26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 14:24

 

En pédalant entre Vaudeurs et les Sièges

tu réfléchis à cette valeur familiale : le jardin !

 

entre Vaudeurs et les sièges-16Comment veux-tu faire des kilomètres sur ta bécane ? Ton moteur, c’est l’évocation de tes souvenirs par la rencontre du paysage. Il n’y a pas un ciel, pas un chaume qui ne t’arrête par un besoin de contemplation.

Ce petit coin de l’Yonne, entre Vaudeurs et Les Sièges, tu l’as déjà vu. T’es passé plusieurs fois en VTT, parfois dans les chemins entre les terres agricoles, parfois dans les sous-bois de la forêt d’Othe. Mais là t’es seul, ton frère est aux anti-bio, pas de jeune qui t’accompagne, le vieux VTTiste est dans une flânerie cycliste. Fait-il gaffe aux voitures ? Il n’y pense pas, il est happé par le ciel.

En haut des petites cotes qui agrémentent ton effort et donnent du relief à ces paysages, la lumière te subjugue. Le sienne de la terre, le bleu du ciel, le blanc des nuages font vibrer des couleurs de fin d’été qui te vont droit au cœur.

 

Tu viens de laisser ton frère à son jardin : Les rates, les blettes, les cocos roses seront au menu. LE JARDIN ! Tu cherchais encore une valeur de l’héritage de tes parents et grands-parents : Le Jardin. Tes grands-parents, ce jardin, c’était vital. Faire des conserves c’était l’été le seul moyen de préparer l’hiver et de pouvoir manger. Quand les haricots donnaient, c’était le menu du midi et du soir et quatre bocaux pour l’hiver. Le grand-père se levait vers cinq heures. Il cueillait au fond du jardin ou dans le champ de louviers où il allait en montant sur son vieux vélo « Terrot ». A la fin de l’été, comme en ce moment, les grains se formaient. Il y en avait deux sortes, les cocos roses : la cosse est veinée rose, les grains sont blancs avec ce petit rappel de roses. A la cuisson, ils peuvent devenir blancs ou bruns violacés. Cuits frais leur peau est fine, ils se mangent comme un dessert. Les Soissons sont gros, verts, leur peau est plus dure. Ils se conservent en séchant, s’il n’y a pas trop de petits vers…

Moins de dix ans après leur mort, ton père refaisait vivre le jardin. La nécessité des conserves pour se nourrir n’était plus la même. Restaient la satisfaction de ce que tu avais produit, et le bonheur des saveurs fraiches de l ‘été.

 

C’est ce bonheur que ton frère fait vivre. Pendant trois jours, chaque repas est un festival de saveurs gourmandes directement issues du jardin, cueillies  le matin. Alors, c’est vrai, le mois de juin est celui du travail du jardinier patient, et l’été celui du jardinier gourmand ! Tu lui proposes d’être ton « AMAP », mais non, le jardin reste un plaisir et son extension le ferait tourner en corvée.

 

La dernière année où ton père avait fait le jardin, après trois semaines à l’hôpital pour des soins sérieux, il n’avait marché que quelques minutes tous les jours. L’ambulance le ramène allongé à sa maison où tu t’apprêtes à l’aider à monter l’escalier et qu’il puisse se reposer.

Il veut faire un tour, voir son jardin. Tu l’accompagnes. Quand il voit le murier chargé de baies noires, il t’écarte, prend l’escabeau et appelle ta mère, elle aussi de retour d’un court séjour à l’hôpital. L’escabeau s’enfonce dans la terre meuble, il vacille, mais ton père monte regardant haut  les plus belles branches. Il cueille, et presque sans regarder, il lâche sa poignée dans le panier de rotin que ta mère lui tend avec peine.

 

Nos oncles de Chagey, d’Héricourt, de St Valbert faisaient aussi leur jardin. Il y avait les framboises, les radis noirs, les cotes de blettes, les rutabagas. Chacun sa spécialité. Bien sur, il y avait nécessité.

Mais en plus le bonheur de partager. Car le jardin produit d‘un coup et le partage est essentiel à ta satisfaction de ce que tu as récolté.

Sur ces trois générations de « jardiniers », ton frère est le dernier. Qui saura reprendre la bêche ? Qui saura garder en vie ces savoir-faire, ces saveurs ?

 

Ta ballade en vélo t’a fait rêver. Tu repasses l’après midi faire quelques photos. Un petit village, Vaudeurs, te donne de la matière.

 

  Voir aussi: Partie de Campagne, partis de Paris

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