3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 12:55
Toul

Pourquoi je te parle de Toul ? Parce que j’y suis passé, il n’y a pas longtemps, et qu’aujourd’hui ça fait la une des journaux avec l’usine Michelin.

Comment je me suis retrouvé là cet été ? C’est une longue histoire. On arrive un samedi en début d’après midi, on y trouve un hôtel sur la place principale avec un accueil carte bleue ; puis l’envie d’un petit casse-dalle !

Trois bistrots sur la place. Chaque fois la même question : vous avez de quoi nous faire un sandwich ou un petit grignotage ?

-         Non ! Il doit y avoir un boulanger là, à droite. Des fois il ferme, il y en a un plus loin….

Deux aller-retours pas de boulanger, pas de pizzeria ouverte, rien. Le kiosque à journaux nous dit d’aller voir au centre commercial, peut-être là, chez Leclerc ?

Comme on doit rester à Toul, inutile se dit-on de faire un saut à Nancy. Partons à la conquête du centre commercial. Pour moi, « parigot-tête de veau », je n’avais jamais envisagé qu’une ville comme ça, après 14h00 il n’y a rien.

Il est un peu plus de quinze heures quand on arrive au centre commercial. Le parking est quasiment vide. Là un groupe autour d’une caisse de bière, je me gare plus loin.

L’hôtesse Leclerc nous dit qu’il y a une cafétéria, au bout la-bas.

100-6292.jpg

Un bar, quelques tables, des chaises vides, on s’assoit. Derrière le bar une femme au téléphone. La voix s’amplifie, on comprend qu’il y a plein de soucis. D’un mouvement de menton, elle indique qu’elle nous a vus. Elle se retourne et parle à son miroir. Je me demande si je n’aurais pas meilleur temps de filer au rayon charcuterie, de prendre deux tranches de jambon, et de me faire mon sandwich.

Elle raccroche : Vous voulez quoi ? Le cuisinier est parti ! Je ne sais pas si j’ai du pain ! Je vais voir. Bon manifestement il y avait du pain et du jambon. Une petite mousse la dessus et on repart.

Un matin j’ai fait tout le tour de Toul à pied. A peine une heure. J’en ai tiré six photos, pas sept. Pendant ce temps là, ai-je croisé dix personnes ? Pas sur !

La veille à Nancy j’avais bu un kir au gris de Toul. Je suis remonté dans ma caisse et j’ai suivi les flèches des coteaux de Toul. Un quart d’heure après je repartais avec mon carton de « Gris ». Rien à te montrer. Comme si toute la lumière était restée à Nancy.

Peut être que toute la population travaillait chez Michelin. S’ils ferment, ça va faire du monde dans les rues…

 


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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 14:18
La Boudeuse au pont de Bercy

Je t’ai laissé l’autre jour avec un peu d ‘amertume dans la voix. Aussi, ce matin te mets-je d’abord cette vidéo des mouvements sur la Seine, sur les quais. C’est industrieux. Ecoute, je n'ajoute pas de musique, arrange-toi avec le son des moteurs. Laisse toi aller et prendre par le bruit du monde moderne qui s'active.

En choisissant ce que l’allais te mettre pour te donner envie, je me dis qu’il y a encore de la magie. Bien sur ce n’est pas Marius sur le port de Marseille qui s’embarque. Mais la Boudeuse et ses - je crois - 45 mètres de long, arrimée  sous la passerelle Simone de Beauvoir, c’est une coquille de noix dans le vacarme d’aujourd’hui.

 

Là, tu penses à Trenet plutôt qu’aux chansons de marins, une noix, qu'y-a-t-il à l’intérieur d’une noix ? Un voilier, sans ses voiles déployées, c’est l’albatros à terre. Deux ou trois hommes entretiennent les gréements. Les visites c’est pour plus tard, me promet-on. Goudron, chalumeau, Karcher tout indique le besoin d’une pause. Le bateau est isolé. Nous ne sommes pas plus de quatre curieux. Sur le quai les tronçonneuses façonnent les platanes.

 

Un voilier, c’est la manœuvre qui le décrit le mieux, et ce sont les vagues qui le font vivre. Comme ça, coincé sur son quai, il est écrasé tant par l’architecture du lieu que par les grosses péniches, les barges qui passent et se croisent.

 

Enfin, il y a la proximité de bateaux frics de l’autre côté, habillés de couleurs criardes et guettant le chaland nonchalant.

 Vraiment la BNF ne m’épate pas. Pourtant je me rappelle y avoir emmené mes vieux parents peu après l’ouverture. Ah! La gourmandise de ma petite maman parcourant les bouquins en patois du haut-doubs. Le site est majestueux, Notre Dame sous les grues qui vont lui bloquer la vue, et cette passerelle Simone de Beauvoir, et le ministère blanc, et les arches du pont. J’ai cherché un peu à droite et à gauche pour savoir qui l’avait conçue. Sur internet je ne trouve que l’inauguration par Delanoe. Pourtant c’est beau. J’ai fait au moins quatre aller-retours pour  comprendre la passerrelle et tirer parti de ses perspectives.
 

Alors je te dis, la Boudeuse vue de « Simone de Beauvoir », c’est un moment qui donne du sens à tes impôts.

 

- Oh ! Le mec ! L’autre jour, il voulait installer les SDF à Bercy, et là il fait le paon parce que la Seine brille sous le soleil et lui ferme les yeux ! Alors il rêve que c’est beau !

 -  Non ! C’est beau ! On se sent bien !
 -  Et puis zut ! Si tu ne regardes que la misère, tu ne peux plus vivre.

Sujet précédant: Entre Bercy et BNF



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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 23:00
Entre Bercy et BNF


Bercy, le 11 septembre 2007.

33-pont-de-bercy.jpg
 

J’avais passé deux semaines de vacances en laissant le hall de notre immeuble envahi par des vieux matelas, des canapés, utilisés la nuit par des sans abris. A notre retour des grilles étaient installées qui semblaient avoir eu un petit effet dissuasif. Comme si les grilles étaient une réponse à la misère ! Ou une défense contre elle. Mes ballades le long du canal de la Villette et du canal de l’Ourcq montrent de nouveaux squats et bidonvilles. Sur les trois petits squares du quartier, un seul vit. Des dizaines d’enfants y jouent avec autant (et peut être un peu plus) d’hommes et de femmes qui s’émerveillent de leurs jeux. Tout est cris, exclamations, attention. Les deux autres sont tacitement dévolus aux SDF locaux.

 
Des fois çà t’étouffe un peu.
 
Y a-t-il une lumière quelque part ?
 

J’entends à la radio que « La Boudeuse » s’est installée au pont de Bercy. Pour moi Bercy, c’était resté la Halle aux vins, et j’en gardais le souvenir des entrepôts du « Postillon », tu sais, le vin en litre « étoilé ». Avant les AOC.

 

En bagnole, j’y étais sûrement passé pas loin, mais quand tu conduis, tu ne vois rien. Là, j’y vais à pied. Je découvre. De l’espace, des petits jardins entretenus, une circulation pépère. Les quais sont propres. Pas un clodo en 3 heures de trottoir, pas une merde de chien, tu n’y crois pas. Mais il n’y a personne non plus. Quelques badauds, comme moi, regardent tronçonner les platanes, ou font des photos, de la vidéo. « La Boudeuse » et la passerelle Simone de Beauvoir attirent des petits groupes de quatre cinq. La lumière est là, tout le monde s’extasie sur la vue d’ensemble, questionne sur ce qu’on aime, peut voir. Tu peux parler une demi-heure comme ça, accoudé à regarder la Seine…

 

Un pousseur de péniche se fait entendre, on le laisse passer, il n’y a pas de bagnoles, tu entends un pas sur le dallage de pierres blanches à des centaines de mètres.

 

L’esplanade devant la BNF est vide aussi. Très loin un petit groupe de jeunes s’agite, hurle quelques blagues et disparaît dans une des tours.

 

29-petit-bateau-fait-le-poutou.jpgMidi s’annonce. Sur les quais des péniches réhabilitées façon putes, font restaurant. De grands chapiteaux sont tendus, prêts à accueillir des affamés. Mais rien, ou si peu. Là, un grand brun en costume noir gicle d’un coup de son coupé gris, et en quelques pas bien allongés, va à la rencontre d’une jeune femme qui descend les marches vers le quai. Un immense platane les abrite des regards.

 

Laissant la passerelle et remontant vers le pont de Bercy, je dépasse la piscine flottante. Une zone de cabines, une verrière de protection, derrière, une dizaine de « pingouins » est là, à profiter du soleil de cette belle journée. Les tables sous les parasols pliés sont tristement désertes…

 

De l’autre coté du pont, en face du ministère, le palais omnisports. Je n‘y suis jamais allé. Bientôt treize heures. Toutes les terrasses de la place sont prises d’assaut. Longue file d’attente devant les échoppes de paninis ou de kebab. Et juste là, une place, pour un petit sandwich et une bière.

 

Trois tables plus loin une femme que je ne vois que de trois quarts dos, tend son micro à un grand type, cool, les bras croisés, qui parle tranquillement. Régulièrement, elle baisse la tête vers son magnétophone et ajuste le niveau. A son tour elle questionne, lisant des notes dans un petit cahier. L’homme apprécie, il sourit, écarte les bras comme pour accueillir sa question ou son commentaire, son visage s’éclaircit, il s'appuye sur le dossier de sa chaise, le visage s'anime, il entame une longue réponse. Tranquillement, il déplie ses bras, étale ses mains sur ses cuisses, détend ses jambes et enchaîne… L’intervieweuse, le magnéto en équilibre sur ses genoux croisés, le corps légèrement penché en oblique au-dessus la table, le bras toujours tendu, pointe le micro France-Inter. Le dos se raidit, sa main libre le soutient, les épaules montent puis redescendent. Toujours, elle hoche la tête avec conviction pendant le discours de son invité.

 

Je la regarde mieux. Elle a une jolie nuque qui se courbe régulièrement au gré de l’entretien, la tête suit, acquiesçant, donnant un mouvement de balancier à sa petite queue de cheval serrée par un élastique. Un châtain clair, mais ordinaire, sans mèches. Je vois aussi son pied gauche. La jambe coincée sous le magnétophone est prisonnière. Le pied s’agite cherchant un espace pour exister. La cheville est fine l’articulation souple, et mon regard va et vient entre cette nuque qui se berce au gré des phrases et ce pied qui danse seul ou en contre-point des mouvements de tête. Ou trouve-t-elle l’énergie ?

 
Moi, j’en suis à trois quarts d’heure, et eux ?
 

Le corps qui lentement s’arrondissait, mais sans s’avachir, tout d’un coup se cabre, un arc se tend. La main gauche tourne les pages du cahier, elle reprend le micro à son compte. L’arc se cintre un peu, elle parle. La main lâche les feuillets, et dans le même mouvement ou le micro, retourne vers l’invité, le poing gauche se serre et creuse dans le dos une cavité profonde. Là, je ne vois plus que trois points : le creux des reins crispé sur le poing, la nuque raidie qui tangue, et le pied qui lance des éclairs d'impuissance.

 

Qui est-il pour maltraiter cette femme uniquement par le pouvoir de ce qu’il représente ? J’essaye de le reconnaître. Rien. Pourtant, je fais défiler mon petit annuaire anthropométrique construit à la télé. Rien. Il est grand. Même assis. Pour moi, tout gus d’un mètre quatre-vingt est grand. Jean et polo, pas de frime. Visage plutôt rond, petit menton et pommettes gourmandes. Le corps presque allongé est tourné vers le pont, la tête s’incline vers le micro brandi par la femme. A aucun moment l’entretien ne l’a tendu, il reste posé, attentif aux questions. Il parle naturellement, droit devant lui, mais  trouve à chaque regard l’approbation de son hôte. L’œil pétille, il est tranquille, sans suffisance , surement simplement heureux.

 

Arrive une nouvelle vague de managers sérieux. Costumes sombres, bleus ou gris. Le serveur les a vus. La carte est là, la suggestion rapide, et le service ira de même. Pichets de vin et « San-pé », discussions sur un business obscur pour moi, mais important pour eux.

 

 Ma bière est finie, là bas l’interview continue, mais j’ai perdu le fil de mes pensées. Je m’extrais de mon coin.

 

J’avais vu des gens s’agiter sur le toit du POPB. J’y fais un petit tour, découvre les varappeurs déguisés en laveurs de carreaux, la tonte des pelouses en pente. Là, je comprends que l’architecte avait forcément des accointances avec des potes alpinistes…. Et dans un coin, bien à l’abris des regards, des clodos rigolards !

 
Retour aux sources! Il y en a, mais planqués.
 

Pourquoi, les sans abris s’installent-ils plus facilement sur les quais du canal entre Villette et Bobigny ? Laissant libres et propres les quais de Seine entre Bercy et la BNF. Ils y a pourtant de la place, au soleil, entre les temples dédiés au fric et aux livres. Si l’espace y est si vide, c’est que la vie des sans rien n’y a pas de place. Pas de palissades, pas de matériaux de récup pour se mettre à l’abri, pas de foule pour exister.

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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 06:01
Camou. Gamueko Jauregia

Voilà un sujet que tu ne prendras pas avec des pincettes, même si çà te tenaille. Je t’invite à une expo de « playmo » en fer forgé. L’aire de jeu, un château du XVI éme, une échauguette pour une évocation stylisée du siècle dernier.

 
Gamueko Jauregia : je fais le fier, j’écris des mots que tu ne connais pas. Moi non plus. Au fil du temps, j’ai appris à en reconnaître un ou deux. Parce qu’en vélo, sans ta carte, il y a beaucoup de panneaux de direction dont le nom francisé est taggué et illisible. Le Château de Camou n’est pas un de ces sites incontournables, qu’il ne faut pas rater, sinon tes vacances sont nazzes.


camou-charrons.jpg

 Camou est donc en Pays Basque, non en Béarn comme je le pensais. Je suis passé devant des centaines de fois en imaginant que cette bâtisse délabrée était un moulin abandonné sur sa colline….

 
Il y a une vingtaine d’années des travaux ont commencé, je me disais : « c’est pour les anglais… » Je ne me trompais pas beaucoup, car une recherche « Google » ramène d’abord un site en anglais ! Je ne suis pas curieux, hein ! Dans mes ballades, je me laisse facilement attraper par les sites qui brillent sur un guide où sont notés ***. Mais non, il s’agit bien d’un château dont l’origine remonte aux seigneurs de Camou, qui avaient construit une « motte féodale » au onzième siècle. Château rénové patiemment pendant des années, et qui est animé aujourd’hui par une association.   

 

Je ne te raconte pas l’histoire , elle est gentiment exposée par la jeune femme qui nous accueille.

 

Ce premier sujet concerne l’aspect extérieur, l’environnement et la salle du rez-de chaussée. Quels artisans ont acceptés de donner des outils ancestraux ? En tous cas leur mise en scène permet de se souvenir de métiers que nous avons connus enfants. Ils montrent aussi des documents relatifs à la création de la coopérative agricole « Lur Berri ». Quand tu vois les bâtiments, les camions, aujourd’hui, comment peux-tu faire le lien avec les fondateurs, leurs principes ?

 

Ce qui donne un coté vraiment attachant à cette visite, c’est l’utilisation de vieilles tenailles, pinces, sécateurs, barres de coupe etc… l’élaboration de maquettes figurant les activités traditionnelles locales les métiers (dits d’antan) et la force basque (dans son utilisation folklorique d’aujourd’hui). Au départ il y a une idée, et la passion des concepteurs qui ont du « récolter » tous ces outils pour les retravailler.

 

Une âme d’enfant qui s’est recomposé un univers. Qui n’a pas fabriqué les tracteurs, les chariots avec quelques bouts de bois taillés et des emballages de récup, de vieilles ferrailles abandonnés ? Ici tu te trouves devant un univers façon « playmobil » dans un passé en fer forgé…

 
Si tu ne passes pas loin un après midi où ta télé t’ennuie, fais le détour.


 
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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 08:29

Nancy Night and Day

 

Les circonstances familiales m’amènent à Nancy. Je n’y étais jamais allé, du coup bonne occase pour se donner un peu de temps. Il est plus de 20 heures, quand en en suivant précautionneusement la direction centre ville, nous arrivons à proximité de la place Stanislas. Du monde, des bagnoles, quand on ne connaît pas, le choix du parking se fait au hasard. En marchand un peu, on découvre la place. Illuminée. Le soir est là, une partie de 4 coins pour se repérer et puis la décision de s’installer en terrasse. Ce sera le Grand Café Foy. Nous y apprécierons un kir au « Gris de Toul », d’une finesse et d’une saveur incomparable. Une amie nous y rejoint et nous fera faire le tour de la vieille ville…

nancy-d--tail-de-la-place-stanislas100-6269.jpg

Mais déjà l’ambiance nous tient. Il y a une atmosphère particulière sur cette place : les gens s’y promènent, se croisent, discutent…On n’y entend pas les autos, on y respire, on est détendu…C’est la même sensation que naguère, en Espagne, à Salamanque, où les jeunes et les autres y tenaient assis un peu partout des immenses palabres. Un lieu de vie.

 

J’ai vu un peu de travers la projection du son et lumière sur la façade de l’Hôtel de Ville. Et nous en retiendrons cette phrase qui donne le sens au spectacle : « le vrai bonheur c’est de rendre les autres heureux ». Je reviendrai le lendemain pour camescoper le spectacle, dont j’ai retenu quelques séquences.

 

Suivant les recommandations reçues, j’ai visité le musée de l’Ecole de Nancy. Des artistes que je ne connaissais pas vraiment : Gallé, Marjorelle, Vallin. Une invention et une créativité époustouflante. Le mobilier représente un travail extraordinaire. « Ça c’est du meuble ! » Aurait pu s’extasier Mr Ségalo…Rien n’est gratuit, chaque objet est pensé, apporte du sens. Une découverte pour moi.

 
 
 

Voilà, juste pour te dire qu’il faut prendre le temps de découvrir cette ville. Sans attendre d’y être invité par les circonstances.

P.S. j'ai du répondre "OK" sans bien lire l'invite reçue, j'ai perdu  la largeur paramètrée du blog, pour revenir au standard. je n'arrive plus à la  remettre.  Pas malin! hein!
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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 22:51
moulin.jpg
Tu te dis : je reviendrai.
 
Tu te dis : faut que je prenne le temps.
 

Tu te dis que tu l’as tellement regardé, alors comment le voir ? Qu’a-t-il de neuf ?

 

Tu te dis qu’il y a quelque chose, qu’on ne saisit pas, mais qui est là.

 

Tu mets juste une photo sur ton blog, par téléphone, pour dire: je suis passé, mais je vais revenir. Un peu comme on disait autrefois à la demoiselle des postes « ne coupez pas ! », « Gardez la ligne ! »

 

Qui va suspendre le temps ? Te conserver les choses telle que ta mémoire les a rangées ? Et puis l’eau ! C’est le symbole du temps qui coule et ne s’arrête pas. Tu te rappelles, « l’eau vive » ? « entre tes doigts l’eau vive s’échappera… »

 

Sur le vélo, le temps c’est des heures de selle, des fois tu ne te laisses pas aller, faut en mettre un coup, faut rentrer.

 

Tu te dis que tu va revenir, te poser, prendre le temps de tout voir, et puis avec la bonne lumière, là elle n’y est pas…

 

Ton temps est compté, mais en plus c’est sans compter sur le mauvais temps. Puis le téléphone, et du coup, t’as plus de temps.

 

Tu sais où sont les filtres de l’aspirateur ? Non. Il n’y en a plus. On ne peut pas laisser la maison comme ça. Ah ! Ces filtres ! Si tu ne connais pas la marque le modèle, l’année de fabrication, et je ne sais quoi, t’as sur les bras des trucs bon à jeter. Dix huit heures dix. Faut en trouver, on rentre le lendemain. Vingt bornes sous le déluge pour St Palais. Ils ferment tôt. Bon, des D742, aussi compliqué que les Boings. A Paris au BHV t’as un stand de 100m2 pour les sacs d’aspirateurs. Où je vais trouver ça avant que ça ferme ? Rien dans les boutiques d’électroménager, et sur commande, délais dix à vingt jours, on vous téléphone…Sinon il y a les brico machins sur la route là-bas…Oui on a des sacs, quatrième rayon à droite. Ouf ! Euh ! C’est pour un aspirateur ménager, pas pour les gravas de chantier ! Ah ! Ben voyez à Inter sur la route de Sauveterre. On repart…Yen avait. Ouf ! La maison est propre. Fermée.

 

Cinq jours de pluie continue. Sept jours sans faire de vraie ballade. Quand le mauvais temps te fait déjouer tes vacances, tu peux plier tes gaules. Sur la route du retour je vois la Bidouze qui charrie sa colère. Juste le temps de rentrer, de prendre l’appareil et de filer jusqu’à Viellenave. Ça déborde. Oh! Sans méchanceté. Mais le débit de l’eau n’est pas un débit de lait…

 

J’ai retrouvé dans mon téléphone une photo de 2006. On y voit le moulin en cours de réhabilitation. Sur la vidéo il est bien noyé.

 
 

Bon c’est pas le sujet que je voulais faire. Faudra que je revienne. Juré !

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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 09:28
Luna et la vieille tour
 
Il y a des jours comme ça où tout t’échappe : les situations, les mots, le temps, ta vie et ton vélo ! Alors autant se replier sur les valeurs sures. Tu prépares une petite rando en montagne, et hop tes dents disent fini de mordre ! T’avais du trop les serrer, elles t’échappent par la racine. Tu remâches la tristesse de ces vacances foutues, et puis tu te dis : partie de campagne familiale à la pépère.
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Et hop! Le mauvais temps qui transforme ta serviette de plage en serpillière. Le sable est là, l’océan est là, tu es là, mais l’alchimie ne prend pas les nuages sont là, le vent est là, le froid aussi. D’habitude la terrasse des surfeurs te sert une bière glacée qui te désoiffe à peine. Tu en redemandes. Ce jour là, à demi grelottant, tu n’oses pas demander un chocolat chaud. Bravache tu commandes ta bière spéciale comme tous les ans. Pas de frigo pété à force des portes tellement rouvertes qu’elles ne ferment plus. Du coup ta cervoise arrive façon banquise et tu cherches ta polaire en la buvant, les dents serrées à en casser le verre.
 
Puis tu as les petits et les grands soucis de ta famille, ceux qu’on t’apporte, ceux que tu installes. Le stress du vacancier, c’est réussir ses vacances. T’es tellement pressé que tu rates…
 
Alors tu changes tes plans, tu t’adaptes aux circonstances. Du coup t’improvises une rando VTT que t’as pas bien estimée. Et le vélo qui regimbe, la pente te surprend, tu bricoles tes manivelles, et la chaîne qui s’échappe ! Drôle de repli sur soi, que celui qui consiste à se laisser tomber sur le coté, les pieds bloqués par des cale-pied qui ne comprennent pas pourquoi tu pédales dans le vide. Il y a des feuilles mortes qui atterrissent plus légèrement. Rassures-toi, nul besoin de me ramasser à la pelle. Mais l’humiliation de le nième chute ! 30 ou 50, je suis sûr : une par an…
 
Alors tout d’un coup tu t’assois, tu prends ta bière et tu laisse le temps s’y faire. Luna, la chatte de ma grande fille, passe ses vacances avec nous. Pour elle tout va bien. Les huit cents kilomètres d’autoroute ont vite été oubliés. Faut dire que quand elle s’ennuie, elle s’endort. Enfin, je veux dire dans sa valise de transport. Parce que chez nous quand elle s’ennuie, elle pisse, elle griffe, elle dépoile, elle miaule, elle saute aux portes, elle arrache les tapisseries, elle déchiquette ses découvertes de hasard…et tout l’immangeable mangé elle te le vomit !
 
La petite maison près de la vieille tour, qui nous abrite, est une vraie maison de bastide. Elle s’est faite avec le temps, enserrée dans ses pierres. Le potager est devenu pelouse, le grenier n’a pas changé, même si l’atelier du chaisier est devenu la « vieille pièce », le fantôme du grand-père s’y reconnaîtrait.
 C’est là que dort Luna. Il a fallu du temps pour l’acclimater. Maintenant elle a son tour de propriétaire. Le matin, on lui ouvre la porte sur le petit jardin. Un premier parcours à humer les herbes et les mousses. Puis entrée rapide, presque pour s’échapper dans la cuisine. Petit tour des pièces, sans traîner, repasser par tous les recoins. Puis bondir comme pour se sauver encore, vers l’appentis. Là, un petit rebord d’une fenêtre de la maison mitoyenne, lui permet de sauter sur le mur et tirée par ses griffes d’atteindre la poutre du toit d’où elle entre au grenier.
 
Alors le temps est rythmé par les recherches des cachettes du chat. Tu l’as vu ?
non…
Je l’ai entendu la haut !
 Ha !
 Il doit être derrière les coffres de la tante.
 
Mais Luna n’est pas derrière la malle aux vieux trésors, elle est déjà sur le toit. Malhabile, elle bute sur les tuiles inégales, trouve un coin chaud dans l’angle du conduit de cheminée, regarde le soleil du soir nous amener son ciel de pluie. Deux tourterelles la débusquent. Surprise, elle nous voit, entend le son de nos voix. Que comprend-elle de nos yeux ou de nos voix ? Luna, Luna, viens….
Par petits bonds, retour au grenier, rapide passage dans le couloir, l’escalier et sprint vers la gamelle. Ah ! Le doux bruit des croquettes dans une gamelle en fer ! Aucun chat ne peut y résister. Mais bien sur, faut des croquettes, pas du mou, car le mou fait flop !
 
T’as compris que le mou qui fait flop, c’est pas chez le chat !
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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 16:08
Le Semnoz - le col de Leschaux

Cet été deux mille cinq, beaucoup de déplacements. Je n’avais pas fait autant de vélo que d’habitude, et on débarque à Annecy pour le stage de yoga de madame. Nous nous retrouvons dans un foyer de jeunes avec une pièce de trois mètres sur deux mètres cinquante, deux lits de 80. Une fois posées les affaires plus moyen de bouger. Je ne sais pas pourquoi les organisateurs de ces stages considèrent que l’hébergement est une contrainte fastidieuse, et qu’un lit est un lit. Point ! Donc inutile d’espérer faire sécher ta serviette de bain, de toute façon la cabine de douche était si étroite que tu en ressortais plein de bleus. Sinon l’accueil est agréable.

 

Comme toujours en un repas je reçois dix suggestions pour mes randonnées VTT.

 

h-brume-dans-la-montee-du-semnoz.jpg
Outre le tour du lac qui est une promenade agréable, facile à faire avec tes enfants, il y a une piste cyclable presque toujours en site propre. Et puis il y a quelques sommets et quelques cols. J’ai mélangé dans les photos trois ballades. La montée du Semnoz, le col des Leschaux qui est un régal de descente (mon GPS m’a chronométré à 95 km/h : dans la descente ! Parce que dans la cote, heureusement que j’avais des photos à faire !). Et puis la ballade Thones-Faverges très agréable. Avec retour sur une piste cyclable en site propre. Le pied. Car quand tu t’es un peu usé dans les petits cols, rentrer en roue libre en s’arrêtant à une petite terrasse c’est une vraie détente.b-d--couverte-du-delta-plane.jpg

 

Peu de chose à raconter, sinon qu’on passe vite du très chaud au très froid en haut des cols toujours venteux et brumeux. Des pâturages très verts, mais aussi beaucoup de résidences secondaires tout le tour. Si tu peux y aller, fais-le, ça reste un coin vraiment agréable. J’ai laissé quelques photos de parapente et de delta plane. C’est impressionnant de les voir se jeter dans le vide. Surtout pour moi qui ai le vertige !

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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 17:51
Le Perche en chantant
Stage de Chant avec Maura Michalon-Lafare



La page de Maura


Curieux le chemin qui façonne tes goûts, ton oreille...J'allais dans un lycée à Neuilly où le seul prof qui te parlait normalement, même en attendant le trolley ou serré sur la plate-forme d'un vieux bus, c'était le prof de musique. Plus tard j'ai fais des études d'électronique, et la passion du son nous accompagnait dans la mise au point d'un ampli push-pull à transistors de deux fois quatre watts. Tu ne comprends rien à mon histoire? T'as un Ipod? Bon! aujourd'hui la musique c'est d'abord de la quantité de titres stockés.

A ce moment là c'était l'émotion née de la qualité de la reproduction. On se documentait pendant un mois avant d'aller au festival de la "Haute fidélité et du Son " où des marques comme "Harman Kardon" ou "Cabasse" te faisaient assoire dans un auditorium calfeutré pour écouter des sons. Quand ton oreille était rendue attentive à la différenciation des effets, des rendus, alors ils te jouaient un trente trois tours bien neuf. Plus personne ne respirait, même pas un petit souffle venant des enceintes, et puis la musique te remplissait. Chaque montée d'orchestre te touchait au ventre, et tu réagissais sur un coup d'archet...Le haut parleur des graves faisait trente centimètres et l'ampli à tubes deux fois huit watts. Si la techno pesait des Kilos, la qualité était d'une finesse qu'on a perdue...

Pourquoi je te raconte ça?
Ce matin à la radio, ils parlaient de Charles Münch. t'as pas connu? En soixante deux, il dirigeait l'orchestre de l'ORTF. Et il y avait des concerts à la télé. Fou! Hein?  J'ai encore dans les yeux et dans mes disques son intrepretation de la "Symphonie fantastique". Et le dimanche après-midi, il y avait sur France Musique "la Tribune des Critiques de Disques" avec Bernard Gavoty, et là, ils disséquaient les interprétations et la qualité des enregistrements. Une sorte de Bernard Pivot dans le genre...

Alors quand Maura me demande si je peux mettre un mot pour son stage de chant dans le Perche, je revis ces émotions qu'au travers la technique j'ai ressenties en écoutant mes vieux disques. Parce que ça me fait plaisir de vous en parler.



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          Maura dirigeant une répétion de sa chorale


Sujet précédant: Maura Michalon-Lafare en concert






Travailler sa voix
 
Respirer
 
Marcher

 

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 17:07
La vieille cote et la tour.
Il dort.

Il entend le bruit. Il pense, c’est la porte ? Zut ! Elle est déjà partie ? Et re-zut, je n’avais pas rangé les outils. Bon, je me lève.

Il se rendort.
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C’est quelle heure ? Je sens la lumière. Quelle heure il peut être ? Si je regarde ma montre je me réveille. Non j’ouvre pas les yeux. Il doit faire beau… je sens le soleil… Faire du vélo…c’est quelle heure ? Ma montre ! Je ne sais même pas si j’ai ma montre. Non je ne bouge pas. De toute façon, je la laisse n’importe où…Et puis maintenant, je m’en fous…c’est drôle hein !

Avant, sans montre, ma journée virait au cauchemar ! Pas perdre de temps ! Avoir le temps ! Plus de temps ! Mais là je suis bien…d’abord, si je me lève, c’est pour quoi faire ?

Tiens le bébé pleure. On l’entend moins…il ne pleure plus pareil.

C’est calme. Ça ne travaille pas ? Je ne comprends pas les bruits de la rue ? Je ne sais même pas le jour. Maintenant du mardi au jeudi, je ne reconnais plus les jours…Ah! si, le mercredi les enfants du quatrième sont au square avec leur grand-père …

 

Qu’est-ce que j’ai à faire ? Je ne sais pas, rien !

C’est quelle heure ? Non, je ne regarde pas…

Le vendredi c’est facile : au marché les salades sont fraîches ! Le petit chinois pulvérise de l’eau dessus. Elles luisent. Ah ! Une belle frisée! Quelques lardons et un œuf mollet. Est-ce qu’il me reste du pain ? Faire griller des croûtons… Faut que je pense à sortir les oeufs, sinon ils explosent.

Quoi d’autre ? Je n'ai pas de blanc. S’il y a de la frisée faut que je me trouve un petit blanc frais. Surtout en ce moment avec l’ail rose.

Bien ! Que je pense à ranger, j’ai laissé les outils partout ! Et puis faire mon blog…tiens, ils n’ont pas reconnu le paysage l’autre jour…J'aurais du penser à envoyer un mail à Steph, peut-être qu’elle ? Il doit être tard, mais je reste encore…la lumière c’était bien sur la photo. Si je me mets tout de suite au blog, j’y passe la journée. D’abord, qu’est ce que j’ai de prêt ? Les autres photos de la vieille cote. Oui, mais je n’ai pas monté la vidéo…Bon, ça va aller, j’ai le temps….

Faut que je me lève, faut que je range…J’ai jusqu’à ce soir… elle a du pousser les outils ?

J’aime ça, cette lumière… La vieille cote c’était un soir de février. Pourquoi j’étais remonté chercher l’appareil ? Comme ça…La lumière, un vrai coup de pot.
 

Bon faut y aller ce coup ci !

C’est quoi ce bruit ? Le portable ! Les livreurs ? C’est aujourd’hui ?

-Oui…
-Ah ! C’est toi !
-c’est quelle heure ?

-Hein ? Je me lève juste, j’ai cru que c’était les livreurs.

-Pourquoi je serais malade ?

-Rien … j'sais pas…trop tard pour le vélo…Faire le marché et me mettre sur mon blog…

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