25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 08:17

Où Dacruz cite les principaux graffeurs

qui ont peint la station de bus rue de l'Ourcq.

 

  Il est déjà tard ce 26 août. Il n'y a plus de lumière. Quand nous regardons les murs de la rue de l'Ourcq, elle est insuffisante pour des photos pêchues. En plus les murs se sont très vite dégradés. Je n'ai refait qu'une photo pour mémoire de notre passage. J'utilise ici les photos publiées dans l'album « Rue de l'Ourcq » .

 

Dacruz explique l'exigence artistique des graffeurs et de lui aussi. Il faut que tout fasse sens. Lui même s'est enrichi par de nombreux voyages. Sur ce mur, rue de l'Ourcq, il a réuni une sacrée brochette de collègues.

J'ai noté les noms phonétiquement. Bien sur je ne suis pas sur de l'orthographe précise. À L'occasion, je mettrai à jour ce sujet.

Des barreaux verts à la vache bleue

Donc, ce mur rue de l'Ourcq :

A gauche, on débute avec un personnage qui flotte avec de lunettes a été peint par Eto Sylvain de Sao-Paulo.

Les vautours sont d'un natif de New York.

Le petit personnage à coté de Dash Sodave (Bretagne)

L' arbre techno est d'un normand.

Marco93 avait fait les lettrages d'un film de Christian Povéda sur les gangs au Salvador. Il a repris les mêmes graphismes. En hommage. (Il a été assassiné)

Rue de l'Ourcq - 06Le personnage bleu est de Popof. (Artof Popof) . Rue de l'Ourcq - 08

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La tête de mort a été réalisée par une graffeuse du Guatemala. Quelques semaines après elle retourne au Salvador pour un jeu; elle avait de « «l'herbe » sur elle, comme elle était tatouée, et que c'est un signe d'appartenance à un gang, là-bas, elle s'est retrouvée en prison.

 

Si je te donne tant d’explications, c'est parce que ça correspond bien au témoignage de Dacruz sur la nécessité de l’exigence, l'enrichissement par le travail en groupe.

Dacruz - fin de balade - 304

Le grand mur composé de l'éléphant (par Marco93), la tête d'inspiration Cambodgienne (Popof), le rhinocéros de Dacruz en est un autre exemple.

 

Donc notre balade avec Dacruz s’achève. Plus de deux heures à parcourir les rues de son quartier, à écouter le récit de son évolution, son soucis de partager avec les autres tant par le travail que par le questionnement. Créer un monde ouvert. Nous finissons dans le petit troquet à l'angle de la rue de la Marne et de la rue de l'Ourcq. Un groupe de jeunes musiciens se prépare dans la grande salle du fond entièrement décorée par Dacruz. C'est une façon de transmettre le lien entre le vieux quartier et le monde d'aujourd'hui. La signature de Dacruz, là, c'est l’identité du quartier !

 

Dacruz - rue de Thionville - 202

Dacruz rue de Thionville

La Consécration de la "Main et du Coeur"

Dacruz - la CPCU - 113  Dacruz et la CPCU
Dacruz - rue de la Marne - 006

Dacruz

et l'Origine du Graffiti en France.

Dacruz - Bassin de la Villette - 008   Dacruz quai de l'Oise
  Rue de l'Ourcq - 08

Dacruz

Rue de l'Ourcq 

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 17:32

 

De la rue de la Marne à la Rue de Thionville,

suivons la course de l'astre Dacruz.

Dacruz - rue de Thionville - 205 Dacruz rue deThionville Dacruz rue deThionville  

Alors un jour j'ai eu ma première victoire. La municipalité, l'usine on accepté que je peigne les murs. Tout d'un coup, j'ai une centaine de mètres carrés à peindre, et qui ne seront plus effacés. Çà y est, j'avais planté mon petit drapeau sur la Lune. Alors les gens avec qui je suis en relations, je peux les inviter.

Un jour je me dis, Je vais faire le tour de l'usine. Là, tu abordes les problèmes logistiques, les pots de peinture, les hauteurs de mur, etc. tes amis amènent un peu de matériel, mais c'est lourd, et il en faut beaucoup. C'est là que cet ami nous a proposé de garder notre matériel et l'échelle.

Dans le quartier tout le monde était intéressé. Il y avait quatre groupes qui intervenaient. On a donc chercher d'autres endroits. Avant le quartier était animé, il y avait des ateliers, garages, une imprimerie. On voulait conserver le caractère d'une époque qui disparaissait.

 

Des gens nous demandaient à quoi çà sert de peindre les murs abandonnés, les palissades. Tout d'un coup leur regard a changé. Il y a eu le tournage d'un clip vidéo, il est passé ensuite à la télé. Deux effets : pendant le tournage, la présence des camions, des équipes, fait beaucoup d'animation, ensuite le label « vu à la télé ».

Rapidement tout s’enchaîne, le décor sert pour des séries télé.

Il ne fallait pas se laisser dépasser par les événements. La main et le cœur ont été utilisés sans notre accord, heureusement dans la quartier tout le monde me connaît, il a fallu se battre pour faire respecter nos droits.

Maintenant dans les associations j'anime des ateliers, je voyage, j'ai peint les écoles.

Les gens se reconnaissent dans ces peintures, c'est leur quartier.

 

 

Dacruz - la CPCU - 113  Dacruz et la CPCU
Dacruz - rue de la Marne - 006

Dacruz

et l'Origine du Graffiti en France.

Dacruz - Bassin de la Villette - 008   Dacruz quai de l'Oise
  poesie-sport-extreme-copie.jpg
  des barreaux verts à la vache bleue, sculptures couleurs

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 15:07

 

Promenade avec Dacruz

le long des murs de la CPCU en cours de démolition.

Dacruz - la CPCU - 104 

Quand nous passons sous les fenêtres de l'appartement décoré par Dacruz et ses amis, il nous explique: J'étais de l'autre coté de la rue, il nous voit, il nous donne deux bidons de peinture de 15 litres. Ça te permet de poser une couche d'impression et d'économiser de la bombe. Parce que pour peindre il faut se débrouiller, on récupère du matériel, ou on en achète. Ce mur là, il ne paraît pas, mais il fait dix mètres, alors il faut des échelles et les bidons, ça pèse lourd. Alors lui, il entrepose le matériel, on le prend quand on travaille.

Mais c'est notre plaisir, on doit être moteur. En huit ans, c'est des milliers de personnes qui s'arrêtent qui discutent. Bien sur au premier degré, on peu trouver çà un peu naïf, mais quand on veut toucher tout le monde, il y a un coté mondialiste. Cela permet une lecture à plusieurs niveaux.

 

Les institutions suivent la tendance. Il faut vulgariser, aller vers les gens. Être contemporain c'est aller vers les autres. Depuis vingt ans, notre quartier avec les travaux subit une vraie violence. On va aller vers l'immeuble où je suis né, il y en avait deux pareils, il n'en reste qu'un. Ils ne font que « renvoyer »  les gens, ils les relogent ailleurs, et puis ils ferment tout, bientôt il y a plus de parpaing que d'habitants. J'avais commencé à peindre chez moi, puis j'ai débordé dans la cour, puis le hall...

 

En nous indiquant la vieille voie ferrée de la Petite Ceinture, il se souvient de la vieille dame : Elle avait vu des trains passés là, plein de soldat allemands. Moi aussi, j'ai vu le train passer, il n'y en a plus. Il y a là pour les gens du quartier la nécessité de la transmission, de ne pas briser la chaîne.

 

J'ai commencé ici, c'était le seul mur en béton brut. Plus loin il y avait des carreaux de faïence. On a commencé de nuit, puis j'ai peint le jour. Tu vois, un gars avec un gros bidon de peinture, un rouleau, qui s'installe, personne n'y fait attention, il peut faire ce qu'il veut. Mais si tu commences à secouer ta bombe, tout le monde te regarde de travers. Les gens sont outrés.

Ce mur, je l'ai peint trois fois. La première fois il a duré trois semaines, puis les services de la ville l'ont repeint en gris. Alors j'ai recommencé avec plus de couleur. De jour. Ils m'ont laissé finir, au bout de deux mois ils ont effacé. J'ai recommencé, ça finit avec la police : j'explique que c'est sur un mur de béton brut que ça ne fait pas de dégradation. On n'est pas là pour détruire, mais pour ambiancer.

C'est comme ça que ces visuels sont devenus une signature du quartier.

 

Dacruz - rue de la Marne - 006

Dacruz

et l'Origine du Graffiti en France.

Dacruz - Bassin de la Villette - 008   Dacruz quai de l'Oise
  chauffe la Villette20  

Du bassin de la Villette au canal de l'Ourcq,

 

les chantiers refont ton paysage.


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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 20:25

 

Comment le graffiti te fait rencontrer le bonheur du vivre ensemble.

 Dacruz - rue de la Marne - 011

Tu sais, je profite d'activités culturelles du 9-3, organisées le plus souvent par la ville de Pantin. Çà s'est déclenché par des petits sujets mis sur ce blog, autour de la démolition et de la reconstruction des Grands Moulins de Pantin. Chaque semaine du mois d'août, il y avait cette année des rencontres avec des graffeurs. Dans la liste, et en fonction de mes disponibilités, il y avait Dacruz. Longtemps j'ai cru que Dacruz était un acronyme pour un groupe de tagueurs. Là, dans les propositions que je reçois par mail, il y a Dacruz. La présentation succincte de la visite, précise que c'est un homme d'une trentaine d'années, du quartier.

 

Le rendez-vous commence avec une heure de retard. On se réchauffait comme on pouvait sur ce quai de l'Oise. Si aujourd'hui où je mets à jour mes notes, il fait un soleil radieux, propice à déjeuner dehors, ce jour là, engoncé dans le coupe vent, on se croyait loin dans l'automne.

 

L'homme est jeune, direct, heureux de nous accueillir pour nous parler de son chemin dans son quartier. Il rebondit sur chaque question, enrichissant son récit d'une anecdote, la hissant progressivement au niveau de l'épopée. Même pas dix minutes, il t'emmène dans son rêve de créateur, implanté dans son quartier, se nourrissant de la mixité et de la diversité des cultures.

 

Il a débuté du coté de Stalingrad (si t'es pas de Paris, la station de métro aérien) . C'est un carrefour entre le 19e et le 10e, à cheval sur le canal de la Villette, le canal st Martin descendant vers la Bastille. D'un coté tu montes au Butes Chaumont, de l'autre du descends vers la gare du nord). Coin populaire et déshérité s'il en est. Il y avait des palissades, des terrais vagues que des groupes se disputaient. « C'était un peu serré !». C'est là qu'est né, ce qu'il appelle l'origine du graffiti français.

 

Alors comme il le dira un peu plus tard, ici au bord du canal, c'est son quartier. C'est sa chance !

En l'attendant tu avais fais un petit tour et constaté que beaucoup de ses peintures murales étaient en mauvais état, et en plus que l'usine de chauffe, la CPCU était en cours de démolition. Tu l'interroges sur la destruction de ces bâtiments et la disparition de « son œuvre »

  • j'ai eu la chance de naître ici. Mes parents sont « montés à Paris » parce qu'il y avait du travail. Au début la CPCU, on ne pesait qu'à couvrir ces murs, couvrir les murs du quartier. On ne se souciait pas de ce que cela allait durer.

  • Progressivement l'espace ici est devenu mon périmètre, j'y ai accueilli plein d'amis.

    Dacruz - rue de la Marne - 005Il nous présente le crabe sur le mur derrière lui, fait par Paul Santoléri de Philadelphie. Ils sont nombreux à venir faire la couleur. Il y a des milliers de façon de voir le graffiti. La chance ici, c'est d'avoir pu partager ces murs et le boulot de huit ans existe encore. A paris et en France, des murs préservés si longtemps ça n’existe pas.

 

Le groupe se déplace lentement. Les voitures qui nous frôlent nous resserrent, de nouvelles questions, Il raconte encore, toujours dans l'enthousiasme.

  • on va aller vers l'usine. Où ça a démarrer. Forcément en vandales. Au départ c'est la seule façon possible. s 'exprimer, c'est lutter. mais je ne voulais pas intervenir comme ça, être avec les gens, pas apparaître contre eux. Il a fallu un changement radical pour pouvoir accompagner les gens, synthétiser toutes la richesse culturelle du quartier où il y a autant de nationalités.

  • En juin, j'ai fait une intervention au collège Mozart, j'avais passé trois semaines à repeindre les murs, avec trois classes de troisième. Dans une classe de 22 élèves, il y avait 13 nationalités, dans l'autre 15. Ma démarche ici où je suis né est de représenter toutes les cultures du monde. Ma signature tout le monde la reconnaît. Le décor appartient à tout le monde.

  • Ma démarche ? Au départ j'étais seul. J'ai travaillé des formes non reconnues par les puristes du graffiti. J'ai eu un peu de mal pour sortir d'un carcan hérité des américains. Or, à la base, le graffiti, c'est la liberté absolue. Si on entre dans un schéma, il n'y a plus d'expression libre.

  • L’inspiration ? Le voyage. Le voyage au Pérou m'a apporté la représentation Inca, la couleur. Mais plus que ça : la compréhension de la culture primitive, comme cette façon de représenter une main, un visage. On retrouve ça dans toutes les cultures, d'Afrique, d'Océanie, d'Amérique. Mais surtout, comme sur les masques, ne pas avoir peur de la couleur.

  • Au Pérou, il n'y a pas de bombe pour peindre, t'es obligé de préparer ta peinture de l’appliquer. C'est des gros bidons, il faut du matériel C'est l'occasion de la rencontre. T'imagines ici de retour au quartier, tu sens le besoin de la couleur de la création pour tous ceux qui vivent ici. Dans ce petit périmètre, il y a des mosquées, des synagogues, des églises : ma première victoire, les gens s 'arrêtent et se parlent. Ces peintures sont progressivement devenues l'identité du quartier, au moment où les travaux qui détruisent tout constituent une forme de violence. Beaucoup de gens sont « éjectés », pour ceux qui restent, on dirait une zone de guerre.

 

Dans l'album photos, quelques images de la rue de la Marne, sur le mur de la CPCU. Le long du chemin, nous passons devant un appartement en rez-de-chaussée avec une pièce entièrement décorée par la « bande » d'amis de Dacruz (on reconnaît les signatures de Madoff, Popof. A eux trois ils signent PODAMA.). Nous avions rendez-vous à 17 heures ce jour là, nous finirons vers 20 heures, dans le bistrot successeur des Barreaux Verts, pour une séance de dédicaces bien conviviale.

Je renvois aussi à un autre sujet sur l'art des rues, quelques tags le long du canal de l'Ourcq.

Tags canal de l'Ourcq 10   tags le long du Canal de L'Ourcq
 Dacruz - Bassin de la Villette - 009  Dacruz quai de l'Oise


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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 21:28

 

Fin de balade de la Pène de Mu à Sauveterre de Béarn.

 

Sauveterre de Béarn - 004La première fois que tu as parcouru -en auto ou à pieds- ces routes et chemins, c'est avec celui qui deviendra ton beau-père. Il avait un tel bonheur à vouloir te montrer chaque coin de son pays, chaque détail qui le constituait, que peut-être ce goût pour le retrouver au long de tes parcours VTT, c'est un peu lui qui te la donné.

Il te manque la langue. Il te manque de vivre là. Donc, il te manque tout pour comprendre ceux qui y vivent, y triment, y sont heureux, ou souffrent. L'étranger donc !

 

Y vivre paraît trop dur. En tout cas pour ceux que tu connais, ou peut-être simplement pour toi. Tant de choses acceptées « naturellement » constituent une contrainte forte à ta simple spontanéité. Tu VTTistes, photographies, respires l'air, apprécies le temps -quand il est beau-, rafraîchis les murs gris du gîte, écoutes la plainte des gens pour se faire soigner, lis les pages locales du journal pour y trouver des divertissements. Tu n'y vis pas ! Donc ! Pourtant si ! Tu trimbales ta nostalgie de vieux parigot. Tes souvenirs d'enfant dans le village de tes grands parents, tu les réécrits au présent : chaque instant évoque en toi la résonance de ce qui t'a fait grandir, acquérir tes premiers gestes productifs, te confronter un environnement différent.

C'est la logique des jours qui est différente.

La seule chose que tu partages un peu, c'est la télé. Et encore pas les mêmes émissions. Ta logique est détraquée par la retraite. Un vrai bon retraité a un tracteur, un atelier, un abri pour la chasse, ou un banc pour laisser filer le temps.

Rien ! Tu n'as rien d'un retraité conditionné, faut que tu bouges, profites des instants, emprisonne l'air, concentre la lumière, réinvente ton espace-temps. Enfant, les lignes qui marquaient ton horizon, un clignement de paupières les tordait, les envoyait voler, comme les barreaux arrachés à une lucarne sombre. Aujourd'hui tu buttes dedans. Ton VTT les contourne sans les recréer. Ton espace temps ne croit plus, se rétrécirait-il ?Sauveterre de Béarn - 013

 

Tu retrouves les guides touristiques achetés par ton beau-père. Des sites sont soulignés, en rouge.

Le guide du seuil de 1971, année de ton premier passage.

Sauveterre de Béarn : Moins de vingt lignes et une photo noir et blanc de la petite route descendant au pont de la légende. On y note que dans le gave d'Oloron qui la traverse il y a de la truite et du saumon ! J'y ai surtout vu des kayaks ! On y célèbre aussi, et c'est un comble, un ministre de l'éducation publique qui fit rétablir l'obligation de l'étude du latin. Et après on va te dire que les ministres ne sont pas responsables du désintérêt des enfants pour l'école. Paraît même qu'il a été ambassadeur au Vatican ! Tu l'imagines à la villa Médicis recevant les autres ambassadeurs (en plein guerre de 40) pour leur parler d'Hitler et Mussolini en latin ! C'était peut-être pour tromper les espions ?

 

Un qui m'a fait plaisir, c'est le gars Baylet, un bon radical ! Pas nostalgique, retour aux sources du radicalisme et de la laïcité, et en plus à l'équilibre budgétaire : comme le président dit si bien, à télé publique, argent publique et à télé privée, argent privé. Et bien maintenant à École publique, argent publique, et a École privée, argent privé. T'arrêtes de subventionner les écoles confessionnelles, d'une pierre deux coups ! Tu récupères la thune pour les écoles défavorisées, et tu remets en une les valeurs républicaines, comme la laïcité, toujours contestées par les intégristes de tous bords.

 

Tiens en Grèce, il leur suffirait de confisquer les biens de l'église locale pour s'en sortir plus vite. De toute façon le FMI va leur confisquer leur vie ! A-t-on évalué l'équivalent carbone des cierges qui brûlent inutilement en plein jour ? Là aussi, il y a de la taxe à se faire !

 

Tu vois, la lecture des vieux guides, déclenche la nostalgie du radicalisme à l'ancienne. Ah ! Cette balade de la Pène de Mu à Sauveterre de Béarn, c'est une jouvence !

 

P.S. J'arrête là la déconne, mais le pont de la légende, il t'en raconte une et des plus déconnantes : le jugement de Dieu : tu balances une femme attachée dans le gave, si elle se noie c'est un assassin, si elle vit, c'est une princesse. Fais gaffe, c'est pas du Disney-land !

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 21:41

 

Le Street Art sur les vieux murs de Paris

est plus aisé que le Beach Art sur les vieux blockhaus.

 

Capbreton - la plage - 002Enfin la plage ! Cette promenade à Capbreton traîne en longueur. Ce super été du début octobre ne titille pas ta créativité de photographe. La plage, quoi de plus banal. Même s'il fait beau. C'est plat, c'est brumeux, c'est loin, tu marches dans un sable bien tassé, tu t'écartes prudemment quand la vague se meurt à tes pieds. T'es en pleine confusion, tu ne sais si tu veux photographier, marcher, t'asseoir et attendre le soir.

Les surfeurs du jour profitent surtout des vagues pour piquer une tête; peu se hissent sur leur planche et tiennent quelques dizaines de secondes. Un quand même finira au raz des enrochements après un joli travail.

Au milieu de la plage, les blockhaus. Heureusement qu'ils sont là pour nous distraire par quelques envolées d'écume. En plus ils assurent la sono. Questions tags, ils n'ont pas la pêche de ceux des rues de Paris entre les «barreaux verts » et le canal de l'Ourcq. Comme nous l'expliquait un tagueur, Il faut des dizaines de kilo de peinture, et une échelle. Le risque n'est pas la marée montante, mais une descente de la  maréchaussée.

Même si taguer dans les vagues doit avoir un coté fun, t'as pas le temps que ta peinture sèche avant que l'océan n'efface tout ! Les vieux murs de Paris mettent vingt ans à tomber.

 

Maintenant que la pluie est de retour, t'es de nouveau enfermé, et confronté à d'autres vieux murs tagués: repeindre le salon ! Là, les tags, c'est le salpêtre qui les a dessinés. Imagines pas qu'il suffise d'un peu de peinture blanche pour redonner de l'éclat aux murs gris : non ! Le pinceau creuse la pierre rongée par l'humidité. Alors tu inventes tes tags à toi, dans les courbes de ta truelle.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 22:26

 

En haut de la Pène de Mu la Statue te tourne le dos.

 la pène de Mu - 002

Cette balade te fais plaisir. Oh ! Tu ne sais pas trop pourquoi ! La nostalgie a toujours été un moteur ; non pour pleurnicher dans la complainte de ce qui change, ni parce que beaucoup d'améliorations ont rendue la vie plus facile, mais parce que l'individualisme, le refus de l'effort, l'amplification des aides et exonérations enlèvent du sens à la solidarité, valeur collective !

Bien sur les temps ont changé, et la bataille sur les « pass navigo » te montre une complète révolution de la question du trajet pour le travail. Tu as déjà raconté que ton grand père pour aller à la mine, il marchait matin et soir dix kilomètres dans ses sabots. Au début du vingtième siècle, les hivers étaient longs, plusieurs semaines avec des températures entre zéro et moins quinze. Jamais tu n'as entendu la moindre plainte, le plus petit sentiment d'injustice. Il fallait travailler ; la mine était à dix kilomètres. Bon ! Voilà !

Combien t'en entends qui râlent parce qu'ils ont une heure de trajet ? Pauvres choux ! Tu veux qu'on te serve le travail à domicile, avec le plateau du petit déjeuner et les croissants frais !

C'est pas pareil de contester un travail trop dur et de faire l'amalgame avec un travail trop loin.

Le clou du spectacle s'est de faire payer tout le monde pareil dans les transports. Ceux qui se déplacent beaucoup et ceux qui se déplacent peu. Je suis d'accord, il y a quelque chose d'injuste, à ce que certains aient plus de trajet que d'autres, pour travailler, que cela induit fatigue et dépense supplémentaires. Mais zut ! Ils n'y vont pas à pied ! La solidarité je suis d'accord, mais pour la santé, l'éducation.. En plus dans le métro ou les bus, qui paye réellement ? Uniquement le brave citoyen. Derrière sa cage de verre, le préposé, désormais au service d'accueil, regarde ses pieds quand le flot des fraudeurs passe les tourniquets.

Pas payer de transport, pas payer d' impôts, c'est la même logique du refus de l’État, du refus d'appartenir à une organisation de la société qui d'un coté, par l'impôt construit les infrastructures et de l'autre assure la solidarité par la Sécu, la retraite, le RSA, la CMU etc... Il n'y a pas de solidarité possible si les efforts faits pour soutenir la dignité des individus face aux difficultés de la vie, sont d'une part, perçus comme un droit ( sans s'impliquer), et d'autre part à la charge d'une fraction toujours plus réduite de contributeurs.

la pène de Mu - 003

Donc, ce matin là, il fait beau, frais et ton VTT te porte gaillardement. Tu as refait des dizaines de photos du paysage de la Pène de Mu. Ah ! T'as oublié la Statue, la bas, en contrebas. Tu marches dans la pâture en faisant une sorte d'arc hésitant, tu cherches un angle ! Cette statue ne rend rien ! Non ! Rien à en faire !

Plus près tu vois la couronne et le petit bouquet de fleurs plus que fanées. C'est là que tu t'interroges : pourquoi elle est tournée du mauvais coté ? C'est vrai, ça ! Elle regarde le bois. Pas la plaine agricole.

Tu fais le tour cherchant une photo à faire mais rien ne vient.

Si, la nostalgie !

A la fin des années cinquante, dans le village de tes grands parents, il y avait une statue comme ça, plantée là, sur une petite colonne de pierre. Tu te demandais vraiment à quoi ça pouvait servir. Tu passais devant, avec ton vélo sans imaginer . C'était pour les mauvaises saisons ! Régulièrement au mois d'août, il faisait trop chaud, ou il pleuvait trop, de toute façon, il y avait toujours un trop de quelque chose qui n'allait pas. C'est là que la statue était utile. Il y avait une église, il y avait un curé, il y avait des enfants de chœur. Non pas les choristes ! Des gamins affublés de tuniques rouges et de dentelle blanche...

Alors quand il avait fait beau pendant trop longtemps, il ne fallait plus laver le linge au lavoir, l'eau était réservée pour les vaches. Et puis, à la messe, le curé, après avoir menacé tout le monde des feux et des flammes de l'enfer, annonçait une procession pour le dimanche prochain. Pauvres enfants de chœur ! Double journée ! Dans un coin de l'église, sur une vieille étagère, il y avait une réplique de la statue, en plus petit. En bois et pas en plâtre. Hop ! sur une planche façon brancard, et que je te promène la statue, direction le champ de foire.

Le curé avait mis une jolie tenue jaune bouton d'or, et de son accent alsacien, mettait en route la manif, en chantant un « Ave ». On disait procession à l'époque, tu ne sais pas pourquoi, parce que tous manifestaient : une année pour la pluie, une autre pour le soleil. Tu ne sais pas si la statue au milieu du champ de foire aidait à grand chose. Mais bon, dans un petit village, t'as pas le génie de la Bastille pour servir de repère ! Figures toi, que même le grand père, quand il voyait passer le cortège, il se demandait qui c'était tous ces gens. Il ne se souvenait pas d'en avoir vu autant. Comment il avait fait le curé pour les rabattre tous, ça reste un mystère ? Sûrement, une longue tradition de manifestation pour ces paysans.

Maintenant, la statue, ( elle n'avait pas une couronne comme celle de la Pène de Mu.), perdue au milieu des habitations, personne n'y fait plus attention.

 

Quand même, tu t'assois là, adossé au socle. Tu regardes, et tu vois rien, que des arbres, de l'herbe. Au dessus de ta tête, la Statue paraît plus dépitée que perdue. C'est vrai que les manifs conduites par le curé, t'es pas trop sur du résultat, t'étais gamin. Elle devait sentir la Statue qu'il y avait un contresens, que c'est pas elle qui faisait la pluie et le beau temps. Qu'elle y pouvait rien !

T'imagines le premier ministre Pierre derrière son nuage : Combien de manifestants aujourd'hui Joseph ?

- Heu ! Des milliers...

  • les syndicats de curé, ils annoncent combien ?

  • Heu ! Des centaines de milliers, sûrement plus !

  • Demande donc au Vatican combien ils ont fait de recette, qu'on pointe un peu les objectifs !

  • Et pour la pluie, qu'est-ce qu'on fait ?

  • Touche à rien, la vie, ça ne nous regarde pas !

Les manifestants aujourd'hui n'implorent plus de statues. Ils ont de gros tracteurs qui, de République à Bastille, roulent leur grosse mécanique, te mettent en garde, que désormais c'est eux qui font la pluie et le beau temps. Plus de Statue, retour du veau d'or : la finance : je fais grimper les cours, je baisse les cours, subventions ici, et taxe coca pour ne pas payer les charges sociales qui sont LA contribution à la solidarité.

 

Finalement la Statue en haut de la Pène de Mu, elle tourne le dos à ce monde où elle ne se reconnaît pas ! Elle ne pouvait rien, mais elle rassemblait !

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 21:23

 

Du port à la plage, quelques goélands.

 

Capbreton - goelands - 101Toujours le beau temps. Pas seulement le denier dimanche, mais depuis une bonne semaine. T'as fait ton plein de randos VTT. Pas de très longues, mais de bien musclées et trépidantes. En ce moment le danger ce n'est ni les descentes incontrôlées, ni les camions. Tes chemins traversent les champs et les bois. Non le danger ce sont les tracteurs surchargés qui déboulent sur un chemin étroit à peine goudronné, incapables de ralentir dans la descente. Quand ils te foncent dessus, t'as trois secondes pour dégager. Choisi pas la ronce ou le réséda, dégage !

La plage est longue à Capbreton. D'autant que tu as fait un détour pour trouver la boite aux lettres à l'entrée du port. Ah ! Ces cartes postale ! Elles restent, alors que ton MMS, pfuit !

Sur le retour tu es bousculé par un vol de goélands poussant des cris puissants et plongeant dans le chenal. Qu'ont-ils repérés que tu ne sais voir ? Ils plongent vivement et reprennent leur vol ascendant. Combien de temps cette bataille navale ? À peine trois minutes. Tu n'as eu le temps de faire aucun réglage, juste suivre où ils étaient, en cadrer un ou deux. Apparemment, il ne leur restait rien à pêcher, leur vol s'éloigne.

Tu remets ton réflexe dans le sac à dos et marches, plus déterminé, vers la plage. Enfin.

 

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 13:43


En haut de la Pène de Mu : Escos – Labastide-Villefranche

 

PENE DE MU-806C'est l'automne, les arroseurs géants qui puisent l'eau du gave sont au repos. Les maïs sont fauchés ou attendent de l'être. Le soleil arrive depuis les montagnes en arrière plan. Enfin, pas exactement, mais la lumière maintient les sommets lointains comme le pic d’Ory dans l'ombre et la brume. La plaine du gave est dans le calme. Pas d'engins. Là bas, tu perçois le bruit des camions sur la route de Peyrehorade. Même si l'effort a été court, tu transpires à fond. Ça n'a pas l'air de déranger le nuage de moucherons qui t'environnes. Ton VTT calé contre la table d'orientation, tu déballes ton appareil, cherche le télé au fond du sac. Les potes te charrient quand ils pèsent ton sac : plus de cinq kilos. « Et pourquoi tu te traînes cet arsenal, un petit compact ça ne serait pas plus simple ?  Regarde, ça zoome dix fois ! »

Le problème et tu peux le comprendre, c'est la difficulté de cadrer avec un compact en pleine lumière. Et puis, un zoom par 10, quand tu tiens l'appareil en bout de bras, tu imagines le bougé au final !  Avec ton reflexe, ton œil est en symbiose avec ton viseur, presque une double vue. Cette fois, avec les broussailles dégagées, tu vas pouvoir renouveler les photos faites, il y a si longtemps,. avec tes enfants. Elles doivent être dans une boite à la cave.

PENE DE MU-812

Regard neuf donc !

J'ai utilisé photoshop pour un panoramique. Pas top. La lumière n'est pas reçue de la même façon par l'objectif ,en fonction de ta rotation. Avec ton PC daltonien, c'est pas le moment de t'amuser avec les couleurs.

Le paysage est donc à toi, pour les quelques minutes où ton regard voudra le saisir.

D'abord, les grands cercles concentriques qui marquent la trace des portiques d'arrosage. Ensuite Escos, avec un peu à l'écart cet ancien château devenu résidence. Un ancien te racontait que son abandon avait permis aux enfants d'en faire une caverne d'Ali Baba. Que de vieilles armoires avaient été converties en raft ou radeau pour descendre le gave.

Plus loin, un peu en hauteur, le village de Labastide-Villefranche. On reconnaît la vieille tour, et le château dit « bijou ».

Le paysage se referme sur le vieux pont du chemin de fer, reliant les deux rives du gave, entre Escos et Castagnède.

Il te reste à descendre quelques pas pour un regard rapide vers la statue.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 12:24

 

Toujours la fascination des vagues à l'entrée du chenal.

 

capbreton - 505T'as un besoin maladif de faire des photos. As-tu bien mesuré la différence entre celles d'aujourd'hui, celles d'il y a deux ans, celles d'avant. C'est quand tu es chez toi, que tu archives, que tu notes les différences.

La lumière est l'élément auquel tu es le plus sensible. C'est d'abord la lumière que tu reçois. Ensuite c'est son scintillement sur les vagues,ou son adoucissement par la brume. Le contraste aussi est important, les ombres crues du matin, celles plus sombres du soir, parfois troublées par l'ai chaud.

Ce qui te déclenche ce besoin de photo, c'est un capteur irrationnel, quelque part dans ta tête qui te dit que cette lumière est neuve. Tout d'un coup tu stoppes, t'ouvres le sac, tu scrutes la lumière derrière le miroir de ton réflexe.

Après se forme l'image. Qu'est ce que la lumière te montre ou t'oblige à deviner ? Maintenant tu as la perception de ce que tu vois. Le mouvement c'est la dernière étape de ton ressenti. Il tire ta conscience de son hypnose.

Enfin, quand l'océan lève son jupon d'écume, le paysage prend sens : la plage à coté du port, le bonheur de se laisser bercer par son rythme, et même si les thoniers sont remplacés par les scooters des mers, même si la récompense de l'effort du travail a disparu au profit de la jouissance futile de chevaucher la vague, l'animation du bord de mer empli ton besoin d'espace infini.

 

Chercher l'infini dans une photo ? Le soleil a donné chaud au vieux parigot !

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