12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 00:14

L’empreinte et le mauvais Gaulois.

 

17 image sans empreinte« Vous êtes un mauvais Gaulois ! »

L’invective te bloque. L’homme qui t’avait interpellé, demandé de l’attendre, te plante là ! « Mauvais gaulois ! » Au milieu du pont SNCF de la rue Riquet tu restes pantois, sans savoir quoi penser. La large carrure emmitouflée dans le blouson rouge délavé, le bonnet pointu planté au-dessus de la tête, il te tourne le dos et sa démarche l’instant d’avant si hésitante, le propulse de toute son énergie dans la rue d’Aubervilliers. 

 

Mauvais Gaulois, réfléchis !

Ça faisait quatre jours que tu ne bougeais pas, la neige t’avait tiré de ta mélancolie, fallait que tu dépasses cette gène qui te faisait trainer la jambe. Quand même quelques photos enneigées, te laisser chatouiller par les flocons,  sentir le froid te mordiller la joue. Le cri de la neige qu’on écrase ! C’est vrai, ça, es-tu encore capable de laisser ton empreinte ?

L’autre jour, le collègue qui ne te voit pas, ça t’a surpris. Quand tu déambules, tu vérifies dans les vitrines si tu te vois encore. Transparent au point de n’avoir plus de reflet de vie…

T’entends encore le bruit qu’ils faisaient sur l’empreinte carbone. L’empreinte carbone, c’est invisible, presque fumeux. Toi, tu penses à ton empreinte sociale, depuis qu’ils t’ont débranché du flux du travail, désactivé, satellisé dans la nébuleuse des « ayants droits ». Tu vérifies ta carte d’identité, il y a ta photo, ton empreinte, t’existes sur le papier. Mais si ta respiration, tes gestes quotidiens,  tes envies,  tes petits regrets, ton attention pour ceux qui t’aiment,  ne produisent qu’une « empreinte carbone », tu deviens un polluant, non ? Tu ne produis plus, tu n’es plus visible, en plus ta jambe te gonfle, et tu dois faire gaffe à ton empreinte !

 

Mauvais Gaulois, pourquoi  te trouves-tu là ?

T’avais gouté le supplice de la roue !

Par un beau matin de neige, au début de ta retraite, t’avais projeté une vraie belle ballade dans les Pyrénées. Le guide avec qui tu en  parles, pendant un stage de raquettes autour de « Gavarnie » te regarde :

-         «Si t’es dans mon groupe, avant de monter dans mon bus, à la gare, je te fais faire ces exercices ! ».

Il te tend une feuille avec des pompes, des flexions,  des torsions. Tant de dizaines de chaque  en une  minute ou deux…

Donc rentré chez toi, tu prends ton vélo : neige ou pluie tu pédales, t’arrêtes dans un bois et fais ta série d’exercices. Progressif hein ! Pas tout d’un coup ! Sauf que ce jour là il faisait si froid, que quand tu fais ta première pompe, l’épaule bien gelée, tu tombes dans la neige. Tendinite ! Dix huit mois de réparation. T’imagines que je fais gaffe aujourd’hui. Le kiné de ton quartier observe cinq minutes tes réactions à certains mouvements, ça craque et c’est douloureux. Il se  décide pour l’électricité. Il t’entoure l’épaule avec une grosse courroie, te serre bien sur plusieurs tours, branche sur un générateur : « ça va vous chauffer ! Je reviens… » Pas deux minutes, t’as l’impression d’une électrolyse, et que toute ta carcasse se ballade d’une électrode à l’autre ! Ça te brule, ça t’oppresse, t’appelles ! Le gars te débranche, quand il enlève la courroie ton épaule convulse. T’imagines bien maintenant  la sensation sur  la « chaise électrique ».

La semaine dernière, « ton rééquilibrage vertébral », te fait marcher de travers. T’en parles à ta nouvelle kiné, une femme douce et attentionnée, qui ne te manipule qu’en expliquant bien ce qu’elle fait. Quand tu déroules ton scénario, elle décide que tout est raide du bassin aux orteils, que t’es plus droit, qu’il faut corriger ça ! Petits échauffements, étirements patients, rotations précautionneuses des articulations. « Laissez moi prendre votre jambe sous le genou, relâchez bien, laissez vous conduire sans résister ! »

« Ah ! Ah… » Tu piges pourquoi  on cuit les poulets avant de leur arracher le pilon, même bien saignés, ils auraient hurlé. T’as senti tes muscles se mettre en boule et partir comme sur un carreau à la pétanque.

Le supplice de la roue ! Ecartèlement remboursé par la sécu !

 

11 bassin de la villette et la neigeQuand tu sors samedi sous les flocons, tu ne sais pas encore que t’es un mauvais gaulois. Tu veux juste te bouger un peu. Chasser ta neurasthénie et vérifier si tu peux encore marquer ton  empreinte dans la neige. Tu t’es emmitouflé, aux pieds tes chaussures de montagne – qui ne servent plus que des jours comme ça - , t’ajustes le chapeau prends l’appareil et sorts.

D’abord c’est quoi un mauvais gaulois ? Pourquoi tu serais un gaulois ? Pourquoi tu serais mauvais ?

Ensuite, hein ! Des gaulois depuis Clovis, il n’y en a plus. Que des Francs. Bien avant il n’y en avait pas non plus, c’était une invention de César. Même Vercingétorix, il était Averne. Quant aux Francs, après les invasions par les Germains, les Wisigoths et autres barbares l’empreinte génétique doit être devenue confuse ?

C’est vrai, les peuples de Gaule buvaient de la bière. Moi aussi, mais pas dans la rue. Lui il avait sa canette, dès neuf heures et demi. Gaulois ! Dans le dico : expression triviale, « de manière truculente et licencieuse ». C’est pas ça. Le mot fort c’est donc mauvais.

 

Mauvais gaulois ! T’y penses… tu voulais remonter vers la Villette et longer le canal de l’Ourcq. Devant le bassin, quelques photos de la glace des bateaux mouchetés par les flocons. A certains endroits on se bouscule presque pour les photos. Là ils sont deux, avec deux sacs de sport, des trépieds, ils filment et flashent. Peu de bruit, tout est ralenti. Samedi matin sans école, parents et enfants jouent de la neige ; éclats de rire et petits pleurs. Près de la passerelle, un Vélib a été jeté sur la glace, celui là va disparaitre aussi sans empreinte. C’est bête…

 

Bête, mais pas mauvais. Mauvais c’est être méchant. Mauvais c’est annoncer le malheur par les augures. « Un mauvais garçon,  il a des façons pas très catholiques », un voyou d’hier !

Tu frissonnes de tout ce qui est mauvais. Le « mauvais gaulois » oblique, redescend vers le canal st Martin. Les « habitués » du canal font cercle autour de leur feu de bois. Quand tu passes sur le pont au-dessus d’eux, tu les entends casser les planches. Le feu est âcre. Comment peuvent-ils chanter autour ? Les véhicules de secours de la Croix-Rouge sont au repos sous la neige. Ce n’est pas leur heure. « Green Peace » n’est pas là pour mesurer  l’empreinte carbone. La fumée du braséro est libre de toute empreinte.

Mauvais c’est aussi être malveillant, nuisible. Zut, c’est trop !

 

L’empreinte des oiseaux dans la glace, te réconforte. Ils volent mais ils laissent leur empreinte dans la neige. Comme toi ! Le garçon qui lance le pain, tenu fermement par sa mère est un bon garçon. Le pain ne laisse pas d’empreinte, les oiseaux se le disputent. Les petits croutons n’ont pas le temps de toucher l’eau.

26 l'empreinte de l'oiseauLes petits chiens eux vont laisser leur empreinte, et pas que ça.

Et Oscar ?

Oscar pour moi c’était De Funès, ou l’écorché en plastique de la classe de sciences.

Pendant ta photo une femme passe. Poussant un landau plus capitonné qu’un carrosse de la reine d’Angleterre. Un garçonnet court  autour. Lâchant vivement le guidon de la poussette, il fait une boule de neige rapide, cherche où la lancer, puis la soulève juste au-dessus de lui ; elle se délite et retombe sans le toucher. Alors, il donne de grands coups de pied qui soulèvent la neige devant lui.

-         « Oscar !  Tout à l’heure je vais t’acheter des nouvelles chaussures. Tu devrais réfléchir à ce que tu veux. »

-         « Je sais, je veux des baskets. »

-         « Des baskets ? Tiens… »

-         « Oui ! Des baskets grises ! »

-         …

-         « Avec un cerf dessus … »

-         « Ça va être commode de trouver, ça ! »

Quelle empreinte va laisser cette basket grise à l’image d’un grand cerf ?

Deviendra-t-il un bon ou mauvais gaulois ?

 

Tu te prépares à rentrer, t’arrêtes juste devant la boutique Emmaüs ! La classe ! Du téléthon à Emmaüs, la charité moderne est un business. Marketing, design, se rendre visible. De tout ce qui est ramassé combien atteint le cœur de cible, celui qui en a besoin ? Voitures, immeubles, courriers, cadeaux inutiles…

 

Mais t’es un mauvais gaulois. D’un pas mal assuré tu traversais le pont verglacé de la rue Riquet. Combien étaient-ils, canette à la main, se tenant en cercle ondulant  comme des rugbymen après l’essai ? Tu descends du trottoir pour passer à coté. Ça discute « d’un gars qu’a du fric gros comme ça ». T’es presque de l’autre coté quand tu t’entends héler. Te retournes sans t’arrêter. Il te rattrape, t’accompagne en marchant de travers : « je vous parle comme à mon père, je sorts de prison, pouvez vous m’aider ? » Tu fais « non » de la tête et prononce « désolé ».  Il te dépasse, t’envoie le « mauvais gaulois » et disparaît.

 

L’empreinte ?

 

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 11:31

Les sources de la Bidouze – suite de mes randos VTT.

 

02 vers le pic de belchouLe froid et la neige te font regretter septembre à remonter tranquille vers la source de la Bidouze.

Ça t’avait pris comme ça. Tu tournais en rond sur des parcours qui ne t’obligeaient pas à prendre ta voiture. Donc tu suivais régulièrement la Bidouze de Came à Guiche, en passant par Bidache.  Mais l’intérêt s’efface doucement. Pour te relancer, tu  imagines de suivre les routes,  sentiers, chemins de randonnées qui longent ou coupent le lit de la Bidouze en remontant vers sa source. Un simple fil conducteur pour te redonner le plaisir d’un paysage neuf.

Ce quatrième jour, j’ai à nouveau laissé la caisse vers Uhart-Mixe, et je m’échauffe tranquillement dans la brume en direction de Larceveau. Pas de chemin de traverse, l’objectif n’est pas là. Ton vrai parcours débute à la sortie de St Just-Ibarre, tu regardes la belle route monter vers le col d’Osquich et tu te laisses tomber sur la petite route à droite où il y a la petite flèche « Source de la Bidouze ».

 

Quel matin paisible ! La brume te protège du soleil direct. Pas de tracteur dans les champs. Tu roules le long  de petites exploitations. Des maisons regroupées dans de tout petits hameaux comme Ordiarp. Les enfants jouent sur la route sans soucis. A chaque pont tu quittes ta route pour retraverser la Bidouze, photographier son lit qui se rétrécit. A plusieurs endroits c’est complètement sec. Elle est cachée sous les herbes ou les pierres. Avec la dernière maison tu quittes aussi le goudron. Tu commences à monter sans difficultés avec un chemin de glaise et de grès rouge, régulièrement détrempé dans le sous bois. La Bidouze tu ne la vois que par un trou du feuillage qui surplombe la petite tranchée où le soleil la fait briller au rythme du tremblement des feuilles. C’est agréable cette solitude où tout te tire les sens : la lumière scintillante, l’odeur des feuilles pourries mélangée au parfum des mousses, ton pas quand tu marches dans cette glaise gravillonneuse.

 

T’es obligé de laisser passer les montons. Tu les retrouveras au retour. T’arrives au dernier pont. Sur la carte IGN, plus qu’un pointillé qui grimpe jusqu’à la source. Sur le terrain, un chemin raide au flanc de la gorge de la Bidouze. Il est entièrement ombragé, les mousses coulent comme des éponges  saturées, ton pied s’enfonce immédiatement. T’as le vélo sur l’épaule, qui s’accroche dans une branche et te déséquilibre, tu glisses. Tu lâches ta bécane et décides de voir un peu comment ça se présente. Ça glisse, la montée n’est pas difficile, mais les crampons de tes chaussures VTT ont une double semelle de boue et de feuilles grasses. Ça n’agrippe plus.  Demi-tour !

Tu te promets de revenir avec les chaussures de rando, mais les circonstances ne seront pas là !

Quand tu reprends ton VTT, impossible de monter dessus. Te voilà parti pour une demi-heure de nettoyage de pompes.  Surtout les petits cailloux qui bloquent le cale-pied.

Dans la descente tu fais les photos que la nécessité de garder le rythme en montant, t’avait fait mettre de coté.

A st Just- Ibarre tu retrouves le petit restau. Trop tôt pour rentrer, t’as pas ta ration de km ; L’après midi tu feras le col d’Osquich.

 

A suivre : La source de la Bidouze.

Précédant : Larcevaux Ostabat.

Début : Pont de Hurquet - Bergouey

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 22:53

Carnets de voyage à st Petersbourg (12)

20 juin suite.

monument-de-pierre-le-grandLa visite du palais était intéressante, mais au pas de charge. Je ne me rappelle plus, si les photos étaient interdites, où si je n’ai pas voulu payer les droits. Compte tenu de la foule, de toute façon, je n’aurais capté que des chignons, des dos crispés, et des jambes harassées.

Le palais avait déjà bien souffert de la révolution de 17, mais la seconde guerre mondiale n’a pas laissé grand chose d’intact. Les photos de l’état des ravages des bombardements étaient impressionnantes. Plus finalement que la splendeur des salles réhabilitées. L’effort de restauration apparaît colossal. Mais tout y est tellement chargé et luxueux que cela te sature et pourrait te laisser indifférent. Trop de tout finit par tuer le sens. Tu t’interroges comme chaque fois, comment tant d’argent dans des pays qui manquent d'abord de l’essentiel, a été concentré là? Plus finalement comme de la culture à usage des touristes que comme un patrimoine, héritage d’une civilisation, de valeurs à transmettre.

Après un petit frichti plutôt sympa, retour dans le parc, nouvelle visite des fontaines, et déambulation le long du grand canal jusqu’à la mer Baltique. C’est le début de la terrasse maritime du palais Monplaisir…

Cette photo d’une statue de Pierre Le Grand, illustre un peu la vision impériale.

 

 

Précédent : de St Petersbourg à Peterhof.

 

Début : ma nuit blanche à st Petersbourg.

A suivre : Matisse  au musée de l'Ermitage

 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 00:30

Dans la nuit froide de l’oubli

Oui tu vois je n’ai pas oublié

La fleur que tu m’avais donnée

Dans la nuit froide de l’oubli

Flétrie et sèche cette fleur

Et le diable des soirs conquis

 

 01 sacré coeur depuis la villette

 

Tout se mélange, bonheur de Noël,   fêtes de nouvel an, les vœux de partout, que tu reçois que tu renvoies ! Bon, bien !

Le froid n’est plus le même froid.

Tu aimes le froid, c’est une sorte de défi, tu braves le froid pour te sentir. Tu le respires de la pointe de l’orteil, jusqu’au dernier de te cheveux ! Dernier ? Il t’en reste, et pour de bon !

Trois semaines sans vélo !  T’imagines pas ! C’est trois semaines sans respirer. Comme un plongeur ses bouteilles vides. Une longue apnée. Petit soleil ce matin, petit vent, quelques minuscules flocons. Presque personne le long du canal.

Sauf les Roms, bien sur. Ils ont à nouveau rasé les baraques de récup. Entre le Décathlon et le Conforama, la hauteur des  immondices atteint celle des terrils. Plusieurs caravanes sont parties, abandonnant les produits inutiles de leurs quêtes. Ton vélo zigzague.

Plus de cygnes, moins de canards, les mouettes tiennent le courant. Reste un seul cormoran.


Ils ne sont plus les copains de l’amitié

Tous mes amis ont quitté les cantonniers.


L’autre soir, t’étais passé par Montmartre, il ne neigeait déjà plus; t’as fait quelques photos d’une place du Tertre où on n’y croyait plus. D’ailleurs à quoi pourraient-ils croire ? Vide de gens, vide de sens, vide de plaisir, vide de vie ! Ceux qui étaient là n’avaient pas lu la notice : Noël, se tient aux Galeries Lafayette ! T’avais un cadeau à y acheter, noté sur un bristol argenté, tu l’as eu ! Quel combat ! Pas seulement le maelström qui emporte tout badaud sans idée qui l’ancre ; mais de la caisse au paquet cadeau, tu respires l’odeur de la mêlée des « All Blacks », sens la tension des enjeux, cèdes à la minauderie « çà irait bien avec… »


La marée je l’ai dans le cœur

Qui me remonte comme un cygne


Le tourbillon de la vie,  Noël, Montmartre, le Canal, Les Champs-zé.

Fallait que tu y ailles.

Fallait que tu voies la foule.

Elle t’entraine.

Que tu sentes cette folle farandole. Le froid n’est pas insupportable, le vent n’est pas à l’autan. Mais les Champs-zé sont plus longs que les violons de l’automne.

Tu ne connais pas les langues : à peine tu te dis : peut-être italien ? Que tu hésites, russe ou espagnol ? Anglais ou américain tu reconnais. Les uns ne desserrent pas les dents, les autres ne ferment  la bouche que pour écraser le chewing-gum.


T’as un coté vampire, comme çà, à respirer la vie des autres ? Non ?


J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur 


Aujourd’hui Rimbaud aurait mit blogueur, non ?


Le froid n’est pas dehors, tout d’un coup,  tu le ressens dans tes os, raides, sans grâces, qui t’empêchent de nager au-dessus des courants, de flotter au-dessus des airs. T’es qu’un homme, presque un bonhomme, un de ses vieux bonhommes transparents, que plus personne ne voit.  Les regards se perdent, loin au-dessus de toi, comme s’ils te traversaient sans te voir. Es-tu là ?


Loup y es-tu ?

M’entends-tu ?


Un vieux copain de boulot, plus de vingt ans  cote à cote à moins de dix mètres, te croise là, le regard sans vie ne te voit pas, il était aussi transparent que toi.


Surement la retraite…



 

 

 

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 15:53
Bonne année 2010 avec l'AlblogRJ, le blog de l'AlbumRJ

Quatre ans de ballades , de souvenirs et d'émotions !
Nous vous souhaitons:

bonne année 2010-1
Santé de fer,
Moral d'acier,
Âme de bronze
Coeur de chocolat fondant !
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 22:24

Tetro de F. F. Coppola: Çà c’est du ciné !

 

tetra 2C’est du cinéma familial, car la famille, le père, la mère le frère sont au cœur de cette poursuite infernale de l’identité de ce jeune de 18 ans.

La fuite, les ruptures, l’omnipotence des uns, le besoin de se réaliser des autres créent un climat de tension, que le noir et blanc, le son parfois agressif, le choix des musiques  amplifient. Le  drame  a des accents insoutenables. Tu respires par les quelques inserts de ballets – Coppélia -  comme je ne l’aurais jamais imaginé. Quelle magie ! Quel rêve ?

Bien sur le secret, et la maladresse de celui qui le déchiffre obstinément. Et cette phrase, « la famille c’est un poignard qu’on te plonge dans le cœur »…

L’histoire est déjà serrée, en plus, la réalisation d’une invention permanente, l’alternance des allégories du spectacle et du réel fait surgir du passé le drame d’aujourd’hui.

tetra 1Ce film m’a enthousiasmé. Quel cinéma jeune, et pourtant si construit ! Quel imaginaire te rend le réel si présent ! Quelle féérie dramatique, te donne doucement la clé de ces êtres !

Ouf ! J’en sort émerveillé et léger !

 

Je ne parle ni anglais ni espagnol, mais je n’ai pas eu besoin des sous-titres. Pas de bavardage, l’image en dit plus que tout. Des mots simples déminent des situations explosives. Tu les reçois et les interprètes sans peine. Le cinéma c’est aussi çà, la vie des images avant la vie des mots.

 

tetra 3Le décor te bluffe. Je te mets trois photos d’Argentine : Le quartier de la Boca à Buenos Aires ; du glacier Périto Moreno en Patagonie, pas loin de El Calafatte ; enfin  un des murs peints du quartier San Telmo qui pour moi met en scènes des personnages qui me font revivre le film. Je me remets au maté…

 

J’avais cru reconnaître un chant populaire sud américain dans ce film, la Sandunga. En écoutant la version que j’ai chez moi, je ne suis plus sur. Si tu le sais, dis-le-moi. La musique est tellement riche que j’en ai oublié bien des titres.

 

Soirée de rêve, malgré la tension…

 

 

 

 

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 17:56

Première découverte du palais de Pierre le Grand à Peterhof.

St Petersbourg (11).

 

12 Peterhof - Persee par ChtchedrineCe samedi 20 juin, nous quittons de bonheur le matin notre hôtel pour aller vers Peterhof, somptueux palais au bord de la mer Baltique.

C’est encore une initiative de Pierre le Grand vers 1721. Il fut gravement endommagé pendant la révolution de 1917, et eut à subir un incendie dévastateur pendant la seconde guerre mondiale. C’est pourquoi on est époustouflé par l’état des restaurations d’aujourd’hui.

Le fric que ça a du couter ! Etait-ce la bonne priorité ? Pour toi touriste, bien sur !

Que ce soit la dimension du parc, le canal maritime qui ferait rougir Versailles, la richesse des décors, ton œil est saisi.

Ces premières photos sont faites pendant que nous attendons une fois de plus, notre horaire pour entrer au palais. Ensuite ce sera la bousculade dans l’enfilade des salles. Des matrones qui n’auraient rien à envier à certains personnages figurant les espions russes dans les "James Bond" de la guerre froide, nous stoppent à l’entrée de chaque salle, puis nous chassent vers la sortie quand le temps de visite est épuisé. Nous aussi d’ailleurs…

En attendant, prenons plaisir à cette première découverte de la grande cascade, du canal maritime, de la puissante fontaine de Samson, de la statuaire qui décore la grande vasque, avec notamment un Persée redoutable.

 

Précédant : L’ermitage

Début : ma nuit blanche à St Petersbourg.

A suivre : Peterhof - le long du canal jusqu'à la Baltique

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 08:34
joyeux noel 2009 copie-copie-1
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 14:48
Jour de neige sur le marché de L’Olive et  le square de la Madone.

 neige sur l'olive-02

C’est à st Lazare que çà t’a pris. Impossible de sortir du métro. Tu visais la sortie 1 Cour de Rome, et des barrières te bloquent, des personnels marqués « exploitation » te repoussent vers la gare SNCF où t’as rien  à faire. Là, t’es repris par un autre flux de gens compacts engoncés dans les parkas et agitant les parapluies. Tu ressorts de la gare sans l’avoir cherché, la neige te prend d’un coup. Tu n’y pensais pas. Faut pas rêver ! Le flux te bouscule, et se presse vers la grande verrière qui redescend dans le métro. Oh ! Tu rêves ? Tu dégages les bras, redresses la tête et affrontes le tentacule humain.

Avant hier je te parlais du dragon à sept têtes de l’Apocalypse, même une coupée, l’emprise est là. Sans avoir jamais nagé le crawl, tu finis de t’extirper de l’enfer apocalyptique de la bouche de métro. La neige fume sur tes cheveux décoiffés, ton sac en bandoulière ne voulait pas te suivre, tu te sens happé comme un pauvre Charlot des temps modernes. La courroie tient, t’es sauvé.

La neige te fige les yeux, tu traverses sans trop voir, et rien regarder, d’ailleurs, qui se soucie des feux et des passages protégés ? A l’abri du haut-vent du café, tu te retournes, serres ton col, et regardes cet anti-volcan qui avale sa lave humaine, et aspire les déjections blanches du ciel. Les voitures qui descendent la rue de Rome, sont au ralenti, précautionneuses des piétons trop pressés que les glissades sur les bandes blanches font tanguer comme au premier jour de leurs  rollers.

Les pas crissent sur la neige pas encore tassée, et pendant que tu déplies ta capuche hors de sa poche,  tu ressens la ville assourdie. Pas de bruit de moteurs, pas de conversations hautes, pas de bruits de chantiers.

neige sur l'olive-04Un peu plus de sept-heures et demi à st Lazare, t’avais oublié ? T’étais un « métro-trapéziste ». Tu volais de correspondances en couloirs, de tourniquets en sens interdits, t’affrontais les flux à contre-sens comme un simple courant d’air, toujours sur la pointe des pieds, prêt à tous les écarts et contre-pieds.

Quand tu rentres vers neuf heures, c’est encore pire ! Ils sont sept ou huit à canaliser la foule, « un escalator libre ici ! La douze à gauche, faut descendre, la treize à droite ! Allez ! Allez ! Plus vite ! ».  T’es propulsé vers une batterie de tourniquets, de gros panneaux « pass Navigo seulement ». Impossible de  te dégager. Tu crains de finir bloqué à la barrière comme un gus sans carte bleue à  un péage d’autoroute, avec la file qui klaxonne et t’injurie. Rien, les portes sont ouvertes, tu passes. Ton ticket te resservira.

Dans le métro les annonces se multiplient. La « A » sans trains dans une tranche horaire que tu n’identifies pas, la douze, problème de signalisation, la « B » encore plus compliqué que la « A », la treize en incident …Combien de centaines de milliers de gus passeront là ce jour, à entendre les litanies de dysfonctionnements, à bousculer, comprimer tout ce qu’ils peuvent pour avancer. Qui prête encore attention aux annonces ? Chacun se rue sur son parcours, pousse,  même pour entrer sur le quai. Au moins trois ou quatre rames pour avoir une chance de monter…

 

Quand je sors, la neige redouble. Changer les chaussures, prendre l’appareil, le chapeau, regarder le quartier par l’objectif. Les travaux du marché de l’Olive sont en retard, mais ils avancent, trois photos des nouvelles verrières ou de ce qui les remplace. Ça bétonne dur ! Tu ne comprends toujours pas ce que ce sera. Les commerçants s’agitent, les enfants sont à l’école, le gardien t’a fait sortir du square de la Madone qu’il fermait, quelques retraités jouent les enfants terribles et profitent de la neige.

 

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 14:57
Angers : la tapisserie de l’Apocalypse.
 Le musée Jean Lurçat et les tapisseries du « Chant du Monde ».

 

02 élement de la tapisserie de l'ApocalypseQuand t’arrives au château d’Angers, le guichet n’est même pas ouvert. Une bonne heure à attendre avec un café à feuilleter trois prospectus glanés ici et là. La tapisserie de l’Apocalypse, t’as vraiment aucune idée de ce que c’est. Celle de Bayeux retraçant la conquête normande en Angleterre, ça oui ! Depuis la primaire ! Comme si ça devait compenser toutes les guerres où les Anglais nous ont massacrés ! Comme en plus c’est pas loin des plages du débarquement, quand tu visites, tu boucles la boucle.

 

Donc, tu captes quelque part, qu’il faut voir cette tapisserie ou plutôt ces tapisseries. L’hébergement au FJT t’ayant propulsé dehors de bon matin, sans vélo pour t’échapper, t’es coincé pour une visite de musée.

Quand tu pénètres dans la salle qui longe les murs d’enceinte du château, l'éclairage donne une lumière douce à peine moirée sur les panneaux de la tapisserie. Des bancs en escalier font face. T’es seul et tu le resteras près d’une heure. Tu peux écouter le guide audio tranquillement assis devant chaque étape. T’approcher pour examiner les détails qui te sont décrits, revenir sur ton banc pour t’imprégner de l’ensemble.

67 tableaux qui se lisent comme une planche de BD, regroupés par quatre ou six scènes représentant l’Apocalypse de st Jean. Le guide t’explique que l’histoire de ce chef d’œuvre commandé par le Duc d’Anjou au XIV siècle, a été tumultueuse, que des panneaux ont été perdus. J’ai pas lu l’Apocalypse, les métaphores sur les dragons ou les vampires c’est pas mon truc. Mais j’ai découvert sans vraiment tout comprendre deux choses : d’une part la complexité technique et artistique nécessaire à la réalisation de ces tapisseries (les matières, les fonds, les couleurs, les reliefs) et aussi symbolique. Est-ce le calme de cette visite, d’être resté si longtemps seul, qui te font apprécier la transposition des symboles, leur mode de représentation, l’histoire « forte »  que l’on découvre si on les interprète correctement, qui donne tout son sens au travail du « créateur » de l’œuvre, et ils ont du être nombreux.


30 catalogue muséeT’en es baba ! Tu lis le petit prospectus complètement; il est expliqué que cette tapisserie est à l’origine de la volonté de Jean Lurçat de réinventer la tapisserie moderne.  Pour comprendre,  aller au musée de la Tapisserie, dans l’ancien hôpital st Jean.

 

Tu te pousses jusque là. C’est en bord du Maine sur l’autre coté. Bonne occasion pour découvrir un peu « outre Doutre ». Le temps incertain devient franchement mouillé. Trois photos du cadre et tu pénètres dans cette grande salle, « la salle des malades » de l’hôpital st Jean,  où sont regroupées les dix tapisseries représentant le « Chant du Monde ».

La petite brochure qui nous permet de suivre les œuvres, explique le cheminement de l’artiste de la peinture à la tapisserie, l’analyse qu’il fait de l ‘Apocalypse, et sa recherche d’une transposition des concepts dans une représentation du monde qui est le sien. D’où dans les tapisseries, d’autres symboles que religieux, la bombe atomique et la terreur qu’elle représente, l’espace cosmique fréquenté par des fusées et des satellites. L’homme d’Hiroshima est saisissant. Ce qui est intéressant pour toi c’est que l’œuvre est commentée par l’artiste lui-même.  Des photos te remettent en mémoire des images vues à la télé au début des années 60.  T’avais du regarder sans comprendre, ou surement tu t’es demandé pourquoi les ateliers des Gobelins produisaient ce travail, et esclaffé en découvrant la naïveté de la représentation du « spoutnik »… Pourtant l’esprit même de cet art n’est-il pas de te faire ressentir par des images simples la complexité, l’infini, la terreur, la paix ?

Quelle journée magique !

Tu voulais rêver?

Voila!

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