11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 20:58

Emirates Palace - L'expo Picasso- Abu Dhabi

 

Il fallait être sur place pour savoir qu'il y avait une exposition Picasso dans le fabuleux « Emirates Palace ».  Il fallait aussi  se dire que c'était con d'être venu de si loin et de ne rien voir. Mail il y avait la chaleur. Plus de 46 degrés tous les jours. L'ai chaud et moite ne te laisse pas d'autonomie pour marcher. Le bitume fond. Les énormes bagnoles soufflent un air brulant qui balayent les  rues et les trottoirs, juste  pour faire fonctionner la clim du chauffeur qui attend en double file. Le samedi soir je ne te raconte pas les embouteillages, dus seulement au problème de l'impossibilité de stationner.

Donc il fait chaud ! Aller à la piscine, implique déjà de traverser les jardins en bord de mer. Le soleil tape droit. Il n'y a aucune ombre, sinon en fin d'après midi quand la hauteur des buildings fait écran au soleil. Dix minutes pour trouver un parasol, et tu as l'impression que ta crème solaire sent l'huile de friture. Tu lâches ton sac d'un geste épuisé, tu te traines dans tes tongs sur le carrelage bouillant, voilà la douche, et tu te laisses couler dans  la piscine. Tu frissonnes. L'eau est à 30 degrés ! A Salies de Béarn  à 28, tu crois entrer dans un court bouillon ! Tout est relatif.

T'aimes pas vraiment nager, d'ailleurs tu barbotes plus que tu nages. Pourtant tu restes là. Il te manque la casquette, mais les lunettes de soleil te protègent de l'éblouissement de la réverbération du soleil. Au loin tu entends les sirènes des machines de chantier. Ça construit à un petit kilomètre. Quand la lumière est moins aveuglante tu essayes de regarder, tu vois les stocks, sur près de 25m de haut, de blocs de béton de 4 m3 chacun, prêts à être déposés dans l'eau du golfe pour gagner un peu sur la mer... Les grues partout, ils travaillent jour et nuit. Il paraît que certains préfèrent l'équipe de nuit, au moins il n'y a pas le soleil pour les cuire.


Donc visiter, c'est un peu t'arracher à ton espace de survie. L'eau, tu sens bien que la vie y est née, quant à l'air que tu respire, il brule plus qu'il t'oxygène. Alors ! On y va ? Le petit groupe s'arrache des fauteuils confortables du hall, s'approche sans hâte de la grande porte tournante capable d'abriter trois mêlées de rugby dans chaque sas. La porte tourne, le sas se ferme,  interrompant le flux d'air climatisé et tu te retrouves dans la chaleur suffocante. Le garçon est là, d'un signe il peut  t'appeler un taxi. Mais tu fais le fier, on en avait discuté au bar, on ne va pas prendre une des ses grosses limousines noires à 30 dirhams, si confort et drôlement bien climatisée, non ! On veut un taxi local. Bien sur, il n'y en a pas. Peut-être au terminus des bus ? Cent mètres et tu ne te sens plus vivre. Comment font-ils ? Tu rebrousses chemin et tu demandes au portier un taxi « luxe ».  Trois secondes, il est là, intérieur cuir beige, frais, ambiance juste parfumée. « To the Emirates Palace » ! Il nous comprend illico. La boite de vitesse douce, le moteur sans un bruit, la voiture nous enlève. Puis le chauffeur demande quelque chose. On se rebranche. Oui on veut voir l'expo Picasso.  Il comprend, on franchit un immense portail,  passe sous une porte comme l'Arc de Triomphe, puis la voiture s'engage sur une allée qui bifurque sous un immense hall ombragé. D'autres limousines noires libèrent leurs touristes accablés. C'est notre tour.


Tu avais lu sur le guide que le palace faisait plus d'un kilomètre de long. Là, tu vois ce que ça représente. Au moins dix mètres de plafond, la réception où s'affairent sans bruit une vingtaine de personnes est devant toi, oui mais à trente ou quarante mètres...Picasso ? L'homme en grand uniforme, gants blancs, te montre la direction, tu suis les affiches, puis bel espace d'accueil. C'est gratuit, mais une grande urne transparente reçoit les dons pour une fondation.

Bonne visite. Mais c'est pas moi qui te la commenterai.

Je voulais faire des photos du site. Et puis entre les coups de clim et les litres d'eau glacée, t'as besoin du petit coin. Grand jeu de piste pour suivre les petits panneaux qui te conduisent à une porte immense. Boulevard Haussmann elle aurait pu faire honneur au siège d'une banque. T'évalues la force qu'il va te falloir pour bouger ça. Mais elle s'ouvre sans effort te laissant pénétrer dans une salle faites de miroirs de lavabo et de latrines, plus de quinze mètres de long. Un homme est là, en uniforme cuivre et marron. Laquelle choisir, tu vas un peu plus loin, le gars est là, et avec toutes ces glaces, ton intimité ne se sent pas à l'aise. Mais il faut se décider.

Soulagé, tu t'approches d'un lavabo, il t'ouvre le robinet, t'indique les savons et avant que tu aies fini de t'égoutter les mains, il est là, avec une serviette en coton blanc, roulée, qu'il sort d'une petite corbeille chromée dorée, avec une pince. Juste à coté, une sorte de  seau à champagne d'un joli métal poli, il te fait signe, c'est la que tu jettes la serviette...


Sur le guide, ils mettent qu'il y a 2000 personnes qui travaillent dans ce palace. Ils ajoutent que l'électricité pour la clim, c'est 15 000€ par jour. T'imagines, il n'y a pas quatre cent chambres, ça veut dire que chaque chambre bouffe 38 € de clim par jour, 1200 par mois !


C'est beau, c'est plein de couleurs orange, c'est frais, dehors, il y a des pelouses et des jets d'eau. Pour faire reluire le désert autrement que par des mirages, il faut des moyens. Toi, avec tes idées d'économie sur les frais de taxi t'es pas dans la note. Pourtant tu rentreras avec un taxi low-cost, qui gentiment s'arrêtera pour que tu fasses des photos à la sortie du parc.

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