1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 18:02
Egypte 2004 (22)
La nuit à Louxor

Ce dimanche 21 novembre nous en avons vu des monuments. Aujourd'hui, quatre ans après, mes notes sont confuses. On vient juste de rentrer du Ramesseum, une petite douche sur le bateau, le Queen of Hansa, et c'est déjà l'heure du souper. Ce soir pas de conférence. C'est Louxor by night. A raison de cinq ou six sites par jours, que reste-t-il ?

D'abord, nous sommes des « princes ». En felouque, en bus, sur le bateau, des gens pleins de sollicitude qui nous évitent les embuches. Nous sommes doublement des « princes », car nous ne sommes pas harcelés par des quémandeurs, comme nous avons pu le voir ailleurs. Surement, le marché est « contrôlé », mais nous ne le sentons pas. A quai à Louxor, peut-être 40 bateaux, tous plus cossus les uns que les autres. Quand nous revenons de ballade, le Queen of Hansa est en quatrième file, cela veut dire que nous devons traverser trois bateaux avant d'arriver au notre. C'est surveillé, mais « facile ». les affiches sur les « précautions » sont présentes, mais rien de pesant, presque naturel...
La chambre est toujours faite, et les « garçons de cabine », s'amusent à confectionner des figurines avec les linges de toilette sculptés comme du carton.
Cela fait plusieurs jours que nous sommes à quai à Louxor, mais nous n'avons pas encore eu l'occasion d'y poser le pied. La nuit nous renvoie les lumières de la ville illuminée. Les colonnades, les mosquées, les grands édifices (Hôtels ou « Club Med ».) Ce soir c'est le « jour ». Une autre visite est prévue demain, ce sera une autre histoire.

Vingt et une heure, c'est un moment doux. Souvent le vent balaye la vallée, et il faut un petit pull. Là, il fait doux. Nous marchons dans la nuit illuminée, en regardant intrigués, la foule compacte qui se déplace serrée entre les colonnes des temples. C'est à nous. Contrôle de ceux qui ont un pied pour l'appareil photo ; il y a un supplément. En même temps que la douceur du soir, tu ressens la présence, le bruit de la foule. Pas un endroit où tu puisses te poser, regarder, attendre, peut-être rien, juste que la pierre te parle...
Mais là, ils sont trop ! Les flashes te pètent dans les yeux, comme si les hautes colonnes de plus de 10 m de haut pouvait être atteintes par la lumière des flash microscopiques. La guide essaye de dire trois mots, mais que comprendre quand elle dit : « à droite de ceci, à gauche de cela ». Les éclairages au sodium, nous font passer de l'obscurité « des creux » à l'orange des statues « en relief ». Les ombres sont profondes. Les lumières éblouissantes. Tu as passé la journée plein soleil, et là, les contrastes te font sursauter. Et la foule. Toujours plus pressante.
A force de tourner, la tête levée vers les chapiteaux des colonnes, où somme-nous ? Tête en l'air, lumière crue, tu oublies où tu mets les pieds, dans l'ombre.
Sur les photos, j'ai mis des titres. Suis-je sur ?
Les jambes étaient trop courtes de trop de fatigue, mais l'émotion était là, dans chaque recoin d'ombre ou dans le plein champ de la lumière.
Je sais que j'y retournerai. Je resterai là, à Louxor, sans courir, presque sans bouger, juste pour suivre dans mon imaginaire la longue promenade jusqu'à Karnak. Trop merveilleux.

précédant: Ramesseum

Début: arrivée au Caire


 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 13:56
Egypte 2004 (21)
Ramesseum
Ce dimanche 21 novembre est bien rempli. Nous voici maintenant devant le Ramesseum. Temple funéraire de Ramsès II. Ce qui frappe d'abord, c'est l'immensité du site et le nombre de personnes qui travaillent sur les fouilles. Il y en a un peu partout, depuis les tailleurs de pierre, jusqu'à des porteurs de gravas. Une vraie fourmilière. Sur la vidéo, j'ai mis en valeur une petite séquence où une dizaine d'hommes tirent une pierre en la faisant glisser sur du bois. Je ne m'étais pas collé dessus, mais on entend assez bien leur chant pour s'encourager. Combien de mètres ont-ils fait ce jour là, je ne sais. Il fait assez chaud, il y a du vent et de la poussière.
Comme le montre les images, le temple n'est pas en très bon état, et les plus belles statues colossales sont à terre, brisées. Le temple était entouré de bâtiments annexes en briques, je n'en sais plus la fonction. Il devait y avoir aussi un palais et des fortifications. Tout cela a souffert. Il reste un site remarquable, implanté dans ces montagnes du désert.

Précédent : Hachetpsout
Début: arrivée au Caire
A suivre: la nuit à Louxor


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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 15:02

Argentine (10)

Quilmes - Cafayate


Quand nous quittons la gorge du diable et son bel amphithéâtre, nous n'imaginons pas quels paysages nous allons encore traverser. Bien sur nous réclamons l'arrêt photo ! Monica hésite, le restaurant est prévu pour treize heures, nous n'y serons pas...



Sur l'image Google Earth que j'ai mise dans l'album, tu verras les points de passage de cette formidable vallée de las Conchas.

Bien sur, le restaurant nous accueillera avec le sourire, même avec plus d'une heure de retard. Nous arrivons à Quilmes un peu plus tard. Le temps est hésitant. On s'encombre des blousons de pluie. Passionnant de découvrir ces constructions en  « pierres sèches», le rôle des cactus, seul élément de charpente et qui déterminent donc la dimension des maisons.

Cette ville fortifiée compta jusqu'à plus de deux cent milles habitants. Les Indiens Calchaquis étaient des agriculteurs. Ils avaient expérimenté diverses cultures et tester par ces jardins en terrasse ce qui poussait le mieux. Ils furent aussi les derniers à résister à l'invasion espagnole.

Notre guide a comparé le site à Sacsayhuamán  au Pérou. Je n'ai pas eu le temps de retrouver mes vieilles diapos, mais c'est plutôt économiquement et militairement, car la forteresse est toujours debout, et ses hautes pierres de plus de deux mètres de haut n'ont rien à voir avec cet empilage de pierres sèches.
Il y avait une petite colline à gravir pour voir le site. Nous n'avons été que deux à le faire. Le temps gris, et les 20 mn chronomètre en main accordées. Ça m'a fait du bien de courir. Je n'ai rien du cabri, mais ces heures de bus abrutissent.
Notre arrivée à l'hôtel à Cafayate fut un de ces instants  de mauvaise humeur collective, comme seuls les voyages en groupe savent les générer. Au dernier moment, notre hôtel, prévu à Quilmes même, au pied des ruines a été annulé. L'agence nous a repliés sur un petit hôtel à Cafayate. A notre arrivée Monica annonce notre départ à 6h 30, le lendemain et demande à la réception un petit déjeuner pour notre groupe,  à 6 h 00. On tombe des nues ! L'hôtel n'avait pas été prévenu de notre horaire de départ. Il ne peut préparer le petit-déj. Et là, cris de toutes sortes :  « quoi ! Qu'est-ce que c'est ! On ne peut pas partir sans petit-déj ! Pourquoi partir si tôt ? Et puis nous! On ne veut pas partir sans manger ! »
Le réceptionniste, patient, fait face à la horde, explique qu'il n'a pas été prévenu, que c'est dimanche et férié, qu'il n'a pas ce qu'il faut, ni le personnel pour préparer. C'est là qu'une des femmes du groupe, bien au-delà de soixante cinq ans, s'approche, lache ses valises roses, et entonne d'une voix vibrante : « Nous venons de loin, nous faisons de gros efforts pour découvrir votre pays, votre peuple, votre culture, et c'est comme ça que vous nous recevez ? C'est incroyable ! »
Elle me met sur les fesses, celle là. Je lui envoie que partout, les hôtels ont des horaires pour le petit déjeuner, et que si l'organisateur du voyage n'a pas fait son travail en le prévenant, le réceptionniste n'y est pour rien, et que ça ne sert à rien d'élever le ton de la sorte. Oh ! La grosse colère de la dame ! « Comment pouvez-vous  me donner tort devant ces gens là ! »
Les voyages forment la jeunesse! Mais, parfois pour le troisième âge en trois étoiles, toute l'éducation reste à faire...
 
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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 22:33

Argentine 9

Les vallées Calchaquies- La Quebrada de las Conchas-Les gorges del diablo- Tres Crocès

 

Quand nous avons commencé ce voyage en Argentine sur l'AlblogRJ, j'avais mis une diapo de « Google Earth » pour montrer les 4 grands thèmes géographiques que nous allions parcourir. Le Noroeste, nous permet de découvrir trois grandes villes, Salta notre base principale où nous avons atterri, Cafayate où nous dormirons ce dimanche 24 février, Calchi enfoncée dans sa vallée. Nous avons parcouru presque d'une traite la Qebrada de Humahuaca, nous irons un peu plus tranquillement dans cette journée, et pourtant que de sites merveilleux, lumière et couleurs nous sollicitent à tout moment.

 


Après une nuit normale et bien reposante à Salta, nous sommes avant huit heures ce dimanche matin à déambuler dans les rues. D'abord pour découvrir la place du 9 juillet, son hôtel de ville, puis ensuite la cathédrale dont l'intérieur est une splendeur d'ornements. Une photo volée pendant la cérémonie religieuse. D'autres que moi n'auront pas résisté non plus, mais ils auront la maladresse de déclencher leurs flashes et de faire du bruit. Notre guide Monica récitait les prières en nous faisant « chut ! »

Ensuite l'église San Francesco, dans la tradition coloniale. Et enfin, l'heure d'entrée au musée Archéologique de Haute Montagne. Rien à voir avec un conservatoire des accessoires pyrénéistes ! Non ! Cela permet une approche documentée des peuples des Andes qui vivaient entre 5000 et 2500m d'Altitude. Et principalement les Incas qui avaient fini par soumettre les différentes tribus des indiens Diaguita. Ils peuplaient ces vallées qui communiquaient avec le Pérou. C'est aussi par-là que passeront les conquistadores. Ça n'avait pas du être simple, car les guides disent que le terme calchaqui vient de la langue inca et signifie bravoure. D'ailleurs les conquistadores déporteront plusieurs dizaines de milliers d'Indiens....

Donc, au musée, le choc, c'est de regarder ces corps d'enfants momifiés par le gel des sommets des Andes, découverts très récemment par des archéologues vraiment montagnards. Sur les flancs du Llulaillaco, un ancien volcan, sommet à plus de 6700m, ces momies sont appelées les « Ninõs del Llulaillaco; elles sont conservées dans des vitrines réfrigérées dans les mêmes conditions qu'où elles ont été découvertes. Ils ont retrouvé aussi des ornements, des objets rituels, tout est mis en perspective. C'est vraiment passionnant. Ces sacrifices étaient faits dans l'esprit de la continuation de la race, la régénération des esprits, des êtres. Inattendu et fort.


Nous descendons la vallée de las Conchas,  le long du Rio de las Conchas. Nous sommes sur la route 60 et nous nous dirigeons vers Quilmes. Comme nous avions protesté la veille sur le peu d'arrêts pour profiter des paysages, malgré la longueur de l'étape du jour, quand nous disions « photo ! » Les chauffeurs s'arrêtaient. J'ai eu du mal à choisir. Donc, un premier aperçu de la vallée, ensuite nous découvrirons les gorges du Diable et son amphithéâtre. Là, c'est vraiment saisissant. D'un coté des collines rouges brique, de l'autre ses gorges minérales et plissées qui forment une sorte d'amphithéâtre naturel, utilisé pour des manifestations artistiques. J'ai conservé sur la vidéo le musicien « typique » qui apporte un peu d'humanité à ce décor surprenant.

Enfin une dernière sélection de photos près du village de Tres Crocès. Une petite bute au bord de la route domine le Rio de Las Conchas et nous donne un point de vue où la dimension magique des Andes  est présente. C'est pas de tout repos (même en trois étoiles), mais quelle récompense!

 

 

 

Précédent : Le Pulcara de Tilcara

Début: retour d'Argentine

A suivre: Quilmes - Cafayate

 

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 15:00

Argentine 8

Le Pulcara de Tilcara - fin de ballade dans la quebrada de Humahuaca

 

Notre long retour de Humahuaca vers Salta nous amène devant le monument qui permet de vérifier le passage du tropique du Capricorne au village de Hualcalera. Le 21 juin le soleil est d'aplomb. Bon je ne suis pas sur de savoir vérifier...

Arrivés à Tilcara, nous traversons tranquillement le village au bord du Rio Grande, photographions quelques guanacos. Tiens, je ne savais pas que ces animaux étaient de la famille des camélidés, comme les lamas, alpacas. Sur que ce sont des animaux de bons poils !

 

 

Nous montons un petit sentier sur une grosse bute qui nous mène aux ruines d'une fortification inca. Le pulcara est la dénomination de ce fort. Cela permet de faire encore quelques belles photos des collines, et des premiers cactus que nous avons le temps de contempler. Derrière le village il y a le cimetière adossé à ces collines de toutes les couleurs.

 


Encore quelques longues heures de bus avant d'arriver à Salta. Grosse averse tropicale. Donc pas de photos le soir. Aussi, ai-je mis quelques photos de la ville au petit matin avant de repartir dans notre quête touristique.


Précédent : Fortunato de Humahuaca

Début : retour d'Argentine

A suivre :Les vallées calchaquies

 

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 21:30

Florence (6)

La nuit à Florence, de San Spirito à Santa Croce, lente promenade.

 

 

Ce premier janvier, nous redescendons tranquillement de San Miniato. Le soir nous trouve sur les bords de l'Arno près de San Niccolo, et nous allons déambuler en contemplant les lumières qui basculent du  crépuscule à la nuit. Nous  dépassons le Ponte Vecchio et allons malgré le froid qui commence jusqu'à la petite place Santo Spirito. Un petit tour dans l'église, et une petite halte à observer les mouvements sur la place. Sur que l'été il doit y avoir un monde fou. Pour traverser l'Arno nous allons jusqu'au pont « Alla Carrata ». On pousse tout droit jusqu'à Santa Maria Novella..  La ville cette nuit est calme. Même s'il y a encore beaucoup de gens qui vont d'un pas pressé, souvent encombrés de paquets, rien à voir avec l'ambiance de la veille excitée, bruyante et arrosée même dans les rues.


Le froid est là. Petit détour par l'église San Lorenzo et sa construction en brique, avant de faire un petit repas soigné chez Gustav Vino. Vraiment original au niveau cuisine, choix de vin qui pousse à en gouter trop. Dommage l'espace un peu restreint. Avant de retrouver l'hôtel, marche digestive jusqu'à San Croce. Le froid s'active, et ma petite femme trouve que nous avons beaucoup marché ce jour là. En repassant devant la plazza de la Signoria encore quelques photos...Quand on se couchera, on aura marché plus de dix heures. Mais je suis comme un papillon, attiré par toutes ces lumières...

début: le voyage à Florence

précédent : San Miniato al Monte

A suivre: les Cantories

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 14:13

Argentine (7)

Fortunato de Humahuaca

 

 

 

Quand tu visites, tu photographies, tu filmes, tu ne sais pas toujours sur qui, sur quoi, tu tombes. Tu as été amené là par ton opérateur de voyage. Tu sais que tu va voyager dans la Quebrada de Humahuaca. Tu pestes parce que des sites qui te paraissent merveilleux passent sous les vitres du car, sans te laisser t'y poser. Là, tu penses que t'as mal choisi ton voyage, si tu ne peux rien saisir dans tes souvenirs, dans ta carte mémoire jpeg, dans ton disque dur mpeg, autant laisser aller ta colère. Ce que je fis sans retenue. Je t'ai raconté hier, presque par dérision le menu de ce que nous avons mangé dans ce qui fait office de restaurant à 1km du centre ville de Humahuaca.


Je t'ai montré le monument aux héros de l'indépendance. Mais en revisitant mes notes, écoutant dans le calme (j'ai du le faire une dizaine de fois) le discours en français de Fortunato Ramos, relisant ses poèmes, je suis encore frustré ! Comme je ne comprends pas l'Espagnol et que je suis concentré sur ma prise de vue ( des moqueurs diront un peu coincé), je n'avais « imprimé » dans ma cervelle rebelle que quelques images sur son passage en France, et qu'il était instituteur.

Quand tu regardes l'immense statue de L'Indien surmontant le monument de l'indépendance, que tu vois l'homme en face de toi, tout d'un coup tu réalises que le héro est là, devant toi, acceptant de signer disque et livre « affectueusement », alors que tu l'as matraqué pendant une plompe avec ta technologie.


Je devais être si visiblement lourdingue, qu'il vient un instant vers moi et me tend un livre, qu'il ouvre à une page et me dit quelques mots en espagnol. Tu me connais, tu sais comment je comprends vite tout de travers, et au lieu de  lire un peu simplement le titre d'un poème en haut de la page, je me mets à le lire, à ma façon. La guide m'arrête et Fortunato commence dans sa langue. Tu te sens vraiment con de n'avoir pas compris le génie de l'autre. Car  il est là, présent, incarné. Quand tu suis le récit, lui dans sa langue, moi dans la traduction, l'émotion t'étreint, les larmes te viennent. Pas de misérabilisme, non ! la simplicité, la beauté, la vie rude du petit enfant jeune berger, et déjà « Homme ». La voix présente, sans être poussée, fait vibrer l'espace et transmet des images qu'aucune technologie ne saura saisir. Rappelles toi, certaines complaintes des montagnes Pyrénéennes ou Basques. Ou simplement les petites chansons qu'on fredonne ensemble, un soir, autour d'un feu, allongés ou assis dans l'herbe jeune, à la fin juin dans la douceur du soir.

 

 

 

 


Quelques lignes du poème  de Fortunato Ramos:

 « Je n'ai jamais été enfant »


Mon sourire est sec, et mon visage sérieux,

Mes épaules larges, mes muscles sont durs,

Mes mains gelées par le froid cruel,

Je n'ai que huit ans, mais je ne suis pas un enfant,

Derrière mes brebis, je marche par la montagne

Et chargé de bois je descends jusqu'à mon refuge

Pour attiser le feu, et tresser ma corde,

Et je n'ai pas le temps pour être un enfant.

...



C'est la traduction des premières lignes de son poème :  « Yo nunca fui niño » (traduction de Maria de Las Mecedes Pagano) .

Le « descendant » des Omaguacas, l'instituteur qui enseigne la tradition et l'innovation, qui parcourt les villages entre 5000 et 3000m des pré-Andes,  puise dans les profondeurs de son âme les vibrations qu'il restitue à l'extrémité de son « Erque », telles que la tienne résonne et se gonfle. Le talent de l'Artiste a transformé ce qui aurait pu devenir un voyage fatiguant en un de ces courts moments de bonheur, qui te donnent décidemment envie de revenir.


Je ne sais pas si il y a des disques en France, j'en ai acheté un là bas. C'est bien plus que  la musique traditionnelle des Andes. Paradoxalement, la profondeur du « Erque » rejoint celle des trompes des moines tibétains qui étaient passés aux « Bouffes du Nord » il y a quelques années. Et ce n'est pas que du surf sur les événements d'aujourd'hui. Le petit livré acheté là bas : « Collas de la Quebrada de Humahuaca », est une perle rare.

Encore merci Fortunato Ramos.


Précédent : Huamahuaca

Début : Retour d'Argentine

A suivre : La Pulcara de Tilcara

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 18:29

Argentine (6)

Humahuaca au fond de sa Quebrada

 

 

Nous suivons toujours la route N° 9 vers le nord de la quebrada de Humahuaca. Le bus fonce le long du rio Grande, et nous regardons défiler impuissants, villages et montagnes aux couleurs fantastiques. L'horaire est serré. Nous sommes attendus dans un restaurant typique. La peña de Fortunato. C'est d'abord typiquement un hangar moderne. Il n'y a que nous. Nous découvrons le repas :

            Empanadas de queso ( pâté en croute au fromage, mais ça ressemble à un gros beignet)

            Tamal (Boule de maïs avec de la viande, cuit dans une feuille de maïs)

            Humita (maïs broyé avec du fromage roulé dans une feuille de maïs)

            Choclo con queso (épis de maïs au fromage)

            Cazuela de Cabrito (ragout de chèvre)

            Cayote con nueces (charlotte aux noix)

Quand on est comme moi, allergique au fromage, il faut savoir sauter les plats, et se faire plaisir avec le ragout et le dessert. C'était plutôt sympa, malgré le cadre.

Il y avait une animation à la « flute des Andes » par un groupe de quatre jeunes, formés par leur instituteur. Il avait voyagé en Europe et notamment en France avec un groupe de musicien; il savait quelques jolis mots de français. Fortunato Ramos. Je lui dédierai mon prochain sujet.


Une fois encore on passe plus de temps à régler les boissons qu'à visiter le village. Le bus nous reprend et nous laisse au pied du monument « aux Héros de l'Indépendance. » Belle composition avec une statue d'un indien de 12m pour proclamer la fin du joug colonial.

 


Impossible de visiter la cathédrale Nuestra Señora de la Candelaria y San Antonio. Juste le temps de trois photos de la façade de l'hôtel de ville (le Cabildo) avec sa tour d'horloge et les 4 têtes incas qui ornent la façade. Ah ! si on avait pu faire une demi-heure de moins de folklore et un peu plus de visite...

C'est qu'on a tellement envie, qu'il faudra y retourner.

Précédent: Quebrada de Humahuaca - Purmamarca

Début: Retour d'Argentine

A suivre : Fortunato de Humahuaca

 

 


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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 11:10

Egypte (20)

Deir-el-Bahari et le temple d'Hatchepsout

 

La veille notre bateau, le Queen of Hansa a quitté Dendérah pour revenir à quai à Louxor. Ce soir là notre conférencier avait cédé sa place à un éminent spécialiste des hiéroglyphes, thème de la conférence. Je t'en ai déjà parlé de ce fameux Gérard ! Il commence par un tonitruant :  « je m'adresse à vous comme à mes étudiants, ceux qui sont venus là en touriste, peuvent sortir de suite, et si vous ne me comprenez pas travailler un peu pour poser des questions ! ». Autour de moi tout le monde était perdu au bout de dix minutes. Comme je m'en étais plaint, et que j'avais revendiqué mon statut de « touriste » il m'avait expliqué que je n'avais pas les pré requis pour comprendre ce que je découvrais au cours de ce voyage. Moi j'en ai surtout retenu, qu'il n'avait aucun pré requis pour cette conférence.

Enfin le lendemain, visite du temple d'Hatchepsout à Deir-el-Bahari. Depuis Louxor, il nous faut reprendre une barque et un car vers la vallée des Rois. En route nous nous arrêtons devant les célèbres colosses de Memnon hauts de plus de 19 m. Puis nous continuons la route jusqu'à l'entrée du site du temple d'Hatchepsout. C'est un endroit un peu magique au milieu des montagnes ocres. Soleil de plomb. Le temple semble appartenir à la terre. Il a été restauré ce qui lui donne un caractère moderne. Il y a trois niveaux -trois terrasses-, des fresques, sculptures remarquables, des piliers à 16 facettes, des rampes d'accès monumentales.

Le site est une petite merveille, il y a un monde fou qui se bouscule. Inutile d'espérer faire une photo cadrée où de faire un bon plan avec ta vidéo. Ça bouge dans tous les sens, les touristes arrivent par vagues, et certains lieux sont quasi inaccessibles. La durée de visite est limitée par les transports et les autres lieux à voir. Dommage. On en sort un peu frustré.

Début : arrivée au Caire

Précédent : Dendérah

A suivre :

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 16:46

Argentine (5)

Salta - Jujuy - Purmamarca par la Quebrada de Humahuaca

 

Sept heures du matin, on s'installe dans l'autocar. Deux chauffeurs, Monica l'accompagnatrice locale et bien sur Sylvie qui va profiter de la longue route pour nous parler du peuplement des Andes. La région où nous allons, la quebrada de Humahuaca s'est peuplée depuis plus de 10 000 ans avant JC par des courants de migration venant d'Asie par le détroit de Behring, et qui ont suivi la Cordillère des Andes.

Mais avant que cette grande histoire de l'Amérique précolombienne commence, ça roupille dans le bus. Il faut dire que deux jours plutôt après une journée de découverte de Buenos Aire, nous passons une soirée agréable à un spectacle de Tango. C'était sympa, mais répétitif, et finalement un peu lassant. Ce que tu aimes dans les automates c'est la perfection du geste animé par le mécanisme. Ce que tu attends d'une danse c'est l'émotion générée par l'expression des corps. Mais quand la danse n'est plus qu'un amoncellement de prouesses techniques dans la réalisation de figures complexes, ou leur  vitesse d'exécution, avec la précision de l'automate, là tu t'ennuies. L'expression se résume toujours à un enchainement de phases : séduction, préliminaires, exitation, domination, fascination, répulsion...Toujours froid et glacé. Vraiment moi, j'ai aimé le tango dans « Assassination Tango », comme un langage capable de bouleverser l'homme le plus verrouillé. Ce soir là, la si belle musique au bandonéon de Piazzolla  ne peut tout sauver.

Quand le lendemain nous nous préparons tranquillement pour le vol vers Salta nous ne savons pas ce qui nous attend. Le bus nous prend à l'heure, et juste avant de descendre au parking de l'aéroport, Doris prend le micro. Elle nous annonce qu'il y a grève. Qu'elle ne sait pas jusqu'à quand, mais elle va trouver une combine pour nous. Elle a l'habitude...Nous voilà parqués près d'une cafétéria, où des centaines de voyageurs bloqués font la chasse aux chaises vides. Installé on n'ose pas se lever ! Les bagages sont entassés sur deux charriots. Trois se relayent pour les surveiller. Doris revient au bout de deux heures. Le vol est annulé. Il n'y a pas de solution. Elle repart à l'Agence, elle a un autre groupe à s'occuper. Quelqu'un viendra...La fin de l'Histoire, c'est que nous arrivons à Salta à trois heures du mat, debout à six pour la route vers la Quebrada de Humahuaca...

Alors la conférence...On en manquera des bouts. Dans cette vallée c'est les indiens Omaguacas qui vivent. D'où le nom de ces  gorges creusées par le Rio Grande. La route N°9 en suit  le profil et s'élève régulièrement. A Purmamarca au WP 309, mon GPS indique 2311 m d'altitude.


C'est là qu'on fait notre première halte pour contempler la « Montagne aux Sept Couleurs »,  « Cerro de los Siete Colores". Bien sur d'où on est, il est impossible de retrouver la vue d'ensemble de cette colline qui décline toutes les nuances de l'ocre au mauve.  Tu entres dans la petite église et tu es fasciné par sa simplicité, sa voute superbe en bois, et tu repenses aux églises basques. Sur le guide il y a marqué « mur d'adobe ».  Adobe pour moi, c'est « photoshop » etc... Bien et ben les briques d'adobe, sont faites d' argile et de tout ce qu'on peut y mettre avant de faire sécher : paille, copeaux de bois, sciure, chanvre ou même des poils d'animaux. Et puis il y a la place majestueuse avec son caroubier multi-centenaire.

 


Ce coup là on en a perdu cinq. Le bus se déplace sans tous les gens du groupe et sans qu'on ait pu  fixer un point de rendez-vous et un horaire avec la petite Monica, notre jeune accompagnatrice. Le début d'une grande embrouille. Mais le spectacle des Andes est là.


Que te dire d'autre ? Qu'il y a eu domination et mise en place d'une organisation sociale par les Incas. Que cette vallée est un couloir essentiel pour le commerce entre Les Andes et les vallées en contrebas. Que la conquête de l ‘Argentine par les espagnols se fera aussi depuis la Bolivie et le Chili par ces couloirs Andins.

Le contraste entre Buenos Aires et la Quebrada de Humahuaca est saisissant.


Précédent : La Boca - Recoleta.

Début : retour d'Argentine.

A suivre : humahuaca

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