24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 19:56
Le fils de l'homme
Pas le temps ce soir de détailler tout ce qui m'a époustoufflé dans ce film. Réalité des situations. Un son d'un réalisme glaçant. Et la vision de ce que sera une société où la police aura le pouvoir seule. BRRRR! On ne peut s'empêcher de penser à des images déjà vues au moyen orient ou en Irak. Mais là, transposé en Grande Bretagne, le réalisme des conflits avec les "refs", les réfugiés, nous percute. Sans compter tous les insurgés, révoltés, résistants  et autres terroristes qui ne savent plus pourquoi, mais qui se battent. L'allégorie finale nous redonne in extremis l'espoir que tout n'est pas perdu.
Ouf!
Vraiment à voir.
Cela m'a fait penser à deux film  voisins traités de manière différente:
-    "Soleil vert" date de 73 ou 74, la planète ne plus plus nous nourir.
-    "Renaissance (Paris 2054), un dessin animé noir et blanc qui vient de ressortir en DVD, la aussi sur la domination de certains pouvoirs, et la vaine espérance d'une éternelle jouvance....

Ces trois fims nous projètent très prochainement dans des vies plus que sombres...Mais "le fils de l'homme" n'est à peine qu'une amplification d'aujourd'hui.

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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 22:54
 
Cinéma de Quartier
 
Daroussin / Tardi
 
Le pressentiment.
 

C’est d’après sa biographie sa première réalisation. Le film est à l’image de l’acteur: fausse lenteur et étrangeté lucide. Ce fut un bon dimanche de cinéma. Salle comble et acquise, se libère lentement quand le générique est fini.

L’étrangeté: deux clés seront données dans le scénario, comme s’il fallait la justifier dans le monde rationnel. Moi j’imagine cela comme un conte poétique. Et cette étrangeté, j’aurais aimé qu’elle perdure au-delà du film. Ces deux clés m’encombrent. Elles empêchent l’espoir, cette sagesse d’un comportement sans calculs, acceptant toutes les faussetés des autres sans la moindre mise en cause. Etre soi, dans l’instant. Pouvoir faire devant la difficulté ce qui va de soi, sans précaution. Ne jamais craindre la malice, la perfidie parce qu’elles n’existent pas.

L’argent a trop d’importance dans ce film, il tue le rêve. La lenteur du personnage, c’est Charlot dans les lumières de la ville qui disparaît de l’univers de l’aveugle qui a retrouvé la vue. Discrètement. On aurait aimé que le réel glisse derrière l’imaginaire poétique. Seule la jeune immigrée est au même niveau d’étrangeté, parce qu’elle vit sans s’interroger, juste pour faire ce qu’elle suppose qu’on attend d’elle.

Le déclic qui bascule l’horloge du temps du futile, instantané et superficiel dans l’espace fini du temps qui reste, du sens de chaque acte, de la réponse concrète au besoin, bascule aussi le comportement dans l’étrangeté, incomprise mais tellement plus incarnée.

Daroussin est cette étrangeté : attitudes relâchées, regard doux, absence de colère, même son angoisse fait confiance à la vie.

 
****
Le secret de l’étrangleur.
 

Coïncidence, ce même week end je lis un vrai bon Tardi, « le secret de l’étrangleur ». Une vie apparemment tranquille qui elle aussi nous fait basculer de l’inconscient noir dans une logique de lumière froide et absurde.

J’aime vraiment Tardi. Comme beaucoup, bien sur, sans le connaître vraiment. Il a cette faculté de reconstituer un Paris sombre et présent qui me fait reconnaître chaque page comme si j’y avais été.

Sur le secret de l’étrangleur je ne vous dirais pas tout, seulement que ça se passe en 59. J’y étais ! Et l’ancrage de cette BD dans l’époque est souligné par une présentation de quelques évènements. Etrange écho à nos banlieues, la police faisait grève parce qu’elle avait subi trop de victimes….Une belle anecdote sur la « vie » ou plutôt la honte de vivre dans les bidonvilles de Nanterre et d’ailleurs. Et la guillotine comme emblème du règlement des conflits.

La magie de Tardi, est dans son personnage, de BD en BD notre héros se ressemble toujours, et il est chaque fois différent. Chaque scénario est l’occasion d’un regard désabusé, fataliste ou désespéré sur la noirceur d’un monde dominé par la bêtise et l’argent. Il est toujours cabossé par la vie, souvent il meurt (« Le der des Ders »), parfois il s’en sort (« Le petit bleu de la côte ouest »).

Au cinéma 1959 c’est les premiers romans de José Giovanni, un gracié de la guillotine, qui deviendront au ciné « le deuxième souffle «  et « classe tous risques ». Mais pour moi celui qui pourrait interpréter (ou plutôt aurait pu) les différents personnages de Tardi, c’est Serge Régianni (de « Casque d’or » au « Doulos » et enfin les « Aventuriers »). C’est lui le cabossé que j’imagine. Et là qu’advient-il de notre héros ?

 
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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 21:37

Cinéma parisien 2

 

Nous avons vu le « Diable s’Habille en Prada » avec Meryl Streep et Anne Hathaway. Je serais bien incapable de dire à quoi ressemble ce Prada. D’ailleurs y avait-il de ses vêtements dans le film ? Sûrement, mais je n’ai rien reconnu.

Dans ses commentaires sur Thank You For Smoking,  « Concombre Masqué » s’émerveille de toutes les fanfreluches de chiffon et de cuir que les  actrices vont faire valser comme des frégolis. Ca Brille et virevolte.

Soirée agréable et plaisante, le film nous promène allègrement dans ce milieu de la mode, caricaturé façon New-York.

C’est un film qui a du passer sans problème les tests de marketing aux US !

Or une fois chez soi, le sourire est amer, car qu’avons nous vu :

  •     Un luxe insolent, et on se laisse fasciner.
  •  Un patron qui harcèle ses employés, et son cynisme nous amuse.
  •      La guérilla pour être le plus proche du patron, on est loin de la solidarité de Germinal. Mais quand c’est des femmes on trouve juste ça « garce »…
  •     Que des super-diplômés acceptent un travail de boniche pour faire carrière.
  •     Que ça rentre dans les fonctions d’une assistante d’apporter le café, les repas, et même les jouets pour les petits…
  •     Que les grands couturiers acquittent des bakchichs pour être publié, sous  forme de créations laissées aux accessoires. c’est pas au niveau d’ELF, mais on approche.
  •  Que tromper son petit chéri quand on est pas marié, c’est pas un adultère, juste un petit plaisir.

 

Le Nouvel-Obs titre sur le harcèlement au travail, le stress et la grande solitude des salariés au prise avec leur peur de perdre leur emploi. C’est bien mis en scène dans le film. On en rit !

 

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 20:35

Cinéma parisien

 

J’écoutais à France Inter le débat sur les problèmes que poserait l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Et les vendeurs de tabac de réclamer des compensations, et les fumeurs de dire qu’il n’y a pas de preuve sur les conséquences du tabagisme passif…Et de réclamer à la Sécu de rembourser les traitements antitabac et de dédommager les bureaux de tabac, qui verraient la valeur de leur fond de commerce baisser. Ahurissant.

 

Ça m’a rappelé le film que nous avions vu dimanche : « Thank You For Smoking ». Là le vrai lobbying professionnel donne toute sa mesure. Surtout comparé au coté amateur et désargenté des associations anti-tabac. Aaron Eckhart était bluffant de cynisme. Et il a formé de main de maître son fils.

Cette capacité du cinéma américain à une satire sociale forte et impuissante reste quelque chose qui m’étonne toujours. C’est vrai que l’argent et les avocats son roi.

 

Sur un autre coté de la société américaine, et sur le même registre de la satire sociale, j’ai lu à Moffans « La Défense Lincoln » de Michael Connelly. C’est la démonstration de ce que tout le système judiciaire américain contient de vicié. Une histoire de meurtres étant racontée du point de vue de l’avocat au pénal chargé de défendre le présumé assassin. Toutes les basses manœuvres de la police pour manipuler la défense. La police n’arrête que des coupables que ces pourris d’avocats soustraient à leur châtiment. (Ça vous rappelle peut-être quelque chose dans l’actualité récente). On y découvre aussi ce qu’induit une justice qui  gère des objectifs de rentabilité. Coût des enquêtes, des procès et recherche d’un arrangement « économique » qui conduit « au plaider coupable » pour alléger les frais. Tout cela ne ferait pas une histoire sans un récit qui vous colle la nausée dans la description de cet univers malsain, tendu par un suspense très fort. Bien sur un retournement final brillant.

 

 

 

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