8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 21:52
Argentine 12
Molinos - Vallées calchaquies - de Cafayatte à Salta.

Ce matin je regarde sur le Monde.fr, la carte satellite, « la Birmanie avant / après le cyclone ». Le nombre des victimes dépasse ma capacité de représentation. J'entends à la radio les gens interviewés qui racontent « on a été prévenu à temps, mais le retour, quelle désolation ! ». A cinq mille ou dix milles kilomètres, inondations, éboulements n'ont pas la même résonnance. Il n'y a que ce qu'on peut imaginer qui a du sens, au-delà on ne sait plus quoi penser...

En 74 lors d'un voyage au Pérou, nous étions juchés à 5 m du sol en haut d'un camion poussif, sur des ballots improbables. On se cramponnait comme on pouvait. Au hasard d'un virage dans la Cordillère, un camion semblable au notre, plus de vingt mètres en contrebas, sur le toit, la cargaison roulait encore dans la pente, et les gens qui se relevaient péniblement. De retour à Paris on lisait les « scores » sur les accidents de voyage. Quand tu es dans un pays, tu reçois les événements sans discrimination.. Là, nous voyageons dans des conditions privilégiées. Un bus brutal, mais en bon état, deux chauffeurs. Le retour entre Calchi et Salta montrera qu'il n'y en avait pas de trop.
...
Quand on prend la décision de ce voyage, on est à Bayonne. Comme çà, d'un coup ! L'année avait été rude, et après s'être demandé mille fois comment se changer un peu les idées, celle de cette découverte de l'Argentine prend corps, et en quelques jours nous nous décidons.
A Bayonne, dans le cœur de la ville « piétonne », nous voilà au Virgin. Sur Internet les différentes agences nous avaient donné des bibliographies. On sort la liste : rien ! On peut commander ? Vérification sur l'ordinateur, non ! Tout est épuisé depuis des années ! Merci les agences, on fait sa fiche une fois et on s'en fiche ensuite !
Le rayon Amérique Latine n'est pas le plus grand du Virgin de Bayonne. Il y a moins de 10 bouquins et guides. Pas faciles d'accès en plus, dans le rayon au raz du sol. Mais c'est un geste « auguste » ! Il y avait trois clients à ce rayon. Un couple de notre âge, plus que la soixantaine et une jeune femme 20-22 ans (excuse, j'ai pas vérifié ses papiers ). Du coup la converse s'engage : les premiers partent pour leur nième visite, ils sont de St Jean Pied de Port, ils ont des parents immigrés là bas depuis des générations. La jeune a décidé que s'engager dans la vie sociale et professionnelle avant d'avoir fait le tour du monde avec son copain, c'est gâcher la chance de vivre. Leur budget pour ce tour est la moitié de celui de notre découverte de l'Argentine. Elle nous interroge, en regardant nos cheveux gris et mon estomac amateur de bières : et vous ? Vous voyagez ?
...
Nous sortons tranquillement de la quebrada de las Flechas. La piste est un peu plus large que le bus. Nous sommes escortés par le flot des torrents canalisés qui suivent la piste. Nous entrons dans une nouvelle vallée. Ce 25 février vers 12 h00 nous arriverons à Molinos. A 2031 m d'altitude.
Juste en redescendant du col de la quebrada de Las flèchas, notre bus est ralenti un peu avant Angostura par des chevaux dans un petit sous bois qui borde la piste. Ils sont entravés. Opportunité pour nous de voir les vignobles de la région.
Molinos, n'est pas un village « touristique », mais deux édifices témoignent de la culture de la région et de l'influence de deux civilisations, basques et incas de Cuzco. L'église San Pedro Nolasco, sous des dehors typiquement « architecture coloniale », est à l'intérieure matinée basque et espagnole. On s'y reconnaît.
De même que le grand bâtiment, hôtel restaurant avec son abri ombragé, est typiquement basque. C'est la maison des Isasmendi, installés là bas vers la fin du XVII siècle. Dans une heure nous serons à Calchi.

 

 

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A suivre: Calchi Salta - Vallées calchaquies

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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 17:59
Argentine (11)
Quebrada de las Flechas - Vallées Calchaquies

 

Ce 24 février, nous nous sommes levés de bonne heure, déjeuner rapide et à sept heures trente nous quittons Cafayatte pour Calchi et retour à Salta.
Il nous faut moins de 40 km sur une route goudronnée pour arriver sur la piste qui remonte jusqu'à Calchi. Puis la piste alterne les passages le long du rio Calchaquie et les montées à flanc de montagne.
Vers huit heures trente, un peu après Santa Rosa, le premier cri « photo », le bus s'arrête et un groupe se perd dans le cimetière. On avait dit 10 mn et voilà une demi-heure qui passe.
Même pas un quart d'heure plus tard, nous découvrons un des points les plus saisissants de la ballade, le premier col à environs 1900m entre les pointes acérées: « les flèches » qui ont valu son nom à la vallée. Il n'est pas neuf heures, la lumière est faible, les nuages présents et les sommets à plus de 5000 m au loin, font barrage.
Néanmoins nous nous promenons tranquillement. De nombreux points de vue le long  de la piste facilitent les photos de ces plissements si particuliers. La vidéo te montrera la perspective du site. Pas vraiment d'éclat. Les pierres ne parlent pas, ne brillent pas, mais bon c'est quand même remarquable.

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A suivre : Molinos

 

 

 

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 15:02

Argentine (10)

Quilmes - Cafayate


Quand nous quittons la gorge du diable et son bel amphithéâtre, nous n'imaginons pas quels paysages nous allons encore traverser. Bien sur nous réclamons l'arrêt photo ! Monica hésite, le restaurant est prévu pour treize heures, nous n'y serons pas...



Sur l'image Google Earth que j'ai mise dans l'album, tu verras les points de passage de cette formidable vallée de las Conchas.

Bien sur, le restaurant nous accueillera avec le sourire, même avec plus d'une heure de retard. Nous arrivons à Quilmes un peu plus tard. Le temps est hésitant. On s'encombre des blousons de pluie. Passionnant de découvrir ces constructions en  « pierres sèches», le rôle des cactus, seul élément de charpente et qui déterminent donc la dimension des maisons.

Cette ville fortifiée compta jusqu'à plus de deux cent milles habitants. Les Indiens Calchaquis étaient des agriculteurs. Ils avaient expérimenté diverses cultures et tester par ces jardins en terrasse ce qui poussait le mieux. Ils furent aussi les derniers à résister à l'invasion espagnole.

Notre guide a comparé le site à Sacsayhuamán  au Pérou. Je n'ai pas eu le temps de retrouver mes vieilles diapos, mais c'est plutôt économiquement et militairement, car la forteresse est toujours debout, et ses hautes pierres de plus de deux mètres de haut n'ont rien à voir avec cet empilage de pierres sèches.
Il y avait une petite colline à gravir pour voir le site. Nous n'avons été que deux à le faire. Le temps gris, et les 20 mn chronomètre en main accordées. Ça m'a fait du bien de courir. Je n'ai rien du cabri, mais ces heures de bus abrutissent.
Notre arrivée à l'hôtel à Cafayate fut un de ces instants  de mauvaise humeur collective, comme seuls les voyages en groupe savent les générer. Au dernier moment, notre hôtel, prévu à Quilmes même, au pied des ruines a été annulé. L'agence nous a repliés sur un petit hôtel à Cafayate. A notre arrivée Monica annonce notre départ à 6h 30, le lendemain et demande à la réception un petit déjeuner pour notre groupe,  à 6 h 00. On tombe des nues ! L'hôtel n'avait pas été prévenu de notre horaire de départ. Il ne peut préparer le petit-déj. Et là, cris de toutes sortes :  « quoi ! Qu'est-ce que c'est ! On ne peut pas partir sans petit-déj ! Pourquoi partir si tôt ? Et puis nous! On ne veut pas partir sans manger ! »
Le réceptionniste, patient, fait face à la horde, explique qu'il n'a pas été prévenu, que c'est dimanche et férié, qu'il n'a pas ce qu'il faut, ni le personnel pour préparer. C'est là qu'une des femmes du groupe, bien au-delà de soixante cinq ans, s'approche, lache ses valises roses, et entonne d'une voix vibrante : « Nous venons de loin, nous faisons de gros efforts pour découvrir votre pays, votre peuple, votre culture, et c'est comme ça que vous nous recevez ? C'est incroyable ! »
Elle me met sur les fesses, celle là. Je lui envoie que partout, les hôtels ont des horaires pour le petit déjeuner, et que si l'organisateur du voyage n'a pas fait son travail en le prévenant, le réceptionniste n'y est pour rien, et que ça ne sert à rien d'élever le ton de la sorte. Oh ! La grosse colère de la dame ! « Comment pouvez-vous  me donner tort devant ces gens là ! »
Les voyages forment la jeunesse! Mais, parfois pour le troisième âge en trois étoiles, toute l'éducation reste à faire...
 
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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 22:33

Argentine 9

Les vallées Calchaquies- La Quebrada de las Conchas-Les gorges del diablo- Tres Crocès

 

Quand nous avons commencé ce voyage en Argentine sur l'AlblogRJ, j'avais mis une diapo de « Google Earth » pour montrer les 4 grands thèmes géographiques que nous allions parcourir. Le Noroeste, nous permet de découvrir trois grandes villes, Salta notre base principale où nous avons atterri, Cafayate où nous dormirons ce dimanche 24 février, Calchi enfoncée dans sa vallée. Nous avons parcouru presque d'une traite la Qebrada de Humahuaca, nous irons un peu plus tranquillement dans cette journée, et pourtant que de sites merveilleux, lumière et couleurs nous sollicitent à tout moment.

 


Après une nuit normale et bien reposante à Salta, nous sommes avant huit heures ce dimanche matin à déambuler dans les rues. D'abord pour découvrir la place du 9 juillet, son hôtel de ville, puis ensuite la cathédrale dont l'intérieur est une splendeur d'ornements. Une photo volée pendant la cérémonie religieuse. D'autres que moi n'auront pas résisté non plus, mais ils auront la maladresse de déclencher leurs flashes et de faire du bruit. Notre guide Monica récitait les prières en nous faisant « chut ! »

Ensuite l'église San Francesco, dans la tradition coloniale. Et enfin, l'heure d'entrée au musée Archéologique de Haute Montagne. Rien à voir avec un conservatoire des accessoires pyrénéistes ! Non ! Cela permet une approche documentée des peuples des Andes qui vivaient entre 5000 et 2500m d'Altitude. Et principalement les Incas qui avaient fini par soumettre les différentes tribus des indiens Diaguita. Ils peuplaient ces vallées qui communiquaient avec le Pérou. C'est aussi par-là que passeront les conquistadores. Ça n'avait pas du être simple, car les guides disent que le terme calchaqui vient de la langue inca et signifie bravoure. D'ailleurs les conquistadores déporteront plusieurs dizaines de milliers d'Indiens....

Donc, au musée, le choc, c'est de regarder ces corps d'enfants momifiés par le gel des sommets des Andes, découverts très récemment par des archéologues vraiment montagnards. Sur les flancs du Llulaillaco, un ancien volcan, sommet à plus de 6700m, ces momies sont appelées les « Ninõs del Llulaillaco; elles sont conservées dans des vitrines réfrigérées dans les mêmes conditions qu'où elles ont été découvertes. Ils ont retrouvé aussi des ornements, des objets rituels, tout est mis en perspective. C'est vraiment passionnant. Ces sacrifices étaient faits dans l'esprit de la continuation de la race, la régénération des esprits, des êtres. Inattendu et fort.


Nous descendons la vallée de las Conchas,  le long du Rio de las Conchas. Nous sommes sur la route 60 et nous nous dirigeons vers Quilmes. Comme nous avions protesté la veille sur le peu d'arrêts pour profiter des paysages, malgré la longueur de l'étape du jour, quand nous disions « photo ! » Les chauffeurs s'arrêtaient. J'ai eu du mal à choisir. Donc, un premier aperçu de la vallée, ensuite nous découvrirons les gorges du Diable et son amphithéâtre. Là, c'est vraiment saisissant. D'un coté des collines rouges brique, de l'autre ses gorges minérales et plissées qui forment une sorte d'amphithéâtre naturel, utilisé pour des manifestations artistiques. J'ai conservé sur la vidéo le musicien « typique » qui apporte un peu d'humanité à ce décor surprenant.

Enfin une dernière sélection de photos près du village de Tres Crocès. Une petite bute au bord de la route domine le Rio de Las Conchas et nous donne un point de vue où la dimension magique des Andes  est présente. C'est pas de tout repos (même en trois étoiles), mais quelle récompense!

 

 

 

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A suivre: Quilmes - Cafayate

 

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 15:00

Argentine 8

Le Pulcara de Tilcara - fin de ballade dans la quebrada de Humahuaca

 

Notre long retour de Humahuaca vers Salta nous amène devant le monument qui permet de vérifier le passage du tropique du Capricorne au village de Hualcalera. Le 21 juin le soleil est d'aplomb. Bon je ne suis pas sur de savoir vérifier...

Arrivés à Tilcara, nous traversons tranquillement le village au bord du Rio Grande, photographions quelques guanacos. Tiens, je ne savais pas que ces animaux étaient de la famille des camélidés, comme les lamas, alpacas. Sur que ce sont des animaux de bons poils !

 

 

Nous montons un petit sentier sur une grosse bute qui nous mène aux ruines d'une fortification inca. Le pulcara est la dénomination de ce fort. Cela permet de faire encore quelques belles photos des collines, et des premiers cactus que nous avons le temps de contempler. Derrière le village il y a le cimetière adossé à ces collines de toutes les couleurs.

 


Encore quelques longues heures de bus avant d'arriver à Salta. Grosse averse tropicale. Donc pas de photos le soir. Aussi, ai-je mis quelques photos de la ville au petit matin avant de repartir dans notre quête touristique.


Précédent : Fortunato de Humahuaca

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A suivre :Les vallées calchaquies

 

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 14:13

Argentine (7)

Fortunato de Humahuaca

 

 

 

Quand tu visites, tu photographies, tu filmes, tu ne sais pas toujours sur qui, sur quoi, tu tombes. Tu as été amené là par ton opérateur de voyage. Tu sais que tu va voyager dans la Quebrada de Humahuaca. Tu pestes parce que des sites qui te paraissent merveilleux passent sous les vitres du car, sans te laisser t'y poser. Là, tu penses que t'as mal choisi ton voyage, si tu ne peux rien saisir dans tes souvenirs, dans ta carte mémoire jpeg, dans ton disque dur mpeg, autant laisser aller ta colère. Ce que je fis sans retenue. Je t'ai raconté hier, presque par dérision le menu de ce que nous avons mangé dans ce qui fait office de restaurant à 1km du centre ville de Humahuaca.


Je t'ai montré le monument aux héros de l'indépendance. Mais en revisitant mes notes, écoutant dans le calme (j'ai du le faire une dizaine de fois) le discours en français de Fortunato Ramos, relisant ses poèmes, je suis encore frustré ! Comme je ne comprends pas l'Espagnol et que je suis concentré sur ma prise de vue ( des moqueurs diront un peu coincé), je n'avais « imprimé » dans ma cervelle rebelle que quelques images sur son passage en France, et qu'il était instituteur.

Quand tu regardes l'immense statue de L'Indien surmontant le monument de l'indépendance, que tu vois l'homme en face de toi, tout d'un coup tu réalises que le héro est là, devant toi, acceptant de signer disque et livre « affectueusement », alors que tu l'as matraqué pendant une plompe avec ta technologie.


Je devais être si visiblement lourdingue, qu'il vient un instant vers moi et me tend un livre, qu'il ouvre à une page et me dit quelques mots en espagnol. Tu me connais, tu sais comment je comprends vite tout de travers, et au lieu de  lire un peu simplement le titre d'un poème en haut de la page, je me mets à le lire, à ma façon. La guide m'arrête et Fortunato commence dans sa langue. Tu te sens vraiment con de n'avoir pas compris le génie de l'autre. Car  il est là, présent, incarné. Quand tu suis le récit, lui dans sa langue, moi dans la traduction, l'émotion t'étreint, les larmes te viennent. Pas de misérabilisme, non ! la simplicité, la beauté, la vie rude du petit enfant jeune berger, et déjà « Homme ». La voix présente, sans être poussée, fait vibrer l'espace et transmet des images qu'aucune technologie ne saura saisir. Rappelles toi, certaines complaintes des montagnes Pyrénéennes ou Basques. Ou simplement les petites chansons qu'on fredonne ensemble, un soir, autour d'un feu, allongés ou assis dans l'herbe jeune, à la fin juin dans la douceur du soir.

 

 

 

 


Quelques lignes du poème  de Fortunato Ramos:

 « Je n'ai jamais été enfant »


Mon sourire est sec, et mon visage sérieux,

Mes épaules larges, mes muscles sont durs,

Mes mains gelées par le froid cruel,

Je n'ai que huit ans, mais je ne suis pas un enfant,

Derrière mes brebis, je marche par la montagne

Et chargé de bois je descends jusqu'à mon refuge

Pour attiser le feu, et tresser ma corde,

Et je n'ai pas le temps pour être un enfant.

...



C'est la traduction des premières lignes de son poème :  « Yo nunca fui niño » (traduction de Maria de Las Mecedes Pagano) .

Le « descendant » des Omaguacas, l'instituteur qui enseigne la tradition et l'innovation, qui parcourt les villages entre 5000 et 3000m des pré-Andes,  puise dans les profondeurs de son âme les vibrations qu'il restitue à l'extrémité de son « Erque », telles que la tienne résonne et se gonfle. Le talent de l'Artiste a transformé ce qui aurait pu devenir un voyage fatiguant en un de ces courts moments de bonheur, qui te donnent décidemment envie de revenir.


Je ne sais pas si il y a des disques en France, j'en ai acheté un là bas. C'est bien plus que  la musique traditionnelle des Andes. Paradoxalement, la profondeur du « Erque » rejoint celle des trompes des moines tibétains qui étaient passés aux « Bouffes du Nord » il y a quelques années. Et ce n'est pas que du surf sur les événements d'aujourd'hui. Le petit livré acheté là bas : « Collas de la Quebrada de Humahuaca », est une perle rare.

Encore merci Fortunato Ramos.


Précédent : Huamahuaca

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A suivre : La Pulcara de Tilcara

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 18:29

Argentine (6)

Humahuaca au fond de sa Quebrada

 

 

Nous suivons toujours la route N° 9 vers le nord de la quebrada de Humahuaca. Le bus fonce le long du rio Grande, et nous regardons défiler impuissants, villages et montagnes aux couleurs fantastiques. L'horaire est serré. Nous sommes attendus dans un restaurant typique. La peña de Fortunato. C'est d'abord typiquement un hangar moderne. Il n'y a que nous. Nous découvrons le repas :

            Empanadas de queso ( pâté en croute au fromage, mais ça ressemble à un gros beignet)

            Tamal (Boule de maïs avec de la viande, cuit dans une feuille de maïs)

            Humita (maïs broyé avec du fromage roulé dans une feuille de maïs)

            Choclo con queso (épis de maïs au fromage)

            Cazuela de Cabrito (ragout de chèvre)

            Cayote con nueces (charlotte aux noix)

Quand on est comme moi, allergique au fromage, il faut savoir sauter les plats, et se faire plaisir avec le ragout et le dessert. C'était plutôt sympa, malgré le cadre.

Il y avait une animation à la « flute des Andes » par un groupe de quatre jeunes, formés par leur instituteur. Il avait voyagé en Europe et notamment en France avec un groupe de musicien; il savait quelques jolis mots de français. Fortunato Ramos. Je lui dédierai mon prochain sujet.


Une fois encore on passe plus de temps à régler les boissons qu'à visiter le village. Le bus nous reprend et nous laisse au pied du monument « aux Héros de l'Indépendance. » Belle composition avec une statue d'un indien de 12m pour proclamer la fin du joug colonial.

 


Impossible de visiter la cathédrale Nuestra Señora de la Candelaria y San Antonio. Juste le temps de trois photos de la façade de l'hôtel de ville (le Cabildo) avec sa tour d'horloge et les 4 têtes incas qui ornent la façade. Ah ! si on avait pu faire une demi-heure de moins de folklore et un peu plus de visite...

C'est qu'on a tellement envie, qu'il faudra y retourner.

Précédent: Quebrada de Humahuaca - Purmamarca

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A suivre : Fortunato de Humahuaca

 

 


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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 16:46

Argentine (5)

Salta - Jujuy - Purmamarca par la Quebrada de Humahuaca

 

Sept heures du matin, on s'installe dans l'autocar. Deux chauffeurs, Monica l'accompagnatrice locale et bien sur Sylvie qui va profiter de la longue route pour nous parler du peuplement des Andes. La région où nous allons, la quebrada de Humahuaca s'est peuplée depuis plus de 10 000 ans avant JC par des courants de migration venant d'Asie par le détroit de Behring, et qui ont suivi la Cordillère des Andes.

Mais avant que cette grande histoire de l'Amérique précolombienne commence, ça roupille dans le bus. Il faut dire que deux jours plutôt après une journée de découverte de Buenos Aire, nous passons une soirée agréable à un spectacle de Tango. C'était sympa, mais répétitif, et finalement un peu lassant. Ce que tu aimes dans les automates c'est la perfection du geste animé par le mécanisme. Ce que tu attends d'une danse c'est l'émotion générée par l'expression des corps. Mais quand la danse n'est plus qu'un amoncellement de prouesses techniques dans la réalisation de figures complexes, ou leur  vitesse d'exécution, avec la précision de l'automate, là tu t'ennuies. L'expression se résume toujours à un enchainement de phases : séduction, préliminaires, exitation, domination, fascination, répulsion...Toujours froid et glacé. Vraiment moi, j'ai aimé le tango dans « Assassination Tango », comme un langage capable de bouleverser l'homme le plus verrouillé. Ce soir là, la si belle musique au bandonéon de Piazzolla  ne peut tout sauver.

Quand le lendemain nous nous préparons tranquillement pour le vol vers Salta nous ne savons pas ce qui nous attend. Le bus nous prend à l'heure, et juste avant de descendre au parking de l'aéroport, Doris prend le micro. Elle nous annonce qu'il y a grève. Qu'elle ne sait pas jusqu'à quand, mais elle va trouver une combine pour nous. Elle a l'habitude...Nous voilà parqués près d'une cafétéria, où des centaines de voyageurs bloqués font la chasse aux chaises vides. Installé on n'ose pas se lever ! Les bagages sont entassés sur deux charriots. Trois se relayent pour les surveiller. Doris revient au bout de deux heures. Le vol est annulé. Il n'y a pas de solution. Elle repart à l'Agence, elle a un autre groupe à s'occuper. Quelqu'un viendra...La fin de l'Histoire, c'est que nous arrivons à Salta à trois heures du mat, debout à six pour la route vers la Quebrada de Humahuaca...

Alors la conférence...On en manquera des bouts. Dans cette vallée c'est les indiens Omaguacas qui vivent. D'où le nom de ces  gorges creusées par le Rio Grande. La route N°9 en suit  le profil et s'élève régulièrement. A Purmamarca au WP 309, mon GPS indique 2311 m d'altitude.


C'est là qu'on fait notre première halte pour contempler la « Montagne aux Sept Couleurs »,  « Cerro de los Siete Colores". Bien sur d'où on est, il est impossible de retrouver la vue d'ensemble de cette colline qui décline toutes les nuances de l'ocre au mauve.  Tu entres dans la petite église et tu es fasciné par sa simplicité, sa voute superbe en bois, et tu repenses aux églises basques. Sur le guide il y a marqué « mur d'adobe ».  Adobe pour moi, c'est « photoshop » etc... Bien et ben les briques d'adobe, sont faites d' argile et de tout ce qu'on peut y mettre avant de faire sécher : paille, copeaux de bois, sciure, chanvre ou même des poils d'animaux. Et puis il y a la place majestueuse avec son caroubier multi-centenaire.

 


Ce coup là on en a perdu cinq. Le bus se déplace sans tous les gens du groupe et sans qu'on ait pu  fixer un point de rendez-vous et un horaire avec la petite Monica, notre jeune accompagnatrice. Le début d'une grande embrouille. Mais le spectacle des Andes est là.


Que te dire d'autre ? Qu'il y a eu domination et mise en place d'une organisation sociale par les Incas. Que cette vallée est un couloir essentiel pour le commerce entre Les Andes et les vallées en contrebas. Que la conquête de l ‘Argentine par les espagnols se fera aussi depuis la Bolivie et le Chili par ces couloirs Andins.

Le contraste entre Buenos Aires et la Quebrada de Humahuaca est saisissant.


Précédent : La Boca - Recoleta.

Début : retour d'Argentine.

A suivre : humahuaca

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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 21:33

Argentine (4)
Recoleta - Cementero de Recoleta - Basilica Nuestra Señora del Pilar

Fin de notre deuxième jour à Buesnos Aires. Nous y repasserons en fin de ce séjour de découverte de l'Argentine. J'ai eu un appel de Clio cette semaine qui se demande s'ils doivent continuer leurs voyages en Argentine. Dans la mesure où ils n'ont pas vraiment de poids pour que leur conception du voyage culturel soit prise en compte par les opérateurs locaux, ils ont raison d'y réfléchir. Pas que nous ayons « raté » quelque chose, non ! Juste qu'on aimerait avoir du temps pour vraiment s'imprégner de ce qu'on découvre, pouvoir faire une photo tranquille, en choisissant un peu son plan...Quoi de plus rageur que de passer devant des coins superbes en autocar, et qu'une voix presque aussi absente que la synthétique du PC t'annonçant l'arrêt « porte de Clignancourt », te dises à droite ceci à gauche cela, sans qu'on soit sur de ce qu'on voit.

Buenos Aires est une ville tonique, remuante, du charme partout et des coins vraiment beaux. Quand on se rappelle la quasi-faillite de 2001, voir tous ces gens qui bossent, toutes ces boutiques, les bagnoles partout, la vie présente à chaque instant, ça surprend. Bien sur le soir en sortant du « Lido » local après avoir assisté à une soirée Tango, la rue est occupée par les Cartonneros qui ouvrent tous les sacs poubelles des quartiers d'affaires pour extraire et trier ce qui peut être recyclé. Marcher dans la rue même sans la pluie devient alors un petit exercice d'esquive.
Les sacs ouverts ne sont pas refermés...
On n'était pas là quand les pluies tropicales ont inondé Buenos aires pendant plus de deux jours. C'est vrai que toute cette partie de la ville est plate. Il n'y a pas de vraie pente pour évacuer l'eau vers le Rio de la Plata. Et si en plus les détritus divers obstruent les égouts, alors ça coince !

Nous venons de quitter la Boca et le Caminito, pour arriver dans le quartier de Recoleta. D'abord un petit restaurant. Ça, le voyagiste local a mis le paquet sur les restaus. Pas de déception de ce coté là, juste se réhabituer ensuite à rediviser les parts de viande par trois ou quatre. Coté bidoche on a fait du sur régime ! Et du gout !

Nous visiterons deux sites, le cimetière, puis la basilique. le Cementero de la Recoleta, est le cimetère chicos de Buenos aires. Même si je peux trouver divertissant certains cimetières, passée la plaque apposée sur le caveau de la supposée tombe d'Eva Peron, je serais bien allé me promener ailleurs. Mais impossible, il fallait y passer une heure. Même si Doris nous fait revivre cette période de l'Argentine, qu'elle donne pour  chaque statue la petite annecdote qui explique  ce qu'on voit!, l'architecture des tombes ne provoque pas le même enthousiasme que celle de Toutankhamon.

Juste à coté, la basilique Nuestra Señora del Pilar. Du XIII éme. Autel en argent. Une céramique sur le mur évoque le Buenos Aires de cette époque vue du rio de la Plata. A l'intérieur un Christ bien songeur, et tout dégoulinant d'un sang bien rouge. Il compatit et tend la main vers les hommes. La couleur du sang est ravivée régulièrement. Intéressante cette visite.

Le soir en regagnant notre hôtel sur la large avenue du 9 juillet (plus de 300 m de large à certains endroits), nous évoquons l'envie de revenir, voir des nouveaux coins repérés dans les guides. Personne ne pense à notre départ pour Salta de bonne heure le lendemain. Il va être compromis par une grève sauvage des personnels de « Aerolineas Argentinas », tu sais, une bien sévère comme à Orly pour une veille de fête, où même les cafétérias sont à sec de tout, et tu ne peux te poser qu'allongé sur les dalles glacées, les néons fixés sur tes yeux.


Début : retour d'Argentine
Précédent : La boca - Caminito

  A suivre: Quebrada de humahuaca - Purmamarca

 

 

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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 15:11
Argentine (3)
Caminito – Barrios La Boca – Buenos Aires.

Le bus ne nous a pas laissé déambuler autour du stade des Boca-Juniors. Doris, notre accompagnatrice veut nous faire découvrir un café intéressant avec des vieilles photos qui évoquent la culture traditionnelle argentine et quelques figures emblématiques.
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Nous arrivons donc au « Caminito ». Va savoir ce qui m’a fait nommer des photos Carminato ou Carminito. Des associations. C’est vrai que les couples qui dansent ou qui invitent à la danse les pépés en short et les mémés avachies m’avaient fait penser à certaines scènes de Carmen. Pas les pépés – mémés, non, l’allure altière de ces danseurs de tango. Tu entends, tu vois Carmen sensuelle face à Don José, les castagnettes, les trompètes en arrière plan et la danse, le chant qui enserrent et ravissent ce pauvre Don José. Il y a de quoi devenir fou !

 

Les personnages sont là, la lumière, la musique et la couleur !

 

A l’extrémité de Caminito, il y a la place « Vuelta de Rocha » juste devant les vieux docks sur les berges du Richuelo, le vapeur désaffecté, le pont transbordeur. Tout un décor de friches industrielles. Là aussi.

 

C’est vrai que le quartier est pour nous, les touristes, mais pourquoi bouder son plaisir ? Tu es franchement dépaysé et séduit.

 

 Ton bus ne peut stationner, il repasse dans la rue pour la deuxième fois, te donnant le signal du départ. Tu courres du monument dédié à San Martin, à celui des pompiers, à cette petite maison en tôle abritant des artistes. Du coup tu sais que tu n’as pas le temps de respirer ce lieu, son air. Que tu devras repasser, prendre ton temps.

 

Assis dans le bus, tu te remets de tes émotions. Tu es parti de l’avenue du 9 Juillet, près de « l’Obélisco ». Des quartiers commerçants et d’affaires. Tranquillement te voilà dans la Boca. C’est un peut comme d’aller de la place de la Bourse à Montmartre en remontant la rue des Martyrs. Il faut pouvoir marcher pour goûter les transformations progressives des quartiers.

 

 

Là, on roule déjà  vers la « Basilica de Nuestra del Pilar ».

 

Début : retour d’Argentine

 

Précédent : La boca

 

A suivre : Recoleta Basilica Nuestra del Pilar

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