5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 21:18

Soirée lumineuse.

Pic d'Orhy et mongolfièresL'église du village deuis le baumaAprès les deux jours de pluie sévère, le soleil est là. Ce matin tu négocies avec ton voisin pour qu’il te prête quelques outils, pour rafistoler les vieilles pierres du gîte. Ton copain te téléphone:" on peut être au bauma ce soir vers 18H00 pour l’apéro. Le maçon sera là, avec sa famille."

Belles soirée donc. T’avais amené un peu de bois sec pour démarrer le feu. Les branches que tu recoupes à la serpe (la serpe de ton grand-père, à la poignée gainée de cuir) sont encore un peu humides. Le feu fumera toute la soirée.la tour les mais depuis le bauma

Pour les enfants, c’est comme au square. En plus, c’est le papa qui l’a construit, ils le connaissent le bauma! Donc, c’est récréation du mardi soir.

Avec les enfants, surtout quand les vieux adultes retraités parlent de leur vieil instit, tu penses aux comptines : voilà celui qui l’a dit, voilà celui qui l’a fait…

Ton copain : « tu as vu les montgolfières là bas ? C’est pour de la pub, mais tu devrais faire une photo ! »

Sitôt dit, sitôt fait.

 

Tiens, voilà une vraie différence avec Paris : quand tu fais faires quelques travaux, tu vois le premier jour le patron ou un commercial. Plus tard les ouvriers qui réalisent le chantier sont polonais, marocains, turcs. Parfois ils n’ont pas lu le descriptif des travaux à faire. Le gars, alors s’énerve de ce qu’il n’a pas les outils, les pièces, que c’était pas prévu. Quant tu appelles le patron, c’est toujours le gars qu’a pas compris, "si, si on est bien d’accord sur le travail, on lui envoi les pièces, l’outil spécial et un aide pour les encombrants". Parfois,  ils ont tellement de chantiers à faire qu’ils ne boivent pas un café, ont à peine le temps de prendre un pourboire si tu as sollicité un petit service pas dans le devis. Ils courent tout le temps. Arrivent une demi-journée en retard, cassent des briques et font du ciment plus tard que vingt heures :  Les voisins n’oublieront pas de sitôt que tu fais des travaux ! Pour le chèque, ils se posent. Ils savent te montrer où signer, la case « satisfait » du PV de recette, et s’agacent que tu en fasses une photocopie avec tes réserves. Mais c’est livré-facturé le jour même…

deux mongolfières dans le soir du bauma

Le bauma s’est fait sans toi, sans ton œil scrutant la malfaçon. Coup de cœur en le découvrant. Pas besoin de grandes cérémonies inaugurales. Et cette petite fête ce soir réunissant tous ceux qui y ont contribué, par l’idée, par le choix du professionnel, la réalisation esthétique et de qualité, et bien sur ta petite femme et toi qui  l’avez fait réaliser ! Ça compte aussi !

Voilà quelques photos entre dix neuf heures et la nuit, de ce petit coin un peu plus haut que le village. Du petit pique-nique apéritif, les photos restent entre nous…

pic d'Orhy vu du bauma

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 22:06

 

La tour; elle couvre toute la surface de l’échiquier.

Avec sa diagonale, le fou est hémiplégique.

 

internet haut débit copieCombien d’appels pour ton internet ? Le téléphone s’en fout. « Pour internet faites le choix deux. Votre attente est estimée à moins de dix minutes », les bons jours, sinon : « tous nos conseillers sont occupés, renouvelez votre appel » Le commercial dit que les services techniques sont en charge, le technique répond que c’est en attente commerciale. Bien sur à chaque appel tu changes d’interlocuteur : le tour des plateformes d’accueil te rend fou.

Hier un recommandé, daté du mois d’août, envoyé d’abord à la mauvaise adresse. Faut que tu rendes du matériel sous astreinte. C’est une mise en demeure. Bien sur t’as rien. T’hésites choix un ou trois, non deux.

-         Oui, un retour de matériel, c’est une erreur on s’en occupe

-          Et l’erreur  d’adresse ?

-          Ah bon ?

T’expliques, elle s’en occupe, elle s’occupe de tout.

-         Dites, je ne devrais pas quand même écrire, j’ai confiance mais, comment je peux savoir ?

-         Vous pouvez écrire, mais ça ne sert à rien, je m’occupe de tout.

-         Et pour internet ?

-         Il y a un bug informatique, on a une circulaire, vous êtes dans ce cas, autour du quinze octobre. On vous enverra un mail.

-         Heu ! Sans internet j’ai pas de mail ?

-         Vous avez un mobile ?

 

Tu sens la femme mal à l’aise. Trois jours avant un homme sec t’avait envoyé péter. « Vous avez déjà appelé, on vous a dit d’attendre, alors attendez ! » La défense est solide c’est une tour inébranlable. Incontournable.

Sans la lettre t’aurais pas rappelé. La femme au téléphone est au petit soin, elle dit oui elle fait tout. Pas la brusquer surtout : revalider les adresses, les courriers, les dates, le mobile. Bien lui dire qu’on comprend, que dans l’informatique il y a des bugs, et qu’avec le nombre de clients ça fout la pagaille. Tu sais que ça prends du temps pour rattraper les conneries du bug. Elle remercie.

Tu raccroches.

T’es pas dans la merde…

 

Tu te rappelles qu’un de tes fournisseurs te recevait dans la salle de travail de ses développeurs : ils avaient écrit sur le tableau blanc : « IL N’Y A PAS DE PROBLEME, AUSSI COMPLIQUE SOIT-IL, DONT UNE ABSENCE PROLONGEE DE SOLUTION NE VIENNE A BOUT. »

 

Tu l’avais vécu : une semaine de panne générale sur un changement de version…

 

Envoyer des petits posts depuis l’iphone  ne marche pas bien. Tu dois reprendre les photos, elles sont minuscules, t’as pas accès aux accentués, et tu ne peux administrer le blog. Faut retrouver un modem à la papa d’avant l’an 2000….

 

Le moyen âge, comme ta tour.

 

P.S. : bonheur, mercredi soir des jeunes tapaient la pala à la tour !

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 17:05

image0-2010-09-25-17-08-58-GMTPlus d' une semaine sans internet. Je pourrais monter en haut de la tour de cette bastide et agiter les bras, peut-être l'absurdité du geste fera rire l'orange. Au moins je serais visible... Le fronton au pied de la tour de Gaston - Phebus est désert. Seules des voitures occupent la place. Les colombes sonorisent l'espace. Où sont les jeunes? Tu rentres de Bayonne la ville était bloquée par les véhicules garés un peu partout, pour le match de rugby. La jeunesse est là. A la manif, jeudi? Ils n'y croient plus... Qui y croit encore? Il n'y a plus que des cortèges de deuil qui accompagnent les derniers acquis sociaux. Une prochaine édition du Robert historique dira que ce mot d' abord utilisé dans le langage militaire pour fuir le champ de bataille, au vingtième siècle décrivait la situation des personnes âgées cessant de travailler, tombé en désuétude le siècle suivant. Les expressions "t'attends la retraite" ou " t'attends le déluge" sont devenues synonymes pour qualifier des personnes inexplicablement inactives. T'appartiens donc à une espèce en voie de disparition.

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 15:44

image1-2010-09-23-13-46-48-GMTTu te ressources sur ton vélo . Deux appels tous les jours chez orange. Si,ça marche, mais votre numéro de téléphone n'est pas le bon! Ah? Et ils te donnent un Numéro et un nom différents des tiens. Ils insistent: tu n' es pas toi, le téléphone que tu utilises dont ils t'ont fait répéter le numéro pour vérification , c'est pas le bon. Si tu ne te trompais pas de nom et de numéro , ça marcherait! Donc il n'y a de panne! On l,appelle pour un vrai pb, au revoir. L'avantage des centres d'appel, c'est que tu peux appeler dix fois, c'est jamais le même interlocuteur: arondes est-il allume? Le modèle de votre livebox? J'en n'ai pas, j,ai un modem, j'ai juste besoin qu' on active mon compte! Votre téléphone ? C'est pas le bon! Alors t'envoies tout ballades, tu te jettes sur ta bécane, et tu te casses les cuisses dans la cote. Heureusement, le vieux pont est la, et mon iPhone capte. Dans la maison qui nous sert de gite, ça ne passe pas!

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 19:11

 

- Alors AlbumRJ, ton blog souffle ses 4 bougies?

- Oui!

- Ah ! Ouais ! T’as pas révolutionné grand chose !

gateau-1.jpg

C’est vrai que c’est un peu personnel. C’est ton initiative, ton chantier, tes souvenirs, et le chaland de hasard qui tombe dessus s’en fout plutôt…

T’as laissé ton blog en dehors des communautés, des chaînes. Tu ne voulais pas qu’il t’échappe d’une certaine façon. Il reste donc à part, sans lien, sans interactivité. Et chaque fois qu’il faut renouveler l’abonnement tu te demandes pour quoi faire ?

Ta première idée, c’était un blog plutôt tourné vers ta famille, les émotions retrouvées au travers le regard neuf sur de vieilles photos. Cela restait moins efficace qu’un diaporama transmis par internet ou CD. Un autre élan est venu de la mise en ligne des souvenirs de voyages récents, de ce que les participants ont apporté leur contribution soit photographique, soit simplement en faisant connaître le blog.

Le petit décollage est venu d’un petit sujet qui m’était venu comme ça : « la fée Yoeve », deux femmes, peintre en décors, qui luttent contre les tags avec des évocations à contre-courant .

Les visites les plus nombreuses l’ont été pour le sujet « peindre les araignées », une divagation sur ta peur des araignées et la nécessité de t’y confronter quand tu repeins  des combles ou tu pénètres dans une cave.

Et puis il y a des sujets récurrents visités toutes les semaines : château bijou, les maquettes de Leonard de Vinci au Chateau de  Camou, le Monastère ste Catherine au pied du mont Sinaï, Le baptistère de Florence pour les photos. Récemment les sujets sur l’Islande sont revenus en tête de liste avec le volcan Eyjafjallajökull.

Donc, ce blog finit par être référencé et amène chaque jour sa part de visiteurs habitués ou pêchés par un moteur de recherche. Mais il s’essouffle, et toi avec. Pas seulement parce que des petits pièges technologiques t’ont fait remettre l’ouvrage sur le chantier de nombreuses fois, et tu jurais à quoi bon ! Maintenant aussi parce que la description de tes ballades devient répétitive, et tu ne peux renouveler les sensations que tu y vies, ce sont toujours un peu les mêmes et c’est pour ça que tu y retournes. Mais ces petits bonheurs faits d’une lumière, d’une suée, d’une couleur, ou d’une lassitude vaincue sont de plus en plus difficiles à gagner. L’habitude du bonheur, la certitude de le trouver là, dans cette rando, dans cette photo, dans cette rencontre n’insinue-t-elle pas le désamour ?

Dans les infos du jour qui retardent ton engagement dans un nouveau challenge, il y a la fusion de l’hébergeur « over-blog » avec un autre « réseau social ». Les derniers changements il y a plus d’un an ont entrainé un affaiblissement de ton référencement, le risque est que la visibilité du blog se réduise encore. Faut-il entrer dans la logique des réseaux sociaux ? ça ne te concerne pas ! Mais découvrir le matin que quelques dizaines d’inconnus ont parcourus cent ou trois cents  pages de ton blog te donnait du tonus, l’envie de chercher une autre idée, et l’énergie pour alimenter le flux du blog. Là, tu es en grand écart par rapport à la logique du blog : surfer sur l’instantané, le buzz. T’imagines bien que l’article sur « les beignets de mirabelles » de ta mémé, ça ne « buzze » pas du tout !

Il y a aussi l’angle sous lequel tu abordes tes sujets, toujours l’émotion évènementielle, l’anecdote mais agrégées par le souvenir et décantées. Pas de cri ! Quand tu visites les pyramides d’Egypte, sauf à recopier un guide touristique, t’es pas très érudit, pour toi, le voyage d’abord, c’est pour découvrir, c’est le ressenti, la « connaissance majuscule » c’est pas ton truc. Ça finit par te brider. Il y  des sujets entamés que tu n’achèves pas, d’autres que tu bâcles de guerre la sse, et ça se sent. Un visiteur trompé ne revient mais. Rester authentique est un impératif. C’est moins simple qu’il n’y paraît. Il faut contrôler.

Il faut donc se renouveler. Mais comment ? C’est la réponse à cette question qui fera de cette cinquième année du blog « L’ALBLOGRJ » une nouvelle année ou la dernière…

 

Ci dessous un petit tableau si tu veux voir l’évolution au fil du temps.

 

 ballade-au-pont-de-l--union-copie.jpg

La fée Yoeve

chateau bijou - le cloitre

Château Bijou

31-scie-hydrolique.jpg

Chateau de Camou :  Les  maquettes de Leonard

ste-catherine-13---vue-d-ensemble-des-batiments.jp

Monastère ste Catherine au pied du mont Sinaï

Le-baptist-re---florence-3-2.jpg

Baptistère de Florence

eyjafjallajokull 100-4157-a.jpg

Islande : Eyjafjallajökull

 

Peindre les araignées

m-m--09-1964.jpg

Les beignets de mirabelles

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 21:32

 

Quelques images de la manif cet après-midi à Paris

 

Peu de choses à dire sur le déroulement de la manif. Sinon que le monde qui défilait était bien plus nombreux qu’en mai. Peut-être 3 ou 4 fois plus. A cinq heures, la place de la République n’était pas encore vidée du deuxième défilé.

 

manif 07-09-10-12Donc quelques images de témoignage et de soutien.

Mais les parisiens et les franciliens étaient sur le boulevard entre République et Nation

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 15:21

Donc ce dimanche 28/08/10 on profite du programme de la Villette.

 

la-villette.jpgOn y a passé deux heures. On aurait pris plaisir à en écouter d’avantage, mais le niveau sonore des groupes est tel qu’après 20 minutes de musique trop « électro », à trois ou quatre mètres des baffles, tu n’en peux plus. Quand tu penses qu’il y avait des gosses sur les épaules du papa, qui se bouchaient les oreilles à deux mains et  voulaient sortir. Là haut, dans les balcons, ça devait être bon. Ma petite femme aurait bien voulu qu’on reste jusqu’à la musique soufi, puis les chansons kabyles, trop tard pour moi !

 

 

 

la-villette-2.jpg

La Casbah Club Chaâbi avec Abdelkader Chaou et Maurice el Medioni, est intéressant. Musique populaire acclamée par les auditeurs. A ce moment de l’après midi, plutôt des familles avec enfants et grands-parents. Il y a des chansons que ta mémoire connaît, même si tu ne sais pas les chanter. La foule présente si !

 

la villette 3

 

 

 

 

Après une petite visite du ministre de la Culture, venu expliquer que cette formidable soirée était financée par son budget et organisée par le centre musical de la villette, Le programme allait changer.

 

 

 

la-villette-4.jpgDonc le groupe Mazagan, venu du Maroc prend techniquement possession de l’espace.  Groupe pêchu, des variations qui mêlent le moderne et le traditionnel. Un violoniste qui se la joue afro-américain, d’un rythme d’enfer, un chanteur qu’a du souffle en restant mélodique. Un régal. Je vais renouveler ma discothèque !

Surtout pour pouvoir régler le son !!!

Quel dommage le niveau en DB quand tu es debout à 5 mètres de la scène ! Tu ne peux pas tenir…

 

Fin de soirée au soleil couchant devant une dernière bière, regardant défiler les mondains, Comme cet ancien ministre de Mitterrand, accompagnant des personnalités du Maghreb. A l’évidence il n’a plus d’ambitions au  PS.  Ceux là avaient leurs  places réservées au balcon, à bonne distance du « feu de l’action »…

 

Mais les groupe entendus étaient vraiment des bons !

 


Ramdam la Villette
envoyé par albumrj. - 
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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 14:24

 

En pédalant entre Vaudeurs et les Sièges

tu réfléchis à cette valeur familiale : le jardin !

 

entre Vaudeurs et les sièges-16Comment veux-tu faire des kilomètres sur ta bécane ? Ton moteur, c’est l’évocation de tes souvenirs par la rencontre du paysage. Il n’y a pas un ciel, pas un chaume qui ne t’arrête par un besoin de contemplation.

Ce petit coin de l’Yonne, entre Vaudeurs et Les Sièges, tu l’as déjà vu. T’es passé plusieurs fois en VTT, parfois dans les chemins entre les terres agricoles, parfois dans les sous-bois de la forêt d’Othe. Mais là t’es seul, ton frère est aux anti-bio, pas de jeune qui t’accompagne, le vieux VTTiste est dans une flânerie cycliste. Fait-il gaffe aux voitures ? Il n’y pense pas, il est happé par le ciel.

En haut des petites cotes qui agrémentent ton effort et donnent du relief à ces paysages, la lumière te subjugue. Le sienne de la terre, le bleu du ciel, le blanc des nuages font vibrer des couleurs de fin d’été qui te vont droit au cœur.

 

Tu viens de laisser ton frère à son jardin : Les rates, les blettes, les cocos roses seront au menu. LE JARDIN ! Tu cherchais encore une valeur de l’héritage de tes parents et grands-parents : Le Jardin. Tes grands-parents, ce jardin, c’était vital. Faire des conserves c’était l’été le seul moyen de préparer l’hiver et de pouvoir manger. Quand les haricots donnaient, c’était le menu du midi et du soir et quatre bocaux pour l’hiver. Le grand-père se levait vers cinq heures. Il cueillait au fond du jardin ou dans le champ de louviers où il allait en montant sur son vieux vélo « Terrot ». A la fin de l’été, comme en ce moment, les grains se formaient. Il y en avait deux sortes, les cocos roses : la cosse est veinée rose, les grains sont blancs avec ce petit rappel de roses. A la cuisson, ils peuvent devenir blancs ou bruns violacés. Cuits frais leur peau est fine, ils se mangent comme un dessert. Les Soissons sont gros, verts, leur peau est plus dure. Ils se conservent en séchant, s’il n’y a pas trop de petits vers…

Moins de dix ans après leur mort, ton père refaisait vivre le jardin. La nécessité des conserves pour se nourrir n’était plus la même. Restaient la satisfaction de ce que tu avais produit, et le bonheur des saveurs fraiches de l ‘été.

 

C’est ce bonheur que ton frère fait vivre. Pendant trois jours, chaque repas est un festival de saveurs gourmandes directement issues du jardin, cueillies  le matin. Alors, c’est vrai, le mois de juin est celui du travail du jardinier patient, et l’été celui du jardinier gourmand ! Tu lui proposes d’être ton « AMAP », mais non, le jardin reste un plaisir et son extension le ferait tourner en corvée.

 

La dernière année où ton père avait fait le jardin, après trois semaines à l’hôpital pour des soins sérieux, il n’avait marché que quelques minutes tous les jours. L’ambulance le ramène allongé à sa maison où tu t’apprêtes à l’aider à monter l’escalier et qu’il puisse se reposer.

Il veut faire un tour, voir son jardin. Tu l’accompagnes. Quand il voit le murier chargé de baies noires, il t’écarte, prend l’escabeau et appelle ta mère, elle aussi de retour d’un court séjour à l’hôpital. L’escabeau s’enfonce dans la terre meuble, il vacille, mais ton père monte regardant haut  les plus belles branches. Il cueille, et presque sans regarder, il lâche sa poignée dans le panier de rotin que ta mère lui tend avec peine.

 

Nos oncles de Chagey, d’Héricourt, de St Valbert faisaient aussi leur jardin. Il y avait les framboises, les radis noirs, les cotes de blettes, les rutabagas. Chacun sa spécialité. Bien sur, il y avait nécessité.

Mais en plus le bonheur de partager. Car le jardin produit d‘un coup et le partage est essentiel à ta satisfaction de ce que tu as récolté.

Sur ces trois générations de « jardiniers », ton frère est le dernier. Qui saura reprendre la bêche ? Qui saura garder en vie ces savoir-faire, ces saveurs ?

 

Ta ballade en vélo t’a fait rêver. Tu repasses l’après midi faire quelques photos. Un petit village, Vaudeurs, te donne de la matière.

 

  Voir aussi: Partie de Campagne, partis de Paris

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 13:57

Coups de cœur, coups de griffes sur le quartier de la Chapelle

 

quartier de la chapelle-22Tu descends vers onze heures au sous-sol prendre ta bagnole. Au moment d’ouvrir la porte, tu réalises que tu marches sur du verre. La voiture du voisin fracturée, tu regardes la tienne sans rien voir, toutes les autres autour sont cassées. Pourquoi t’auraient-ils épargné ? Voiture ouverte, tu comprends qu’ils sont passés de l’autre coté. Tu téléphones au voisin et nous voilà en ribambelle faisant la queue au commissariat.

T’es pas rentré chez toi que la police te rappelle, il faut que tu conduises ton véhicule à la plateforme technique. Un coup de plumeau ici et là, pour te dire qu’il n’y a pas de traces.

Ta journée est naze, t’es furieux, tu décides de faire un tour de quartier, et matraquer par des  photographies choisies, ce quartier de merde…

Au métro par exemple ces femmes qui vendent des maïs depuis leur caddie fermé, et ces avocats d’on ne sait où, posés sur un carton, la femme « Rom » par terre qui attends depuis trois ans avec son fils qu’on lui donne quelque chose…

T’es remonté, tu vas photographier ta colère.

Devant ton immeuble le boulanger est en vacances. Ses poubelles sont vides. Deux femmes traversent la rue, une d’origine asiatique, l’autre « Rom », elles tirent chacune leur bambin, deux-trois ans, contournent le square à toute vitesse et se jettent sur les containers que  l’employée vient de sortir. Bousculade ! la jeune asiatique réussit à capturer deux poubelles, bascule les couvercles en se déplaçant, fait obstruction avec son dos, cale le bambin derrière. Le couteau est prêt, les sacs plastics sont éventrés, les contenus triés, et la récup tombe dans un petit cabas. Les sacs ouverts gisent par terre, elle fouille plus profond. Cette jeune femme, une trentaine d’années à peine, tu l’avais déjà vue. Au printemps elle coupait les feuilles des pousses de roses trémières plantées devant l’entrée. Devant mon regard étonné, elle m’avait fait comprendre que c’était pour les tisanes…

T’as plus de colère, ou plutôt plus la même. C’est chiant de se faire casser l’auto, mais dehors de chez toi les problèmes sont autres…

Alors tu changes ton regard. Tu pestes contre la saleté abandonné un peu partout. Parfois le couchage d’un squatter attend d’être récupéré. Les « encombrants » passent tous les jours et nettoient sans état d’âme. Puis tu observes ta ville diverse, pleine de couleurs, de vie. Comment tout ce monde vit-il là sans que les frictions inévitables ne deviennent insupportables et ne dégénèrent plus souvent ?

Les trois squares sont répartis : un pour les tous petits, un pour les enfants plus grands et quelques personnes qui prennent un peu l’air autour de la fontaine de l’Albien. Enfin, le dernier, sous les murs roses aux éléphants, abandonné aux SDF résidents du quartier depuis plusieurs décennies…

Devant le « primeurs », une voix t’interpelle : « pourquoi vous ne photographiez pas ma boutique de face ? » Tu te retournes, photographies l’étalage tout en couleur, et fait deux trois gros plans du maître des lieux. Il t’écrit son adresse sur un ticket de caisse pour que tu lui envoies les photos.

« Pas de problème, je repasse dans une heure . »

Tu choisis un beau papier A4 semi brillant, imprimes la photo de l’étalage : super ! les portraits aussi. Une grande enveloppe, un intercalaire pour que ça ne tache pas, et tu redescends.

Quand il voit ses photos il est aux anges, appelle ses copains, on échange les identités et me demande si je connais Djerba. Non ! Il est de là, il va te ramener de l’huile d’olive aux prochaines vacances. Au  mois d’août, les commerçants du marché de l’Olive sont en congés, du coup, tu passes tous les jours le voir : il y a toujours une affaire dont il veut te faire profiter. Tu ne te laisses pas faire, non ! Tu es convaincu…

 

Cet homme a chassé ta colère, mieux qu’un thérapeute.

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 21:53

Guinguette exotique et déjeuner sur l’herbe

dans la nouvelle tradition cosmopolite.

 

Vingt deux heures ce soir quand t’allumes ton PC. T’as passé une bonne journée, fais ta première tarte aux mirabelles de lorraine, et promené ton caméscope à la Villette.  Tu sais que l’été, le long du canal c’est tous les jours la fête. Un dimanche, en plus un premier août, tu mets ni la radio, ni la télé. Pas de téléfil (pléonasme) qui t’attache à ton  socle rationnel d’infos déprimantes. Un peu de légèreté…

Donc, ton pc démarré, t’affiches tes journaux favoris sélectionnés dans tes onglets ‘firefox », le premier, c’est « le monde ».

Et là, tu prends ta douche d’acide. Les trop pauvres à qui on va chouré les « allocs », en plus on va les entôler si leurs gnards font trop de conneries. Et si ils sont encore plus pauvres que les trop pauvres, alors on démolit leurs cabanes en récup de palettes, et vieux plastiques.

Quand on pense à la thune larguée dans les vaccins à la con, il y avait de quoi loger quelques sans abris. Mais les vaccins, c’était pas pour les protéger eux !

Alors, quand tu te promènes sur les pelouses à la Villette, que tu vois tous ces gens vivre tranquillement, se côtoyer  sans regards soupçonneux sur « l’autre », tu te demandes où nos responsables politiques sont allés chercher leurs idées funestes pour attiser les haines.

Lequel serait capable encore de déjeuner sur l’herbe en « manches de chemises ».

Bien sur le coté guinguette avec les musiciens en burnous et babouches, nous fait oublier l’accordéon de notre chère Yvette. Tout le monde danse néanmoins, frappe dans ses mains et applaudit la danseuses si pale dans ses voiles noirs et l’acrobate cracheur de feu.

Le bonheur et la cohésion sociale ne se retrouveraient-ils que dans cette cour des miracles improvisée ?

Lundi on retrouve son boulot de misère, on fait face à l’autre réalité, la plus dure, celle d’un pouvoir qui n’aime pas les gens, surtout les pauvres, les exclus.

 

 

 

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