'est pas celle que tu espérais. Des photos trop  brumeuses. Puis cette longue route sinueuse sans un village  jusqu'à Alboussière. Ça monte tout le temps, bien régulièrement jusqu'au col de Leyrisse. Au début t'as peur de ta cuisse, tu n'y va pas franchement, puis le souffle se met en place, ton rythme devient régulier et même si tu sens la petite gène, ta crainte s'efface. Plus d'une heure de montée. Quelques jeunes te dépassent après t'avoir accompagné cinquante mètres, partagé avec toi, tes sensations dans la cote, un petit geste de la main et leur rythme les emportent dans les virages devant toi.

T'avais fixé ta halte de mi-journée à Alboussière. Deux chemins possibles pour l'après-midi, le plus dur le matin. De loin, tu as l'impression d'un gros bourg. Dans le village tu cherches un truc à manger. La boulangerie t'accueille. « Oui le restaurant est fermé, ils ferment après le quinze aout ! Non, il n'y a pas de snack, elle ne fait pas de sandwiches. Mais en bas de la cote, sur le Duzon il y a une base de loisirs avec un bar-brasserie ».  Tu mets le pain-choc dans ton sac et tu te laisses glisser dans la pente. Tout d'un coup ça accélère et tu réalises qu'il faudra remonter tout pour repartir. Mais le coin est équipé, il y a des frittes...


Après une demi-sieste, tu te relances jusqu'au col de Ponsoye. Il faut prendre la décision, basculer sur le chemin pointillé ou rejoindre la départementale. C'est un carrefour pour randonneurs. Des panneaux de direction te donnent confiance. Tu fais une photo avec ton téléphone mobile et t'essayes de l'envoyer sur ton blog. Il n'y aura jamais assez de réseau pour que le MMS passe. C'est vraiment le désert.

Tu lâches les freins et le vent de la descente à pic te surprend. Un virage sévère, deux passages devant toi, un qui monte un qui descend. Grisé, tu descends, fallait monter. Perdu, tu feras demi-tour, la belle descente te fait front, elle te toise du haut  de la  cote abrupte, Ton coup de pédale haché fait déraper ta roue sur les cailloux concassés. Tu t'uses. Quelle suée !

Tu rejoins le chemin vers la Croix de Reyne, tu longes la serre de Baube puis remontes le chemin vers le Tracol. Quand tu te poses, tu examines ta carte sous toutes les coutures : le Tracol, les ruines du grand Tracol dominées par le sommet au-dessus de la serre Pointu,  est-ce que c'est le nom d'une maison, d'un lieu?


La magie de la carte !

Elle s'insinue dans ton imaginaire, elle t'emmène dans ses pièges, t'enserre de ses mystères, te rend avide de ses trésors cachés, te fais perdre le nord. Et comble pour le vieux VTTiste, perdre les pédales !  Quelle « arche perdue » t'attend derrière ce paysage ? La rando est une quête impossible. Tu veux conquérir ces espaces que des générations d'hommes ont habité, travaillé et trop souvent abandonné. Aucune onde ne passe. Déjà deux heures que tu n'as vu personne.  Tu sorts ton pain-choc, c'est rationnel, concret, rassurant. Les noms t'inquiètent. Le grand Tracol est-il un géant oublié, un animal préhistorique, un traquenard pour VTTiste ?

Pourquoi les lignes tracées sur la carte s'interrompent-elles ?  Pourquoi elles ne relient rien. Taches vertes, puis plus foncées, taches blanches. Les courbes de niveau se resserrent se courbent, se referment. Où es-tu ? Les serres ! Quand tu y es passé, le chemin était large, au dessus de toi une colline abrupte, qui s'adoucit  en plongeant vers ce qui t'apparaît comme un ruisseau. Tu ne vois pas l'eau. Tu ne l'entends pas. Il n'y a que de la caillasse et des buissons.  Le chemin permet le passage d'engins. Pour faire quoi ? Le pylône là bas, tu le regardes de travers : électricité ? Câble mécanique ? La carte te dit « ligne électrique », ligne fantôme oui ! deux pylônes, seulement quelques centaines de mètres, pas de constructions visibles, tu ne comprends pas.

« Pierres blanches ruines », « La Chabote »,  t'es dans un conte, le petit Pousset, le Chat Botté, un monde irréel, où seuls les rêves vivent.  Tu lis ta carte comme un conte, où est l'histoire, le sens ? Isolé, sans téléphone, un GPS qui te donne des coordonnées impossibles à reporter sur la carte, tes « pierres blanches », tes petits cailloux, c'est le chemin que tu peux rebrousser. Mais la Chabote, un chat botté ? Peut être une chatte aguichante qui pourrais faire de toi un marquis, il faut avancer dans l'histoire de cette géographie, sans chercher le sens, tu le découvriras toujours...


Tu reprends ton sac, relance le vélo et t'arrêtes un peu plus loin. Plusieurs chemins, des indicateurs pour les GR. Deux randonneurs à pied sont là. Echanges d'où on vient et où on va. L'un m'indique que le chemin entre les deux « Tracol » est vraiment fun pour celui qui aime le VTT.


Le fun, c'est d'être arrivé en bas entier. Tu tombes deux cents mètres de dénivelés en moins d'un km dans un passage raviné étroit, tu sautes de pierres en pierres, de vraies marches, les freins bloquées, les roues chassent  le gravier sur les dalles pentues. De dévers en dévers, de dérapages en soubresauts, tu te retrouves sur le chemin qui descend à Biguet. Tu poses le vélo et tu t'assois. Tes bras tremblent encore. T'avais jamais freiné si fort...Le mec qui t'a envoyé là, il avait juste rêvé de le descendre ce truc !


Finalement, t'avais pas besoin de ton carnet. Les souvenirs sont là, l'émotion de cette de cette descente folle te revient naturellement.


Ça t'allège ce souvenir. Tu vas pouvoir te mettre aux joints. Même si tu n'es pas l'as des carreaux !

 

Précédant: Pluie de Chataignes

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 22:02

Grands Moulins de Pantin - La reconstruction


En 2006, j'avais été interpellé par les travaux de démolition des Grands Moulins de Pantin. Comme je te l'ai déjà dit c'est un témoin de mon enfance. Comment je tombe sur ce site de visites dans le 93, je ne sais plus, mais je suis heureux de cette rencontre. Tu trouveras le lien à la fin de ce sujet.

Ce 25 octobre, après m'être inscrit plusieurs fois pour une visite guidée, certes j'aurais aimé voir le chantier de l'intérieur, « Tourisme 93 », m'envoie son invitation.

C'est un extrait des deux heures de ballades que je te propose dans la vidéo (en moins de quatre minutes) .

En 2007 j'avais refait un petit sujet, où on voyait bien les parties démolies et conservées. J'ai eu du mal à retrouver pour les comparer des angles identiques, mais je m'y retrouve.

Nous étions accompagnés par un photographe ayant fait des reportages quand les moulins cessaient leur activité,  il a rencontré des personnes ayant fait toute leur carrière aux grands moulins. Fou ! Hein ! Trente cinq ou quarante ans de sa vie au même endroit dans la même boite ! T'oses pas y penser.

Mais quand il t'explique la philosophie de l'employeur, non seulement la production était là, mais aussi les bureaux d'études sur les farines, semoules, mais en plus que  tous les métiers de maintenance appartenaient à l'entreprise. Alors là, chapeau...

Notre photographe conférencier, d'un nom prédestiné pour les études de ces moulins industriels, prépare un livre photos et témoignages. Il me tarde.

Bien sur, je ne suis pas dupe, c'est une usine fermée, c'est un site industriel fermé, démantelé, mais les murs, la silhouette des bâtiments principaux, la couleur des façades en briques jaunes, me ramèneront le souvenir de ce vieux bâtiment massif sombre, presque inquiétant les soirs d'hiver, tel que ma mémoire d'enfant l'a connu.

Une banque va s'installer là, autour de septembre 2009 ! Les veinards. Parce qu'entre les tours de la Défense et la berge du canal de l'Ourcq, il n'y a pas photo. A l'heure du Velib, ils oublieront la cohue du RER A entre 8 h et 9 h. Le vieux VTTiste retraité passe là, deux trois fois par semaines, le canal c'est l'antistress. Cette nouvelle construction passe en aveugle, le témoin, entre des générations, des métiers, des hommes qui ne se seront jamais vus et qui ne s'imaginent peut-être pas.



Je n'arrive toujours pas à comprendre comment une organisation sociale peut se développer sans que les métiers de la production, ceux qui fabriquent les biens tangibles qui nous sont indispensable pour vivre, soit perçus comme apportant valeur et sens autant que les métiers intellectuels ou culturels.






Les grands Moulins de Pantin en 2006














Etat de la démolition en 2007













Lien sur tourisme 93

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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 11:48

Pluie de châtaignes.

(De St-Cierge-la-Serre à Saint-Michel de Chabrillanoux).

 

C'est ton premier jour de vacances. T'es en Ardèche, il pleut. Le vélo est dans ton coffre, il n'attendait qu'à rebondir sur ses amortisseurs gonflés, mais le vieux VTTiste, se dit qu'avec cette pluie et ce froid, les tendinites vont repartir de plus belles, et que ce sera adieu vélo pour la durée du séjour. Prudence donc !  Il n'est pas neuf heures quand tu entres dans la librairie à la Voulte, tiens, une nouvelle carte sur les Monts d'Ardèche ; bof, elle ne couvre pas bien la région, ah ! Mais là peut-être que ça vaudrait le coup un jour où il fait beau, sans forcer, mais ça te changerait.

En attendant, il pleut.

La jeune femme au comptoir vient de valider des dizaines de tickets de jeu : bingo, keno, loto, que sais-je ? Elle pose sa tête sur ses deux mains, les bras accoudés au comptoir. Lassitude, fatigue, ennui ? Dehors il pleut. Tu vas pas passer ta journée avec deux cartes IGN ? Tu tournes en rond dans la librairie. La « Dépêche », tu ne l'as jamais lue, alors pourquoi ? Pour rien, t'es aussi KO que la caissière, si le temps continue comme ça tu vas péter tes fusibles.  Les bouquins (les livres disent les auteurs) t'as pas trop suivi, t'étais dans le concret, remettre en état l'appartement pour que ton fils s'installe. Chez toi il y avait aussi du chantier, donc le temps libre, c'était pour frotter, peindre, ranger, nettoyer ; alors les bouquins !

Sur une petite desserte à part, deux petites piles, quatre ou cinq livres dans chacune, et un debout devant pour faire l'affiche. « Châtaignes au sang », l'auteur Michel Riou, la quatrième de couverture te parle de l'Ardèche profonde et de celle d'aujourd'hui, d'un polar qui te fait passer de l'une à l'autre. Et un autre bouquin d'un instit sur la région de Sainte-Agrève où j'avais fait du VTT il y a deux ans en remontant l'Eyrieux par le chemin de l'ancien chemin de fer départemental.

Avec mes cartes, la Dépêche et mes deux bouquins, je m'adresse à la jeune femme, au plus profond de son ennui. Je lui tends les livres et demande : « Ils disent que c'est écrit  par des gens de la région, vous connaissez ? »

-« Non, je lis pas ! Celui là, il y a des gens qui m'ont dit que c'était bien ! L'autre, je connais pas, c'est pas un instit qui l'a fait ? »


La caissière me donne un sac plastic où je me déleste, et j'emporte mon trésor jusqu'au petit café. Inutile de rêver d'un croissant, sauf à aller toi-même à la boulangerie deux rues plus loin. Mais te voilà installé, le café fumant, devant toi la grande place arrosée par la pluie, le pont qui enjambe le Rhône est à peine visible, le journal ouvert sur la table. La prison de Privas fête ses cent quatre vingts ans (excuse-moi si mon souvenir est flou), et c'est l'occasion d'un article sur l'origine de la prison, comment la décision de faire de Privas le chef lieu de l'Ardèche avait fait l'objet d'une mini guerre civile...

Avant de décider par lequel des deux livres achetés commencer, je glane de page en page, un coup dans l'un et puis dans l'autre.  Et là, voilà-t-y pas que le héros du polar se retrouve dans la prison de Privas !  Plus d'hésitation, le choix est fait. Ma tasse est vide, et je décide d'aller dans un petit patelin que je n'avais pas pu bien voir il y a deux ans : « Saint Cierge-la-Serre ». Trop fatigué par la chaleur, le VTTiste n'avait pas fait de photos. Il y a une petite route qui serpente, difficile d'y croiser en voiture. La pluie ne lâche pas prise et de la montagne ardéchoise tu ne vois que ton essuie-glaces. Tu t'arrête sur la petite place entre la mairie et l'église et tu prends le polar.


Pas trop d'humour dans le début du roman. Même un peu de méchanceté et quelques petites lâchetés ; les gendarmes sont jeunes, sans âmes, juste professionnels. Plein de réminiscences me revenait des vieux polars d'Exbrayat, comme ça, ancrés dans un terroir de la Haute Loire, avec des  gendarmes faussement patauds, très  bonhommes, et connaissant profondément chacun des villageois que l'histoire leur faisait rencontrer. Et bien entendu tous les secrets et la malice des vieux paysans, des clans familiaux.


Rien de cela en Ardèche. Des échoués sur les rives mouvantes du « progrès ». C'est en cela que le personnage est attachant. Son retour de prison à pied de Privas à Saint-Michel par les Ollières-sur-Eyrieux est une ballade nostalgique dans les métiers perdus, les lieux d'activité abandonnés, les châtaigneraies envahies par les genêts et  les ronces. On découvre l'Arcade, le petit bistrot /restau où les parties de carte, seules, rassemblent les rares êtres vivants.

J'y suis allé, le menu unique avec cuisses de grenouilles et gratin au fromage ne m'a pas arrêté. Je suis aussi repassé en vélo un jour de beau temps. Il y avait plein de monde...la patronne savait-elle qu'elle servait de modèle dans l'histoire ?


Les petits cailloux blancs de l'intrigue, ce sont les châtaignes. Quelle différence y a-t-il entre la châtaigne de Privas et celles de Saint-Michel de Chabrillanoux ? Tous les intéressés le savent, sauf les juges, bien sur !


La pluie s'adoucit, quelques grosses gouttes tombent encore des feuilles et tambourinent sur le capot. La voiture est complètement embuée. Tu poses le livre, baisses les vitres et démarres le moteur. Douze degrés. Un coup d'essuie-glaces et ici et là l'espoir d'un peu  de lumière. Tu prends la carte et décides de faire le parcours jusqu'à Saint-Michel. L'appareil photo est là, tu trouveras bien quelques châtaignes et des vieux murs.


Précédent: La voulte sur Rhone

Rappel : Ballades en VTT dans la vallée de l'Eyrieux


 

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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 13:57

Le gué de la Bidouze.

 

Tu sais que les méandres de la Bidouze et la confluence Gave Adour Bidouze (le bec du gave) est un de mes coins préférés. Seulement, j'ai du épuiser tous les itinéraires que je connaissais pour m'y rendre. Le VTTiste aime renouveler son parcours et surtout son décor. Sinon à quoi sert  la rando, la ballade? J'ai toujours aimé pédaler, quand on était gosse, j'étais chez le grand père. A tout moment on veillait sur toi, il y avait une barrière devant la maison, la franchir était toujours un problème. Alors tu disais, je fais un tour en vélo!

- Où tu vas?

tu répondais mécaniquement:

- A la scierie!

ou pour changer:

- A la fontaine de l'Athé

Dans tous les cas tu devenais libre, tu échappais à tous les regards, tu allais où tu voulais.

Gamin, tu respectais à peu près les règles, mais tu pouvais aller à l'étang ou chez un copain. Adolescent, si tu t'installais au bistrot pour un baby foot, la rumeur remontait le village et s'insinuait dans la cuisine de ta grand mère qui arrivait brandissant le parapluie (l'arme fatale) pour te ramener au bercail comme un vulgaire poulet. Alors là, ta liberté était simple: tu prenais le vélo et tu annonçais que tu partais au village distant de 20 km ,  pour visiter une tante, un cousin. Il n'y a pas de téléphone, ta journée est libre, suffit juste de passer à toute vitesse ,dire bonjour, parce que quand même, tout finit toujours par se savoir.

 

Donc le vélo c'est d'abord la liberté.

Et puis aujourd'hui avec ces VTT vraiment "insubmersibles", tu peux "explorer" des chemins que tu n'aurais jamais pris, ni à pied, ni en voiture. Tu renouvelles le sens de cette liberté. Oh! Il n'y a rien d'extraordinaire, ni d'exploit spectaculaire, rien que quelques instants seul, compter sur toi, sur ta capacité à tourner les jambes, et puis espérer le petit coin "magique". Bien sur, les agriculteurs où les chasseurs y travaillent ou y passent régulièrement; la magie  est là seulement pour toi, par les conditions particulières qui te font découvrir le lieu!

La Bidouze, le te l'ai aussi montrée au pont de Viellenave, et je me dis qu'elle passe à moins de 5 Km d'où je me trouve, il doit bien y avoir un passage ?

Je renouvelle les cartes, les IGN au 1/25000, ( tiens, eux aussi, ils se laissent porter par le courant de hausse des prix), je commence le repérage chez le libraire et je constate qu'il me faut trois cartes pour l'itinéraire que j'envisage.

Donc ce matin, le bol de café fumant, j'étale les cartes sur la table et j'essaye de m'y retrouver. Comme par hasard, elles ne sont pas toutes de la même édition, et les sentiers et petites routes ne sont pas représentées sur chacune avec la même charte graphique. Ça aide bien..

La, derrière le village Arancou, une indication, « gué » ! Pour regénérer ta capacité de magicien, transformer un parcours bourrin en moment de bonheur, il te faut un but: le "gué", c'est déjà un nouveau monde!

Du coup tu repenses ta ballade, un gué sur la Bidouze, il faut voir ! Tu reparcourres les méandres, tu constates bien, que de Viellenave à Came, il n'y a pas de pont, mais aussi qu'il n'y a pas de chemin régulier sur les berges, il va falloir se grimper les petites collines autour. C'est le jeu de la ballade, c'est son piment ! Mais il faut toucher le lieu du trésor!

 

Ce matin le ciel est brumeux, tu espères qu'il se lèvera vite, mais non ! Dès que tu es sur une crête, les vallées sont uniformément grises, sans intérêt pour ton appareil photo.

 

Enfin te voilà parti, t'as pointé des chemins qui te feraient éviter les routes connues, mais à moins d'un kilomètre de ton départ, première déconvenue : sur la carte, le chemin bien net vers la fontaine de Thux  n'existe plus en réalité, un champ de maïs immense couvre tout le coteau. Pourtant, tu te rappelles être passé là, à pied, certes il y a longtemps, mais quand même !

 

Bon, tu te replies sur la route pour les premiers kilomètres. Ça va te chauffer !

Quand tu t'engages dans le sentier tu n'es plus sur si tu veux passer par le haut du bois de Bayle ou tenter un improbable passage plus près du lit de la rivière. C'est l'option « haut » que tu prends, comme préparée.

Le sentier grimpe tout de suite, et tu t'aperçois que les maïs qui t'entourent font bien plus de deux mètres, pourtant il n'y a pas d'eau ?

Quand tu sorts du bois, trois chemins:  tu choisis le plus à gauche, la grande descente un peu cassante, et tout d'un coup tu entends l'eau. Tu ne la vois pas. Près de la maison en ruine, tu marches un peu; la Bidouze est derrière, cachée par les arbres et les taillis. Tu te relances, le coup tendu pour essayer de voir, debout sur tes pédales. Mais non, faut continuer. Brusquement un large chemin clair descend abrupte de la colline et fait une tache de lumière, éclairant le chemin sur la gauche: la trouée  vers le gué. C'est un gué, un vrai, deux rangées de rochers, et le lit plat qui te montre la reprise du chemin de l'autre coté. Quarante centimètres d'eau  au plus profond, peu de courant, pas de trou visible, le fond est régulier; mais le VTTiste ne s'engage pas, juste quelques photos. C'est vrai qu'il avait envisagé de passer, mais là tout seul...

 

Tu reprends ta carte, refais la route et tu vas repartir par ce chemin qui reprend de la hauteur au bord de la rivière; dès que tu as un peu monté, tu quittes le sous-bois, il s'élargit et les plantations de kiwi te remettent dans le monde civilisé. Un peu plus loin il se sépare en trois branches, comme une patte d'oie. Tu t'arrêtes pour sortir ta carte. D'un coup sur une hauteur, d'une petite ferme sans tapage, surgit une grosse « Mercédès », elle te montre la route que tu n'avais pas vue, qui te ramènera tranquillement (mais pas sans effort) sur les hauteurs de Came.

 

Sur le retour tu te surprends à regarder les hirondelles sur les lignes électriques. Elles sont loin. Tu sorts l'appareil et tu fais les deux cents mètres qu'y t'en séparent. Pourquoi ne bougent-elles pas au passage des voitures, et s'envolent-elles à l'arrivée du VTTiste? Je suis triste d'un coup, car il y a longtemps que je n'en avais pas vu autant rassemblées. Quand j'étais enfant mon grand-père me disait que ça sent l'automne. Les hirondelles ont emporté la magie avec elles.

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la bidouze au bec du gave

Le pont de Viellenave

 

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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 22:43
Le moulin de Soulenc

undefinedEst-ce que tu n’as jamais eu de fascination pour les moulins, ressenti une émotion à écouter le bruit continu de l’eau près de toi ? Il y a des années je rêvais d’un petit coin dans les Pyrénées. Comme ça, j’achète « Le particulier » et je tombe sur une annonce à Lys. Un moulin faisant gîte. Je me mets à gamberger. L’annonce précisait que le mécanisme de régulation d’eau fonctionnait. Des mois plus tard on prend des vacances dans la région et décide d’aller voir le site de l’annonce. C’était un mois de mars, il faisait froid, et j’ai eu un mal fou à comprendre la carte pour trouver le village. On descend une colline avec un petit chemin tout raide et des virages en dévers. Il y a encore de la neige. En haut, on voit le soleil. En bas il n'y a que le ciel bleu et froid de l’hiver; le soleil est caché par les montagnes. On descend encore et très à l’écart du village, le gîte est là, ou plutôt le moulin. Des gens vivent là et je ne vais pas aller frapper au carreau pour savoir si c’est toujours à vendre, mais je fais le tour. La maison enjambe le ruisseau, un peu au-dessus une énorme vanne. Le bruit de l’eau qui courre. Mais il y fait encore plus sombre qu’au cœur du village. Tu regardes la petite maison annexe où figure l’inscription « gîte », la petite courette pavée de dalles grossières, tu comprends que tu n’es pas fait pour vivre là. T’as besoin de trop de confort. Quand même tu repasses, tu refais le tour, tu parcourres le village, tu n’as même pas vu de boulanger. Bientôt cinq heures, il fait presque nuit. Tu repars, remontes les longs lacets et tu te rends compte qu’il te faut vingt minutes pour trouver la grande route, et combien pour la ville proche ?

 

Tu abandonnes ton rêve le cœur un peu serré. La vie tue le rêve…

 
Samedi matin,
 

A huit heures le brouillard est partout. Cinq degrés. Il ne pleut pas et c’est la seule chose qui compte. J’aurais voulu attendre le soleil, mais j’avais vraiment envie de revoir ce moulin où j’étais passé l’année dernière. Oh ! Pas le moulin de Lys ! Un autre où j’étais arrivé en me cognant dans tous les chemins en impasse. C’est l’avantage du VTT, tu peux aller partout ! Il n’y a que les chiens en liberté au bout de certaines fermes en cul de sac qui te font peur. Ton talon a déjà senti le bout des dents. L’année dernière, la pluie m’avait attrapé, et les photos n’étaient pas « pêchues ». Je mets le gros appareil dans le sac à dos, j’ajoute un maillot et bien au chaud, je démarre doucement. Je n’avais pas fait attention, mais le sac chargé et le pull en plus, je sens l’épaule dans la cote d’Arbouet. En même temps que je montais, le brouillard se levait. Quand j’arrive place de l’église, il fait beau soleil. J’enlève le pull et règle la bretelle. Trois photos. L’église n’est pas exceptionnelle mais elle est immense au milieu d’un village aussi petit. A deux cent mètres, la tranchée d’Arbouet. C’est le passage d’une ligne de train désaffectée. C’est un de mes lieux de rando VTT préférés. Tout ce travail pour faire passer le train, et aujourd’hui rien. La SNCF n’arrive même pas à vendre pour le franc symbolique la tranchée. Pas de tourisme possible. L’abandon ! Au grand dame des riverains qui doivent malgré tout défricher pour ne pas être envahis. Comme je fais des photos à chaque passage, des gens me parlent…

 

Le soleil nettoie à peine le brouillard. Mais l’air est transparent : Une lumière superbe. Je me relance. Moins de cinq kilomètres pour « mon moulin » ; J’avais regardé la carte, et je ne pensais pas me perdre encore, bon cinq minutes c’est rien ! Je me rappelais un passage boueux, ce n’était pas le bon. A l’entrée du bois, le voilà, avec sa grande allée et son petit pont. Et le bruit de l’eau. Il est un peu plus de onze heures, le soleil est parfait, il traverse le bois depuis la colline en face et éclaire le site comme je ne l’avais pas vu. Je pose le vélo, prend l’appareil et visite d’un bout à l’autre. Je n’ai vu personne. Les volets sont ouverts. Mais je ne rencontre personne, même pas un chien. C’est solitaire. Pendant la petite demi-heure où je reste là, seulement une voiture passera. J’avais laissé une ferme à un petit kilomètre et le village de Rivareyte est plus loin de l’autre coté du bois en allant vers Sauveterre. Il s’agit d’un vraiment gros moulin. Bien entretenu. L’eau brille sous le soleil, et elle a son chant si moqueur en cascadant du barrage vers les méandres du sous bois. Tu ne peux t’empêcher de la suivre. Ce long serpent sous les arbres c’est ta sirène. Le murmure obsédant de l’eau qui s’étire et se contorsionne pour te séduire dans le scintillement de la lumière hachée par les arbres nus. Assis sur le caillou tu sais que si tu fermes les yeux tu ne repartiras pas.

 

Tu remets ton casque, ton sac à dos, enlèves les feuilles colées sous tes chaussures et tu t’apprêtes à laisser là cette oasis du rêve. Un peu plus haut une dernière photo . Tu sais qu’elle ne rendra pas, mais tu ne peux t’arracher. Une petite cote et tu descends. C’est le pont sur le « Saison » à l’entrée de Rivareyte. Deux maisons traditionnelles l’encadrent.. Tu regardes ta montre et te dit qu’il va falloir rentrer. Tu retrouves la route de Navarrenx et te diriges vers Sauveterre. Tu y es déjà passé deux fois cette semaine, tu penses rentrer direct, sans y monter. Mais c’est mal connaître les sortilèges de la lumière. Au-dessus de ton casque tu vois la vieille église et les remparts briller. T’es pas à dix kilomètres près. Des photos du pont sur le gave. Des photos depuis le pont de la légende. Et là encore la fascination de l’eau. Cinq minutes sur le parapet. Quelle heure ? Ouf ! Téléphoner, dire qu’on va rentrer. Moins d’une heure et on est là.

 

undefinedCe coup ci pas de tergiversation, tu prends la nationale. C’est samedi, il est une heure, ce sera tranquille. Tu bloques les suspensions et tu te muscles les cuisses. Coup de pot, pas de vent de face comme trop souvent. T’appuies. De toute façon, tu ne sens rien, t’es dans ton rêve de moulin, tu n’entends pas les autos, juste le fil de l’eau. Tu flottes, t’es léger, fluide…

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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 22:05
La piste de l’Ourcq.

Froid de canal – les marmites de Sautadet.
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Ce matin il faisait plutôt frisquet. Mais sans vélo depuis huit jours, je suis en manque. Deux polaires, le Kway, le passe montagne, et les chaussettes de rando un peu coincées dans les chaussures VTT. Top départ. Il n’est pas neuf heures et demi. Bon soleil, mais vieille bise d’est qui te découpe doucement. En plus, je ne vois quasiment rien. Le soleil est rasant et il est de face. Arrivé au bassin de la Villette où commence la piste de l’Ourcq, je m’arrête le temps de quelques photos. Non, ce n’est pas l’hiver de 89 où l’on se baladait sur le lac du bois de Boulogne. Il y a pourtant des petites nappes glacées où se serrent les mouettes.

 

Au bout d’une heure, le froid s’attaque aux épaules. J’ai déjà donné (18 mois de tendinite), nouvelle pose. Sortir un autre maillot et s’emmitoufler.

 

-         C’est nul, qu’est-ce qui t’oblige à te cailler comme ça ? reste au chaud mon gros bébé…

 

Quand tu as quitté les périphs, tu ne respires pas pareil. Au début tu t’économises. Pas se faire gazer par le scooter ou le bahut devant toi. Mais dès que tu n’as plus de bagnoles, tout d’un coup tu te sens de l’envie. Le regard change. Tu vois plus loin, plus large. Tu te détends et te laisses aller à respirer à fond. Bien sur la bise est là : le nez coule, les yeux pleurent, mais tes poumons crachent tous les miasmes accumulés. Tes yeux à courte vue sont comme des jumelles de marine, ils voient l’infini devant.

 

L’alerte c’est les orteils. Quand ils disent j’ai froid, c’est l’heure du retour. Et sans baragouiner, que t’es pas allé où tu voulais. S’il faut, un court massage pour les faire respirer. Et ensuite : à fond, à fond ! Crains rien, je ne te ferai pas la nique. A fond pour moi, c’est tranquille pour toi.

 

Mais tu vois, je n’ai jamais pris froid pendant une balade en vélo.

 

Quand j’arrive pour la douche, si jamais l’expression « avoir les cuisses roses » a un sens caché, pour moi, c’était du concret.

 

undefinedAlors en préparant mon petit sujet je me dis qu’on a besoin d’un rayon de soleil. Je t’ai mis un des sites, pour moi une découverte, vu lors de notre dernier séjour à saint Paulet du Caisson. Pas loin de l’Ardèche. J’ai ratissé la zone en vélo. Le coin est très beau, pour un vieux parigot. Sur que si je n’avais pas posé mon vélo, en entrant dans l’aire des cascades de Sautadet, je ne te raconterais rien aujourd’hui. C’est piégeur tu n’imagines pas. J’arrivais du village de St Michel d’Euzet, je roule sur un vieux pont de pierre, le Pont Charles Martel – me demande pas pourquoi – et je vois cet espace blanc, blanc presque éblouissant. Des gosses courent. J’ai mes grosses lunettes noires à filtrage maxi, et en quelques mètres, je mets ma suspension à rude épreuve, quant à mon équilibre, je ne te raconte pas ! J’abandonne la bécane, et fais mon tour à pied. Surprenant ce coin. Un vrai régal.

 

Juste à côté, un petit village, la Roque sur Cèze. Accroché à une belle colline. Je croyais avoir identifié un chemin qui ne m’obligerait pas à faire tout le tour, en suivant le flot des voitures. Perdu ! Deux trois aller-retours inutiles. De l’eau partout. Il n’y a qu’un passage.

 

Pas grave ! Je vais tranquillement à Goudargues, où il y a de somptueux bistrots sur les bords de la Cèze.



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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 20:36
La piste de L'Ourcq
 Mon beau canal.


Photo-0182.jpgPour ceux qui me suivent avec l'envoi des photos par téléphone.
J'ai fait cette semaine deux petites ballades VTT le long du canal de l'Ourcq. J'ai envoyé deux photos par téléphone. une plein soleil, une plein de brumes.
Sur mon blog où mes photos arrivent ce message que j'essaye de décoder.



Salt!b1 moi gtro froi pr sortir!il é bi1to 12h é yatjr otan 2brum k 8h..b1 pass atontour sur myblog!en te souétan davance 1bonevizit!alé bsx é bonejourné atoi...

 

Photo-0185.jpgOn s’y est mi à deux mon cher « Lovkemar » pour traduire. Mon oreille n’est pas trop faite à cette phonétique, ni au rythme de la phrase.

J’essaye d’interpréter tes paroles, mais je n’ai pas la musique, et là vraiment ça manque :

           




          
              Salut !

Bien moi j’ai trop froid pour sortir !

Il est bientôt douze heures

Il y a toujours autant de brume qu’à huit heures

Bien passe à ton tour sur my blog !

En te souhaitant d’avance une bonne visite !

Aller, bsx et bonne journée à toi

Et bien merci, il y a des jours, on passe un peu de temps sur son blog, et on se demande pourquoi. Oserais-je dire, que c’est pour le plaisir de cette rencontre inattendue. Ce clin d’œil de passage. Quand j’aurais émis mon post, je revisiterai ton blog, te rendre les miams et plus.

 



Lobby bi, lobby bo, le canal qu’il est beau !
Mon beau canal ! Roi des ballades…
Car c’est mon canal.
Le canal de l’Ourcq, c’est à moi !
Je le revendique !

D’ailleurs depuis que je dis qu’il y en a marre des cailloux, des racines, et même récemment des « Roms », j’ai été entendu, écouté et mon lobbying sur ce blog a porté ses fruits !

Depuis deux ans, au gré de mes ballades, j’ai noté des changements. D’abord on a coupé les peupliers. Ouais! C’est nécessaire. T’imagine un peuplier qui bloque le canal au moment du passage d’une péniche ? Non il fallait le faire, c’est fait. C’est une décision courageuse. Mais elle était contenue dans le plan de réformes approuvé par tous les usagers du canal aux dernières élections. Leurs racines sournoises soulevaient le bord de la piste cyclable, et le cycliste impétueux rendu irascible par tous les enfants en tricycle qui faisaient baisser sa moyenne, sursautait sur les bosses, au grand danger de ses bijoux précieux.

Et les « Roms ». Il n’y a plus de traces. Je ne sais pas quand « ils sont partis », mais ils n’ont rien laissé. Tout est bien propre, les cabanes improvisées ont disparu, le sol est comme une tête passée à la tondeuse. Vraiment bien nettoyé. Quand on sait ce qu’il faut comme gravats pour faire un abri, avoir tout rangé comme ça avant de partir, bien, chapeau. C’est comme les lessives que je voyais sécher sur les grilles : ramassées, rangées. Même sur le parking décathlon, c’est vide. Je comprends qu’ils soient partis. Entre le bruit des camions sur l’autoroute où ils dormaient et celui des trains sur le pont en fer, l’endroit ne devait pas être propice au sommeil des enfants.

Mais je ne rallais pas que pour ça. Les berges n’étaient pas sures. J’ai roulé dans la boue ! Tu n’y crois pas ? Si, en plein vingt-et-unième siècle, les berges du canal ressemblaient à ce qu’elles avaient pu être du temps des bateliers et des chevaux de traits. Quand on sait le prix des nikes, marcher dans la boue est insupportable. Ils s’y sont mis. Tu verras les photos, pendant des mois, ils ont renforcé les berges avec des tôles enfoncées au marteau pilon. Et ils ont fait de belles allées sablonneuses qui doublent la piste cyclable. Laquelle a été refaite façon billard, au point que je me demande à quoi va bien servir mon VTT. ?

Là, quand même il fallait réagir. Ce n'est pas parce que le canal traverse des banlieues comme Pantin, Bondy, Bobigny, Aulnay qu’il faut laisser le boulot bâclé. On veut nos « champs-é », notre « grand canal façon grand siècle » ! C’est la que le lobby bi fait du lobby beau. A force de ne rien dire, de se contenter de penser à chaque passage que « ben dis donc ça change ! Faudra qu’on amène les petits avec mamie ! » Et bien ils ont entendu. Ils ont fait livrer des pierres blanches modèle « petit poucet » - mais pour mettre dans la poche de l’ogre- et ils ont dessiné les bords de ces gros cailloux lumineux. Ca jette !

 

Quoique…Les tôles de renfort ressortaient comme des chicons noirs au milieu de canines de roche blanche. Je ne sais si la Sécu a pris en charge la prothèse, mais une armée de chirurgien- dentistes a été immergé pour traiter les caries à grands coups de chalumeau. Un décor de dessin animé.

 

Restait à ravaler les berges de ce visage paysage refait. En cours. Depuis un mois tous les trois mètres, un nouvel arbre est planté d’espèces toutes différentes.

 

Combien sont-ils à travailler sur ces berges depuis deux ans ? Trente, quarante ? Combien d’engins, de camions, de barges, de tonnes d’acier, de tonnes de pierres? Tout ça pour moi ! Parce que je ne peux pas me promener dans un décor du passé, et que j’ai exigé des arbres fleuris, des pierres blanches, une route lisse ! Tu comprends pourquoi les « Roms » sont partis. Ils ne pouvaient pas imaginer. Pourquoi avais-je besoin de tout ça pour une heure de vélo ? Eux, pour dormir, ne demandaient rien…

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24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 22:56
Les entrepôts du Canal de l’Ourcq.
Le dernier wagon pour Bondy.

-         Vous êtes acheteur ?

 

Je ne comprends pas ce que j’entends. Je suis monté sur la dalle en béton de ce qui reste d’un entrepôt de bois détruit par la tempête de 1999. Je suis en train d’enregistrer les images des différentes époques industrielles qui se croisent là. C’est un passage obligé sur la piste de l’Ourcq. Les démolitions reconstructions vont si vite que je voulais garder la trace de ce coin où j’avais vu sur plus de cinq ans se construire le Technicentre pour la réparation des TGV.

14-entrepots-DSC00485.jpg

 

Ce 6 septembre, la rentrée scolaire avait eu lieu. C’était une fin d’après-midi. Le temps était à l’alternance de moments lumineux, pas vraiment ensoleillé, et de grisaille provoquée par de gros cumulus noirs. Deux fois je prendrai la pluie. Quand je descends les escaliers du parc de la Villette, après le toboggan en forme de dragon, il y a le manège que je t’ai déjà montré. Ce qui frappe c’est le calme. Pas de cris. Pas de rires. J’arrive à la grande pelouse ornementée de cette bicyclette endormie dont je te montre la roue. Personne ou si peu. Tout cet été, parfois dès neuf heures le matin, elle était pleine de monde. Des familles autour des glacières, des allongées. Vers 13 h les grandes parties de bronzettes. Des gosses avec des ballons partout. Le dimanche matin c’est les costauds qui sont là. Des matches de foot sérieux, des grands sacs figurent les buts, ça shoote, ça crie des consignes dans tous les sens, ça s’engueule, un vrai bonheur.

 

La rentée avait fait le vide. C’était au tour de l’herbe de se reposer.

 

Le matin j’étais passé à vélo. Il y avait un mur bleu que je voulais filmer. Je l’avais vu plusieurs fois, j’avais, à la va-vite fait quelques photos. Il me rappelait les formes de la première tapisserie de la chambre des enfants. Et surtout, c’était un mur « réservé » aux tags et graffitis agressifs. Et là un motif simple avec des bulles bleues, des signatures qui ornent les formes. Quand j’arriverai à « mon mur », il y aura un petit crachin, et je me promettrai d’y revenir. Las, huit jours après il aura déjà été surchargé de couleurs criardes. Je n’aurai jamais la lumière que je cherchais.

 

Je voulais aussi photographier le vieil entrepôt. Sur le chemin les chantiers avancent vite, des photos témoignent des bâtiments détruits, usines, hangars, maisons plus ou moins abandonnées. Donc à un moment je me juche sur cette dalle et j’entends à nouveau, alors que je suis concentré sur mon viseur :

 

-         Vous êtes acheteurs ?

 

-      Non ! Je suis retraité et je capte ces images avant que tout ça disparaisse.

 

-         Si vous êtes acheteur, il faut voir la chambre du commerce !

 

Deux hommes au-dessous de moi à quelques mètres. L’un en combinaison bleue façon « mécano », plutôt jeune. C’est lui qui m’interpelle. L’autre petit, une casquette à rabat sur la tête, blouson de peau marron, col fourré bien relevé, surveille un petit chien.

 

-         Non vraiment je ne fais que de la vidéo ou des photos.

 

-         Si ça vous intéresse, j’ai la maquette !

 

-        

 

-         Venez !

 

Nous voilà partis tous les trois, suivi par le chien. Il ouvre la porte d’un entrepôt vide. Au moins 15 m de haut. Des rangées d’étagères métalliques vides, des grands cubes d’environ 2*2 mètres. Il fait sombre. Seulement un éclairage de secours. On entre dans une pièce qui avait du être un  bureau, petite fenêtre, armoires électriques Des gravats de tous ordres, enseignes, panneaux. Dans un coin une grande planche indéfinissable, un tableau sans couleur dont je ne vois pas ce qu’il représente. Il l’attrape, le redresse me le pose vers la fenêtre. Puis il ouvre la porte-rideau de fer donnant un vrai éclairage à ce qu’il présente comme le plan de tous les entrepôts bordant le canal. Il les explique; tellement l’image est délavée, il se trompe un peu…

 

On parle de tout ce qui travaillait sur la zone il y a trente ans. Il connaît le nom des entreprises. Le gros bâtiment rouillé en face a servi plusieurs fois pour tourner des films. C’est vrai qu’il a de l’allure ! Et lui il est le dernier. Le gardien de ces espaces abandonnées en attente d’un repreneur.

 

-         Le technicentre ?

 

Il l’a visité. Il a vu comment une rame complète de TGV était soulevée, et les bogies démontés par des automates. Il se rappelle : j’étais là quand on a commencé à fermer les voies de chemin de fer qui desservaient toute la zone. J’aime même poussé le dernier wagon vers Bondy.

 

En prenant mes photos j’ai rencontré les ferrailleurs occupés à couper les rails au chalumeau. Il n’y aura bientôt qu’un grand espace de loisir le long de la piste de l’Ourcq.

 



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