27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 15:09

Le vol de l'oiseau dans les vents de Biarritz.

 

oiseau moqueur dans le vent de biarritz-19T’as retrouvé le plaisir du VTT dans les chemins boueux le long des berges de la Bidouze. C’est le seul endroit où il y a un peu de vie. Les maisons closes du village l’enferment plus que naguère  les fortifs de Paris. C’était presque un terrain de jeu, aujourd’hui on dirait un terrain d’aventure. Les voisins à qui ta femme avait annoncé notre passage, avaient fait du feu, mis des œufs et de la piperade au milieu de la table dans la cuisine. Tradition de l’accueil. Pourtant huit jours après tu ne les auras pas vus. Juste entendus un peu le soir tard de retour des soins de leurs élevages.

Des ouvriers s’activent dans les rues, en haut d’un toit, mais les vacances scolaires ont fait taire l’école. Un homme plutôt âgé emmitouflé dans son cabas, la caquette serrée sur la tête, passe devant ta porte, petit signe de la pointe du menton, il essaye de suivre le chien qui l’entraine de ses pas raccourcis par le temps.

oiseau moqueur dans le vent de biarritz-02T’annonces, demain on bouge, j’irai bien à Biarritz. Ce n’est pas la ville qui t’attire, seulement son décor mis en scène par l’océan. Surtout de la pointe St Martin à la plage des Basques, le golfe de Biscaye renouvelle ses effets de vagues, ses couleurs. Ce n’est pas concours de plage, il fait frais, même si je vent du sud est particulièrement chaud. Les rouleaux de la marée montante affutent les surfeurs. La force du vent de terre installe un plumet d’écume derrière chaque vague qui déferle. Les rochers, tu es passé dix fois devant, ils te fascinent toujours par leur apparente mobilité, ils s’habillent d’écume moussante, disparaissent dans les profondeurs d’un rouleau, ressurgissent mastiquant la mer comme une mâchoire de crocodile.

C’est là que l’oiseau te prend. Saisissant l’énorme bourrasque à pleines rémiges, il danse comme un cerf-volant devant toi. Il n’était pas sur que c’était toi qu’il voulait séduire. Il plonge, vire, remonte, maintenant il sait. Les enfants retenus par le garde corps, agitent les bras sans pouvoir le saisir. Le vent les fait crier, ils ne s’entendent pas. L’oiseau sait, silencieux il se laisse porter devant toi. Il reconnaît le trou noir de l’objectif, accepte que tu captures son image, son vol est libre et pour lui seul. Il n’a rien à chasser dans ces rochers, les croutons de pain rassis ne l’intéressent  pas ; son œil plonge  dans la vague. Le vent si chaud le rend fou de caresses, le cou tendu les ailes déployées, il joue. Il joue des courants, il joue des grondements de l’eau dans les pierres caverneuses, il joue des piaillements agités des enfants, il joue de ton regard prisonnier du viseur, il se moque de tes efforts à rester immobile et crispé, lui si fluide et détendu.

Quand il pense t’avoir rassasié, il plonge vers les projecteurs du rocher de la vierge, se moque de leur aveuglement, refait un tour puis choisit sa place sur l’arrête du rocher. Trois battements d’ailes : quand il les plie contre son corps, il est déjà posé, immobile. Il tourne la tête, te regarde longuement, puis coupe le lien qui trois minutes, nous a fait vibrer ensemble.

 

Quand tu retrouves les enfants du centre aéré, ils te demandent si tu l’as eu ? Tu montres les images au dos de l’appareil : « on n’y voit rien ! »

A toi de voir…

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 17:24

Il tourne le moulin de Bergouey.

 

07 Moulin de Bergouey - le pont sur la BidouzePlus de trente ans que tu te promènes dans le coin. Le pont de Viellenave sur la Bidouze et le vieux moulin de Bergouey, t’ont vu passer en bagnole, à pied, en vélo plusieurs fois chaque année. Tu regardais les dégradations du pont provoquées par les engins agricoles, l’eau souvent marron, parfois mousseuse, quelque fois transparente.

En 2001 et 2007 tu étais passé là au moment de deux supers crues. Chaque fois tu te demandais comment le moulin tenait.

Depuis près de huit ans, un nouveau passionné retape le moulin. Le 01/092009, un voisin qui connaît ma fascination pour le lieu, ouvre la porte et me crie : « viens vite, il va moudre du grain au moulin de Bergouey. »

Depuis le temps que t’en rêvais. Ce jour là, c’est la vraie première. L’homme affairé aux manœuvres laisse entrer voisins et connaissances. Appareils photos, caméscope, tu t’insinues dans les espaces, grimpes les quatre marches et sans qu’on se soit dit bonjour, ni même présenté, l’événement réunit autour de lui et de sa passion les six invités dans son secret.

Plus de sept ans de travail pour remonter la ruine et remettre en route la meule. Tout y est fait pour te dépayser. Pas seulement tous les accessoires de meunerie réunis là pour transmettre l’histoire. Mail la lumière qui monte des reflets de la Bidouze, le bruit sourd des machineries, l’eau sous tes pieds, les grandes pièces ouvertes sur les perspectives liquides. Il va en faire un gîte.

J’ai dormi une fois dans un moulin sur le Tarn. T’as pas besoin de télé…

 

Quelques photos. Bien sur les personnes présentes n’y sont pas, je les leurs réserves.

Quelques images vidéo, dont certaines de la crue de 2001 avant la réhabilitation du moulin.

 


moulin bergouey
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Si tu aimes le coin, sur ce blog, tu trouveras une dizaine de sujets qui traitent du Pont de Viellenave, de la Bidouze, de Bergouey.







la Bidouze en 2001

 

 

 

Voir aussi le site des amis des moulins du Béarn et du Pays Basque : www.ardatzaarroudet.asso.fr

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 17:27

Qu’est-ce que c’est que le radar ? Bande d’andouilles !

Tu te rappelles Fernand Raynaud ? Tu l’as vu pour la première fois sur une petite estrade en plein air à Mende en 1957. Même de loin, quelle découverte. Tu l’as retrouvé à la télé dans trente six chandelles le dimanche soir et deux fois à Bobino. Ce type te parlait. Bien sur aujourd’hui, ses blagues ont perdu le décapant que des Coluche ou Le Luron ont su protéger du temps.

Mais quand même, quoi de plus actuel que cette vieille blague : « qu’est-ce que c’est que le radar ? Bande d’andouilles ! »

Tu connais pas ? Un gus convoqué au service militaire à plus de trente cinq ans parce qu’il y avait une erreur mécanographique. Tu sais, les cartes perforées du début de l’informatique.

fernand r

Dans la cour, un caporal de carrière plein de tics explique le radar. Te moques pas du caporal, il fait son boulot. Ce qui est con, c’est que ce soit à lui qu’on demande d’expliquer le radar ! Tu te rappelles que pendant ton instruction, un margis essayait de t’expliquer les explosifs : les soufflants et les brisants. Et pour bien te faire comprendre, il te donne la vitesse du souffle dans un tube éprouvette au moment de l’étincelle pour le brisant. Pour le soufflant il n’a pas le chiffre, mais ce n’est pas pareil…

Qu’est-ce que c’est que le radar ?

C’est comme qui dirait un rayon lumineux qui jaillirait d’un point A (comme le flash d’un appareil) pour aller s’écraser sur la plaque minéralogique d’une voiture, le point B, et qui se réverbérerait sur les cristaux CCD d’une plaque photo numérique le point C. Le bon vieux caporal de l’histoire a une hésitation : « j’ai oublié quelque chose dans la définition. Le radar c’est comme qui dirait un rayon lumineux qui partirait d’un phare de voiture ALLUME ! »

Depuis Einstein tu sais que les rayons lumineux peuvent être déviés par les trous noirs. Là il y avait un sacré trou noir. Le flash du radar est allé dénicher ta bagnole au deuxième sous-sol de ton parking. Et au-dessus on est autant protégé que les militaires de la force de frappe, par des mètres et des mètres de béton. « Armé, bien entendu ! »

T’as jamais joué au Loto, alors comment la folle machine informatique a-elle pu te désigner à l’inquisition du radar et de son flash insinueux ?

La première détonation de la lettre de contredanse. Explosif soufflant ! Te voilà sur le cul ! Perturbé. Il y a plein de mots, des codes barres, le montant à payer, et la notice d’exonération, mais gare à toi si t’as pas payé la caution…T’es sonné. Ton épouse rentre, te trouve décati, t’interpelle…Quand tu n’as pas été soufflé par l’incrédulité, la simple lecture détaillée, la tête froide, te donne le lieu et l’heure. T’as confondu  Montrouge et Antony, et à cette heure là, il y a longtemps qu’on était sous la couette !

Tu relis, mais tu ne comprends pas, c’est à toi de faire la preuve : T’es allé à Montrouge le samedi, le PV parle du mercredi à Antony. Mais qui peut savoir que ledit  mercredi t’étais sous ta couette ?

Le lendemain tu appelles le service juridique où tu es abonné. « PV- Radar; en quoi pouvons-nous vous conseiller ? Je me renseigne si quelqu’un s’y connaît ... »

-         Allo !

-         Oui !

-         -Ah ! Vous êtes encore là ?

-         Oui !

-         Bon, la personne compétente n’est pas là. Mais j’ai consulté la loi, c’est à vous de faire la preuve que vous n’étiez pas là!

-         Comment je peux faire la preuve ? J’étais sous la couette !

-         Ah ! Si vous conduisiez sous la couette vous n’avez pas vu le radar !

-         …

-         Quelqu’un peut-il témoigner que vous étiez sous la couette ? Je veux dire chez vous.

-         Ma femme…

-         Qu’elle fasse une déclaration sur l’honneur !

-         Ça va être drôle…

-         Attendez, excusez-moi un instant, on me rappelle… Oui, il y a sur la contravention une clause qui dit que vous pouvez demander le cliché, peut-être que c’est pas vous ?

-         Merci

 

Trop de mots en gras sur cette contre-danse. Comme t’as été sonné par le souffle, t’as pas compris que tu pouvais demander la photo.

La lettre est précise le radar t’a vu sous un réverbère à Antony. En pleine nuit !

 Tu postes ta demande et tu attends. T’as quarante-cinq jours pour contester. Le temps est long au regard des délais qui s’amenuisent !

Plus de deux semaines, un courrier, « on ne peut vous adresser le cliché, c’est pas vous ! », Plus loin :  « ce courrier n’interrompt pas les délais de paiement et de contestation ». Tu te dis que ça va suivre. T’attends un peu pour payer la caution. Encore dix jours.

Nouveau courrier : « vous avez contesté cette infraction en signalant que vous ne pouviez en aucun cas en être l’auteur ». T’avais rien contesté du tout, juste demandé une photo….

Tu crois que c’est fini, et non, encore une lettre : « suite à la demande d’exonération que vous m’avez fait parvenir, j’ai transmis à l’officier etc, suite à donner etc… »

Là, tu as compris ce que c’est qu’un explosif brisant !

Fernand Raynaud termine son sketch par son entrée dans le bureau du colo, colonel :  « Monsieur le directeur, il y a un type dans la cour qui nous dit à droite, à gauche, en avant, demi-tour ! Il ne sait pas où il veut aller, venez vite l’arrêter avant qu’il tue quelqu’un ! »

 

Si tout va bien, tu t’en sors avec un frisson rétrospectif. Les procédures administratives déshumanisées, ces phrases que tu n’as jamais dites imprimées et renvoyées comme des faits. Imagine cette gosse en garde à vue pour une baston en sortie de bahut. Comme il y avait eu, il n’y a pas longtemps, ces interrogatoires en classe par les gendarmes…T’as perdu les pédales juste parce t’étais accusé injustement et que tu ne savais pas t’expliquer. Imagine les mômes !

 

Tiens, un petit dernier pour la route. Extrait de l’Os à Moelle de Pierre Dac de mai 38 (lire le bouquin ! aux éditions omnibus) :

« Faits divers.

De Paris.

Alors qu’il repassait un pantalon dans un pressing, M.  F. Barbomètre aperçut, confortablement installé à l’intérieur du vêtement, un vieillard à l’allure digne, mais néanmoins débonnaire. Interrogé, ce dernier avoua ne pas avoir voulu quitter son pantalon dans un moment aussi difficile.

Etant donné le nombre de vieillards barbus qui déambulent dans la ville, vieillards pour la plupart de fausse origine, la Préfecture de Police a doté les inspecteurs ainsi que les gardiens d’un appareil à tirer les barbes, afin de déceler les fraudes, toujours possibles. »

 

 

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 12:51

St Petersbourg (14) 

 Ballade entre le grand palais de Peterhof et le palais Monplaisir.

 

03 peterhof- Palais MonplaisirLa visite du Grand Palais a été agréable, même si rapide. Seul le premier étage est restauré et a retrouvé le lustre d’origine. Tout y avait été ravagé par la guerre. Après le repas, nous descendons le long de la cascade pour nous promener dans les allées bordant le Grand Canal, en direction de la mer. Nous traversons le parc de Marly. Nous débouchons sur le Golf de Finlande qui s’ouvre sur la mer Baltique. Alternance de nuages légers et de coup de vent frais. Ce front de mer protège le palais Monplaisir . La construction de ce palais débuta en 1714, les grands architectes furent Braunstein et Le Blond, le principal sculpteur Rastrelli.

Beaucoup de monde visite parcs et palais. C’est vrai que les noms ont des consonances franchouillardes, parc Marly, fontaine de l’Orangerie…Mais comment faire pour donner un nom à tous ces parcs, toutes ces fontaines ? J’ai plus de cent notes ce jour de visite. Tout va trop vite, trop de choses à regarder pour tout mémoriser.

Cette promenade est un régal des yeux. Les enfants s’amusent à se faire piéger par des fontaines où les pavés sont les ressorts secrets des jaillissements.

Pas un recoin où une statue, une fontaine n’apporte une interrogation à c’est quoi, qui l’a fait. C’est grand, c’est démesuré. La fontaine de l’échiquier abrite les dragons verts et rouges. Pas de répit  pour les coups de cœur.  Dans les dernières minutes, pendant que le groupe se recompte, écureuil capte l’attention de ton objectif.

Nous allons quitter Peterhof. Cela reste un site somptueux.

 

A Suivre : Les impressionnistes à l'Ermitage

Précédent : Martisse au musée de l’Ermitage.

Début : Ma nuit blanche à St Petersbourg.

 

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 15:47

Rando VTT dans la Vallée Borgne. A la conquête du mont Aigoual.

 

03 de tourgueille ves EspinasCe mardi il neige. Ce n’est pas rare qu’il neige un 9 février. La neige quand tu es au chaud t’ouvre un espace d’évocation. Tu regardes de la fenêtre de ton HLM les toits des immeubles plus bas. Elle tient ici, sur les tuiles rouges des toits neufs, elle fond là sur les zincs ternis par leur longue exposition aux embarras du ciel.   En face la grande tour n’est plus nette, le trou noir des vitres sombres s’éclaire des milles flocons qui nous séparent. Tu ne vois plus en ligne droite, ton regard furette entre les taches blanches pour reconstituer les lignes. Il te reste moins de huit cent mètres devant toi, la neige borne  ton champ de vision, autour de toi, tout se rapproche car l’espace se rétrécit.

Tu n’as pas de grands souvenirs de neige, une fois une marche en raquettes, une fois un peu de luge. Tes engelures quand tu fais des boules de neige. Les gants en laine tricotées détrempés t’ont brutalement gâché ton plaisir du jeu. Tu ne sais pas glisser, juste courir ou pédaler.

La neige va maintenir ton VTT à la cave. Si longtemps que vous ne vous êtes pas engueulés tous les deux ! Cet hiver t’a plus contraint que tu t’y attendais.

 

Début juillet, t’étais dans le Gard, dans cette merveilleuse vallée Borgne. C’est la visite de la maison de l’eau, en descendant le Borgne du Pas vers les Plantiers  qui te donne l’origine occitane du nom, « vallée Borgne », du fait des sources nombreuses qui courraient sous les schistes. T’imaginais une sombre histoire de cyclope….

Le pays se mérite. Les vallées sont bien creusées entre des collines austères.  Le paysage s’ouvre et devient plus rieur vers St Jean du Gard ou Anduze. Tu sais que de  st André de Valborgne le vieux VTTiste ne peut s’échapper qu’en passant deux ou trois cols entre 700 et 1100 mètres.06 chardon - le pendule du mont Aigoual

T’avais décidé de monter au Mont Aigoual. Ton choix c’était par le GR66 à partir du gite d’Air de Cote. Même si les randonneurs à pied t’avaient plutôt dissuadé d’essayer. La journée est super belle. Tu remontes le Col de l’Espinas par Tourgueille jusqu’au gîte d’Air de Cote. Tu repères le chemin du GR 66.  Tu as choisi d’aller au Col de l’Estrade.  Les panneaux ne sont pas clairs.  Au bout d’une heure d’une pente où tu t’épuises t’abandonnes. T’aurais souhaité croiser quelqu’un, mais personne. Les piles du GPS avaient  rendu l’âme, et tu avais du mal à estimer ce qu'il te restait à faire. Tu reconnais le coin de pique nique au bord du Tarnon et tu te lâches le long de  son lit dans la lumière du sous-bois. Tu te redresses t’abandonnes à la pente. Ton guidon est léger et ta seule inclinaison suffit à suivre les courbes  du chemin. Tu balances, tu ondules d’un virage à l’autre comme un pendule attaché au ciel . La gravité n’existe plus : un fil invisible te suspend au-dessus de la route, tu oscilles,   tu glisses sur l’onde de la vague agitée des méandres. Vers Gaseiral la pente s’inverse doucement. Tu reprends conscience de ton corps, de ton poids. Le col de Salides est devant toi, il rappelle ton cœur à la vie, relance le tourniquet des mollets. Il a dénoué ton rêve de pendule; tu retrouves la matérialité de la pente. T’es pas inquiet, t’étais monté hier. Avant de basculer, un dernier regard sur le paysage, sur le mont Aigoual qui t’a snobé. Tu te recentres sur la descente, tu renoues ton lien imaginaire au soleil, le testes, te suspends, relances ton oscillation pendulaire,  balancé au gré des pentes et dévers.

T’es le pendule du Mont Aigoual.

 

Précédant : la Vallée Borgne

 

Dans l’album « Pendule Mont Aigoual », j’ai ajouté aux photos prises pendant la rando VTT, d’autres images du même séjour, un autre passage.

 

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 16:46

Les vieux cyclos du retromobile.

Du passé ne faisons pas table rase!

 

cyclo 1904 valentigneyLe téléphone.

-         Ah ! C’est toi ! Le salon rétromobile ? Non, je ne connais pas. T’as envie de monter ? Je t’attends ! Vendredi soir ? Je serai au train !

 

Tu sais les amis après plus de trente ans peuvent tout se demander. Le salon rétromobile, tu ne savais pas que çà existait. T’appelles un frangin spécialiste des expos, de l’histoire.

-         Bien sur, je connais ! J’y suis allé une dizaine de fois, pour les revues, les maquettes. Mais maintenant c’est plombé, le moindre modèle réduit à plus de 200 euro, c’est plus possible.

-         Tu viendrais avec nous ?

-         Non, c’est trop dur de piétiner et le samedi, il y a trop de monde. Pense quand même à manger un sandwich au jambon braisé, c’est tout ce qu’il y a de bon sur ce salon.

Ton pote, c’est un vieux de « la peuge », un de ces gars entré à 15 ans chez Peugeot pour préparer le CAP, à Sochaux, et qui a terminé là. Il a du faire toutes les usines du groupe en France et plusieurs à l’étranger, dont deux fois en Chine. Quand une pièce est fausse, il sait faire le diagnostic  entre un défaut de l’opérateur et un défaut de la machine. Une fraiseuse, où l’écart du jeu en marche avant ou marche arrière n’est pas identique ne peut pas faire une série correcte. T’apprends toujours…

 

Un jour il va chez une cousine, le garage déborde des pièces d’un moteur cassé. Plus d’un an que cette vieille Opel est considérée comme non réparable par le concessionnaire. Il interroge, comment ça c’est passé, qu’est-ce qu’ils t’ont dit ? T’as la carte grise ? Demain je fais le tour, je vois si je trouve des pièces. Il n’y a pas de raison qu’elle ne reparte pas !

T’imagines, plus de culasse, les soupapes en tas, les courroies introuvables, le carbu y en a plus, bref, le moteur c’est une sorte de lego technique, toutes les pièces dans un sac, on n’est pas sur qu’il y ait le compte, et en plus il n’y a pas de plan.

Deux jours ! Au premier tour de démarreur le moteur tourne !retromobile 2010 la belle mécanique

 

Au salon rétromobile, rien que des passionnés, des gens émerveillés encore par la belle mécanique. Alors tu trouves de tout pour tout réparer.

Et surtout tu découvres des modèles anciens briqués comme des bijoux de famille. Là dans ce premier album photo, c’est les cyclos et motos rétros qui te fascinent. Comment ces engins du début du vingtième siècle ont passé les ans ? Comment ont-ils été bichonnés pour te séduire encore ? Quel  amoureux aura refaçonné la pièce cassée et redonné une âme à ces objets qui ont fait vibrer les pionniers du deux roues ?

 

Un vieux de « la peuge » !  On s’attarde plus sur la production de l’usine de Valentigney que sur les Yamaha rutilantes. Qu’est-ce qu’ils produisent là-bas, aujourd’hui ? On ne sait même plus…

D’ailleurs, reste-t-il des industries où le mot produire a gardé du sens ?

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 20:55

Le col d’Osquich et la Chapelle st Antoine - Les sources de la Bidouze - fin.

 

08 le col d'osquich -montée vers la chapelle st antoine De retour du dernier chemin cyclable, vers la source de la Bidouze, à st Just-Ibarre , t’es le seul client. Tu passes la porte, tu entends quelque chose qui fristouille venant d’une pièce qui pourrait être la cuisine, tu t’avances. Le gars est là, une grande poêle est sur le feu, de l’huile, du jambon des piments.

- « Bonjour, pourriez vous me proposer quelque chose à manger ? »  Le gars te reconnaît dans ton accoutrement de vieux VTTiste.

-         « Du loum, du Jambon, de la ratatouille, des frites ? ».

-         - « c’est bon, un peu de bière et de l’eau ! »

 

Tu sais que tout ça ne va pas t’aider à grimper le col d’Osquish. Mais le plaisir de la ballade est aussi dans le repos du vieux VTTiste. Tu te remplis de bon cœur, la terrasse est douce, le soleil légèrement voilé; tu t’étends en équilibre sur la chaise et t’abandonnes au bonheur de la sieste.

-         « Un café ? »

-         « Merci, non. »

Tranquillement tu commences à rassembler tes affaires, la carte, les lunettes, le téléphone. Tu vide le restant de la carafe d’eau dans ton bidon. Le gars t’en propose de la fraiche. C’est bon, de toute façon elle sera tiède quand je vais la boire.

 

Le col d’Osquich, c’est quatre cent mètres de dénivelé, entre 4 et 8%, tu penses qu’il te faudra une heure. T’aimes pas pédaler sur les routes comme çà, un peu lisse, un peu large,  tu les préfères serrées, nerveuses. L’avantage c’est la descente…

Dès le premier kilomètre, tu sens que la bière et les frittes pèsent lourd, tu choisis un rythme mesuré. Ton parcours est jalonné par des bornes du Conseil Régional qui t’indiquent le sommet à 5 Km et la pente à 6 %. C’est pour te démoraliser ou te donner confiance ?

20 le col d'osquich - bal des vautours à la chapelle st a 

T’arrives au col avant le délai que tu t’étais donné. Il y a un restau qui barre le paysage. Des gens sont à leur table pliante pour un petit pique-nique qui va tourner à la sieste. Tu vides ton bidon, marches quelques centaines de mètres pour quelques photos  sur la petite route vers la chapelle st Antoine. Quand t’as fini d’admirer les chevaux, tu repères ladite chapelle en haut de son mamelon. Ça grimpe, plus du gravier que du cailloux, et un ou deux passages que tu imagines bien musclés.

Une voiture te dépasse lentement, soulevant la poussière du chemin, hésitant sur les saignées d’évacuation de la pluie.

Tu te demandes si ça vaut le coup ? De retour à ta bécane, tu regardes la carte, 250 m de dénivelé sur deux km environ. Plus de douze pourcent. C’est du casse-pattes. Mais comme le paysage au col est sans vie, que t’as pas vu la source de la Bidouze, t’as besoin de ramener un trophée. Ce sera le haut de la chapelle st Antoine. Tu réfléchis au meilleur développement. Tu fais un tour sur l’aire de stationnement, et te lances. Moins de cinquante mètres, le cœur cogne, les jambes tétanisent, tu te laisses redescendre. Ce coup là, il faut mettre très petit et ne pas t’arrêter, tu sais que tu ne te relanceras pas. Deuxième envol ! Ça grimpe, t’es debout sur les pédales, la roue arrière chasse dans le gravier,  t’es à la limite. Deuxième tournant, tu t ‘épuises dans ce gravier où tes crampons n’ont pas de prise, tu te déportes sur la pâture, l’herbe sèche te donne de la prise, tu trouves le rythme, quelques blocs te dévient de la trace que tu projettes mais ça monte. T’es au deux tiers, des blocs rocheux t’obligent à reprendre le chemin en même temps qu’une bagnole craintive commence à descendre. Le hasard de ta course ta mis sur la gauche pour passer les rigoles au moins profond. Dans la vieille « Citron » qui descend, le gus est crispé sur son volant, le pare soleil lui cache la vue, il se laisse descendre sur les freins. La petite mémé, à coté, a les mains appuyées sur la planche de bord. Te voit-il ? Ou est-il incapable de se serrer, mort de trouille qu’il est ? Pas le moment de jouer « Duel »,  d’un dernier effort tu montes le talus et te poses. Le gars ne te voit pas, la mémé non plus…

Les arrêts brusques, le cœur n’aime pas, les tempes cognent un peu. Tu te reprends et décide de repartir. Mais le décollage est impossible, trop de pente, trop de cailloux de poussière, tu finiras les deniers cinq cent mètres en poussant la bécane. Pas grave, tu l’as déjà portée plus longtemps.

La chapelle est verrouillée. Elle ressemble à un hangar avec un clocher, trop moche. Pourquoi les gens viennent en pèlerinage ici ? Aucune idée. Un petit tour, quelques photos, arrivent les vautours dans les courants de l’après midi.

 

Aller, en route pour Larceveau ! Pas trois minutes pour retrouver le col, puis tu te lances dans sa descente. Comme je te disais, ces descentes sur un tapis de billard, c’est un régal. Pas de coup de freins, juste osciller  au  gré de la pente, même pas besoin de relancer. Quand tu es en bas tu regardes le GPS, t’as pas dépassé les 69 km/h. Zut ! T’es trop gros, le vent te freine !

 

Précédent : la source de la Bidouze – dernier parcours cyclable.

Début : Pont de Hurquet-Bergouye

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 00:38

Tags et Graffiti autour de l'exposition Cartier

tags et graffiti-22 

Ballades de tags et retour de l’exposition Cartier sur les graffiti.

Ce matin il fait beau. T’en profites pour un tour de quartier, l’appareil en bandoulière. La jambe ne te bloque pas, alors tu peux marcher tête en l’air et trouver du plaisir à revisiter l’espace qui t’entoure. Les chantiers ont repris, et de vastes excavations attirent ton regard. Belle lumière, ciel dégagé. Là, tu fais attention aux tags suspendus en haut des bâtiments. Tu repenses à ta visite de l’exposition Cartier sur l’histoire du tag et du graffiti.

C’était parti de New-York, d’abord de simples signatures plus ou moins sophistiquées, déformées. Le jeu c’était aussi  de conquérir des espaces impossibles : trains, métros, ponts murs borgnes et terrasses.

tags et graffiti-20Le travail des grapheurs c’est régulièrement enrichi, développé, et ils préparent des maquettes dans de petits cahiers qu’ils doivent transposer dans leur espace. Si le lieu est interdit, dangereux et normalement il l’est, il faut gérer le temps, les risques. Un grapheur bien établi maintenant dans l’art, explique que de sa bande, d’une vingtaine de gars de 18-20 ans, qui a commencé à taguer de concert dans les années 70, il n’en reste que 4 de vivant. Tomber des trains, des bus, oublier le tunnel qui arrive, la malchance d’une balle perdue : une petite collection d’horreur.

 

Alors j’ai mis dans l’Album quelques images prises autour de l’exposition, et notamment les toilettes en sous-sol paradis du graffiti. J’ai ressorti aussi les photos du tag qui depuis deux ou trois ans orne la rue Ordener.

Et, moi qui ne suis ni courageux ni bien adroit avec la peinture, j’ai joué à taguer les statues du portique de  Notre Dame. C’était pour moi l’occasion de regarder ces photos mises de coté un jour de ballade. Bon, ça jette pas, comme si une vraie équipe avait colorié la façade. Je t’ai remis le fronton bien propre avant de finir !

Le mur Ordener je t’en ai déjà parlé. Les autres images, ne me demande pas le sens, c’est juste pour le ressenti des formes et des couleurs.

 


TAGS ET GRAFFITI
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 00:53

Matisse au musée de L’Ermitage.

Carnets de voyage à St Petersbourg ( 13)

 28 matisse st petersbourg

 

Tu vois cette  ronde de danseuses qui couronne l’église du sauveur sur le sang versé. C’est pas précisément le tableau de Matisse. Mais tu sais comme je suis iconoclaste « un sabbat de femmes couleur sang » au-dessus des coupoles bleues du « sang versé ».

Matisse avait fait ce tableau pour un  collectionneur russe (Chtchoukine). J’ai eu du mal à   m’y retrouver dans mes notes, mon appareil photo n’était pas à la bonne date…  Le tableau, je ne pouvais pas me tromper. Mais mes mémos n’allaient pas.

Pourquoi ai-je fait autant de  photos de  tableaux, surtout dans la bousculade, et avec cette mauvaise lumière ? Parce que la visite se faisait au pas de charge !  Pourtant, c’était  notre deuxième jour à l’Ermitage. On courrait autant que la veille. Michael, citait une toile sur dix. Trente secondes de commentaires, et au suivant…

T’avais le temps de rien  voir. Du coup les photos aident un peu  à retrouver l’esprit. Je photographiais aussi le petit carton où il y avait la date et le nom de l’œuvre. Des fois rien que du cyrillique. Zut !


J’ai remis dans l’album quelques images de notre arrivée. La place occupée d’un coté par le podium pour Madonna, et le centre par une cérémonie militaire pour les jeunes diplômés.


C’est vraiment beau l’ermitage. Des vrais trésors. Comme le Louvre faudrait y aller deux ou trois fois par an pendant vingt ans…


A Suivre : Peterhof - le palais Monplaisir.

Précédent : Peterhof

Début : ma nuit blanche à St Petersbourg

 

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 21:49

St André de Valborgne – col Salides – Aire de Cote – Tourgueille.

19 Vallée Borgne - tourgueilleCe deuxième jour dans la Vallée Borgne, le long du Gardon ou du Roumégous, le vieux VTTiste est dans un rêve. Il a vu un chemin équestre qui relie le col Salides au col de l ‘Espinas, il a sa journée devant lui, grimper un peu quand on est en forme, c’est juste pour activer l’adrénaline. Il fait beau. A peine neuf heure quand il attaque la D907 à la sortie de Valborgne. Des vélos il y en a. Le col  Salides est un passage pour le mont Aigoual. Mais là, il verra  après. Même des gamines le dépassent ; il a juste le temps d’un coup d’œil envieux sur les cuisses affutées qui emmènent  les jeunettes à bonne allure loin devant lui. Quand même, elles demandent si ça va. Le pourcentage n’est pas énorme, mais c’est parti pour sept, huit kilomètres sans répit. Le répit, le vieux VTTiste le prend en faisant une photo, et vidant son bidon.

Il repart, il grimpe heureux. Le cœur est au rendez-vous, les jambes tiennent, il démarre juste, surtout ne pas flamber !

Au col des bergers lui donnent l’occasion de photos inattendues. Un peu plus de mille mètres, la piste cavalière prend là. C’est un bon parcours, une partie en sous bois, le sol n’est pas cassant même s’il alterne la terre et le cailloux,  petites descentes et bonnes remontées, que de la santé. Pas fun coté paysage ! Une fois le VTTiste s’arrête, sort l’appareil vise, puis décide que ça ne rend rien ; en selle !

Le GR66  est bien balisé, tu ne restes pas longtemps sans être confirmé d’être sur le bon chemin.

C’est comme çà que tu arrives à Aire de Cote. Des randonneurs à pieds reviennent du Mont Aigoual. Ils font un petit pique-nique sur les bancs du gite. Ils en ont encore pour deux heures de marche pour Valleraugue. Le gérant te propose sandwich, tomates et fruit. Banco. T’as même pas à chercher. T’interroges : le mont Aigoual, le GR en VTT c’est faisable ? Non unanime. Par la route c’est facile, un boulevard. Mais le GR66, là , c'est de la vraie rando, il y a de la pente, des gros cailloux, même en le portant le VTT sera un handicap. T’abandonnes l’idée, mais t’y réfléchiras encore.

Le retour vers St André de Valborgne se fera en passant par Tourgueille où tu reviendras deux fois pour profiter de ce village. Pour toi, il apparaît plus ou moins abandonné. Mais un petit recoin forme une place, entre une maison rasée, un terre-plein au-dessus de la gorge du Roumégous, des familles  font une pétanque acharnée. Les grands-pères, les garçons, les jeunes femmes, chacun ses boules, chacun son geste, chacun son exclamation.

Tu poses la bécane, sorts l’appareil, salues  dans ta combi noir et rouge, et photographie comme ça vient maisons, toits et vieille chapelle abandonnée.

Je repasserai deux fois, tellement ce petit village m’a saisit.


A suivre: le pendule du Mont Aigoual 

Précédent: Le Pompidou - Les Plantiers.

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