26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 14:09

 

Suite de notre visite au palais et dans le parc de Tsarköe Selo

St Petersbourg (18)

 St petersbourg - Tsarkoe selo --37

Dans le premier sujet je t’ai montré les photos du Palais de Catherine la Grande. Les intérieurs. J’avais signalé les trésors de ces palais ravagés par la dernière guerre. Les décors d’ambre avaient été complètement soustraits, il a fallu les reconstruire. Tu trouveras quelques clichés de tableaux ou photos, exposés dans le palais qui montrent ce qu’il était avant la guerre, ce que la guerre en a fait. Je ne suis pas un chantre de la Russie, mais j’imagine quel pourrait être notre ressentiment si Versailles ou Chenonceau avaient été détruits par la dernière guerre ?

Les reconstructions, la restauration des ouvrages détruits ont du engloutir bien des impôts.  C’est toujours pour moi une interrogation, l’argent dépensé à reconstruire le passé quand le présent est si difficile, et que tant d’hommes manquent du nécessaire. Mais la mémoire construit la conscience civique. Quel citoyen serions-nous, si nous ne savions rien des projets, réussites et échecs de ceux qui nous ont façonné notre monde?

Et les symboles ! Pour moi, Versailles, c’est l’écrasement de la commune de Paris. Te dire comment je traverse la ville…

La visite du parc ou plutôt des jardins de Tsarköe Selo est un petit régal. Ce 22 juin 2009, un joli soleil, on se chauffe. Ce sera aussi notre journée la plus longue : encore quatre monuments à visiter avant de nous poser sur le bateau qui nous fera visiter les canaux de la Néva début de notre nuit blanche à st Petersbourg.

Dans ce parc avec plusieurs pièces d’eau, différentes constructions, j’ai donc mis dans l’Album :

-         Des images de la galerie Cameron avec son escalier double où des personnages en costume t’aident à la composition de tes photos.

-         Sous le regard de la statue d’Hercule, le pavillon Agate

-         Les bains turcs au bord du grand étang

-         D’autres édifices que je n’arrive plus à nommer, mais sûr pas le village chinois du parc d’Alexandre.

Il y a aussi quelques vues du village de Pouchkine, le lycée, la chapelle. Et quelques "musicos" dans un costume local !

 

A suivre

Précédant : Tsarköe Selo (1)

Début : ma nuit blanche à st Petersbourg

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 21:50

Paris mon Paname

Paris n’a plus  d’âme

Paris barricades

Pour des promenades

Paris de bonne heure

Pour les promeneursParis champs élysée - jardins-08

Paris ses barrières

Nous tous en arrière

 

Paris plein soleil

Brandit l’appareil

Paris les photos

L’art cru du prolo

Paris s’émerveille

Sont toutes pareilles

Paris tes chapeaux

Sont trop rigolos

 

Paysans de Paris

Ils sont tous partis

Fallait le métro

place  aux autos

Les petits poulbots

Mangent au mac do

Faut qu’un gavroche

dise ça cloche

 

Si ce n’est les Verts

Qui fait Paris vert

plus  de natureParis champs élysée - jardins-17

qu’agriculture

voila des millions

d’communication

Pour la culture

C’est la rupture

 

Les vieux parigots

Ignorent les veaux

Laissent aux anglais

L’art du porcelet

Guident les enfants

Décrivent les plants

ouvrent leur herbier

de feuilles fanées

 

Rames d’ haricots

Moquées  des badauds

Qui leur préfèrent

plus étrangères

la tige ombragée

d’un pied de caféier

l’olivier robuste

dominant l’arbuste

 

 

Paris resplendit

Le monde est ravi

De l’agricole

Paris raffole

Manger respirer

Mais Comment oublier

Le sentiment   de peur

La ronde des tracteurs

 

Heureuse vigne

Que les gens clignent

Ignorant les choux

Y en a partout

Sucre moutarde

Paris bavarde

Houblons en fleur

Pour les brasseurs

 

Bord des terrasses

Paris s’entasse

Le long des  allées

La foule pressée

Du Paris champs-zé

Tout Ensoleillé

Rentre reposer

Ses pieds fatigués

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 22:52

Les Arrivants

 

En reconnaissant les images de la fête de Ganesh, tout d’un coup, tu réalises que ça se passe chez toi. Les « Arrivants » ils arrivent là, presque dans ta rue. Tu reconnais le quartier, les personnes qui y vivent. C’est vrai, tu ne t’es jamais posé la question où ils vont,  ceux qui arrivent par les chemins tortueux, mais pas gratuits,  qui se sont enfuis de leur pays ?

Ben là, dans ta rue…

Alors t’as mixé dans cette vidéo quelques images du quartier quand les habitants partagent leur culture. Mixé avec des images de la tour Eifel, symbole de la ville lumière !

 

Dans l’ombre, les personnels de la Cafda. Tu les découvres. La caricature du fonctionnaire sans implication, ni initiative, s’en tenant au règlement en prend un coup de vieux ! La complexité d’une demande d’asile, t’imaginais pas. Mais l’expertise avec laquelle les personnels guident les arrivants dans les procédures administratives est impressionnante. Ne crois pas qu’ils sont bons par la routine ! Non ! Chaque cas est unique et nécessite vraiment de construire un cheminement  spécifique adapté. Le métier avec lequel ils traitent les besoins des arrivants en sollicitant leur propre autonomie, c’est du grand art. Bêtement toi, t’aurais fait certaines démarches à leur place. Confronté au mur des contraintes budgétaires, t’aurais laissé filer un ou deux de tes propres tickets restaurant. Pourtant faut savoir résister et bousculer le comptable…

 

Quant aux demandeurs d’asile, tu reçois leurs confidences au compte-gouttes. Quelle pudeur pour décrire par quelles épreuves ils sont passés. Parfois tu es surpris par la conviction avec laquelle ils sollicitent certaines aides. Ils mettent toute leur énergie et leur détresse pour un ticket repas.

 

Alors, cette jeune érythréenne qui peut accoucher et bénéficier de la PMI, ça te touche. Tu sais combien ça te coute sur tes cotisations de mutuelle le financement de  la CMU. Constater vraiment le soutien que ça procure à cette jeune femme, redonne du sens aux cotisations sociales.

 

« Les arrivants » est un film qui réconcilie avec nos valeurs sociales et républicaines. Même si tu ne comprends pas pourquoi ce couple de Mongols n’a pas été accepté, si les délais paraissent longs pour ceux qui les vivent, leur accueil est réalisé efficacement et dignement.

 

Si tu n’as pas vu ce film, cours-y vite, quoique peut-être, ça puisse valoir le coup d’attendre le DVD, car le ciné parisien où il est projeté en rajoute sur l’inconfort, et la qualité déplorable de la projection. Le dénuement ?

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 21:26

Montluïc et la fondation Miro.

Montjuïc - Fondation Miro 8Ça n’est par la première fois que ce blog t’emmène en Espagne. Avec lui tu as déjà fais le tour des Mallos de Riglos (si tu es randonneur). Avec quatre ans de pratique du blog, t’as repéré que le sujet sur les Mallos est un de tes succès. Dans ton box office perso, les Mallos arrive cinquième ou sixième ; pas de buzz, mais deux trois visites chaque semaine.

Donc, ce petit tour en Espagne, que tu entreprends aujourd’hui va te promener autour de Barcelone, dans les pas de Dali, Gaudi, Miro.

T’as chargé ta première cassette vidéo, et tu vas la dérouler comme ça au fil du temps.

Aujourd’hui Miro. T’es le 14 mai 2004. C’est ton troisième mois de retraité, t’expérimente un nouveau mode de voyage, en groupe et « culturel » avec CLIO.  L’universitaire discret mais savant qui sans notes te montre un détail, un « code »  qui te commute en amateur passionné là où tu ne serais passé qu’en badaud.

Ce n’était pas un inconnu pour toi Miro,  avant cette visite. Tu t’étais parfois demandé si ce n’était pas le modèle des « Shadocks ». Mais l’avantage d’être sur place, c’est que tu le découvres dans sa durée d’artiste ; D’apprenti gauche (même si toi tu n’as jamais rêvé de ce savoir-faire) à cette personnalité des œuvres qui en a révélé le génie.

Ma déambulation passe par la découverte du site de Montjuïc, les enfants que nous aurons le temps de croiser lors de nos attentes, et quelques images grappillées dans le musée, avec en point d’orgue, la sculpture en « papier mâché » qui figure un couple d’amoureux. Sur le guide, il semble que l’original soit à la Défense près de Paris ; Pour y avoir longtemps travaillé, je ne l’ai pas vu.

 

Qu’est-ce qui te remet en tête de parcourir tes archives vidéo sur cette peinture espagnole ? Rien ! Comme ça ! Tu sorts du musée Jacquemart André, il y avait des œuvres de Dali et de Miro. Voilà, t’étais passé à Barcelone, une bonne occase pour « recycler » tes souvenirs…

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 15:35

Taos Amrouche et  Maura Michalon Lafare

 

taos amrouche 4Ado t’as mesuré la distorsion d’une onde, les bruits de fond. Tu t’es vite rendu compte qu’aucun oscilloscope ne t’exprimait mieux la distorsion que ton oreille. C’en est un peu maladif, aujourd’hui on dit facilement pathologique. Mais t’as passé un temps fou à comparer ce que tu vois et ce que tu entends. Tu sais quand les premiers micro-ordinateurs sont apparus, (dans les années 1980-81), j’ai acheté un ZX81. Le soir dans notre chambre une petite télé portable affichait les résultats de petits programmes que je tapotais sur le clavier de l’UC posée sur mes genoux.  je développais des harmoniques en série de Fourier. J’enregistrais les fichiers sur mon magnétophone à cassette acquis pour immortaliser les premiers mots des enfants. Vers une heure ou  deux du matin une violente tornade secouait le lit : « y en a  marre de tes conneries ! » C’est vrai que le « scrouuiitt » des signaux numérisés s’entendait bien !

Comment ta petite femme s’est-elle fait recruter par une chorale de Gospels? Il faudrait la soumettre à la « Question » comme un vulgaire inquisiteur moyenâgeux ! En tous cas elle rentre de cette après midi là en réclamant ses vieux vinyles. Scander le rythme, sentir la voix qui sort des profondeurs de sa gorge, retrouver les émotions des musiques partagées, c’est ça le chant. Juste ou faux, si l’émotion, le ressenti sont là, tout est bon.

Bien sur la vieille chaîne stéréo trône sur le meuble du salon. Mais à l’heure du CD ( chez nous on n’est encore pas MP3), mettre en route la platine pour lire les disques vinyles, apparaît vite comme agaçant parce que « ça ne marche pas tout seul »…

Fais-moi des CD !

 Du vieux placard sortent plus d’une centaine de disques qui s’étalent sur le parquet. D’une décantation inversée remontent à la surface quelques vieux disques oubliés depuis trente ou quarante ans. Tu  débranches ta platine de ta chaine et tu la transportes sur ton imprimante/ scanner au-dessus de ton PC. Premiers essais de capture, du bruit de fond impossible. Du 50HZ comme si t’enregistrais le secteur. De ton  tiroir technique tu sorts un fil et tu relies les masses du PC et de la platine. La musique est là. Les grattements, craquements aussi. T’as une palette de filtres, pas géniaux. Tu prends le disque et tu l’emmènes dans ta cuisine, eau tiède, liquide vaisselle, rinçage à la douchette, coup de torchon énergique, on recommence ! C’est pas un miracle, le son est là. Trois ou quatre passages pour affiner devant les vumètres le bon poids de la cellule et de l’antiskating, et ça roule. Ton mini labo de conversion de tes vinyles en CD est prêt. Tu dépiles dans l’ordre où ils sont posés.

Celui-là, c’est le cinquième. Ne crois pas que le transfert soit une industrie automatisable et rentable. Non, t’es qu’un géomètre qui à chaque instant remesure, faif le point, reporte ses paramètres. Ton casque sur les oreilles tu écoutes ce qui se joue. T’as beau lire un bon polar, le moindre crachouillis te fait sursauter pire qu’un chasseur aux aguets. C’est un vieux Taos Amrouche des années 70. Là t’es surpris par le silence et la voix qui doucement s’insinue, le remplit sans le combler. Tu te rappelles le film de Besson, «le  cinquième élément », ou la chanson de « Laetitia » dans les « Aventuriers » avec le vieux Lino et Delon. Quand l’espace devient chant, quand le vide devient voix, quand tous les désespoirs se nouent dans les cordes vocales de l’artiste, ton estomac se creuse, ton cœur change de rythme, ton esprit  n’est qu’un son. Il n’y a pas que le cristal qui peut exploser quand la voix te prend, ton émotion aussi.

C’est pas moi qui vais te faire l’article pour Taos Amrouche, tu la connais surement mieux que moi. Mais en redécouvrant ces « chants de la meule », et les « chants du berceau », le chant n’est pas l’envoutement de la sirène, mais la lumière rassurante d’un phare, le doux murmure d’une voix proche dans ta première peur de l’obscurité. Toutes tes craintes s’estompent. Le dos se relâche…

Le problème de ces voix magiques, c’est le silence qui les accompagne, et les craquements et soupirs de la surface du vieux disque usé. Comment filtrer le bruit sans altérer l’authenticité de la voix ?

J’avais reçu de Maura un courriel pour son prochain stage de chant. Tous les renseignements sont sur « la page de Maura » de ce blog. Comment pouvais-je réunir ces deux émotions ? Celle de cette voix pure mais moins simple qu’il n’y paraît, et celle de Maura si enthousiaste dans la conduite de ces chorales ?

 La nuit.

Le  dernier concert  à l’espace Daviel débutait par « un noir » d’où montait  doucement la voix lumineuse de Maura. Dommage   la réverbération incorrigible de la salle. Dommage le piano-enclume. Même les petits bruits des enfants si présents auraient été un meilleur accompagnement.

Deux cultures, deux époques, deux voix, un même chant universel.

 

 

P.S :Dans le petit montage vidéo, la première partie chantée est « Berceuse de l’Oncle Mahmoud »

Quelques vers recopiés de la pochette du disque:

 

Qui voudrait m’accompagner au pays où se trouvent les âmes ?

 

Nous irions à leur recherche en nous mêlant aux oiseaux

 

Nous nous élèverions en plein ciel vers mes enfants bien-aimés.

 

( poème Kabyle de Fadhma Aith Mansour)

 

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 22:14

Environs de St Petersbourg – Tsarskoe Selo - première visite

 

Tsarskoe Selo-14C’est la grande force de ton GPS de Rando. Ce soir tu te rebranches sur tes photos du séjour autour de St Petersbourg. T’en revisites une centaine, et tu te dis pourquoi tu ne les as pas mises sur ton blog. Presque un an après tes souvenirs commencent à se fondre dans la grisaille.  Tu regardes la date et l’heure de la première de la série, tu recherches dans tes WP (les points de passages) ou t’étais le 22 juin 2009 à 10h 02. Bingo, le WP83  c’est devant le village de Pouchkine, au début de la visite de Tsarskoe Selo.

La première photo de ce premier album est celle de Bartolomeo Rastrelli qui donna au lieu son aspect « définitif » même si lui aussi eut à souffrir de la révolution et de la guerre. Dans l’album tu verras aussi quelques photos de reproduction des destructions. Saisissant. Ce lieu reconquis sur les Suédois, a d’abord été aménagé par Catherine l’épouse de Pierre 1er. De 1711 à la fin du XVIII les travaux d’aménagement, de transformation de l’espace, parcs et palais n’ont pas cessé.

La restauration des  palais et des jardins a été réalisée pour les jeux olympiques de 1980. Ce devait être un centre touristique important. Le boycott a évidemment réduit l’impact.

L’escalier principal a été complètement reconstruit. Il reste des porcelaines d’origine. Les sculptures en papier mâché ont toutes été détruites, elles ont du être reconstituées. La grande salle Dorée, faisait à l’origine 1200 m2, elle a été ramenée à 846. Elles restent imposantes.

Tu ne pouvais faire de photo du cabinet Ambre. Si t’es « Orange et Or » u sera grisé. Une splendeur. Mais gare au choc, c’est du lourd. Tu ne pourrais y vivre, ni y dormir, c’est prenant.

Comment t’as pu faire certaines photos sans être dérangé par la foule immense et compressée qui circule au milieu de ces trésors ? Tu ne sais plus. T’étais souvent décalé et n’écoutais pas les explications documentées de Mikael. Mais tu passes de salle en salle comme un train de bateaux quand les écluses s’ouvrent. Aspiré par le courant.

Des photos aussi des salles à manger, celles des chevaliers, celle de parade. Des services finement décorés. Dans cette première partie, l’album se termine avec la salle des pilastres cramoisis.

A suivre donc.

 

A suivre: les jardins de Tsarkoë Selo

Début : Nuit blanche à St Petersbourg.

Précédant : Musée de l’Ermitage, les impressionnistes.

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 15:21

La chartreuse de la Verne. De quoi loger quelques SDF !

 

Charteuse de la Verne-26Ce matin là, tu quittes ton gîte de Cogolin de bonne heure. Tu t’es gelé toute le nuit. Tant par le froid que de l’inconfort de ces  constructions qui peuvent être habitables l’été par forte chaleur, mais qui, en ce printemps humide et froid, génèrent de la condensation sur les murs et dans le lit. Si le four avait fonctionné t’aurais fait chauffer une brique pour sécher ton lit. Mais t’aurais eu meilleur temps si t’avais pu  faire un fagot avec des allumettes…

 

T’as envie de marcher, sans aller très loin. Le guide te donnait un bon restau à la Môle, une confiserie pour les spécialités de marrons à Collobrières. Tu optes pour une ballade de quelques kilomètres vers le barrage de la Verne. Rien de particulier. La ballade semble se terminer en cul de sac. Tu espérais que du lac on pouvait aller à la chartreuse  de la Verne. Mais tu ne trouves pas le chemin. T’as pas ta carte de rando…

Le midi tu te manges une superbe souris d’agneau. Le chef t’a donné quelques indications sur la préparation, mais t’as pas noté. Sauras-tu la refaire ? La patronne te dit aussi que la chartreuse, ça peut intéresser. Bon ! Ventre plein, t’y vas. Sauf que t’as pas le temps de profiter de Collobrières, si tu veux arriver avant que le site ne ferme.

 

Vraiment c’est remarquable. Tout autour, chênes et  châtaigners te plantent un décor austère et puissant. La chartreuse t’apparaît au travers les arbres dépouillés, dont les blessures et contorsions te disent bien la force du vent quand il s’y met.

La visite de la Chartreuse de Verne n’est pas très longue. Tu découvres au travers les expositions qu’elle fut fondée en 1170, que récemment elle était à l’abandon, utilisé par des fermiers pour l’élevage. Qu’elle a été réhabilitée à grands frais. Qu’il y a une vingtaine de personnes qui vivent là, dont des sœurs contemplatives. T’espères juste qu’elles aient un loyer à la hauteur du privilège d’habiter là. De la place, il y en a ! Quand tu te rappelles les conditions où sont hébergés les jeunes dans les foyers de jeunes travailleurs. Ils n’ont pas droit aux chambres « monacales » ! C’est vrai, ils sont jeunes et ils bossent ! Alors un matelas pourri entre des parpaings sur un vague parking d’une zone industrielle, on appelle ça un foyer ! Les nones « contemplatives », elles ont de belles chambres harmonieuses, profitant d’une profonde lumière rehaussée par de structures en pierre de taille et bois poli au fond d’un parc majestueux.

 

T’aime vraiment ce lieu, mais tu ne peux t’empêcher de penser qu’il y a une profonde injustice à comparer les sommes formidables mises en jeu pour restaurer cette espace, pour de rares privilégiés,  avec ce qu’on investit pour que des jeunes puissent s’installer dans la vie.

 

Alors ces « contemplatives » ? Elles bossent ? Impossible de savoir ! Mais des copies d’ouvrage d’art religieux, il y en plein la boutique. T’en a vu en centaines d’euro. Il y a peut-être un business dans la contemplation ?

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 08:05

Port Grimaud

 

port grimaud-04Ce mois d’avril est frais. Ton gite à Cogolin est glacé et humide. Avant d’aller à Ste Maxime, tu te promènes à l’abri de ton parapluie dans les ruelles qui longent les canaux de Port Grimaud. Bien sur ce n’est pas une ville pour toi ! De l’ultra friqué ! Tu passes de ta terrasse ombragée à l’anneau de ton voilier sous ta fenêtre. Beaucoup de volets clos. D’évidence il n’y a pas que des retraités. C’est vacances scolaires, mais il y a encore du monde au boulot. T’arrives, il est juste midi. Le marché ferme. Ah ! C’est pas le marché Barbes sous la ligne 2 du Métro. Là, à une heure et demi, ils y sont encore à brader les derniers cageots, et derrière les camions l’armée des ombres fouille ce qui est récupérable dans les déchets. Ici, protégés par un accès réglementé et des vigiles attentifs, les derniers légumes et fruits de mer sont rapidement mis à l’abri des camions frigo ou des quatre-quatre pick-up noirs. Les commerçants plient leur étal en moins d’un quart d’heure. C’est dimanche pour eux aussi.

L’entrée et la sortie de la place se font par un unique pont, puis un passage sous voute, et la barrière bien gardée. Même si le village est beau, ce coté moyenâgeux de petit bourg fortifié surprend. Quand tu repars, les murs presque aveugles des maisons enserrant la marina, sont un dernier rempart aux visiteurs et à la réalité du monde.

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 06:00

Les fleurs au domaine du Rayol (1)

Fleurs du Domaine du Rayol-03Quand tu prends ton billet pour visiter le parc du Domaine du Rayol en ce début avril, on te prévient bien gentimment que ce n'est pas la meilleure saison, qu'il faudrait venir en juin. Mais aussi, la cafétéria est fermée. Tu crois ça sasn importance, mais après quatre heures de déambulation, t'as un petit creux et une petite soif. Et à trois heures l'après midi tout est fermé....

Vrai bonheur que ce parc!

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 15:48

Manège au cirque d’hiver ou 1er mai sur la place Rouge ?

 

tracteurs à paris le 27-04-10-23Quand tu entends que l’aristocratie agricole, les céréaliers de Beauce et de Brie vient faire son  carrousel de tracteurs à Paris, t’es sur le cul ! De combien a augmenté le pain dans les années 2007-2008 ? Tu sais plus ?  Pourtant c’était la meilleure saison des céréaliers…tous records battus !

Les hommes qui se prêtent à l’interview ont la même expression désespérée que tous ceux que tu avais vus auparavant : les « Contis », les «  Moulinex » et dans les années 80 les métallurgistes lorrains. « Qu’est-ce qu’on va devenir ? On a des traites, on  ne peut plus rembourser ! Vingt ans, (trente ans) qu’on travaille des cinquante heures et plus ! On n’a plus rien à perdre, on se battra jusqu’au désespoir ! »

Les mines, les tissages, les hauts fourneaux, bientôt les chaines de construction de  bagnoles, tout doit disparaître ! L’hydre financière prospère sur la dette. T’as travaillé dans une boite rachetée deux fois de suite en leasing. Les machines commercialisées étaient produites en France. Où est-elle la production maintenant ? Sur que s’il y avait des machines virtuelles accessibles par internet, il n’y aurait plus de production du tout ! T’es juste salarié que peux-tu faire ? T’adapter tant que tu peux au changement, ensuite la mise au rebut comme une vieille machine usée…


Les jeunes aujourd’hui, à peine sortis de leur école, d’abord un an de stage, puis on leur demande de se mettre en statut « auto-entrepreneur » pour pouvoir les employer. T’as un contrat de deux mille ou trois mille euro. Dans deux mois il faut trouver un autre contrat… Te voilà  seul actionnaire de ta petite entreprise, seul manager, seul producteur, seul commercial. Encore faudra que tu sois assez bon pour livrer ta commande… Tu te débrouilles seul pour bosser, l’URSSAF et les impôts.


Ah ! Les impôts ! C’est par la « menace » de devoir payer des impôts que l’hydre financière se branche. Par courrier, téléphone et maintenant emails, tu es sollicité. Ton banquier n’est pas le dernier ! « Ah bon ! Vous avez payé des impôts ? Comment vous y êtes vous pris ? Il faut investir dans les placements défiscalisés, les crédits d’impôts etc… » Tu l’envoies bouler. Plus tard, dans le journal, à la radio, tu  lis, entends,  ces gens  bien informés qui investissent dans du « Scellier » ou aux Antilles. Pas de locataires ! Les  mensualités de remboursements  remontent  par l’aspirateur métronomique de la banque. Les autres questions des journalistes :

 « Combien ça vous coûte par rapport aux impôts ? »

«  Trois fois plus… »

« Et en prime, vous n’en profitez pas ! 


T’imagines les comptables et autres banquiers, les belles phrases fleuries qu’ils ont étalées devant les exploitants agricoles quand la récolte était bien payée. La grosse multiplication par la croissance si tu réinvestis et empruntes.

Sauf qu’une économie durable ne peut se construire derrière les prix subventionnés et autres protections.


tracteurs à paris le 27-04-10-16Tu manges trois cent grammes de pain par semaine, deux steaks et tranches de jambon par mois. Mais des carottes, des choux, des poireaux et autres légumes plusieurs tous les jours. Sur que le poireau à 3 € le kg, tu trouves exagéré, mais t’as pas le choix. Ce qui t ‘étonne c’est que des petits pois ou des haricots cultivés en France, t’en trouves pas au marché. L’an dernier t’étais à Paris tout l’été : que des haricots du Maroc ou du Kenya ! Gamin,  t’as cueillis des haricots verts  tous les étés pendant une dizaine d’années, tu sais comme ça produit, que c’est pas compliqué à garder. Mais voilà « on » n’en produit plus…


Ce ballet de mastodontes mécaniques entre la Bastille et République te renvoie à cette contradiction : Ils produisent des céréales en excédent, donc les prix baissent, et ce qui nous est indispensable pour vivre, pour se nourrir: les légumes basiques, les fruits simples, il faut les faire venir de deux ou dix mille kilomètres, et c’est hors de prix.


Comme tu évalues la consommation des engins pour cette journée, tu avises des spectateurs souriants agitant des drapeaux  blancs et bleus d’un syndicat agricole.

« Bonjour, ça consomme beaucoup un tracteur comme ça ? »

«  Ça dépend, autour de 15 / 20 litres à l’heure. »

« Mais, c’est du gazole détaxé ? »

« Non ! C’est du gazole normal à zéro cinquante le litre. »


Tu viens de faire le plein à un euro vingt ; tu réalises qu’il y a un autre monde, une autre réalité.


La détresse est réelle, des petits exploitants mise en avant. Quand la presse a publié que la Reine d’Angleterre  est une des premières bénéficiaires de la PAC, t’as compris que pour les petites exploitations, il ne devait pas rester grand chose.


T’es impressionné par l’organisation. Devant le cirque tu te rappelles les ballets de chevaux de la Piste aux Etoiles, la révérence du percheron gris sous la caresse de  la voltigeuse, avant de disparaître derrière le rideau. Pas de fanfare, de sono (tout a été dit à la télé), seulement le grondement sourd des moteurs. Quant à  l’alignement impeccable  des engins tu l’as ressenti comme la répétition d’un défilé du 1er mai sur la place Rouge ?

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