23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 08:15

 

Un soir de novembre, Notre Dame de Paris et la Lune.

de la grande galerie à notre dame le 20-11-10 20 11 10 435 

Pourquoi es-tu retourné à la Grande Galerie de l’Evolution, comme ça, seul ? Tu  ne sais. Il faut vingt ans ou plus pour que ton fils te dise : « tiens! On est allé là; tu te souviens, tu nous y emmenais ! »

Donc, t’y as passé deux heures à relire les fiches devant les vitrines et à les oublier de suite.

Il fait nuit depuis longtemps. Le parc du jardin des plantes est fermé, tu suis des familles qui retournent doucement vers le Pont d’Austerlitz.

 T’as le choix, rentrer tranquille en bus ou marcher un peu. La lumière de la ville te retient. Ou plutôt elle t’attire. L’eau noire qui te renvoie une myriade de lumières multicolores, les bateaux mouches et leur puissance de feux qui t’aveugle et t’abandonnent à l’obscurité, la pénombre des petits parcs des quais abritant amoureux  fougueux et des petites bandes de buveurs de bière, ce ciel sombre, aux nuages prisonniers de l’éclat de la lune et  du halo des projecteurs, rendu irisé comme une laque de lave sous des lumières croisées, arrêtent ton pas tendu et t‘obligent à t’asseoir.

Laisse aller ton regard, qu’il se trouble dans les ombres sans forme, les éclats tranchants des aveuglements,  que les larmes du vent  floutent la lune derrière ces toits. Oublie le grondement de la circulation, entends le clapotis, le vent, les feuilles piétinées par les passants, les grincements sourds du raclement de la péniche accostée là.

Etre seul, là, maintenant, te libère de tout. Profites-en. Prends le  temps.

Des photos de nuits t’en as fait des centaines, et même de Notre Dame. Mais jamais tu n’as ton trépied. Seulement pour les cérémonies. T’as toujours eu un trépied. Déjà vers tes douze ans. A ce moment là les photos d’intérieur sans flash tu les faisais en pause…t’avais voulu « un pied » ! Trois ou quatre secondes, pour ton grand-père qui souriait c’était long…de la grande galerie à notre dame le 20-11-10 20 -copie-9

Les appareils modernes, il suffit de changer la sensibilité pour raccourcir la durée d’exposition. Tu fais des essais. Quatre secondes de pose pour un sujet à cinq cent mètres ça n’est pas top. Alors tu profites de l’éclairage des bateaux.

C’est là que la lune devient obsédante. Tes photos sont comme d’hab, mais si tu rajoutes la Lune, peut être que ça renouvèlera le jeu.

 

Tu es sur le parvis. Assis sur la bordure d’un parterre de fleurs dans un petit coin sombre. Chercher le réglage et l’aplomb. Quand l’épaule grince, tu te relâches et regardes la foule, entends les cris. Devant la façade blanche et brillante des ombres s’agitent. Sans dessin. Un flash ici ou là annonce un trophée. Rires. Cavalcades. Tu scrutes les ombres dessinées par la lune qui courent le long de la nef et se perdent sur les arcs boutants. Les processions de statues fantômes, images insaisissables, ondulant dans la lumière accrochée au clocher. Tu repenses à l’Esméralda que Victor Hugo fit danser là. Tu te rappelles qu’une des premières scènes était la représentation d’un un miracle, une pièce de théâtre de Gringoire. Gamin on t’emmenait dans la période précédant Noël voir ces spectacles religieux, les miracles. Ça t’est revenu bien des années après, quand t’as lu le bouquin. Esmeralda arrive au milieu de la pièce alors qu’on attendait « Marie ».

Je ne me rappelle plus les ressorts de l’histoire qui ont fait condamner à la pendaison « l’Egyptienne ».  Comment la foule s'est-elle lancée à sa poursuite? C’est qu’elle n’avait pas les papiers en règle , même sa chèvre devait être pendue avec elle !  A mort l’Egyptienne, à mort l’Etrangère!

Une histoire inenvisageable aujourd’hui.

 

-         Monsieur !

 La voix d’Esmeralda, mais avec un accent anglais

-         A picture please !

Assises à un mètre de toi deux jeunes femmes serrées l’une contre l’autre, te tendent un gros réflex. Tu ne les vois pas vraiment, ton œil est encore dans la lumière crue de la façade. Tu te tournes pour chercher le déclencheur, te prépares à viser.

Avant de déclencher, tu baragouines pour savoir si tu cadres large ou serré.

-         Just take a picture, only us !

Tu fléchis pour être à leur hauteur, tu distingues juste deux ombres, tu déclenches. Quand tu jettes un œil à l’écran de contrôle , l’énorme éclat de rire des filles en dit long sur ta tronche. Surprise !

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