14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 21:26

Montluïc et la fondation Miro.

Montjuïc - Fondation Miro 8Ça n’est par la première fois que ce blog t’emmène en Espagne. Avec lui tu as déjà fais le tour des Mallos de Riglos (si tu es randonneur). Avec quatre ans de pratique du blog, t’as repéré que le sujet sur les Mallos est un de tes succès. Dans ton box office perso, les Mallos arrive cinquième ou sixième ; pas de buzz, mais deux trois visites chaque semaine.

Donc, ce petit tour en Espagne, que tu entreprends aujourd’hui va te promener autour de Barcelone, dans les pas de Dali, Gaudi, Miro.

T’as chargé ta première cassette vidéo, et tu vas la dérouler comme ça au fil du temps.

Aujourd’hui Miro. T’es le 14 mai 2004. C’est ton troisième mois de retraité, t’expérimente un nouveau mode de voyage, en groupe et « culturel » avec CLIO.  L’universitaire discret mais savant qui sans notes te montre un détail, un « code »  qui te commute en amateur passionné là où tu ne serais passé qu’en badaud.

Ce n’était pas un inconnu pour toi Miro,  avant cette visite. Tu t’étais parfois demandé si ce n’était pas le modèle des « Shadocks ». Mais l’avantage d’être sur place, c’est que tu le découvres dans sa durée d’artiste ; D’apprenti gauche (même si toi tu n’as jamais rêvé de ce savoir-faire) à cette personnalité des œuvres qui en a révélé le génie.

Ma déambulation passe par la découverte du site de Montjuïc, les enfants que nous aurons le temps de croiser lors de nos attentes, et quelques images grappillées dans le musée, avec en point d’orgue, la sculpture en « papier mâché » qui figure un couple d’amoureux. Sur le guide, il semble que l’original soit à la Défense près de Paris ; Pour y avoir longtemps travaillé, je ne l’ai pas vu.

 

Qu’est-ce qui te remet en tête de parcourir tes archives vidéo sur cette peinture espagnole ? Rien ! Comme ça ! Tu sorts du musée Jacquemart André, il y avait des œuvres de Dali et de Miro. Voilà, t’étais passé à Barcelone, une bonne occase pour « recycler » tes souvenirs…

 

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 15:21

La chartreuse de la Verne. De quoi loger quelques SDF !

 

Charteuse de la Verne-26Ce matin là, tu quittes ton gîte de Cogolin de bonne heure. Tu t’es gelé toute le nuit. Tant par le froid que de l’inconfort de ces  constructions qui peuvent être habitables l’été par forte chaleur, mais qui, en ce printemps humide et froid, génèrent de la condensation sur les murs et dans le lit. Si le four avait fonctionné t’aurais fait chauffer une brique pour sécher ton lit. Mais t’aurais eu meilleur temps si t’avais pu  faire un fagot avec des allumettes…

 

T’as envie de marcher, sans aller très loin. Le guide te donnait un bon restau à la Môle, une confiserie pour les spécialités de marrons à Collobrières. Tu optes pour une ballade de quelques kilomètres vers le barrage de la Verne. Rien de particulier. La ballade semble se terminer en cul de sac. Tu espérais que du lac on pouvait aller à la chartreuse  de la Verne. Mais tu ne trouves pas le chemin. T’as pas ta carte de rando…

Le midi tu te manges une superbe souris d’agneau. Le chef t’a donné quelques indications sur la préparation, mais t’as pas noté. Sauras-tu la refaire ? La patronne te dit aussi que la chartreuse, ça peut intéresser. Bon ! Ventre plein, t’y vas. Sauf que t’as pas le temps de profiter de Collobrières, si tu veux arriver avant que le site ne ferme.

 

Vraiment c’est remarquable. Tout autour, chênes et  châtaigners te plantent un décor austère et puissant. La chartreuse t’apparaît au travers les arbres dépouillés, dont les blessures et contorsions te disent bien la force du vent quand il s’y met.

La visite de la Chartreuse de Verne n’est pas très longue. Tu découvres au travers les expositions qu’elle fut fondée en 1170, que récemment elle était à l’abandon, utilisé par des fermiers pour l’élevage. Qu’elle a été réhabilitée à grands frais. Qu’il y a une vingtaine de personnes qui vivent là, dont des sœurs contemplatives. T’espères juste qu’elles aient un loyer à la hauteur du privilège d’habiter là. De la place, il y en a ! Quand tu te rappelles les conditions où sont hébergés les jeunes dans les foyers de jeunes travailleurs. Ils n’ont pas droit aux chambres « monacales » ! C’est vrai, ils sont jeunes et ils bossent ! Alors un matelas pourri entre des parpaings sur un vague parking d’une zone industrielle, on appelle ça un foyer ! Les nones « contemplatives », elles ont de belles chambres harmonieuses, profitant d’une profonde lumière rehaussée par de structures en pierre de taille et bois poli au fond d’un parc majestueux.

 

T’aime vraiment ce lieu, mais tu ne peux t’empêcher de penser qu’il y a une profonde injustice à comparer les sommes formidables mises en jeu pour restaurer cette espace, pour de rares privilégiés,  avec ce qu’on investit pour que des jeunes puissent s’installer dans la vie.

 

Alors ces « contemplatives » ? Elles bossent ? Impossible de savoir ! Mais des copies d’ouvrage d’art religieux, il y en plein la boutique. T’en a vu en centaines d’euro. Il y a peut-être un business dans la contemplation ?

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 08:05

Port Grimaud

 

port grimaud-04Ce mois d’avril est frais. Ton gite à Cogolin est glacé et humide. Avant d’aller à Ste Maxime, tu te promènes à l’abri de ton parapluie dans les ruelles qui longent les canaux de Port Grimaud. Bien sur ce n’est pas une ville pour toi ! De l’ultra friqué ! Tu passes de ta terrasse ombragée à l’anneau de ton voilier sous ta fenêtre. Beaucoup de volets clos. D’évidence il n’y a pas que des retraités. C’est vacances scolaires, mais il y a encore du monde au boulot. T’arrives, il est juste midi. Le marché ferme. Ah ! C’est pas le marché Barbes sous la ligne 2 du Métro. Là, à une heure et demi, ils y sont encore à brader les derniers cageots, et derrière les camions l’armée des ombres fouille ce qui est récupérable dans les déchets. Ici, protégés par un accès réglementé et des vigiles attentifs, les derniers légumes et fruits de mer sont rapidement mis à l’abri des camions frigo ou des quatre-quatre pick-up noirs. Les commerçants plient leur étal en moins d’un quart d’heure. C’est dimanche pour eux aussi.

L’entrée et la sortie de la place se font par un unique pont, puis un passage sous voute, et la barrière bien gardée. Même si le village est beau, ce coté moyenâgeux de petit bourg fortifié surprend. Quand tu repars, les murs presque aveugles des maisons enserrant la marina, sont un dernier rempart aux visiteurs et à la réalité du monde.

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 06:00

Les fleurs au domaine du Rayol (1)

Fleurs du Domaine du Rayol-03Quand tu prends ton billet pour visiter le parc du Domaine du Rayol en ce début avril, on te prévient bien gentimment que ce n'est pas la meilleure saison, qu'il faudrait venir en juin. Mais aussi, la cafétéria est fermée. Tu crois ça sasn importance, mais après quatre heures de déambulation, t'as un petit creux et une petite soif. Et à trois heures l'après midi tout est fermé....

Vrai bonheur que ce parc!

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 07:12

Grotte de la sainte Baume.

 

grotte ste baume-04T’avais préparé quelques photos. Tu te préparais à  te moquer gentiment des statues du site qui dessinent un calvaire plus colorié qu’un festival de samba, heureusement caché par une petite cote en sous-bois.

Mais t’es pris de court. D’abord t’avais ton chantier de remise en état du mur dissout par les infiltrations. Et la solution que tu as choisie se révèle plus longue à appliquer qu’un baume sur les pieds…C’est à ce moment là que le ballet des SMS commence.

« Suis coincée à Kuala Lumpur, plus d’avions ! »

« Ai trouvé un vol pour Rome !  »

« Arrivée à Rome. Carte bleue marche plus. pas de train sur le sud-est et Paris »

« Est-ce que je viens te chercher ? »

« J’ai une place pour Vintimille, ça rapproche ? T’es parti ? »

«  J’arrive. »

 

Sauf que tout d’un coup les SMS s’arrêtent. Zut! Que s’est-il passé ? C’est toujours quand t’es fatigué, paumé, inquiet, que des petits malins s’occupent de ton sac ou de ton téléphone…

Zut de zut! Tu voulais t’arrêter un peu, plus de 1000 km, vingt ans que t’as pas roulé comme ça…

Téléphone, SMS, rien…

Vintimille. 2h 00 du matin.

Autour de la gare, juste deux hôtels, fermés.

Dans la gare les gens campent par terre, par petits tas de trois ou quatre, serrés les un contre les autres, parfois avec une couverture. Gobelets de café, bouteilles d’eau. Tu parcoures les salles, les quais, observes chaque groupe. Rien.

Tu te résignes à remonter dans ta caisse et dormir un peu. Encore un message…pas de réponse.

Vers 6 h00 un train s’élance, tu te réveilles, vois une cafétéria qui ouvre.

Café, croisant. Que faire ? Téléphone : « suis arrivée à Nice, j’économisai la batterie, j’étais dans le train qu’est parti à 6h00, je t’attends ».

 

Deux mille cent km en 28 h00. Une petite nuit et le lendemain reprendre les pinceaux. Nouvelle course contre la montre, finir pour demain.

 

Alors ce matin tu reprends le fil rompu de ta ballade dans le massif  provençal de la Sainte Baume. Le syndicat d’initiative te dit de prendre le « chemin des Rois », près d’une auberge. Mais il oublie d'expliquer qu’il y a près de 10 km avant le dernier tronçon qui te permet de marcher une petite demi-heure, avant d’arriver au pied de la grotte à environ 800m. T’ai pris le chemin à son début. C’est quand tu lis les inscriptions au pied des oratoires que tu constates qu’il y a  cinq heures de marche…

 

C’est le massif qui est remarquable. La grotte transformée en monastère n’a pas d’intérêt. Le calvaire peinturluré, grotesque. Mais le lieu se suffit, il a sa propre consistance, sa propre beauté. Aucune légende n’y apporte quoique ce soit .

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 14:57
Angers : la tapisserie de l’Apocalypse.
 Le musée Jean Lurçat et les tapisseries du « Chant du Monde ».

 

02 élement de la tapisserie de l'ApocalypseQuand t’arrives au château d’Angers, le guichet n’est même pas ouvert. Une bonne heure à attendre avec un café à feuilleter trois prospectus glanés ici et là. La tapisserie de l’Apocalypse, t’as vraiment aucune idée de ce que c’est. Celle de Bayeux retraçant la conquête normande en Angleterre, ça oui ! Depuis la primaire ! Comme si ça devait compenser toutes les guerres où les Anglais nous ont massacrés ! Comme en plus c’est pas loin des plages du débarquement, quand tu visites, tu boucles la boucle.

 

Donc, tu captes quelque part, qu’il faut voir cette tapisserie ou plutôt ces tapisseries. L’hébergement au FJT t’ayant propulsé dehors de bon matin, sans vélo pour t’échapper, t’es coincé pour une visite de musée.

Quand tu pénètres dans la salle qui longe les murs d’enceinte du château, l'éclairage donne une lumière douce à peine moirée sur les panneaux de la tapisserie. Des bancs en escalier font face. T’es seul et tu le resteras près d’une heure. Tu peux écouter le guide audio tranquillement assis devant chaque étape. T’approcher pour examiner les détails qui te sont décrits, revenir sur ton banc pour t’imprégner de l’ensemble.

67 tableaux qui se lisent comme une planche de BD, regroupés par quatre ou six scènes représentant l’Apocalypse de st Jean. Le guide t’explique que l’histoire de ce chef d’œuvre commandé par le Duc d’Anjou au XIV siècle, a été tumultueuse, que des panneaux ont été perdus. J’ai pas lu l’Apocalypse, les métaphores sur les dragons ou les vampires c’est pas mon truc. Mais j’ai découvert sans vraiment tout comprendre deux choses : d’une part la complexité technique et artistique nécessaire à la réalisation de ces tapisseries (les matières, les fonds, les couleurs, les reliefs) et aussi symbolique. Est-ce le calme de cette visite, d’être resté si longtemps seul, qui te font apprécier la transposition des symboles, leur mode de représentation, l’histoire « forte »  que l’on découvre si on les interprète correctement, qui donne tout son sens au travail du « créateur » de l’œuvre, et ils ont du être nombreux.


30 catalogue muséeT’en es baba ! Tu lis le petit prospectus complètement; il est expliqué que cette tapisserie est à l’origine de la volonté de Jean Lurçat de réinventer la tapisserie moderne.  Pour comprendre,  aller au musée de la Tapisserie, dans l’ancien hôpital st Jean.

 

Tu te pousses jusque là. C’est en bord du Maine sur l’autre coté. Bonne occasion pour découvrir un peu « outre Doutre ». Le temps incertain devient franchement mouillé. Trois photos du cadre et tu pénètres dans cette grande salle, « la salle des malades » de l’hôpital st Jean,  où sont regroupées les dix tapisseries représentant le « Chant du Monde ».

La petite brochure qui nous permet de suivre les œuvres, explique le cheminement de l’artiste de la peinture à la tapisserie, l’analyse qu’il fait de l ‘Apocalypse, et sa recherche d’une transposition des concepts dans une représentation du monde qui est le sien. D’où dans les tapisseries, d’autres symboles que religieux, la bombe atomique et la terreur qu’elle représente, l’espace cosmique fréquenté par des fusées et des satellites. L’homme d’Hiroshima est saisissant. Ce qui est intéressant pour toi c’est que l’œuvre est commentée par l’artiste lui-même.  Des photos te remettent en mémoire des images vues à la télé au début des années 60.  T’avais du regarder sans comprendre, ou surement tu t’es demandé pourquoi les ateliers des Gobelins produisaient ce travail, et esclaffé en découvrant la naïveté de la représentation du « spoutnik »… Pourtant l’esprit même de cet art n’est-il pas de te faire ressentir par des images simples la complexité, l’infini, la terreur, la paix ?

Quelle journée magique !

Tu voulais rêver?

Voila!

Précédent: Angers le chateau, la vue des remparts

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 16:55

Angers - Vue du Château

 

05 Angers- entrée du chateau - pont levisT’as beaucoup travaillé ces jours derniers. Surtout à préparer les souvenirs de fins d’année qui accompagnent de temps en temps tes vœux. Des heures de vidéo, des milliers de photos repassées au crible de ta mémoire émotionnelle. Avec le temps ta sélection est plus fine, plus exigeante… Pourtant, souvent, c’est ta collection de souvenirs qui anime ton émotion !


Over-blog notre hébergeur nous fait un bug la semaine passée. Du coup tu regardes autrement la présentation de ton blog. Hier tu profites des corrections pour  te remettre plus dans le rêve que dans les souvenirs.


Comment faire décoller ce petit sujet sur le château du Roi René à Angers ?

Peu d’idées.

Ce dont je suis sur, c’est du plaisir de la visite. Je ne savais pas où regarder. T’étais passé une fois à Angers, il y a longtemps. Les vieilles pierres, les musées c’est pas ton entrainement quotidien. Tu préfères de loin, l’évasion dans la nature. Un besoin récurrent de te projeter dehors.


Tu te trouves là comme ça. Tu dis OK à ton épouse qui vient passer une semaine de stage. Bonne occase. Hébergement prévu au Lac de Maine, tu connais, c’est sympa, tout baigne. Tu crois qu’on part à deux, finalement on est quatre. Mais Il n’y a pas que dans ta caisse, qu’il y a du surbooking.  L’hébergement c’est itou. Nous voilà relégués dans un foyer de jeunes travailleurs sur la zone industrielle. La petite jeune qui nous accompagne fait « un coup de calgon » : toute l’année dans les tours, les métros, et le jour des vacances tu te croyais en  stage au bord du lac de Maine,  tu te retrouves sur un parking entouré de béton à 3 km  sans transport. Un petit plan te guide entre les ponts d’autoroute et les jardins sombres du parc.


Un foyer de jeunes travailleurs, au départ tu peux pas être contre l’idée. A l’accueil on te donne ta clé, et quand t'as monté tes deux étages avec ta valise (désolé, hein! Il n’y a pas d’ascenseur), le petit groupe se retrouve scindé en deux, dans deux piaules à 30 mètres de distance. Deux énormes couloirs, que tu n’as pas le temps de parcourir avant que la minuterie s’éteigne.  Tu entres, et là tu constates qu’il n’y a rien pour ranger tes affaires, une table trop fragile pour deux valises, une seule chaise, trois minutes pour trouver une lumière (et encore c’est trop pour la pale lueur).  Casiers, lavabos non nettoyés depuis des mois. Les matelas innommables.

T’hésites à rester. Comme toujours quand t’es pris au dépourvu, tu cherches quoi négocier. Les matelas. Tu redescends, demandes un responsable, quelqu’un se présente comme le directeur. Tu lui expliques, il te regarde l’œil sévère, monte avec toi. Tu lui montres le décor, tout lui semble normal. T’insistes, bon je vais vous donner des alaises propres.


T’avais dans les années 70 utilisé les facilitées des FJT. Même si la bouffe cuite à la vapeur dans son emballage carton, c’était pas le pied. Au moins c’était propre. Il y avait douche et WC dans chaque chambre, des petites armoires fermées et propres.

Quelle régression. Il y a un centre de formation associé. Quel respect a-t-on de ces jeunes, contraints de vivre comme çà ? 3 jours pour obtenir un porte-manteau !


Toi qui n’es pas stagiaire, tu décides d’accompagner tout le monde chaque matin,  ce qui te propulse dehors aux petites aubes, et te lance dans la découverte d’Angers , de sa région.


Le premier jour donc, le château. En haut la vue te surprend. Non seulement par la Maine et ses berges qui t’attirent, mais aussi par la ville dont les toits d’ardoise te fascinent.

Là, t’oublies le foyer !

 

 
Précédant: les Ponts de Cé

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 15:45

De la douceur angevine à la précarité des Roms.

 

T’étais content :

T’avais trouvé le bouquin rare que tu cherchais pour faire un cadeau de Noël. A la caisse, tu tombes sur une réédition des meilleures pages  de « l’Os à Moelle » de Pierre Dac, parues en 1938-39. Dans le N°1 du 13 mai 1938, ce sujet : « le Petit Adolphe a rendu au jeune Benito la visite que celui-ci lui avait faite ».

Un court extrait : « on fit alors manœuvrer les bateaux dans le petit jardin méditerranéen, on fit voler les avions, et les deux garçons discutèrent à perte de vue sur les mérites respectifs de leurs petits soldats de plombs »

Pas de doute, ça fait un drôle d’écho au film que t’as vu hier, « Vincere » de Marco Bellocchio. Il y a même une réflexion  stéréoscopique  sur  l’incarnation par le jeune Benito de « l’identité italienne ». T’as découvert en prime, une actrice formidable, Giovanna Mezzogiorno, qui te rappela de temps en temps Romy Schneider, du temps de « Max et les ferrailleurs ».


T’avais un peu de niaque :

Tu retries tes photos de vacances, et  prends plaisir à revisiter les bords de Loire au sud d’Angers. Même si cette semaine de juillet, il n’avait jamais fait beau, en marchant le long des berges du Louet, tu avais laissé le temps t’imprégner de la douceur angevine. Une barque perdue sur un cours d’eau paisible, est-ce que c’est l’identité que tu cherches ? Difficile à partager ? Hein !


T’avais même plus mal :

Fin des médocs, début du kiné, t’as oublié que t’avais un dos. Alors tu te remets en selle et tu VTTistes paisiblement à la recherche des sensations perdues. Gros temps, gros vent, ces derniers jours. Les travaux le long des berges du canal de l’Ourcq t’ont fait centrifuger la boue du chemin de hallage. Piste cyclable coupée. En passant sous le pont de Bondy, tu longes un nouveau camp de Roms. Surtout des caravanes et des campings cars. Pas des neufs, t’imagines. T’es soulagé au retour, malgré ta capuche qui laisse goutter la pluie sur tes lunettes que des sanisettes ont été installées, ainsi qu’un container à ordures. Est-ce la pluie, tout est calme, propre. Tu te rappelles le « nettoyage » de l’année dernière, les sanisettes c’est bien.


Retour au réel :

Ce matin, plein soleil. Les musées c’est pas ton truc, t’es plutôt vélo. Tu repars, même chemin qu’il y a quinze jours. Le camp de Roms a presque triplé. Il s’étend vers le parc des bergères. Les sanisettes béent, le PQ est partout rose et vert. Les sacs poubelles culminent en haut du container, et d’autres sacs sont posés en tas, au pied. Certains ouverts. Plus de cinquante caravanes maintenant, surement au moins quatre habitants dans chacune, et ce n’est pas grand. Il fait soleil, il fait doux, tout le monde est dehors. Seaux d’eau, jerricans, lessives, jeux d’enfants. Du coup tu passes entre les groupes qui s’activent de chaque coté du chemin. Près de treize heures quand tu rentres, forcement par le même passage. Des gens ici et là, t’as le soleil dans les yeux .Tout d’un coup, un gamin, pas plus de douze ans,  sur son VTT rouillé joue à te foncer dessus, la tête rentrée dans les épaules, le dos aplati, le visage grimaçant : tu te bloques à en tomber, il t’évite avec un fou rire rageur et disparaît derrière le pont.

Tu sais bien qu’il faut faire de la place pour tout le monde, mais t’imaginais pas que le « jeu » commençait par toi.

- Dis, pourquoi tu ne te pensais pas concerné ? Ta piste cyclable, ta douceur angevine, apprends vite à partager. Sinon Bellocchio va devenir prophète.

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 04:00
Comme toujours mes cates postales arrivent alors que je suis déjà rentré. Surement un problème d'acheminement...

Bon!  Faut aimer bouffer du dragon...

Les sujets à revister: "l'heure zéro" et la vidéo sur la pointe du Groin.
Première visite du mont st Michel

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 23:29
La fascination des vieux gréments.
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